Archives de Tag: espagne

Le soleil et la mer à Cadaquès

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          Situé dans la Province de Gérone, en Catalogne, à l’extrême nord de la Costa Brava, Cadaquès est le village le plus oriental d’Espagne. Ce petit village de pêcheurs très touristique a un charme fou. Nous avons profité d’un séjour sur la côté Vermeille pour aller y faire un tour. Voici quelques photos de cette excursion ensoleillée.

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Quelques heures à Gérone

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          Gérone est une ville catalane située au Nord de Barcelone qui compte environ 100 000 habitants. Elle se trouve au confluent du Ter et de l’Onyar, qui la traverse part en part. Ses premiers habitants connus sont les Ibères au I° s. av. JC. L’architecture de la ville est remarquable. Si on y retrouve des traces romaines et arabes, la vieille ville regorge surtout de bâtiments médiévaux, gothiques ou Renaissance en parfait état qui lui donnent son caractère si particulier. A noter aussi la présence d’un pont signé Gustave Eiffel. Un mélange des civilisations harmonieux qui s’avère des plus apaisant.

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           Nous n’avons passé qu’une après-midi à Gérone, parce que nous étions de passage dans les Pyrénées-Orientales, pas si loin, et que je voulais découvrir cette ville aux façades très colorées qui viennent se refléter dans le fleuve. Quelques heures, le temps d’errer dans ses vieilles ruelles pleines de charme, d’arpenter un peu ses pavés inégaux, de découvrir quelques unes de ses places ensoleillées. Nous nous sommes arrêtées dans un café littéraire accueillant qui proposait une belle sélection d’ouvrages. Je n’en ai eu qu’un bref aperçu mais cette ville m’a semblé agréable à vivre, elle paraît très vivante et conviviale. Une ville magnifique et pleine de charme, un endroit très agréable où j’espère avoir l’occasion de revenir.

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Le coeur cousu – Carole Martinez

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          Frasquita a des dons, qui la font passer dans son village du Sud de l’Espagne pour une magicienne où une sorcière : elle peut d’un simple bout de chiffon faire une œuvre d’art qui fera chavirer les cœurs, du bout de son aiguille. Un jour, elle doit quitter le village avec ses enfants ; un long périple commencera alors, où chacun d’entre découvrira peu à peu ses propres dons, sans bien savoir s’ils sont une chance, ou une malédiction.

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          Je dois admettre que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en commençant cette lecture. J’avais entendu parler de ce livre sans savoir au juste de quoi il parlait, et, s’agissant d’un cadeau, pour une fois je n’avais pas lu la quatrième de couverture. Le titre m’évoquait une histoire d’amour, ma surprise fut donc grande en découvrant qu’il s’agissait de tout autre chose. Il est difficile de parler de ce roman tant il est surprenant et inclassable. La meilleure chose à en dire est surement que ce fut une excellente surprise.

          Je ne suis pas particulièrement férue des intrusions du fantastique dans des univers réalistes, cela peut s’avérer absolument magique mais est le plus souvent casse-gueule. On est ici face à ces rares romans où le mystère fonctionne et le charme opère. Étrangement j’ai eu le sentiment que ce récit était celui d’une conteuse plus que d’un écrivain : les mots résonnent et évoquent bien des images. Il aurait pu s’agir de ces histoires qu’on se racontait autrefois autour du feu, de veillée en veillée.

          Ce roman est plein de poésie. Il fait appel à des croyances populaires, sujet que je trouve toujours passionnant. Il y est aussi question de famille, de transmission, et d’amour aussi un peu. Le tout sur fond d’aventure avec un fabuleux voyage à travers l’Espagne pour rejoindre les côtes africaines. J’ai beaucoup aimé la poésie de ce texte qui fait appel à des émotions profondes et des croyances ancestrales. Un sujet universel traité avec force et finesse. Il y avait longtemps qu’un livre ne m’avait pas embarquée à ce point, me donnant l’envie de me lever plus tôt le matin pour commencer la journée en en lisant quelques pages. Un texte magnifique, universel, magique.

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Le trouvait-elle vraiment beau cet homme étendu à ses côtés ?

Elle s’y était attachée comme un bateau à son quai.

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Les paysans ne réagirent pas, ils ne remarquèrent pas tout de suite qu’ils s’étaient regroupé pour la première fois. Ils ne virent pas cette masse compacte qu’ils formaient et qui grossissait de minute en minute.

Blancanieves

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Drame espagnol de Pablo Berger avec Maribel Verdú, Daniel Gimenez-Cacho, Ángela Molina

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          Dans les années 20 en Andalousie, Carmen est la fille dont célèbre torero dont la femme est morte en couches. Sa belle-mère acariâtre l’empêche de voir son père et elle grandit, heureuse, avec sa grand-mère. Quand celle-ci meurt, la jeune fille va devoir aller s’installer dans la demeure familiale. Elle finira par fuir dans des circonstances tragiques et sera recueillie par des nains qui vont de ville en ville pour toréer. Avec eux, elle deviendra Blancanieves et connaîtra le succès, mais surtout, elle renouera avec son douloureux passé.

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 blanca2Le succès de The Artist a donné des idées à certains et le muet revient au cinéma. Si j’aime beaucoup le cinéma muet pour les comédies, j’ai beaucoup plus de mal lorsqu’il s’agit de drames, j’étais donc quelque peu réticente. A vrai dire, je ne saurai toujours pas dire au juste si j’ai aimé. Ce film est extrêmement déroutant. Etant donné le titre, je m’attendais à une Blanche-Neige revisitée. Pourtant, ce n’est pas tout à fait le cas : l’inspiration est lointaine et d’autre contes viennent s’y mêler, comme Cendrillon. Ce mélange inattendu m’a dans un premier temps quelque peu déstabilisée. La musique m’a également laissée perplexe. Si j’ai aimé les moments enlevés, les passages typés « suspens » m’ont parfois hérissée ; un mélange violon/contrebasse qui m’a mise mal à l’aise et m’ont surtout fortement agacée (oui, je vous l’ai déjà dit, depuis quelques temps je suis parfois un peu sensible avec les musiques de film…). En revanche, beaucoup de bonnes choses du côté de l’image. Je craignais le côté hyper-esthétisant qui accompagne souvent le noir et blanc et m’avait notamment gênée dans Taboumais ici les plans sont bien moins appuyés et le réalisateur nous régale de nombre de trouvailles visuelles.

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Blancanieves         Comme je vous le disais, j’ai eu un peu de mal à accrocher au début. Malgré quelques très beaux moments, avec la grand-mère notamment, je me suis ennuyée ferme durant une (très) grosse première moitié du film. Les passages avec le père sont très réussis mais n’ont pas suffi à me sortir totalement de la léthargie dans laquelle j’étais plongée. Et puis, la rencontre avec les nains. Blancanieves se met à toréer et la magie opère enfin ! C’est beau à pleurer. Une deuxième partie exceptionnelle qui rattrape un début un peu long. Sans doute aussi parce qu’elle s’affranchit un peu du conte traditionnel et l’utilise de manière plus subtile, parvenant à trouver un ton plus percutant. Un petit bémol sur la toute fin, qui retombe un peu trop directement dans le conte pour réussir à me convaincre. Ce film est très intéressant visuellement et sort clairement du lot. Il se trouve que ce n’est pas nécessairement le type de cinéma qui me touche, d’où surement cette difficulté à rentrer dans cet univers. Toutefois, malgré cette petite réticence toute personnelle, je ne peux que reconnaître la créativité et l’intelligence de ce cinéma qui sort de l’ordinaire et fait rêver en revisitant les classiques qui peuplent notre inconscient. Un film dans lequel je n’ai pas tout aimé mais qui quand il fonctionne est vraiment magique. Un cinéma inventif qui vaut clairement le détour.

José Carlos SOMOZA, L’appât

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        Et si le monde n’était qu’un grand théâtre ? Si nos désirs les plus profonds pouvaient être comblés par un masque, une parure, une posture ? Si des acteurs de génie pouvaient les déceler et nous mettre à nu par leur jeu, faisant de nous des pantins ? Et si les pièces de Shakespeare détenaient les clefs de notre subconscient ?

          Diana est un de ces acteurs qui peuvent accéder à nos désirs les plus refoulés. On les appelle les appâts. La police de Madrid les utilise pour arrêter les criminels les plus dangereux. Quand un psychopathe enlève sa soeur, elle se lance dans une course effrénée pour tenter de la sauver.

          Il y a quelques mois, j’avais découvert Somoza avec Clara ou la pénombre. Ce fut une révélation. Un choc comme on en connaît trop peu dans sa vie de lecteur. Un livre qui vous retourne, vous engloutis, vous transforme et vous laisse à la fois surpris et émerveillé. J’attendais donc avec impatience d’en lire un autre, même si je savais que ce genre de miracle ne pouvait décemment pas se produire deux fois. Quand L’appât est sorti en décembre, je me suis donc empressée de l’ajouter à ma liste au Père Noël et l’ai commencé à peine le papier déchiré.

          La trame est extrêmement complexe. On est entre le polar, l’anticipation et l’essai sur le théâtre, le tout servi avec un brin de psychanalyse. C’est très déroutant et sans la 4° de couverture je pense que j’aurais mis très très longtemps à comprendre cette histoire d’appâts qui utilisent Shakespeare comme arme. Dans Clara, on avait sensiblement la même chose avec la peinture mais c’était bien plus visuel et donc un peu moins difficile à appréhender. J’ai donc décidé de laisser tant bien que mal de côté ce que je ne comprenais pas, me disant que ça finirait bien par s’expliquer, pour me concentrer sur l’histoire de meurtres.

          Il n’y a pas de doute, Somoza est bien le roi du suspens. L’histoire est bien ficelée, très vite on se laisse prendre au jeu, on dévore chaque page avec anxiété, attendant la suite comme si notre propre vie en dépendait. On tombe dans tous les pièges qu’ils nous tend. Il y avait longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant « accrochée » et que je n’avais pas regardé autour de moi avec autant d’anxiété dans mon appartement vide à cause d’un livre.

          L’auteur demande à son lecteur un effort quasi insurmontable pour rentrer dans son univers (un immense merci au professeur aussi cruel qu’avisé qui a eu l’idée de nous mettre cet auteur au programme, nous forçant à passer le cap difficile des premiers chapitres auxquels on ne comprend pas grand chose). Toutefois, la sueur et les larmes (comment ça j’exagère ?) sont largement récompensés. Le monde que nous propose Somoza est d’une incroyable richesse. Il nous pousse à nous poser des questions qui jamais ne nous seraient venues à l’esprit, à envisager les choses sous des angles improbables. Il bouscule les conventions avec brio dans un style incomparable. Un texte exigeant mais aussi brillant, intelligent, complexe, troublant. Un peu en de ça de Clara à mes yeux mais un texte de haute volée qui se mérite.

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