Cinéma

Inside Llewyn Davis

Drame musical américain de Joel et Ethan Coen avec Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake

21005275_20130927183847948          Llewyn Davis essaie tant bien que mal de gagner sa vie avec la musique folk. Sans adresse fixe, il va d’un canapé à l’autre sa guitare à la main. Il espère avoir une audition avec un grand nom de la musique pour enfin avoir une chance d’en vivre réellement.

inside-llewyn-davis-10897366racgs_1713          Le sujet de ce film de tentait beaucoup. Je trouve que la musique est toujours un sujet porteur, elle permet de créer une ambiance marquée et d’éviter par la même occasion les écueils des violons habituels. J’aurais tendance à dire qu’on y est donc doublement gagnant ! Et puis j’aime bien la folk et le personnage me semblait poétique, la bande-annonce était pleine de promesses. Je dois avouer que je n’ai guère été déçue. Je ne suis pas une inconditionnelle du cinéma des frères Coen qui me semble parfois froid et dont l’humour est quelquefois déroutant. Cette fois je suis rentrée très vite dans leur univers avec ce personnage tendre et mélancolique.

inside-llewyn-davis-justin-timberlake-carey-mulligan           Ce musicien raté, qui joue dans de petits bars, dors sur le canapé des copains quand ils veulent bien de lui et faits de petits boulots à l’occasion parce qu’il faut bien survivre, est l’anti-héros américain. Un peu désabusé, c’est une Amérique plus sombre et inégalitaire qu’on voit à travers ses yeux. Elle a son charme pourtant, on sent bien que pour rien au monde il ne rentrerait dans le moule, ne voudrait de la vie bien rangée, d’un travail tranquille et d’une vie dans un pavillon de banlieue. La vie de bohème n’est pas facile tous les jours mais avec elle, aucun risque de tomber dans l’ennui.

inside-llewyn-davis-oscar-isaac          Les frères Cohen ne jugent pas les personnages qu’ils nous donnent à voir. Ils ne donnent pas les clefs pour les appréhender mais laissent au contraire le spectateur tirer ses propres conclusions, ne lui disant jamais que penser. L’atmosphère est particulière, les images aux tons assez froids et un peu patinés paraissent comme vieillies, ce qui leur donne un charme certain et contribue à nous plonger dans cette Amérique des années 60 loin des clichés hauts en couleur. J’ai particulièrement apprécié que les chansons aient beaucoup de place dans ce film et ne soient pas coupées, on les entend en intégralité – ce qui n’a pas été sans me rappeler mon énorme coup de cœur de l’année, Alabama Monroe. Sur le moment j’ai été surprise par la fin quelque peu abrupte mais avec le recul, elle est dans la continuité de l’histoire. Les frères Coen nous livrent un film mélancolique et esthétique où la musique tient une place de choix : du grand cinéma.

Cinéma·Divers

En solitaire

Drame français de Christophe Offenstein avec François Cluzet, Samy Seghir, Virginie Efira, Guillaume Canet

EN-SOLITAIRE_120160_PREV_ok          Quand Yann Kermadec remplace son ami au pied levé au départ du Vendée Globe suite à une blessure, c’est son rêve d’enfant qui se réalise. Il commence la course avec une réelle rage de vaincre mais la découverte d’un passager clandestin à bord en plein milieu de la course vient mettre à mal ses chances de victoire.

En-Solitaire-Virginie-Efira-01          Venant de la montagne, je ne suis pas très familière de l’univers marin, pourtant les grandes courses en solitaire m’ont toujours fortement impressionnée et un peu fait rêver aussi. Quant au duo Cluzet-Canet, pas que ça me fasse beaucoup rêver – un peu sage à mon goût – mais pourquoi pas, ça laissait présager d’un film plutôt sympa, gentillet du genre conte de Noël qui finit bien. A voir pourquoi pas après une journée difficile. Finalement, ç’a été un jour où il n’y avait rien d’autre qui passait à l’heure qui m’arrangeait (histoire de changer !). On embarque très vite pour cette longue course en solitaire qu’est le Vendée-Globe. J’ai beaucoup aimer plonger dans l’univers de la traversée qui est très présent et qu’on découvre peu à peu sans qu’il ne devienne non plus trop oppressant pour le néophyte.

a-pre¦üventive-en-solitaire-2          Quant à l’histoire du passager clandestin, j’avais peur qu’elle ne soit trop tire larme mais finalement, elle reste relativement sobre. J’ai trouvé que ça fonctionnait plutôt bien. Le scénario ne réserve pas de grandes surprises mais tient la route et n’est pas aussi mélodramatique que je le craignais. Les acteurs sont dans des rôles qui leur vont bien et même Virginie Efira dont j’ai pourtant du mal à oublier le passé de présentatrice télé, se montre ici touchante. Je n’ai finalement pas grand chose à reprocher à ce film (une fois n’est pas coutume, vous remarquerez) qui est là où on l’attend. Si ce n’est pas le genre de cinéma que je préfère, le trouvant peut-être un peu trop prévisible, j’ai trouvé ce film agréable : un joli conte de Noël en pleine mer.

Cinéma

Blue Jasmine

Comédie dramatique américaine de Woody Allen avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins

blue_jasmine_ver2          Quand son mariage avec un riche homme d’affaire éclate, Jasmine quitte New-York et ses mondanités pour se réfugier chez sa sœur à San Francisco. Elle espère que ce changement l’aidera à remettre un peu d’ordre dans sa vie et à retrouver un certain équilibre.

blue-jasmine7          Inutile de le préciser, je tiens Woody Allen est un grand metteur en scène. Toutefois, je le trouvais quelque peu inégal ces derniers temps et j’avais été terriblement déçue par Minuit à Paris, à tel point que je n’étais pas allée voir son dernier film. J’ai été heureuse de voir qu’il délaissait un peu la comédie pour revenir à des choses plus sombres et grinçantes, comme il sait si bien les faire. J’avais donc hâte de voir ce qu’il en était même si je ne suis finalement allée voir le film que deux bons mois après sa sortie… Il m’aura fallu beaucoup de temps pour écrire cet article, et au moment de le mettre en ligne, je dois admettre que je ne sais toujours que dire de ce film que j’ai pourtant beaucoup aimé. Etrange comme il est difficile parfois de mettre ses idées en place alors qu’elles semblent si limpides tant qu’on ne veut pas les partager.

Jasmine3           Ce film n’a pas l’impertinence de certains Woody Allen mais il est impeccable de bout en bout. Il y montre une maturité (je serais tentée de dire « enfin ! ») qui manquait peut-être à certains de ses précédents longs métrages. L’histoire en elle-même est simple : une femme qui a épousé un homme riche et se sent perdue quand il la quitte pour une autre, plus jeune. Mais elle reste tout en subtilité et surtout, Cate Blanchett est magistrale. Elle est époustouflante dans le rôle de cette femme hystérique et complètement larguée. On la regarde se tenir au bord du gouffre en retenant son souffle. Sa détresse est criante de vérité ; ce n’est pas qu’on ait la moindre sympathie pour elle pour autant, remarquez. Mais c’est elle qui nous tient, nous emmène dans sa vie, nous montre son désespoir, nous agace parfois et semble vouloir nous traîner à la limite de la folie avec elle. Un film qui ne cherche pas à séduire mais qui montre la vie aussi amère qu’elle peut l’être. Captivant.

Cinéma

Une chambre en ville

Drame, comédie musicale, français de Jacques Demy avec Dominique Sanda, Richard Berry, Michel Piccoli – 1982

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          Nantes, 1955. Les chantiers navals sont en grève. François est un jeune métallo fiancé à Violette et loue une chambre en ville. Le jour où il rencontre Edith, c’est le coup de foudre. Mais il ne sait pas qu’elle est la fille de sa logeuse et qu’elle a un mari jaloux ; pourtant, il ne peut déjà plus se passer d’elle.

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          Quand j’ai décidé d’aller voir ce film, c’était pour parfaire un peu ma culture « classique » dirons-nous. J’ignorais totalement qu’il s’agissait d’une comédie musicale sinon je serai allée voir autre chose. Dès les premières minutes, j’ai su que j’allais terriblement souffrir ! D’une manière générale je suis très méfiante vis à vis des comédie musicales. Je trouve que c’est un exercice particulièrement difficile. En effet, il ne faut pas sacrifier le fond à la forme, oubliant un peu le scénario en route ; pas plus qu’on ne peut se permettre de privilégier celui-ci pour laisser de côté l’univers musical qui doit être de suffisamment bonne qualité pour nous embarquer dans son univers.

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          Ici Jacques Demy a clairement privilégié l’histoire à ses chansons qui ne sont clairement pas écrites. Il s’agit de simplement de dialogues chantés ce qui est à mon sens un vrai carnage. La plupart des gens s’habituent assez vite et ne font rapidement plus attention, personnellement, je ne peux pas, j’ai l’impression d’être au milieu d’un mauvais dessin animé avec des voix d’adolescents en pleine mue : c’est plus que mes pauvres oreilles ne peuvent supporter. C’est dommage car il y avait du bon dans ce scénario (que je n’ai du coup suivi que de loin, je dois l’admettre…). L’histoire est assez classique mais pose tout de même des questions intéressantes et universelles sur le travail, l’amour, la jalousie ou le conflit des classes. Dommage que ce film ait été chanté, sans cela il m’aurait certainement plu.

Cinéma

Un château en Italie

Comédie dramatique française de et avec Valeria Bruni-Tedeschi, avec Louis Garrel, Filippo Timi, Marisa Borini

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          La famille de Louise ne va pas très bien : il ne reste pas grand chose de leur fortune, ils n’ont plus les moyens d’entretenir le château familial, son frère a le sida et son meilleur ami est alcoolique. Quand elle rencontre Nathan, qui a la moitié de son âge, elle se prend à rêver qu’un avenir meilleur est encore possible. Une histoire se termine et une autre commence.

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          Je ne suis généralement pas friande de ce type de films et je dois admettre ne pas apprécier particulièrement Valeria Bruni-Tedeschi en tant qu’actrice. Autant dire que je n’avais a priori aucune raison de me précipiter dans les salles. Pourtant, lorsque j’ai vu la bande-annonce, quelque chose m’a intriguée dans cette histoire – une certaine fragilité peut-être – et je me suis surprise à avoir envie d’en savoir plus. Tant et si bien qu’un soir où rien d’autre ne me tentait à l’heure qui m’arrangeait, je me suis lancée ! Un peu sur la réserve, je dois l’admettre, pas bien sure de ce que je faisais… Mais j’ai été agréablement surprise et n’ai pas regretté mon choix. J’avais bien aimé la présentation et le film est tout à fait dans le même esprit, je n’ai donc nullement été déçue.

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          Comme toujours dans l’autofiction (comme son nom l’indique, savant dosage d’autobiographie et de fiction), la réalisatrice n’a pas de grandes chose à nous raconter, mais ici au moins elle ne prétend pas le contraire et prend le recul nécessaire pour ne pas rendre pesant cet exercice un rien nombriliste. Elle parvient à faire preuve d’auto-dérision et à créer ainsi une certaine connivence avec le spectateur, riant avec lui de ses propres travers. Elle met se dévoile, met en avant ses fêlures de manière touchante parfois, drôle aussi souvent. On s’y retrouve forcément un peu. Surtout, elle joue remarquablement, tout comme Louis Garrel et la mère. Vous me direz « facile, chacun joue son propre rôle ». Certes, mais tout de même, j’ai connu des films où même en jouant leurs propres rôles les acteurs étaient  mauvais (non, je ne citerai personne…). On ne peut pas parler d’un grand film mais l’image est soignée et la musique très bien choisie, pour un tout très cohérent. Il y a du charme dans cette histoire-là, un brin de folie teinté de mélancolie. On sourit et on s’y reconnaît peut-être un peu sans oser l’avouer. Une jolie réussite.