Jeunesse·Mes lectures

Contes de fesses

          J’ai toujours aimé les contes de fées – j’ai même voulu les étudier à la fac (à la place je me suis retrouvée dans un cours sur la Bible, faute de place) – et par la même occasion leurs réécritures. Certaines sont inventives, drôles, touchantes. J’aime retrouver ces histoires qui ont marqué mon enfance de manière décalée.

Benjamin Chaud

          C’est donc comme ça que pour mon anniversaire je me suis retrouvée avec un exemplaire de ces contes de fesses, qui s’étaient glissés par mégarde dans les rayonnages d’une amie libraire jeunesse. Chaque conte classique est représenté par une illustration, dans un style assez naïf qui laisserait penser à un livre jeunesse, mais avec des sujets franchement grivois.

Benjamin Chaud

          J’ai beaucoup ri avec ce petit livre irrévérencieux souvent très bien senti. Bon, l’a propos ne m’a pas toujours sauté aux yeux, d’autant plus que je connais assez mal certains contes, mais la plupart sont franchement bien vus. Benjamin Chaud, qui a revu son nom pour l’occasion, nous livre des illustrations pleines d’humour. Une revisite pour adultes des classiques de la jeunesse qui ne manque pas de piquant.

Benjamin Chaud

Jeunesse·Mes lectures

L’ours et l’enquiquineuse

L’ours n’aime pas les enquiquineurs. D’ailleurs, pour être tranquille, il a même affiché un panneau sur sa porte :
NE PAS DÉRANGER.
Mais voilà qu’un jour une souris frappe à sa porte.
Une souris minuscule, grise et les yeux malicieux !

Couverture de l'album L'ours et l'enquiquineuse

Allez, en cette période bien morose d’entre deux tours, je me suis dit qu’un mini article sur un album tout mignon ne nous ferait pas de mal. Et puis ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé jeunesse. Ce petit livre pour enfants n’a pas été sans me rappeler Ernest et Célestine, que j’adorais étant petite. Un ours et une souris, forcément… Bon, évidement, pas facile de faire le poids face à pareille référence mais bon, ce n’est quand même pas si mal. Ne serait-ce que parce que l’ours bourru et la souris hyper sociable sont attachants.

L’histoire est très mignonne. Vraiment très mignonne. J’ai beaucoup aimé. Pour le reste, le dessin à l’aquarelle est plus coloré et moins poétique que dans Ernest et Célestine mais l’histoire est suffisamment choupinette pour nous faire oublier un peu nos attentes en matière de style. Je pense aussi que ça s’adresse à des enfants un peu plus jeunes (même si je suis très mauvaise jauger). Finalement, ce que j’ai le moins aimé, c’est le titre, même s’il colle pas mal au contenu. D’autres tomes sont disponibles, que je n’ai pas eu l’occasion de découvrir. Une petite lecture qui fera passer un bon moment aux enfants mais aussi à leurs parents.

Actualité

Fakir : le journal qui s’engage

          Il y a quelques mois, comme 500 000 français, je découvrais Merci Patron ! J’avais trouvé que ce film faisait tellement de bien au moral. Enfin quelqu’un de drôle, qui se met au service des autres et propose des manières d’agir intelligentes. Une sorte de Robin des Bois des temps modernes. C’était tellement rafraîchissant, ça rendait un peu espoir. Je me suis donc procuré un exemplaire de Fakir, le journal tenu par François Ruffin. J’y ai retrouvé ce que j’avais aimé dans son documentaire : l’humour, les facéties, mais aussi et surtout un vrai engagement. Un journal qui donne redonne le sourire et donne envie d’aller battre le pavé, une banderole au poing. Et comme on a eu envie de les soutenir, pour Noël, on s’est abonnés.

Fakir

          Le numéro suivant était moins drôle, mais non moins instructif, j’ai appris ce qu’était le CICE, comment ça marchait et qui s’en mettait plein les poches au passage. Et là, on ne rigole pas du tout. Surtout quand je vois comment je galère en ce moment et le fait que je n’ai droit à aucune aide, savoir que des mecs se mettent 30 millions dans les poches chaque année sans contre-partie et licencient à tour de bras au passage, je l’ai un peu mauvaise quand même (oui, la vie est injuste, bouh-ou). Dans chaque numéro, une grande part est laissée aux lecteurs et contributeurs bénévoles, l’équipe étant restreinte. Mais il y a aussi quelques dossiers plus fournis sur des sujets d’actu. C’est pas mal ciblé soutien aux ouvriers (du Nord, souvent) des entreprises qui délocalisent.

Fakir

          C’est assez éloigné des grands journaux, tant par le ton que par le choix des sujets. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est engagé, très engagé même ! Ca change de la presse qui ronronne. Un engagement surtout local mais qu’on pourrait imaginer plus global avec d’autres moyens. On ressort de cette lecture avec l’envie de se battre un peu plus pour ses convictions. Je lis peu de journaux mais comme il n’y a qu’environ un numéro tous les deux mois, ça laisse le temps. Alors, à qui s’adresse Fakir ? Au gens de gauche d’abord. Très très à gauche, qui ont envie de lire une presse engagée, indépendante et pleine d’autodérision. N’hésitez pas à aller découvrir ce qu’ils font sur leur site internet. Franchement, ça fait un bien fou !

logo Fakir

Mes lectures

Comme convenu

          L’histoire très largement autobiographique du déménagement de l’auteur à San Francisco en 2013 avec sa famille, en tant que co-fondatrice d’un studio de jeux vidéo… Et les déconvenues qui en découleront

Comme convenu

          On m’avait pas mal parlé de cette BD. Mon copain travaille dans le jeu vidéo et donc cette histoire de créateurs de jeu qui montent une boîte et partent vivre en Californie était sensée lui parler. J’étais très curieuse de voir ce que ça allait donner et j’ai pour tout dire été assez déçue. Je m’attendais à quelque chose de très drôle et à beaucoup d’auto-dérision. Je crois que c’est le style graphique qui me faisait dire ça. Un dessin assez frais, avec un côté presque enfantin plutôt sympa. Ca me rappelait un style un peu à la Bagieu ou dans cette veine là. Sauf que c’est finalement moyennement le cas dans le texte.

Comme convenu

          Le plus souvent, quand on lit un livre, on s’attache un minimum aux personnages principaux. Dans une BD auto-biographique ça aide quand même sacrément à apprécier en tout cas. Là, ç’a été tout le contraire. Le personnage apparaît comme foncièrement naïf, ce qui le rend très agaçant. Quand à son compagnon, il est parfaitement inexistant : il est là mais semble totalement dépourvu de caractère. Seul le chat est sympathique. Je pense que les petits défauts de chacun sont accentués mais au lieu de les rendre attachants ou de nous faire sourire, c’est parfaitement agaçant.

Comme convenu

Bon, dans l’ensemble, leur expérience n’est pas inintéressante. Ca pourrait arriver à tout le monde et je suis la première à admettre que j’aurais pu me faire avoir de la même manière et accepter à peu près n’importe quoi sous prétexte que mon travail me plaît. Ca m’a d’ailleurs rappelé quelques souvenirs. La seule différence c’est que j’en aurais rajouté deux tonnes dans l’auto-dérision et le cynisme si j’avais dû en parler. Il y a une vague tentative mais ça ne va pas assez loin et ça tombe complètement à plat. Trop gentillet. Je jetterai peut-être un œil quand même au blog pour voir comment ça finit parce que là ça nous laisse sur notre faim. Une BD en demie-teinte. Ca sonne juste, ça respire le vécu, mais on s’ennuie un peu et on s’agace des travers des personnages. Dommage, il y avait un beau potentiel.

Théâtre

Beyond au Théâtre du Rond Point

          Je vois peu de spectacles depuis la fin de la saison dernière, n’ayant pas repris d’abonnement cette année. J’évite même de regarder les programmes. Je suis trop fauchée pour sortir, éviter la tentation me semble donc plus sage. Toutefois, j’ai été faible et je me suis retrouvée à prendre une place pour le Cirque Invisible. Ce faisant, j’ai vu la présentation de Beyond, qui m’a de suite tentée. J’ai voulu résister mais le premier spectacle m’ayant franchement convaincue, j’ai voulu renouveler l’expérience. En me faisant inviter cette fois, il est vrai. Je peine beaucoup à me passer de théâtre, cirque et danse. Chaque fois que je délaisse les salles de spectacle, c’est la même révélation quand j’y reviens : décidément, j’aime beaucoup trop ça pour me priver bien longtemps !

©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson
©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson

          Beyond donc, toujours dans la très belle salle du Théâtre du Rond Point. Si le spectacle, qui semblait très acrobatique, me tentait beaucoup, j’avais quand même un peu peur que ce ne soit un peu trop barré. Il est axé autour des frontières entre l’humain et l’animal, entre l’équilibre et la folie. Thèmes légèrement angoissants je trouve mais qui sont traités ici avec brio, même si forcément, certains passages mettent un peu mal à l’aise. Côté cirque, c’est de l’acrobatie de haut vol avec notamment des numéros de main à main assez exceptionnels – c’est de loin là que j’ai trouvé qu’ils se démarquaient le plus de ce que je connaissais – et un joli numéro de mat. Il y a à la fois beaucoup de technique et d’inventivité dans ce spectacle très bien pensé. On en ressort des étoiles plein les yeux, à la fois admiratifs et un peu tristes de se sentir si gauche en comparaison.

©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson
©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson

          La mise en scène est travaillée avec à la fois des numéros très chorégraphiés, une lumière impeccable et un choix de musique convaincant. Tout était parfait quoi. Avec en plus une belle touche d’originalité avec le côté animal qui est très bien exploité. Si les grands trouveront le thème de la folie osé et bien dosé, les enfants rient aux éclats. J’ai trouvé que c’était un beau tour de force d’arriver à la fois à faire rire les enfants et mettre les adultes mal à l’aise : les niveaux de lecture d’un même numéro différent selon l’âge et tout le monde semble y trouver son compte. C’est donc beau, impressionnant, intelligent et ça fonctionne pour tous les âges. Mais que demander de plus ?! Ca n’a pas été sans me rappeler mes deux coups de cœur de l’année dernière : Un peu avant minuit et Traces. La compagnie australienne Circa signe ici un très beau spectacle. Excellence et grain de folie au rendez-vous : on en redemande.

©Beyond, crédit illustration : Stéphane Trapier
©Beyond, crédit illustration : Stéphane Trapier