Actualité·Expositions·Librairies

Salon du livre 2013

          Ca y est, le Salon du livre 2013 ouvre ses portes. Comme le veut la tradition, le jeudi soir est réservé à l’inauguration, accessible uniquement sur invitation, pour l’ouverture au public, il faudra attendre le lendemain matin. L’ouverture des festivités est prévue pour 9 h ce vendredi 22 mars. Quant à la clôture, c’est pour le lundi 25 mars à 19 h. Des livres, des livres et encore des livres, que demander de plus ?

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         Voici un aperçu du programme avec cet années, 5 axes thématiques : les lettres roumaines à l’honneur, Barcelone ville invitée, le livre de cuisine à l’honneur au Square Culinaire, Art Square – espace dédié aux livres d’exception, et enfin, la création éditoriale française est mise en avant. Comme toujours, des ateliers, rencontres et conférences, sont prévus autour de ces thèmes. Sans oublier bien sûr les nombreux stands d’éditeurs sur lesquels vous pourrez acheter des ouvrages de tous acabits ou faire dédicacer vos livres par vos auteurs préférés.  Si vous avez la chance de venir à un moment un peu calme, peut-être pourrez-vous même discuter avec quelques éditeurs passionnés, surtout sur les petits stands. L’occasion de faire de belles rencontres ! Vous trouverez le programme complet ici mais en voici un très bref aperçu :

Vendredi : 12h – 13h Comment fait-on une bande-dessinée ? / 14h30 – 15h30 lettres roumaines, Est-Ouest : des retrouvailles littéraires / 15h30 – 16h30 Nouvelles lectures pour grands ados

Samedi : 11h -12h La cuisine note à note, qu’est-ce que c’est ? / 15h Square culinaire, poêles et des bulles / 15h30 – 16h30 Rencontre avec Carlos Ruiz Zafón / 16h30 – 17h30 Des mots aux émotions

Dimanche : 12h – 13h Comment susciter l’art de l’interrogation chez les enfants ? / 13h30 De la page à l’écran / 16h30 – 17h30 Dracula, entre mythe et réalité

Lundi : 13h30 Les coulisses de l’édition / 14h30 – 15h30 Six siècles de livres d’art / 15h30 A quoi sert un éditeur ?

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Et côté dédicaces ? Vendredi ce sera Nicolas Rey (16h), Tatiana de Rosnay (16h30), Michel Quint (17h), Amélie Nothomb (18h) ou encore Marie Nimier (18h30) / Samedi : Françoise Hardy (14h), Marc Lévy (14h), Philippe Delerm (15h), Christine Angot (16h), Javier Cercas (16h), Jérôme Ferrari (16h) et Serge Joncour (16h) / Dimanche : Benjamin Lacombe (14h), Juliette Gréco (15h), Mathias Malzieu (15h), Nicolas d’Estienne D’Orves (16h), Carlos Ruiz Zafon (16h) et Mathias Enard (17h30). Les autres très nombreuses rencontres sont à découvrir ici.

Salon du livre de Paris

Porte de Versailles

Du 22 au 25 mars, de 10h à 19h

10 €

Culture en vrac·Mes lectures

Collection .2 ou le format ultra poche

          Voici environ 2 ans, La Martinière lançait un tout nouveau concept : le format ultra poche. Une collection qui propose des oeuvres intégrales dans un livre ultra léger qui tient dans la poche. Une idée originale et une mise en page qui ne l’est pas moins. Il y avait là largement de quoi éveiller ma curiosité…

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          Dès la sortie de cette collection, je m’en étais procuré un exemplaire afin de tester ce nouveau mode de lecture. Malheureusement, mes bonnes intentions se sont visiblement un peu perdues en route vu qu’il m’aura tout de même fallu deux ans pour m’y mettre enfin. Les livres de la collection .2 ne mesurent que 8 cm sur 12, soit environ la moitié d’un format poche classique (quant à l’épaisseur des ouvrages, elle est également minime). Ils sont donc les premiers livres de poche à tenir réellement dans la poche. Pour réduire à ce point l’encombrement des oeuvres sans les amputer, il a fallu ruser ! Comment ce tour de force a-t-il été rendu possible ?

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           C’est une mise originale qui a permis la mise en place d’un format aussi compact. Une fois ouvert, le livre ne se présente pas sous le schéma classique page de gauche/page de droite. On le tourne à 90° degré pour obtenir une page unique, ce qui permet de limiter la perte de place. Si l’idée est pour le moins ingénieuse, j’avais peur qu’elle s’avère déroutante, voire même assez désagréable (oui, je suis un peu vieux jeu parfois). Les marges sont réduites au minimum mais cela ne gène pas tellement la lecture étant donné la taille réduite de la page. Le corps employé pour le texte est assez petit mais demeure toutefois lisible. Quant à la prise en main de l’ouvrage, je dois admettre que le pari est réussi ! Le livre tient très bien en main (dans une seule main même), et s’avère très maniable. L’utilisation du papier bible réduit au minimum l’épaisseur et le poids, malheureusement ça rend également les pages un peu fragiles et pas toujours simple à tourner. Même s’il faut admettre qu’entre la pluie et le froid, mes doigts gourds n’aidaient pas beaucoup non plus.

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          La lecture s’est avérée assez agréable. Les ouvrages sont légers et très peu encombrants, à tel point que j’ai parfois eu du mal à le retrouver au fond de mon sac ! L’idée de cette collection était vraiment bonne et sa mise en oeuvre des plus réussie. Le format est très pratique, notamment dans les transports ou en voyage. Je ne suis pas une adepte du papier bible, un peu fragile, mais son utilisation est ici intelligente et ce n’est qu’un petit bémol face aux indéniables qualités indéniables de cette collection qui compte aujourd’hui un peu moins d’une centaine de titres. Je n’irai pas jusqu’à me convertir totalement à ce format, lui préférant une lecture plus traditionnelle et des mises en pages plus espacée (assorties d’un papier plus épais surtout) mais je n’hésiterai pas à y refaire appel à l’occasion. Une belle initiative et un résultat aussi pratique qu’original que je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait.  

Retrouvez tous les détails ici.

Mes lectures

Nouvelles d’Ecosse – Laura HIRD

          Onze nouvelles provocatrices et autant d’histoires sur la solitude et le désespoir. Un style décapant, voire même franchement choquant, qui ne peut en aucun cas laisser indifférent. Un livre choc de la contre-culture écossaise.

          Ma première impression sur ce recueil a été assez défavorable. J’aime les style plutôt classiques et j’ai beaucoup de mal à supporter que la littérature fasse dans le langage de charretier. Dans les dialogues, à la rigueur, si c’est fait avec style, mais dans la narration, JA-MAIS. Je préfère qu’un livre me fasse rêver en me proposant une langue un peu plus belle que celle qui nous écorche les oreilles en bien des occasions à longueur d’année. Autant vous dire que ce livre m’a mise au supplice !!! Toutefois, il s’est passé une chose étrange : bien que le style m’ait laissé perplexe et quelque peu agacée, la première nouvelle m’a assez fascinée. Sans franchement me passionner, elle m’a tout de même suffisamment accrochée pour me donner envie d’aller jusqu’à la fin. Il se dégage quelque chose de ce récit de fort et marqué. L’ambiance qu’il recrée et les émotions qui s’en dégagent sont aussi malsains que fascinants. Un tour de force qui ne se reproduit pas à chaque nouvelle bien que les ingrédients soient souvent là. Un livre que je n’ai pas particulièrement apprécié mais auquel on ne peut que reconnaître une très forte identité.

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Je plonge dans l’armée de bouteilles, recharge mon verre et lui propose à boire. Farfouillant dans son sac genre découpé dans un tapis afghan, posé à côté d’elle, elle en tire une demi-bouteille de Macallan dix ans d’âge et s’en verse une dose de terrassier.

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Je me réveille avec la sensation de froid, de vide, de tête prise dans un étau qui prélude toujours à une journée en famille. Les congés annuels, c’est précieux, et ça me fait chier d’en gaspiller la moindre seconde avec les mômes de mes cousins, mon odieuse tante et les éternelles larmes de ma mère après quelques verres d’asti spumante.

Mes lectures

Même les cow-girls ont du vague à l’âme – Tom ROBBINS

          Sissy a les pouces les plus gros du monde, avec cette particularité physique – que d’aucuns considèrent comme un handicap – sa route était toute tracée : elle allait devenir auto-stoppeuse. De fait, elle est devenue la meilleure dans son domaine, de la camionnette à la Mustang, nul véhicule roulant ne lui résiste, chacun s’arrête à la demande de ses appendices hors du commun. Sa route la mènera à la Rose de Caoutchouc, un ranch tenu par des femmes où s’arrêtent deux fois par an les oies sauvages. Ensembles, elles vont vivre de grandes aventures !

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          Il y avait fort fort longtemps que ce livre sommeillait dans ma bibliothèque. Bien qu’il m’ait toujours beaucoup tentée et que j’aie été convaincue avant même de l’ouvrir qu’il me plairait, je ne sais pourquoi j’en retardais toujours la lecture ; par peur d’être déçue peut-être… Finalement, je l’ai inscrit dans mes résolutions de lectures pour 2013 et m’y suis donc mise dès le début de l’année. Quelle riche idée j’ai eue là ! Il paraît (d’après la 4° de couverture tout du moins) que ce serait-là le meilleur roman issu de la contre-culture américaine. Je ne sais si c’est vrai manquant de points de comparaison, mais on ne doit pas être loin de la vérité.

          Le ton est incisif et j’ai beaucoup, beaucoup ri. Tom Robbins a un sacré humour et il y a quelques belles trouvailles dans ce roman. La début notamment est extrêmement prenant. Ce bel élan s’épuise un peu vers le milieu, à l’arrivée à la Rose de Caoutchouc. Il y a alors quelques longueurs et des passages mystico-philosophiques qui m’ont un peu déstabilisée. Bien qu’on y trouve des choses intéressantes, cette dérision au 36° part un peu loin pour moi, qui préfère sans doute un humour un peu plus franc. Toutefois, cette tendance à l’introspection des personnages est de courte durée et l’histoire reprend vite de plus belle. Elle part alors un peu dans tous les sens, c’est le grand n’importe quoi ! Bizarrement, on se laisse tout de même prendre au jeu et on attend avec impatience chaque nouveau rebondissement. Un livre moins léger qu’il n’y paraît et qui aborde de manière détournée des problèmes de société et s’attaque à des sujets aussi vastes que la psychanalyse, le handicap, le rêve américain ou le féminisme. Mais bien sûr, si on l’aime, c’est aussi parce que malgré tout, il nous fait rire de bout en bout.

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Si vous avez une fille qui persiste à s’imaginer un avenir plus exaltant que les travaux ménagers, le secrétariat ou la maternité, il ne vous reste plus qu’à l’amener chez un psychologue pour enfants. Forcez-la à voir la réalité en face. Et la réalité, c’est qu’on a à peu près autant de chances d’être cow-girls plus tard que les eskimos de devenir végétariens.

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Il existe en fait d’innombrables façons de vivre dans l’allégresse et la bonne santé sur cette sphère trémulante, et probablement une seule et unique manière – l’industrialisation des concentrations urbaines – d’y vivre stupidement : et l’homme s’est jeté dessus.

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Les définitions limitent. Les limites tuent. Se limiter est une sorte de suicide. Limiter un autre est une sorte de meurtre. Limiter la poésie est un Hiroshima de l’esprit humain.

 

Mes lectures

Les silences de la guerre – Claire FOURIER

          En 1944, en Bretagne, un officier allemand réquisitionne la maison de Klauda et de son père et s’installe dans la chambre au fond du couloir, près de celle de la jeune fille. Il est reçu avec froideur mais son naturel diligent, sa curiosité et sa culture arrivera peu à peu à faire sortir ses hôtes de leur mutisme. Contre toute attente, une certaine complicité va s’établir entre ces deux factions ennemies.

          Je dois admettre que j’étais moyennement emballée par ce livre : une histoire d’amour entre une bretonne et un officier nazi pendant l’Occupation n’avait a priori pas grand chose pour me séduire. Pourtant, les premières pages de ce roman m’ont agréablement surprise. Le style est très fluide et agréable, mais surtout bien plus travaillé que ce à quoi je m’attendais. La rencontre est également traitée de manière assez intelligente. Les personnages mettent du temps à s’apprivoiser, on n’est pas vraiment dans un coup de foudre mais plutôt dans la lente mise en place d’une relation plus durable. Malheureusement, cette bonne lancée qui m’a tenu en haleine à peu près un tiers du livre n’a pas duré. Les conversations entre Hermann et Klauda, qui tournent beaucoup autour de l’art, la littérature, la philosophie et les mérites comparés des côtes bretonnes et baltes, sont absolument soporifiques. L’officier allemand y est décrit comme un tel modèle de perfection qu’il en perd toute consistance et affadit sérieusement une histoire d’amour qui aurait mérité d’être plus tourmentée étant donné les sombres circonstances. Un livre bien écrit mais qui lasse assez vite par la longueur de ses descriptions et le manque de profondeur de ses personnages.

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Des étoiles clignotaient. La chambre au bout du couloir donnait au nord. Elle est sombre et froide, me dis-je. Je n’y songeais pas quand mon frère était là.

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L’homme parlait avec le sombre sérieux d’une âme guerrière qui en voulait à la guerre d’être une chose haineuse et vile, une chose sans envergure.