Culture en vrac·Mes lectures

Hervé Guibert : 20 ans

          Il y a tout juste 20 ans, le 27 décembre 1991, s’éteignait Hervé Guibert. En phase terminale du sida, il est mort quelques jours après une tentative de suicide. Le grand public le connaît pour ses textes sur la maladie, la critique littéraire pour son travail sur l’autofiction. Un artiste qui a connu un succès fulgurant avec le livre révélant qu’il était atteint du sida : À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie. 

          Les habitués de ce blog le savent, j’ai travaillé cette année sur son oeuvre, il a donc été l’objet ici même de nombreux articles. Les voici aujourd’hui réunis, en espérant que certains vous donneront envie de découvrir ou redécouvrir son oeuvre.

          À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Le protocole compassionnel et L’homme au chapeau rouge. La « trilogie sida ». L’auteur y raconte son combat contre la maladie à travers une incroyable volonté de continuer à écrire, jusqu’au bout.

           Mais aussi des textes moins connus. Parmi eux, son premier, La mort propagande, un texte extrêmement subversif ; et deux de ses derniers, Mon valet et moi, un roman burlesque et Cytomégalovirus, son journal d’hospitalisation. Je me rends compte au passage que j’ai totalement oublié de faire un article sur le journal de l’auteur, Le mausolée des amants et sur de ses textes que j’aime le plus, Fou de Vincent. Oublis honteux que je compte bien réparer.

          Enfin des articles autour d’Hervé Guibert avec des livres parus à l’occasion de l’exposition de ses photos à la MEP, Hervé Guibert, une leçon de photographie et Hervé et le numéro de La revue littéraire qui lui est consacré. Enfin, un très bon article paru sur le blog de Paris à l’air libre. 20 ans près, un auteur qui fascine encore.

Jeunesse·Mes lectures

Kim HYANG-YI, Murmure à la lune

          Song-Hwa est une petite fille de 11 ans qui vit seule avec sa grand-mère chamanesse. Elle n’a jamais connu ses parents mais espère en secret que son père un jour reviendra. Elle confie ses rêves à son amie Yeong-bun… et à la lune.

         J’ai beaucoup aimé ce livre destiné aux 10-12 ans. Il est bien écrit (même si après Laurent Gaudé, forcément, ça paraît un peu fade) et l’histoire est prenante. Ca change de ce qu’on a l’habitude de voir pour cet âge-là. L’auteur aborde au fil de l’histoire de grands thèmes : la famille, l’amitié, le partage, les croyances ou encore la mort. Si des pistes de réflexion sont apportées, le ton ne de vient jamais moralisateur, ce que j’ai grandement apprécié. On apprend également beaucoup de choses sur l’histoire et les coutumes coréennes. Un texte plein de poésie, malheureusement bien loin des préoccupations de la plupart des enfants de cet âge. A confier plutôt à des enfants sages avides de découvrir de nouveaux horizons.

Tu n’imagines pas à quel point ça me manque de ne pas pouvoir prononcer les mots « papa » et « maman » à haute voix. Pour les autres, c’est aussi normal que de respirer, mais, moi, je n’y suis jamais arrivée… Toi, quand tu t’ennuies de ta maman, tu peux toujours te rappeler son visage. Moi, je n’ai jamais vu ma mère.

Song-Hwa sourit. A ses yeux, la plus grande valeur de cette épingle était celle du souvenir. Toujours, elle lui rappellerait sa grand-mère. Peu importait sa valeur marchande.

Mes lectures

Colleen McCULLOUGH, Les oiseaux se cachent pour mourir

          La famille Cleary vit en Nouvelle-Zélande. Bien que pauvres, ils connaissent une relative tranquillité. Un jour, l’occasion se présente d’échapper à la misère en partant pour l’Australie, à Drogheda, un domaine dont les hautes herbes argentées s’étendent à perte de vue. Là-bas, la petite Meggie, alors âgée de 9 ans, va rencontrer le père Ralph, un jeune ecclésiastique séduisant. Au fil des ans, leur affection va se transformer en un amour profond que tous deux pensent impossible. Mais arriveront-ils vraiment à y échapper ?

          Voilà, vous savez maintenant pourquoi le blog est désert de toutes nouveautés littéraires depuis début décembre : j’étais en train de lire LE roman de la ménagère de moins de 50 ans. Un roman fleuve (près de 900 pages tout de même !) où l’amour est roi. Oui oui, je sais, ça ne me ressemble pas. J’ai un peu honte de le dire mais j’avais A-DO-RÉ L’espoir est une terre lointaine du même auteur, sur les premiers colons débarqués en Australie. J’ai donc décidé de m’attaquer à son roman le plus célèbre pour voir si c’était aussi bien.

          Bon, certes, l’histoire m’emballe moins que la colonisation par des forçats. N’empêche, c’est prenant. J’ai dévoré les 700 premières pages (presque) d’une traite. Les personnages sont attachants et le fond social et historique sur l’Australie est passionnant. Il y a quelques rebondissement gênants, des retrouvailles improbables, des malheurs en série… c’est parfois un peu convenu, mais dans l’ensemble ça reste un très bon moment de lecture. J’ai un peu décroché sur la fin. L’histoire se centre plus sur les enfants de Meggie dans les derniers chapitres et ça m’a moins passionnée. J’ai d’ailleurs trouvé que sur la fin des évènements qui auraient dû être centraux sont totalement zappés.

          Mis à part ces dernières pages moins enthousiasmantes, j’ai beaucoup aimé ce livre. Ce n’est certes pas de la grande littérature mais ça fait tellement de bien des fois de se laisser emporter par de grandes histoires sans réfléchir ! Je me demande même si je ne vais pas aller jusqu’à lire un autre de  ses romans, Le temps de l’amour. Je crains que ce ne soit tout de même aller trop loin… Dans quelques mois peut-être. En tout cas, je recommande chaudement ce livre aux amateurs d’histoires romanesque qui ont du temps devant eux.

Et, peu à peu, le souvenir du jeune homme s’estompa, comme il en va de tous les souvenirs, même ceux auquel s’attache infiniment d’amour ; il semble qu’un processus de cicatrisation s’opère dans notre cerveau et nous guérit en dépit de notre détermination farouche à vouloir ne rien oublier.

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Miss Mackail avait une silhouette étonnante, mais un visage évoquant un cheval en train de manger une pomme à travers un grillage.

Cinéma·Mes lectures

Le liseur, film VS livre

          C’est l’histoire d’un adolescent, dans l’Allemagne d’après guerre. Il rencontre par hasard une femme qui a le double de son âge et en tombe amoureux. Il entretiendra avec elle une liaison pendant de longs mois. Froide et distante, elle aime qu’il lui fasse la lecture. Des années plus tard, il découvrira son lourd secret. 

          L’année dernière (au moment de la sortie du film justement), j’avais lu Le liseur (The Reader) de Bernhard Schlink. Beaucoup considèrent ce livre comme un chef-d’oeuvre et j’avais été déçue. J’avais trouvé l’histoire extrêmement forte et l’écriture bien faiblarde en comparaison. J’avais beaucoup aimé le sujet du livre, ses rebondissements. La froideur du style, son côté impersonnel, m’avaient gênée. Je m’étais pourtant demandé si une trop grande distance n’était pas préférable à un excès de pathos. Si je n’avais pas été franchement emballée, il m’avait semblé que c’était peut-être ce que je n’avais pas aimé dans ce livre qui en faisait la force, le démarquant de la masse des drames amoureux. Un avis mitigé donc.

          Les critiques étaient partagées pour le film. Je n’étais donc pas allée le voir sur grand écran. Mais Canal + à une fois de plus rempli son office de rattrapage de séance. Il s’agit d’un drame américano-allemand de Stephen DALDRY avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus larmoyant que le livre. C’est en effet le cas, mais sans excès. L’histoire est bien traitée et le style respecté, notamment pour le personnage principal, aussi glacial que dans le livre. L’aspect impossible de la relation est plus ou moins occulté sans que l’on y perde beaucoup. Le film est extrêmement émouvant, contrairement au livre dont il est tiré. Une assez bonne surprise dans l’ensemble.

          Finalement, j’ai trouvé que livre et film se complétaient bien. Le premier tire sa force de son incroyable froideur, là où le second s’engage dans les chemins plus familiers du sentimental. Les images permettent de mettre en avant des facettes différentes des relations entre les personnages. Pourtant, même si le film m’a plus convaincue que le livre, je pense qu’il me marquera moins durablement, sortant moins de l’ordinaire.

Divers

Ma bibliothèque s’agrandit

          Manquant autant d’inspiration que de temps ce matin, et n’ayant pas de réelle nouveauté lecture puisque je suis en train de lire un énorme pavé qui va encore m’occuper quelques jours, je ne ferai pas d’article consistant aujourd’hui (mais j’aime bien écrire alors je le fais quand même, pour ne pas perdre les bonnes habitudes).  Je vais donc vous présenter plutôt les nouveautés de ma bibliothèque, ce que je n’ai plus fait depuis fort longtemps.

          Nous avons donc,

– enfin, après des mois d’attente La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, par Michel Folco

 – Le système Victoria, d’Éric Reinhardt

Premier bilan après l’apocalypse, de Frédéric Beigbeder

– depuis le temps que je veux le lire, Truman Capote, De sang froid

– et autre grand nom de la littérature, Romain Gary, La promesse de l’aube

– plus léger, Les larmes de Tarzan de Katrina Mazetti

– et enfin, Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé.

          Voilà pour les nouveaux venus, j’ai dû bien sûr en oublier ! En avez-vous lu certains ? Par lesquels me conseillez-vous d’attaquer. Un des premiers dans ma liste sera sans aucun doute Folco évidemment ! Et vous, quelles lectures projetez-vous de faire ?