Mes lectures

Long John Silver, 2 : Neptune, de Xavier DORISON et Mathieu LAUFFRAY

          Le 2° tome des aventures de Lng John Silver et Lady Hasting. On est cette fois sur le bateau qui les mène aux Amériques : des pitares et une femme aux meours légères enfermés dans un même bateau, une histoire de gros sous à la clef, tout un programme !

          J’avais adoré la 1° tome. Là je ne sais pas si c’est mon état de fatigue avancé qui a fait ça, mais j’ai été un peu déçue… J’ai trouvé cet épisode en dessous du précédent. L’histoire est plutôt attendue, pas grosses surprises, peu d’action et de rebondissements. il faut dire que le lieu ne s’y prête pas trop… Une bonne BD tout de même et des illustrations toujours aussi convaincantes. Verdict donc au tome 3.

Mes lectures

Patrick LAPEYRE, La vie est brève et le désir sans fin

          Deux hommes, tous deux amoureux de la même femme, l’un à Londres, l’autre à Paris. Une femme indépendante, énigmatique, insaisissable. Une femme qui fait souffrir mais qui aussi rend heureux. Un homme terre à terre, jeune, beau, brillant et riche. L’autre flegmatique, sans ambition, vieillissant et sans le sous. Elle papillonne entre eux deux, paraissant ne jamais devoir se poser.

          Ce roman a reçu le prix Femina l’année dernière. Il attendait depuis plus de 6 mois dans ma bibliothèque et c’est avec joie que je me suis enfin lancée dans cette lecture. Dès le début, j’ai moyennement accroché avec le style. C’est assez décousu, on suit tour à tour les différents personnages et le changement est parfois assez déstabilisant. Le personnage principal est un peu vaporeux, il semble sans consistance. Ce n’est pas en soi une mauvaise idée (ça m’a un peu rappelé le commissaire Adamsberg par certains côtés) seulement on a du mal à lui trouver le moindre charme. Les personnages sont d’ailleurs dans l’ensemble un brin caricaturaux, ils manquent de profondeur.

          L’histoire commence bien. Classique mais efficace : une femme partagée entre deux hommes que tout oppose. Malheureusement, si j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de bonnes idées, tant dans le fond que dans le style, ça ne fonctionne pas vraiment. Le tout est un peu nonchalant. Il y manque le petit quelque chose en plus qui fait qu’on a envie de continuer la lecture. J’y ai retrouvé quelque chose dans le style de La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint, mais avec un talent bien moindre. Ce livre n’est pas mauvais, plutôt moyen disons. Il y en a de meilleurs dans la même veine. Des bonnes choses cependant : une certaine poésie, de la justesse dans le ragard porté sur les relations de couple. Il lui manque ce petit rien qui marque la différence et nous séduit ; une écriture qui mériterait sans doute de mûrir encore un peu. Pas mal mais un peu fade, dommage.

Blériot ne ait pas ce qui l’angoisse le plus, de devoir un jour quitter sa femme ou de vieillir avec elle.

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Nora marchant à son bras comme s’ils étaient mari et femme, l’un marchant bouche ouverte pour avaler le bonheur, et l’autre – c’est évidemment lui – bouche fermée pour l’empêcher de s’échapper.

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Et en même temps, alors qu’ils marchent tous les deux dans la rue, il se doute bien qu’il ne peut pas continuer à balancer ainsi pendant des mois entre l’angoisse de l’infidélité et et la dépression de la fidélité – puisque dans ce genre de situation il n’y a pas de normalité.

Cuisine·Musique

Le piano cocktail

          C’est l’été, la très bonne émission sur la musique classique de Jean-François Zygel, « La boîte à musique », a repris. J’en entends déjà raler « mouais la musique classique, j’aime pas, c’est chiant, ça m’endors ». Que nenni, ce que l’on classe sous « musique classique » est très varié, il y a forcemment un compositeur qui vous inspirera. Cet émission propose de dépoussiérer l’image un peu terne que se trimballe la musique classique, en invitant des célébrités qui ne s’y connaissent pas forcemment (même si sur les trois il y a toujours au moins 1 ou 2 musiciens), en présentant des instruments rares mais surtout en y mettant un enthousiasme et une passion communicatifs, Jean-Fronçois Zygel arrive à nous captiver. Même le solphège en devient intéressant (sisi !). Enfin une émission dont on ressort moins bête (en tout cas si on a une culture classique peu développée, les puristes doivent être beaucoup moins enthousiastes…).

          La semaine dernière, l’émission se penchait sur le lien entre cuisine et musique et invitait Pierre Gagnaire (chef étoilé qui a sorti un livre chez Flammarion avec Chili Gonzalez où ils proposaient d’associer recettes et musique). Une émission plutôt intéressante, notamment la partie sur la musique de table sous Louis XIV. Mais ce que je voulais vous présenter avant tout, c’est l’instrument rare de la semaine : le piano cocktail. Pure invention littéraire, le piano cocktail a fait son apparition chez Huysmans (À rebours, que je regrettes pour la peine de ne pas avoir fini) puis s’est retrouvé de manière plus développée chez Boris Vian dans L’écume des jours. Il s’agit comme son nom l’indique d’un piano qui permet de faire des cocktails : chaque note est reliée à une fiole qui déverse du liquide quand on joue. À la fin du morceau, un cocktail nous attend et on peut boire notre musique. Et une bande de géniaux musiciens-bricoleurs a réussi à le construire, pour notre plus grand bonheur, la preuve en images.

          Bravo donc à la compagnie La Rumeur. Une réalisation que je leur piquerais bien afin de l’installer dans mon salon (si j’en avais un, évidemment)…

Mes lectures

Kararina MAZETTI, Le caveau de famille

          La suite du Mec de la tombe d’à côté. Elle c’est Désirée, elle est bibliothécaire et vit dans un appartement tout blanc en ville ; lui, c’est Benny, agriculteur, il vit dans une ferme aux papiers peints à fleurs et aux rideaux en dentelle. On les a laissés dans le précédent volume en bien mauvaise posture : pas facile de s’aimer quand on est si différents. Vont-ils finalement réussir à se retrouver ?

Attention, que ceux qui ne veulent pas connaître la suite de l’histoire arrêtent là leur lecture !

           J’avais aimé la fraîcheur du premier volume de cette histoire. Certes l’écriture n’était pas exceptionnelle, les personnages un brin caricaturaux, l’histoire assez convenue mais pourtant, on ne sait par quel miracle, l’ensemble fonctionnait plutôt bien. C’était énergique, c’était attachant, on s’y laissait prendre. J’avais particulièrement aimé la fin ouverte qui me faisait craindre la suite (eh oui, il faut savoir s’arrêter parfois).

           Mes craintes étaient fondées. Si ce livre n’est pas totalement nul, il est d’un intérêt très limité. On ne retrouve pas le dynamisme du premier ni son humour. Un critique littéraire suédois a dit « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » Très bon résumé. L’auteur en rajoute des tonnes. La petite Désirée, si indépendante, devient une espèce de vache à lait pendant que le gentil Benny retrouve ses instincts de mâle dominant. On sombre dans le cliché. Si ça se lit toujours bien, les évènement s’enchaînent au détriment de la crédibilité de l’histoire et de la profondeur psychologique des personnages (qui rejoint à peu près celle d’une huître). On s’ennuie un peu et la tournure que prend les choses laisse franchement perplexe. A éviter, mieux vaut rester sur la bonne impression laissée par le premier.

Mon père disait toujours que personne ne peut rester amoureux plus de trois mois, après il devient fou. Maman le regardait un peu de travers quand il parlait comme ça et alors il se dépêchait d’ajouter : « Et ensuite, eh bien ensuite on s’aime pour de vrai, si on a de la chance ! »

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Combien sont-elles, les femmes qui rêvent de vivre à la campagne parmi les vaches et les fleurs, avec un gentil mari et un petit bébé tout mignon, pensais-je parfois. J’avais une vie de rêve ! Seulement ce n’était pas mon rêve, c’était celui de quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui ne savait pas grand chose à la vie de la ferme.

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Il ne comprenait pas. Il ne voyait pas combien je travaillais dur, car « le boulot des femmes » au foyer devient visible uniquement quand il n’est pas fait.

Mes lectures

Mathias MALZIEU, Métamorphose en bord de Ciel

          Tom Cloudman est cascadeur, le plus mauvais cascadeur de tous les temps. Il rêve de voler et s’élance dans les airs à la moindre occasion, mais gare à la chute ! L’atterrissage est chaque fois plus difficile et un jour, alors qu’il est au sommet de sa gloire, il ne peut se relever seul. Un long séjour à l’hôpital commence qui va changer sa vie et peut-être voir se réaliser son rêve de côtoyer les oiseaux.

          J’avais bien aimé les deux premiers romans de Mathias Malzieu, son univers si particulier, un peu morbide mais chargé de poésie. Une écriture qui manque sans doute de maturité mais semble prometteuse. J’espérais donc que ce nouvel ouvrage du chanteur de Dionysos le verrait passer un cap vers une écriture plus maîtrisée, tout en gardant le charme et la fraîcheur de son style.

          J’ai malheureusement été déçue. Si jusque-là j’avais toujours été emportée par ses histoires, si j’étais toujours rentrée sans peine dans son univers, cette fois la magie n’a pas opéré. Je n’ai pas du tout accroché avec ce personnage. L’univers m’a paru plus enfantin que dans les romans précédents, mois tortueux. Ces zones d’ombre m’ont manqué. Les images évoquées m’ont plus agacée qu’émue et le style, pourtant assez vif, m’a vite lassée. Un livre que je n’ai pas réussi à finir, question de disposition aussi sans doute. Espérons que le prochain sera plus convaincant. Cela dit, mon amour pour Mathias Malzieu, reste encore intact…

Si à l’âge de cet enfant j’avais appris que je devais vivre dans un hôpital, je serais mort sur le coup. Électrocuté d’ennui dès la première nuit. J’ai eu le temps des printemps fougueux et des coups de soleil. On m’a laissé cultiver un peu mes rêves à l’air libre. Victor doit faire pousser les siens à la lumière des néons.

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Au menu, piqûres et petit-déjeuner : émincé de pain sec à s’en péter les dents servi avec son coulis de pilules amères.