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La Côte Vermeille : balade sur le chemin côtier entre Pauliles et Port-Vendres

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          J’ai déjà partagé avec vous quelques photos prises durant mon court séjour sur la Côte Vermeille, région que j’apprécie beaucoup. Voici la suite de mes randonnées sur le sentier côtier. La fin sera pour la semaine prochaine. Aujourd’hui, je vous présente un chemin escarpé qui longe la mer et offre une vue imprenable sur la côte. Sous le soleil, c’est de toute beauté.

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          Ce tronçon du sentier du littoral est impressionnant. La première partie est assez vertigineuse, ce qui n’est pas pour me déplaire ! On surplombe la mer et on peut admire de petites criques charmantes. On découvre ensuite un phare qui semble émerger de nulle part. Puis, après avoir passé un col, le paysage change du tout au tout ! La pente se fait plus douce et la végétation devient plus rase. Nous avons également été surprises par un vent extrêmement violent alors qu’il était jusque-là assez discret. Il est aussi étrange qu’agréable d’être face à une telle variété !

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          Le chemin est extrêmement bien indiqué mais nécessite de bonnes chaussures. Nous étions parties assez tard, après avoir déjeuné dans le restaurant de Pauliles, qui sert une cuisine simple et généreuse, et avons ainsi eu une très belle lumière pour notre arrivée sur Port-Vendres. Une première partie avec des paysages très méditerranéens qui rappellent les calanques et une seconde verdoyante qui m’a évoqué l’image que je me fais de l’Irlande pour cette très belle balade qui m’a à la fois ravie, surprise et impressionnée.

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Après l’équateur, le premier roman prometteur de Baptiste Fillon

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          Un marin à l’orée de la retraite part pour un dernier voyage. Il est partagée entre deux familles, celle qu’il a fondé il y a des années à Marseille avec une femme qu’il n’est plus sûr d’aimer et deux grandes filles qu’il ne voit jamais, l’autre au Brésil où l’attendent pour quelques jours de bonheur chaque année une jeune femme qu’il connaît à peine et l’enfant qu’elle lui a donné. L’heure du choix approche et va s’avérer difficile. 

Tranches

          On m’a offert ce roman pour mon anniversaire et à vrai dire, la quatrième de couverture me tentait assez. J’ai d’ailleurs été assez agréablement surprise par les premières pages. L’écriture est assez forte : le mélange entre un style plutôt soutenu et la vie rude de marins crée un étrange décalage que j’ai bien aimé. Bien que je sois une montagnarde et n’y connaisse strictement rien pour tout ce qui touche aux affaires maritimes, j’ai toujours beaucoup aimé les récits qui traitent de la mer. Je suppose que c’est en partie parce qu’ignorant tout de ce domaine, je trouve cela totalement dépaysant. Et puis il y a eu ma rencontre avec Jack London aussi qui y a forcément été pour beaucoup ! J’ai donc été ravie de retrouver cet univers. Sachant qu’il s’agissait d’un premier roman, j’ai tout d’abord été étonnée par la qualité du style et la maturité dont faisait preuve ce jeune auteur.

          Au fil des pages, je lui ai toutefois trouvé quelques défauts (il faut bien, l’inverse aurait été inquiétant !). Le style justement, qui au premier abord m’a marquée par son côté assez soutenu, manque un peu de naturel sur la longueur. Les marins ne sont généralement pas des tendres et j’ai trouvé que les dialogues manquaient de saveur. J’ai parfois eu l’impression que l’auteur voulait en faire trop et avait essayé caser le plus de connaissances possibles dans ce roman, au détriment du réalisme parfois. Cela peut se comprendre aisément, je suppose qu’on veut que son premier roman soit parfait, bien écrit et érudit, rien de plus naturel. Mais le mieux est l’ennemi du bien, on ne le répétera jamais assez ! Il est louable de faire la part belle à la culture et à la langue mais un peu de sobriété est parfois bienvenue. Sur son site, l’auteur dit avoir « voulu recréer une langue à la fois mélodieuse et heurtée, qui rappelle la rugosité du parler des gens de mer ». C’est exactement cela dans les sonorités, la musique de la langue, qui a une grande importance dans ce roman. En revanche, dans le vocabulaire, il y a un léger déséquilibre, la rugosité se ressent un peu moins.

          Du côté de l’histoire, j’avoue que l’amour et les atermoiements sur le sujets ne sont pas trop mon fort… J’ai malgré tout trouvé que les sentiments étaient traités avec beaucoup de justesse. Les relations entre les personnages sont assez fines et très riches. Le personnage principal est intéressant, il gagne en profondeur de page en page et acquiert une identité forte que j’ai beaucoup aimée. Même si l’aspect sentimental n’avait pas grand chose pour me plaire, il est indéniablement un des points forts de ce roman. On ne tombe jamais dans la mièvrerie ou la facilité, ce qui est aussi rare qu’appréciable. Même si j’aurais aimé un plus grand contraste dans le style, j’ai apprécié la qualité de la langue et la mélodie qui s’échappe de ces phrases. Un roman bien mené qui laisse présager d’un avenir prometteur pour son jeune auteur.

 

Copyright : Catherine Hélie - Gallimard - 2014

Copyright : Catherine Hélie – Gallimard – 2014

L’horizon montait, descendait. Ça finissait par faire une musique. Les mêmes intervalles, un battement mou. La proue s’élevait contre le ciel blanc. Une fois arrivée à son plus haut point, un craquement ébranlait la carcasse du bateau, et la proue retombait dans la mer. La coque entrait dans l’eau. Une glissade de quelques secondes où tout tenait en place, le temps que l’Atlantique nous renvoie vers le ciel. Une attente fébrile, toujours trop vite soulagée.

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Rien ne la prenait en défaut. Ni la magie ni les transes. Revenue des mystères, des sortilèges et des malédictions, elle ne percevait plus les signes du destin. Les présages s’étaient effacés, et elle ne craignait plus la mort.

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Chez Fanny, c’était le même emportement, quoique plus tendre, et pas tout à fait convaincu de la nécessité de la lutte.

Et pour en savoir plus sur Batiste Fillon et son premier roman, c’est par ici.

La Côte Vermeille : balade sur le chemin côtier entre Cerbère et Banyuls

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Entre terre et mer, une très belle balade au bord de l’eau. Le chemin côtier relie tous les villages du littoral et est très bien indiqué. De Collioure à Cerbère en passant par Port-Vendres et Banyuls, des paysages magnifiques vous attendent. Du vent, du soleil et plein de fleurs pour cette promenade des plus agréables. Attention, le chemin est escarpé, bonnes chaussures indispensables ! La suite la semaine prochaine !

 

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En solitaire

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Drame français de Christophe Offenstein avec François Cluzet, Samy Seghir, Virginie Efira, Guillaume Canet

EN-SOLITAIRE_120160_PREV_ok          Quand Yann Kermadec remplace son ami au pied levé au départ du Vendée Globe suite à une blessure, c’est son rêve d’enfant qui se réalise. Il commence la course avec une réelle rage de vaincre mais la découverte d’un passager clandestin à bord en plein milieu de la course vient mettre à mal ses chances de victoire.

En-Solitaire-Virginie-Efira-01          Venant de la montagne, je ne suis pas très familière de l’univers marin, pourtant les grandes courses en solitaire m’ont toujours fortement impressionnée et un peu fait rêver aussi. Quant au duo Cluzet-Canet, pas que ça me fasse beaucoup rêver – un peu sage à mon goût – mais pourquoi pas, ça laissait présager d’un film plutôt sympa, gentillet du genre conte de Noël qui finit bien. A voir pourquoi pas après une journée difficile. Finalement, ç’a été un jour où il n’y avait rien d’autre qui passait à l’heure qui m’arrangeait (histoire de changer !). On embarque très vite pour cette longue course en solitaire qu’est le Vendée-Globe. J’ai beaucoup aimer plonger dans l’univers de la traversée qui est très présent et qu’on découvre peu à peu sans qu’il ne devienne non plus trop oppressant pour le néophyte.

a-pre¦üventive-en-solitaire-2          Quant à l’histoire du passager clandestin, j’avais peur qu’elle ne soit trop tire larme mais finalement, elle reste relativement sobre. J’ai trouvé que ça fonctionnait plutôt bien. Le scénario ne réserve pas de grandes surprises mais tient la route et n’est pas aussi mélodramatique que je le craignais. Les acteurs sont dans des rôles qui leur vont bien et même Virginie Efira dont j’ai pourtant du mal à oublier le passé de présentatrice télé, se montre ici touchante. Je n’ai finalement pas grand chose à reprocher à ce film (une fois n’est pas coutume, vous remarquerez) qui est là où on l’attend. Si ce n’est pas le genre de cinéma que je préfère, le trouvant peut-être un peu trop prévisible, j’ai trouvé ce film agréable : un joli conte de Noël en pleine mer.

Le Loup des mers – Jack London

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          Un homme est repêché en mer par des chasseurs de phoques près des côtes américaines ; au lieu de le ramener à terre comme le veut la coutume, le capitaine Loup Larsen choisit de le garder à son bord. Le jeune homme qui menait jusqu’ici une vie dorée de rentier va être confronté à la brutalité et à la violence des marins de l’équipage. Les idées et le réel vont s’affronter et transformer et cette enfermement forcé va donner à notre héros une liberté de pensée nouvelle. 

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          Ce roman est considéré comme l’un des chefs-d’oeuvres de Jack London. Il l’a conçu comme un « roman total », inspiré par Moby Dick. Ainsi, loin d’être un simple récit d’aventure, ce roman reprend des théories de Nietzsche, qu’il expose largement, notamment sur la vie et la religion, en les confrontant aux arguments de ses détracteurs. Ainsi, de longs dialogues philosophiques viennent ponctuer les descriptions de chasse au phoque ou de vie sur un voilier. Le projet est ambitieux ! Malheureusement, je dois avouer être bien plus sensible aux grandes aventures qu’aux questions métaphysiques. Même si j’en ai vaguement honte, j’aurais préféré que ce texte philosophe un peu moins et bouge un peu plus.

          Le personnage principal (Hump, si ma mémoire est bonne), est un aristo qui vit de ses rentes. La narration, qu’il assure, est un peu ampoulée. Moi qui aime la brutalité de London, on ne la trouve ici que dans les dialogues, et dans le formidable personnage de Loup Larsen. Le texte manque ainsi de vie, surtout au début. J’ai également trouvé par moments que les conversations soutenues entre le Capitaine et son mousse de fortune manquaient un peu de naturel. Etant pourtant une inconditionnelle de London, j’ai peiné à accrocher avec ce livre. Toutefois, après une première partie un peu plate, l’histoire prend son envol dans la seconde moitié. L’esprit un peu étriqué de Hump s’élargit et l’aventure commence réellement avec le début de la chasse aux phoques. Et là, on trouve un peu cet équilibre recherché par London entre aventure et philosophie. Au final, un livre intéressant bien qu’il peine un peu à démarrer. De l’action et de la réflexion, pour un mélange assez réussi. 

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Il n’y a qu’un droit, je le répète, celui de la force. Le faible a tort, uniquement parce qu’il est faible. Ce qui est une façon un peu rapide de dire ceci : que le bien réside dans la force, et le mal dans la faiblesse. Ou encore, tenez : la force est source de plaisir ; la faiblesse n’engendre que des désagréments.

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Que me reste-t-il ? Puisque je suis un faible, mon rôle est de me taire et de tout supporter. Pour vous, ça sera la même chose. Et c’est bien, c’est le mieux que nous puissions faire si nous voulons rester en vie.