Expositions

De l’Allemagne au musée du Louvre

         Le musée du Louvre propose à travers cette exposition une réflexion autour des grands thèmes structurant la pensée allemande de 1800 à 1939. Plus de deux cents œuvres pour tenter de comprendre la constitution de l’histoire allemande de la fin du XVIIIe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

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          J’ai vu cette exposition juste après celle que consacre le musée d’Orsay au romantisme noir. Deux expositions dont les thèmes se recoupent un peu. Malheureusement, une fois de plus, le Louvre m’a déçue. Autant on ne peut que reconnaître la formidable collection permanente du musée, autant côté expositions, je trouve qu’il peine souvent à surprendre et à convaincre, malgré la qualité de certaines des toiles exposées. Sans doute est-ce dû en partie au côté extrêmement classique des accrochages. Il faut dire aussi que j’ai été prise d’une énorme migraine avant d’entrer dans le musée et que je n’étais pas du tout en condition pour apprécier quoi que ce soit, il va donc m’être difficile de vous parler de cette exposition de manière objective tant j’étais pressée d’en sortir. Toutefois, renseignements pris auprès de ceux de mon entourage qui l’ont également vue, nous étions tous aussi peu convaincus à la sortie, je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

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          Si je n’avais pas su de quoi il était question, je crois que je n’aurais pas réussi à la deviner toute seule. Tous les artistes exposés sont allemands, pour le reste, on peine à dégager une unité. On commence par des représentations religieuses (comme souvent au Louvre) qui m’inspirent toujours assez peu.  Lire la suite « De l’Allemagne au musée du Louvre »

Expositions·Patrimoine

Le musée Ingres à Montauban

          Montauban, ville natale de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Elle possède nombre de ses oeuvres, notamment de nombreux dessins et esquisses, et lui consacre un musée. J’ai profité d’un de mes séjours toulousains pour aller voir ça d’un peu plus près…

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          Le musée Ingres est un lieu pour le moins surprenant. Le rez-de-chaussée est essentiellement consacré à Antoine Bourdelle, un sculpteur de la région. Certaines oeuvres sont intéressantes, il est toutefois un peu dommage qu’elles ne soient pas toujours très bien restaurées (voire pas du tout, je vous recommande les chiures de pigeon sur les statues d’extérieur…) et parfois exposées à contre-jour. Une salle au fond propose des oeuvres dans un tout autre style, plus modernes, avec notamment un Picasso qui aurait mérité d’être mis un peu plus en avant.

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          Nous allons ensuite visiter les sous-sol, avec deux niveaux assez vastes. Le lieu en lui-même est assez impressionnant, avec de très belles voûtes en brique. Au deuxième sous-sol, de l’archéologie régionale pour l’essentiel. Ce n’est pas ce qui me passionne le plus mais il est agréable de déambuler dans cette salle assez imposante. Au premier sous-sol, encore un autre univers. Dans les deux premières salles, on trouve essentiellement de l’art moderne ou contemporain avec entre autres des toiles de Zao Wou Ki, ensuite, on change totalement de style, avec des salles consacrées à la faïence ancienne.

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          Nous passons ensuite aux étages. Au premier, une grande salle assez sombre et sans grand intérêt d’un côté, de l’autre, la partie consacrée à Ingres. Celle-ci se cache derrière une porte close, sans indication aucune, et nous avons bien failli la rater. C’eut été dommage ! La plus grande partie du premier étage est consacrée au peintre. Il y a peu de toiles exposées mais un nombre impressionnant d’esquisses préparatoires. Attention ! Il y a des tiroirs au niveau des vitrines d’exposition, il faut les ouvrir : certaines des plus belles pièces sont à l’intérieur ! Dommage qu’elles soient si peu mises en valeur et surtout ne soient même pas signalées. Quant au choix des dessins exposés, il peut parfois laisser perplexe… Certains sont très abîmés alors qu’il y a au fond des tiroirs de petits trésors en bien meilleur état. Dommage également que l’éclairage soit un peu chiche dans certaines pièces.

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          La fin du premier étage marque un nouveau changement avec des objets d’art et antiquités. On passe ensuite au second étage où l’on trouve de nombreuses peintures, plutôt classiques dans l’ensemble. Je dois admette que j’avais mal aux yeux après le passage dans les pièces précédentes et que je commençais à fatiguer un peu (c’est que l’air de rien, on avait vu beaucoup de choses, dans tous les styles). Toutefois, même si je n’en ai pas gardé un souvenir précis, il me semble avoir vu des choses intéressantes.

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          Le musée est très vaste et propose des choses très différentes, ce qui le rend un peu fouillis. Il mériterait peut-être une petite réorganisation, chronologique par exemple. Certaines pièces mériteraient également d’être restaurées ou mieux mises en valeur. Toutefois, dans l’ensemble, le musée possède une assez belle collection, avec notamment quelques dessins d’Ingres vraiment intéressants. Etant donné l’étendue des lieux, je pense que le visiter en deux fois ne serait pas de trop, pour mieux en profiter. Un lieu et une collection qui méritent largement le détour.

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Musée Ingres

19, rue de l’Hôtel de Ville

82 000 Montauban

Tarif hors exposition, 5€10

Divers

Cheveux chéris

          Les cheveux : longs ou courts, lisses ou crépus, raides ou frisés, bruns, blonds, roux… au naturel ou habilement coiffés, ils font partie de nous et peuvent être un reflet de ce que nous sommes. Pas toujours futile, la coiffure est aussi un reflet de la société et y joue un rôle à part entière. Les cheveux peuvent prendre part à divers rituels comme celui du deuil ou se faire talismans ou trophées. Alors, le cheveux, frivole ou porteur de symboles ?

          Je suis allée voir cette exposition, très intéressée par la fonction sociologique du cheveux. Pourquoi les blondes sont perçues comme séduisantes et les brunes intelligentes ? Pourquoi certains peuples considèrent les cheveux comme symboles de force ? Quelle image de nous renvoie notre chevelure ? Moi qui ne suis pourtant pas très attentive à ma propre crinière, je trouve cet aspect de la chose autrement plus intéressant que « je me lisse les cheveux tu crois ? non parce que ça me va mieux mais il pleut, ils risquent de refriser, je ne sais vraiment pas quoi faire, c’est une ca-ta-stro-phe », ou autres considérations qui me laissent pantoise. Mais parlez-moi sociologie et me voilà de nouveau l’oeil vif et la truffe fraîche, prête à aller courir dans l’immense champ des sciences humaines.

          Et en vrai, qu’est-ce que ça donne ? J’ai été extrêmement déçue par le début de cette exposition. Les représentations, essentiellement féminines mais pas seulement, s’enchaînent sans qu’on n’y trouve de réel lien : un alignement de bustes classiques (avec des coiffures impressionnantes, évidemment), une sélection de tableau qui s’enchaînent sur un écran, une série de photographies sur les variantes de la coupe afro… Certes, tous ces gens ont bien des cheveux mais de là à y trouver un intérêt autre qu’esthétique… On commence donc par regarder en ce demandant où tout ça peut bien mener. Certes, on nous montre des représentations de cheveux de toutes sortes et de toutes les époques mais je ne vois pas bien en quoi cet étalage est pertinent : on a la plupart du temps des cheveux sur la tête et par la force des choses, ils font partie intégrante de l’art du portrait, pas de quoi s’extasier. Pour ceux qui l’ignorent, je suis fascinée par les représentation de chevelures, ce qui a à peine suffit à tempérer ma grande perplexité. Il manque à cette première partie des commentaires, même si j’admets que cela est difficile étant donné le large panels de représentations. Peut-être eut-il mieux valu faire plus ciblé et approfondir plus. J’aurais adoré par exemple un topo sur l’importance de la coiffure au 17° siècle pour aller avec les sculptures d’époque. Ou sur le rapport coupe afro/tresses.

           Dans un deuxième temps, on passe à des représentations par grandes familles de cheveux : quelques blondes célèbres, quelques brunes, quelques rousses. Là encore bof, c’est joli, on sait qu’il y a de belles femmes en tous genres et à toutes les époques (des moches aussi, Yvette Horner faisant partie de la sélection…). Un petit blabla est fait sur « blondes superficielles, brunes réfléchies, rousses incendiaires ». C’est bien mignon de faire un tour d’horizon des clichés mais moi je voulais connaître, l’origine, voire l’évolution, j’en voulais plus moi !!! Si j’avais osé j’aurais fait un caprice en plein musée et tapé du pied en pleurant pour qu’on m’explique tout ça ! J’ai écouté un bout de visite guidée pour voir mais c’était aussi creux que les panneaux « explicatifs ». Sniffff… Un point positif tout de même, la présente d’une superbe liseuse, vue il y a fort longtemps dans l’exposition « Mélancolie » et qui décidément est toujours aussi belle.

          Heureusement, la deuxième moitié est autrement plus intéressante. On découvre enfin une fonction au cheveux : bien sûr, le cheveux rasé pour désigner la femme adultère (ou celle qui a couché avec un Allemand en 39-45), les femmes qui ne se coiffent pas pendant la durée du deuil à Madagascar, la mèche de cheveux comme souvenir… Les explications sont un peu plus fournies et nous permettent de comparer un peu les différentes perception du cheveux dans les différentes cultures. Enfin, la partie la plus impressionnante est bien sûr celle sur les talismans, scalps et têtes réduites. Chaque fonction est expliquée clairement et largement représentée. On en prend plein la vue, on apprend plein de choses. C’est trop chouette !!!! Il était temps, je désespérais ! Mais cette seconde moitié rattrape largement le côté décousu de la première qui est à peu décousue et assez légère ; notons toutefois que les concepteurs de l’exposition l’ont appelé très justement « Frivolité » (ils ont mis un « ? » que je me permets de retirer), on est prévenus. Toutefois cette partie regroupe les oeuvres n’appartenant pas au musée, ni même à son champ habituel d’études, ce qui représente une ouverture tout à fait louable même si la réussite est à mon avis mitigée.

          Une exposition inégale, un peu fourre tout et très éclectique. L’avantage, c’est que chacun y trouvera son compte tant les aspects abordés sont variés. Le Quai Branly est spécialisé dans les arts primitifs et c’est bien dans cette partie qu’il excelle avec une mise en place passionnante et très impressionnante. Alors au final on y va ou pas ? On y court !!!

Cheveux Chéris

Musée du Quai Branly

37, quai Branly

75007 Paris

Expositions

Pluie et Patagonie au Quai Branly

          Le musée du Quai Branly proposait ces deux expositions jusqu’au 13 mai. Patagonie me tentait particulièrement, avec des photographies d’habitants qui me semblaient très bien. Pluie restait assez mystérieuse mais poétique. Je suis donc allée voir ce qu’il en était.

          Je n’étais jamais allée au Quai Branly. J’ai beaucoup aimé la manière dont les oeuvres sont mises en valeur avec notamment un éclairage intéressant. A l’intérieur, pas de lignes droites et de murs blancs, les cloisons évoquent des murs en pissé aux tons chauds et aux formes courbes. Cela donne une ambiance plus chaleureuse que ce à quoi on est habitués dans les musées. Le parcours est également bien conçu, simple et efficace. Une conception intelligente que j’ai beaucoup appréciée.

          Pour ce qui est des expositions, je suis plus mitigée. Il n’y avait pas grand chose à voir dans celle consacrée à la Patagonie. On commence par 3 photographies de paysages en grand format assez originales et on aurait aimé poursuivre un peu avec le travail de cette artiste. Quelques livres anciens reportant des légendes sont exposés et on arrive ensuite à des portraits mettant en avant les cultures autochtones. J’ai été assez déçue par leur format : les tirages sont minuscules ! Ca ne facilite pas leur lecture et n’aide pas à fixer son attention. Petite déception donc quand à ce contenu un peu foutraque et somme toute relativement pauvre. Pour la Pluie, je ferais sensiblement les mêmes remarques. Mais ces expositions sont comprises dans le prix du billet, il aurait donc été dommage de s’en priver. Une visite fort agréable qui m’a fait découvrir des objets surprenants et donné envie d’en apprendre plus sur certaines des cultures exposées.

Expositions

Fra Angelico et les maîtres de la lumière

          Le célèbre peintre de la Renaissance et ceux de ses contemporains qui se sont inspirés de son travail s’exposent au musée Jacquemart-André, à Paris. Fra Angelico est un artiste italien né vers 1387 et mort en 1455. Il est attaché aux courants gothique et nouvelle renaissance. Il est avant tout un religieux appartenant à l’ordre des dominicains. Il apprend la peinture à Florence et est l’un des premiers à appliquer les règles de perspective. Ses tableaux, illustrent des sujets religieux et sont réputés pour leur lumière. De nombreux artistes travaillent avec lui et il atteint bientôt une renommée internationale.

          En 1436, il s’installe au couvent de San Marco, à Florence, qu’il décorera sous le mécénat des Médicis de nombreuses fresques murales invitant à la méditation. Elles sont considérées comme le sommet de son oeuvre. Il a également peint à Rome la chapelle du Saint-Sacrement de la basilique Saint-Pierre. Ayant fait voeu de pauvreté, il a toujours refusé les honneurs. Le peintre a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1984 et proclamé saint patron des artistes.

        L’exposition présente 25 oeuvres majeures de l’artiste et autant des de panneaux réalisés par des peintres qui l’ont côtoyé. Divers supports sont représentés, du parchemin au panneau de bois. Les explications permettent de découvrir l’artiste et de juger de son évolution au fil du temps et des rencontres. Un petit film présente également les fresques du monastère San Marco. malheureusement, la foule et l’étroitesse des lieux ne permettent pas de profiter pleinement des oeuvres. Malgré tout, la visite, bien que trop brève, demeure intéressante. A découvrir jusqu’au 16 janvier, 158 boulevard Hausmann, dans la 8° arrondissement.