Archives de Tag: musique

Trois histoires de génies tourmentés

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  • Le monde de Nathan, de Morgan Matthews

Nathan est un adolescent souffrant de troubles autistiques et prodige en mathématiques. Brillant mais asocial, il fuit toute manifestation d’affection, même venant de sa mère. Il tisse pourtant une amitié étonnante avec son professeur anticonformiste Mr. Humphreys, qui le pousse à intégrer l’équipe britannique et participer aux prochaines Olympiades Internationales de Mathématiques. De la banlieue anglaise à Cambridge en passant par Taipei, la vie de Nathan pourrait bien prendre un tour nouveau…

452714Je suis assez intriguée par l’autisme. Sans doute parce que ça me renvoie à mes propres peurs. Sans m’être jamais vraiment renseignée sur le sujet, j’apprécie toujours de voir un reportage ou un film qui en parle. Je ne pouvais donc pas rater celui-ci, d’autant plus que les génies des maths me fascinent. J’ai bien aimé ce film qui montre le monde à travers les yeux d’un jeune autiste, mais aussi les difficultés pour son entourage à le comprendre. Rien de très original dans le scénario, et moins encore dans la réalisation on ne peut plus formelle. Toutefois, le lien entre les personnages est fort et souvent attendrissants. C’est la vraie force de ce film qui parvient à nous faire découvrir l’univers de ce jeune garçon atypique avec beaucoup de finesse. Les mathématiques sont forcément très présentes mais pas besoin d’en être spécialiste pour s’intéresser à cette histoire qui est avant tout celle d’un mal-être, aussi bien pour le jeune adolescent que pour sa mère, qui peine à communiquer avec lui. La fin, si elle est prévisible, n’en n’est pas moins émouvante. Un film qui manque un peu d’originalité mais s’avère souvent touchant.

  • Love and mercy, de Bill Pohlad

Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

418613Je suis allée voir ce film par hasard, un jour d’envie furieuse de cinéma. J’aime bien les Beach Boys mais au vu de leurs chansons, je m’attendais à un film léger. J’ai été très agréablement surprise. La légèreté est sans doute la dernière chose qu’on trouve dans ce film finalement assez sombre. A part leurs tubes, je ne connais pas grand chose des Beach Boys et je ne savais rien de leur chanteur à la voix si particulière, qui s’avère aussi être l’auteur-compositeur du groupe. C’a vraiment été une découverte des plus enrichissantes. Au début, tout va pour le mieux pour le groupe qui rencontre un beau succès et profite de la vie. Mais bien vite, Brian commence à devenir bizarre. Il se replie sur lui-même et ses compositions sont de plus en plus étranges. Il semble entendre des voix qu’il tente de retranscrire : sa musique se nourrit de sa folie. Le film alterne entre deux période de la vie de Brian Wilson : la jeunesse de jeune prodige, avec le début de ses crises, et quelques années plus tard, l’âge adulte et la folie. On le retrouve diminué, perdu et sous l’emprise d’un pervers narcissique qui le martyrise. Si le film est relativement classique sur la forme, l’histoire mérite le détour. Le naufrage de cet homme est particulièrement touchant. On en ressort un peu mal à l’aise mais avec l’envie d’écouter sa musique d’une autre oreille.

 

  • Le suicidé de la société, d’Antonin Artaud

Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non, Van Gogh n’était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l’était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les psychiatres ne veulent rien savoir.  » Mais quelle garantie les aliénés évidents de ce monde ont-ils d’être soignés par d’authentiques vivants ? « 

41h8xIe8V8L._SX329_BO1,204,203,200_J’avais acheté ce livre lors de l’exposition Van Gogh/Artaud, le suicidé de la société. J’avais adoré les phrases d’Artaud qui ponctuaient l’exposition, elles sonnaient particulièrement juste, et ça m’avait donné très envie de lire le texte dans son intégralité. D’autant plus que sans grande originalité, Van Gogh est un de mes peintres préférés. Je dois avouer que j’ai été amèrement déçue. Artaud est connu pour ses textes très obscurs et sa folie. Je dois avouer que j’ai mieux compris avec cette lecture. J’ai eu un mal fou à suivre. Je me suis même demandée où se cachaient les phrases que j’avais tant aimé dans ce discours qui m’a paru sans queue ni tête. Les commissaires d’expo ont fait un travail incroyable, ils ont tiré le meilleur de ce texte pour le moins alambiqué. Artaud porte un regard très intéressant – et admiratif – sur le travail de Van Gogh, même s’il n’est pas aisé de tirer la substantifique moelle de cet article. Un texte qui m’a laissée quelque peu pantoise mais les courageux y trouveront un regard acéré sur le côté visionnaire de Van Gogh. Difficile mais pas inintéressant.

Et il avait raison Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société lui a interdit.

Love in vain, blues et BD

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          L’histoire vraie de Robert Leroy Johnson (1911-1938), guitariste virtuose, mort prématurément à 27 ans. Son talent était tel qu’on le soupçonnait d’avoir vendu son âme au diable. Grand séducteur et noceur, il ne reste de sa courte carrière que quelques enregistrements et trois photographies. Mais le mystère et le génie qui l’entourent en font un modèle pour des générations de musiciens.

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          Je trouvais la couverture de cette BD très belle et le sujet me tentait beaucoup bien que je n’y connaisse absolument rien en blues – ou peut-être justement pour cette raison. Toutefois, je dois admettre que j’ai été un peu déçue en l’ouvrant. Je ne sais pas pourquoi mais je ne m’attendais pas à ce type d’illustrations et je les ai trouvées dans un premier temps assez sombres et franchement peu engageantes. Pourtant, au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer et même par apprendre à les apprécier. En effet, elles mettent remarquablement le texte en valeur et se posent souvent que des évidences. J’ai particulièrement appréciées celles en pleine page qui au regard du l’histoire semblent prendre vie. Rarement je suis à ce point revenue sur ma première impression et j’en ai été très agréablement surprise.

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          L’histoire est très prenante. Je ne connaissais pas du tout ce chanteur mort très jeune mais qui a inspiré les plus grands et ça m’a donné terriblement envie d’aller écouter ce qu’il faisait mais aussi les gens qu’il a inspirés. C’est passionnant de suivre son parcours chaotique et ses nombreuses (més)aventures. On s’attache très vite à ce personnage haut en couleur et on le quitte à regrets. J’ai regretté au final que cette BD se lise aussi vite, usant de pas mal d’ellipses. Il faut dire aussi que le jeune homme n’a pas vécu vieux, ce qui limitait un peu la possibilité d’écrire un pavé sur le sujet. Cette BD lue dans le cadre de l’opération « La BD fait son festival » organisée par Priceminister a été une excellente surprise, je lui donnerais la note de 18/20. Une vraie réussite et une très belle découverte.

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Je voudrais qu’on m’enterre au bord d’une route sur le bas-côté pour que le démon qui est en moi puisse prendre un bus et filer.

Whiplash, un film qui frappe fort

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Drame musical américain de Damien Chazelle avec Milles Teller, J. K. Simmons, Paul Reiser

         Andrew a 19 ans et fait de la batterie, il rêve de devenir l’un des meilleurs. Pour atteindre son objectif, il veut intégrer l’orchestre du grand Terence Fletcher. Sous la direction de cet homme intraitable, il se lance dans la quête de la perfection.

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          Avec 3 bonnes semaines de retard, je vous présente mon gros coup de cœur de cette fin d’année 2014. Le synopsis me tentait bien – j’aime souvent beaucoup les films autour de la musique – et j’en avais entendu beaucoup de bien sur les quelques blogs qui en avaient parlé avant sa sortie. Je suis donc allée le voir dès que j’ai pu, même s’il m’aura fallu un peu de temps pour vous en parler (au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, j’ai un retard dingue dans mes articles et comme j’en mets moins souvent que d’habitude, ça ne va pas en s’arrangeant). J’y suis allée avec mes parents et si on n’est pas toujours d’accord sur les films, on a tous les 3 adoré celui-là ! On en est ressortis franchement ravis et notre enthousiasme n’a pas faibli depuis. Je l’ai même classé sans hésiter en bonne parmi mes films préférés de 2014 (la liste complète à découvrir ici).

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           Bizarrement, j’ai un peu de mal à écrire sur ce film (oui bon, à écrire tout court, je l’admets). Il faut dire que j’ai tout aimé dans ce film, ce qui n’est pas idéal pour un long argumentaire. Ce n’est pas bon pour la critique de tout aimer, ça me donne toujours moins avis de me justifier que quand je ne pense que du bien de quelque chose. C’est sans doute un peu dommage mais on ne se refait pas. Je vais donc au moins tenter d’énumérer les nombreux points positifs de ce très bon film. Déjà, le sujet ! Je ne suis pas une grande fan de jazz mais franchement, entendre de la bonne musique de bout en bout plutôt que les violons sirupeux que nous sert trop souvent Hollywood, j’adore ça ! J’ai également trouvé que c’était extrêmement bien filmé même si certains diront que la mise en scène est un peu maniérée. Je trouve que c’est assez difficile de filmer la musique, là les instruments sont cadrés de très près, ça m’a donné l’impression de presque pouvoir les entendre vibrer. Vraiment très fort !

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          L’histoire quand à elle a fait débat. J’ai entendu des choses du genre « le prof il est méchant » (bouh, c’est pas bien), « n’importe quoi on n’a pas besoin de souffrir pour être un bon musicien » ou « c’est totalement immoral, j’aime pas ». Bon, autant vous dire que je ne me suis pas fait que des amis en débattant du sujet. Franchement, les héros « gentils » m’ennuient. Je ne suis pas faite pour regarder du Disney à longueur de journée. Je ne pense pas non plus que le cinéma doive être moral. Pour moi, il est plutôt un reflet de la réalité : il fait parfois rêver mais peut aussi être triste ou cruel. C’est bien cette diversité qui fait que j’adore le cinéma. Quant à savoir s’il y a besoin de souffrir pour être le meilleur, dans une certaine mesure je pense que oui. Le talent suffit rarement pour réussir, il faut aussi travailler dur, se dépasser. Évidemment, ça n’a pas besoin d’aller nécessairement aussi loin que dans le cas présent mais je pense que souvent il y a un peu de ça quand même. A mes yeux, le jeu en vaut la chandelle et ceux qui réussissent font oublier le long et dur parcours par lequel ils y sont arrivés.

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          Je comprends cependant que tout le monde n’ait pas ce point de vue. Mais c’est pour ça, parce que je n’ai pas trouvé ce film si dur (même si le prof est complètement ravagé, j’en conviens). Je l’ai surtout trouvé très beau. J’ai vraiment été en apnée de bout en bout, à me demander si ce gamin allait arriver au bout de son rêve. J’ai apprécié que le film ne tombe pas dans la facilité ou le sentimentalisme. Les deux acteurs principaux sont très bien choisis, ils collent parfaitement à leur rôle et sont franchement excellents. La scène finale est époustouflante. Inutile de dire que le bande-son est juste géniale. Les amateurs de jazz se régaleront, et pour ceux qui sont moins fans, rassurez-vous, ça passe on ne peut mieux quand même. Vous l’aurez compris, j’ai tout aimé dans ce film que certains jugeront un peu lisse dans sa réalisation mais qui est très maîtrisé. Avec Whiplash, Damien Chazelle nous offre une des très bonnes surprise de 2014. Ce film est un vrai régal.

Sara Baras, un ballet flamenco d’une technique impressionnante

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          Pour Noël, avec mes parents nous sommes allés voir Sara Baras au Théâtre des Champs Élysées. Sans pratiquer ni y connaître grand chose, nous avons toujours aimé les spectacles de flamenco et en avons donc vu un certain nombre. Je n’avais jamais eu l’occasion de la voir sur scène et bien qu’ayant déjà eu l’occasion d’entendre son nom, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai eu l’agréable surprise de constater qu’on allait avoir affaire à une mise en scène très travaillée et à une troupe assez conséquente. Les premières minutes laissaient présager d’un excellent spectacle. Si ce fut le cas par bien des aspects, quelques détails sont toutefois venus tempérer mon enthousiasme.

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          Nous étions au 2° balcon face. Des places moyennes, très en hauteur et donc un peu loin de la scène, mais bien en face et avec une excellente visibilité. Pourtant, dès que les projecteurs ont éclairé la scène, nous avons été tout bonnement aveuglés. L’ambiance se veut tamisée avec de beaux jeux d’ombres. Malheureusement, vu d’en haut ben… on n’y voit rien justement. Je suppose que l’éclairage a été conçu pour être vu à hauteur de scène (du carré or quoi) et qu’on n’a pas pensé aux pauvres bougres en hauteur (qui paient quand même leur place 40€, signalons-le). Cet effet « lampe torche en pleine poire » est fort heureusement moins prononcée sur certains tableaux mais nombreux sont les moments où on ne distingue que vaguement les silhouettes. La bonne nouvelle c’est que les pieds étant presque toujours en pleine lumière, on peut quand même juger du niveau des danseurs, ce qui est après tout l’essentiel. J’ai quand même trouvé dommage que le jeu des lumières si travaillé et qui s’annonçait splendide (et il doit l’être quand on est place en bas !) et aurait dû être un gros plus devienne un frein pour apprécier le spectacle.

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          Même s’il  a un petit (gros ?) loupé coté lumières, la mise en scène est soignée avec un réel effort artistique. Des panneaux représentent les grands noms du flamenco, comme un hommage muet. Entre les morceaux, on entend des interviews sur la danse et le monde gitan. Elles sont en VO avec un accent andalous à couper au couteau, autant vous dire qu’il faut un espagnol irréprochable pour espérer suivre ! L’intention est quand même louable et ça crée une ambiance un peu particulière que j’ai beaucoup aimée. Coté technique, musiciens comme danseurs sont impressionnants. Sara Baras est époustouflante. Certains regretteront un spectacle peut-être un peut trop technique. Personnellement ça ne m’a pas trop gênée mais c’est vrai qu’on est plus dans la performance que dans l’émotion, ce qui est parfois du à juger quand on ne s’y connaît pas outre mesure. Il  a quand même quelques tableaux très poétiques avec des jeux de châles ou des robes qui ressemblent à des coquelicots. Une technique époustouflante et une belle mise en scène pour un spectacle qui ravira les amateurs de flamenco.

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Sara Baras Ballet Flamenco

Voces, suite flamenca

Théâtre des Champs Elysées

15 av Montaigne, 75008 Paris

Jusqu’au 11 janvier

De 15 à 68€

Geronimo

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Drame français de Tony Gatlif avec Céline Sallette, Rachid Yous, David Murgia

          Geronimo est éducatrice et tente d’apaiser les tensions dans un quartier difficile. Quand une jeune turque fuit un mariage arrangé pour aller rejoindre un jeune gitan, la cité s’embrase. Geronimo va essayer de calmer les ardeurs de chacun afin d’éviter le pire.

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          Je dois admettre que même si l’évocation de son seul nom suffit à me faire rêver, je n’ai vu que eu de films de Tony Gatlif dont javais beaucoup aimé Transylvania il y a quelques années. J’ai toujours été assez attirée par le monde gitan, sa musique, sa danse, sa culture. Peut-être parce que le voyage a toujours a toujours comme un air de liberté. Pour une fois, je n’avais presque pas entendu parler de ce film avant sa sortie et n’avais lu aucun avis qui viendrait parasiter ma manière de l’aborder. Une chance de plus en plus rare ces temps-ci.

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          Dès le début, j’ai senti que j’allais adorer ce film. La première scène est vraiment très belle et donne le ton : des plans très travaillés, une musique entraînante et un écriture nerveuse. Au fur et à mesure que le film avance, les tensions s’exacerbent et la violence éclate. Si elle en gênera sans doute certains, j’ai trouvé qu’elle était particulièrement bien filmée. Tony Gatlif a un sens évident du rythme et de la mise en scène. Les bagarres ne sont pas sans rappeler certaines comédies musicales tant elles sont chorégraphiées et soulignées par une musique particulièrement bien choisis. Certains passages m’ont semblé un peu longs même si c’est de ces longueurs que naît une certaine tension.

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         L’histoire effleure des sujets tels que le mariage forcé ou les rivalités entre familles mais il m’a semblé que c’est avant tout la question de l’honneur qui était au cœur de l’histoire et qui régit la vie de ces jeunes à fleur de peau. Céline Sallette est très convaincante – tout comme le reste du casting d’ailleurs – et a ici une très beau rôle. Mais ce que j’ai trouvé fascinant dans ce film, c’est sa lumière, toujours très travaillée. Il y a une scène dans un bâtiment abandonné avec une lumière rasante qui est juste sublime. On peut trouver ce film un peu décousu et pour le moins violent mais on ne peut que souligner son énergie et sa grande beauté formelle. Tony Gatlif dresse un portrait de la communauté gitane par petites touches avec un œil d’esthète. Un film dur, survolté et terriblement beau.