Archives de Tag: Opéra Garnier

Culture : trois sorties pas toujours convaincantes

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          Voici un article qui risque de s’avérer bien bref. En raison d’une fatigue prononcé et d’un problème de cheville qui n’en finit plus, j’ai vu assez peu de spectacles dernièrement (je n’en ai pas raté tant que ça non plus cela dit). Trois spectacles vus ces dernières semaines. J’ai dû me faire violence mais j’ai réussi à m’extraire de mon canapé et à ne pas abandonner mes abonnements à leur triste sort. Pour quel résultat ? Eh bien pas terrible du tout. Il y a des jours où on ferait clairement mieux de rester chez soi. Sur trois spectacles il y en a un que j’ai aimé mais dont je me souviens finalement assez peu (pour sa défense c’est sans doute plus dû à la piètre qualité de ma mémoire qu’à celle de la chorégraphie), un où j’ai dormi quasiment de bout en bout, et enfin un que j’ai détesté. Finalement des fois il vaut mieux rester chez soi avec un bon film ! Résumé donc en quelques lignes pour les curieux, avis à prendre comme vous l’aurez compris avec des pincettes.

Ratmansky / Balanchine / Robbins / Peck, à l’Opéra Garnier

 

          Un spectacle dont je ne sais pas trop quoi dire (heureusement que j’avais pris quelques notes…), c’est fâcheux. Je sais que dans l’ensemble j’avais beaucoup aimé et pourtant je ne me souviens de rien. Il faut dire que j’ai déjà vu des ballets de Balanchine et de Robbins cette année, je finis par confondre un peu avec ma mémoire à trous. Heureusement, les images du site de l’opéra m’ont un peu rafraîchi la mémoire. On peut dire que j’ai trouvé ces quatre chorégraphies plutôt classiques, même si on va vers un peu plus de modernité quand on passe de l’une à l’autre. Le tout est assez homogène, ce que j’ai apprécié : il n’y a pas vraiment de rupture dans le spectacle et on ressent le lien et les influences entre ces chorégraphes. Côté musique, le piano est à l’honneur, pour mon plus grand bonheur avec notamment Stravinsky et Chopin. C’est très beau. Les costumes sont minimalistes, des justaucorps aux teintes neutres. On n’en perçoit que mieux la grâce des danseurs. Petite préférence tout de même pour la chorégraphie de Peck qui joue sur la symétrie et des formes plus géométriques. Bien que ce n’ait pas été le spectacle le plus marquant de l’année, j’ai apprécié l’unité et la grâce qui se dégagent de ce ballet. 

In creases - Justin peck - Opéra Garnier

La Mer, d’Edward Bond,  à la Comédie Française

 

          Je ne connaissais pas du tout cette pièce, ni même son auteur, ce qui est finalement plutôt rare pour les pièces jouées salle Richelieu (la grande salle de la Comédie Française, réputée pour son absolu classicisme). Pour une fois, j’étais très en avance à ce spectacle après une journée agréable où le soleil avait enfin pointé le bout de son nez. A peine assise – à une place plus que médiocre soit dit en passant – j’ai senti les premiers signes de fatigue s’annoncer. Ca commence assez bien, avec un gros orage et des hommes perdus en mer en pleine tempête. On s’y croirait. J’ai trouvé la mise en scène très immersive assez fascinante. Tellement hypnotisant que je me suis endormie pour me réveiller une heure après. Jamais je n’avais fait pareille sieste au théâtre ! Je me suis donc réveillée aux 2/3 de la pièce en n’ayant aucune idée de ce qu’il se passait. Le marin du début avait péri noyé et les survivants (fiancée, tante, amis) s’écharpaient lors de l’enterrement dans une scène complètement improbable où une jeune femme fait des vocalises au milieu des pleurs. Difficile de vous parler d’une pièce que je n’ai pas vu mais ça m’est apparu comme un drame burlesque, mélange des plus improbable entre une histoire triste et un traitement comique. Je ne vous dirai pas si c’est réussi ou pas mais ça m’a intrigué et j’ai beaucoup aimé le décor. Le public quant à lui semblait mitigé. En tout cas les rires ont fusé plus d’une fois. Une pièce dont je n’ai pas profité mais qui m’a semblé plutôt loufoque malgré un sujet grave. A découvrir jusqu’au 15 juin.

La mer, Edward Bond, comédie française

Maguy Marin, Les applaudissements de se mangent pas, à l’Opéra Garnier

 

          Voilà un ballet qui m’intriguait assez. C’était la première fois qu’il était joué à l’Opéra Garnier et j’avais peu d’informations, ce qui n’a fait qu’exciter ma curiosité. Quelques vidéos de portés réalisés un peu partout dans l’Opéra m’avaient donné envie d’en voir plus. Le décor est très simple mais assez joli je trouve : un rideau fait de fines bandes multicolores entoure la scène – ça m’a fait penser au rideau qu’utilisait ma grand-mère l’été pour empêcher les mouches de rentrer mais je vous assure, j’ai bien aimé, c’est même ce que j’ai préféré dans ce spectacle. Pas de costumes mais ça ne m’a pas spécialement dérangée. Les danseurs sont dans des tenues « de ville » tout ce qu’il y a de plus classique. Jusque-là, ça va encore. Pour tout le reste, c’est bien simple, je n’ai rien aimé (et ça encore, c’est la version franchement sympa). J’ai absolument détesté la chorégraphie – ou plutôt devrais-je dire l’absence de chorégraphie ? Les danseurs courent dans tous les sens et tombent comme des mouches. Il y a bien quelques portés, mais s’ils semblent assez techniques, ils ont la grâce de pyramides humaines réalisées par une classe de 6° désabusée (notons toutefois que c’est plutôt photogénique). La musique quand à elle m’a fait penser le plus souvent à un énorme ampli mal réglé (chrrr, krrrr, iiiiiii…). Que du bonheur ! J’ai passé l’heure que dure le ballet à regarder ma montre et à lancer des coups d’oeil désespérés à mes voisins. Sans aucun doute ma plus grosse déception à ce jour en terme de ballet.

Maguy Marin, Les applaudissements ne se mangent pas, opéra Garnier

© Laurent Philippe / OnP

Théâtre, cirque, danse : derniers spectacles vus

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  • Un Noël à New-York, à la comédie Nation

New-York, le 24 décembre.. Le fils et sa nouvelle fiancée font irruption dans l’appartement de la mère . Mais à l’étonnement de la mère s’ajoute celui du fils qui la trouve en compagnie de son amant du moment.

Un Noël à New-York, Comédie NationJe n’étais jamais allée à la Comédie Nation, bien que je passe souvent devant. Cette petite comédie musicale tentait bien le fan de jazz qui m’accompagne, nous avons donc décidé d’aller voir de quoi il retournait. Au début je dois dire que je craignais un certain amateurisme. Finalement, je suis assez vite rentrée dans cet univers festif. La musique est entraînante et j’ai été agréablement surprise par les parties chantées. Les comédiens ont de belles voix (deux notamment chantent particulièrement bien) et aucune fausse note n’est à déplorer de ce côté-là. En revanche, l’écriture des parties jouées est plus approximative. Ca manque parfois un peu de rythme, c’est par moment un peu long et un peu laborieux. Les parties dramatiques sont dans l’ensemble plus réussies que celles plus légères même si on rit à de nombreuses reprise. Malgré quelques moments un peu longs, l’émotion est au rendez-vous dans cette comédie musicale jazzy, parfaite pour les fêtes. Si le texte manque un peu de tenue, ce sont les chansons qui restent au cœur de cette comédie de Noël et le tout possède une belle énergie qui nous fait passer un bon moment.

  • Wheeldon – Mac Gregor – Baush, à l’Opéra Garnier

Wheeldon-Mac Gregor-Baush, afficheCette année, je me suis fait un programme ballet assez chargé à l’opéra, avec 8 spectacles cette saison (pour le moment, j’en ai vu 2 – ou 3 – et je n’en ai raté qu’un). Bien que j’aie fait un peu de danse classique, je n’y connais pas grand chose mais j’apprécie de plus en plus tant les grands classiques que les créations contemporaines. J’aime assez ce principe de mêler plusieurs styles – ou de les enchaîner plus précisément – au sein d’un même spectacle, permettant ainsi de découvrir différents chorégraphes et la corrélation qui existe entre eux. Cette fois, le lien entre les 3 parties était un hommage à Pierre Boulez (mort justement -étrange coïncidence – la semaine où j’ai vu le spectacle).
La première partie est somme toute relativement classique mais je l’ai trouvée très belle même si elle reste peut-être un peu trop académique : des danseurs en justaucorps évoluent avec grâce sur le scène, tantôt en couple, tantôt en groupe, dans un ballet assez fascinant servi par de belles lumières. Simple et efficace.
Le deuxième volet est quant à lui ultra contemporain. La musique est on ne peut plus étrange (signée Boulez donc) et les lumières ultra travaillées avec des costumes très graphiques pour un résultat hypnotique. Un peu étrange, pas vraiment mon style, mais très beau tout de même dans son style si particulier.
La troisième partie est de loin la plus surprenante, la plus belle, la plus réussie. Durant l’entracte, les machinistes déversent des bennes entières de terre sur la scène pour un sacre du printemps à la fois léger et très charnel. J’ai rarement vu quelque chose d’aussi puissant et délicat à la fois. La puissance d’évocation et la puissance dramaturgique sont assez incroyables. Une danse sensuelle, brutale et pourtant très aérienne. Époustouflant.

  • Roméo et Juliette, à la Comédie Française

Roméo et Juliette, Comédie Française, afficheVoilà une pièce qui m’a quelque peu déroutée. J’avais vu un très bon Roméo et Juliette mis en scène il y a quelques années à Toulouse et j’en gardais un souvenir ému. J’attendais avec impatience cette version proposée par Eric Ruff, dont j’apprécie énormément le travail. A première vue, le décor n’est pas fou fou – et étonnement classique – même s’il s’avère assez ingénieux. Malgré cette petite déception du côté du décor, j’ai très vite senti que j’allais beaucoup aimé cette mise en scène qui propose une relecture assez originale du si célèbre Roméo et Juliette. Le premier acte est à mon sens le plus réussi (et de loin !). Eric Ruf s’ingénie en effet à mettre en avant par le jeu des acteurs tout l’humour de Shaskespeare. Il choisit de placer la pièce dans une Italie du milieu du XX° s. dans laquelle la chanson tient une place importante. Ca m’a rappelé le cinéma italien des années 50 (ou 60, je ne suis pas très douée avec les décennies) et le comedia del arte. La musique utilisée (une tarentelle ?) est très entraînante. On rit souvent et j’ai trouvé que cette conception de la pièce trouvait sa pleine mesure lors de la scène de la rencontre, une des plus réussies que j’aie pu voir. Très émouvante.
Malheureusement, la suite fonctionne un peu moins bien. En grande partie parce que malgré les nombreux traits d’esprits de l’auteur, la pièce demeure éminemment tragique. Comme souvent à la Comédie Française, j’ai trouvé que c’était légèrement surjoué, avec une diction un peu ampoulée – même si ça reste ici assez léger. Un peu plus de naturel aurait selon moi était bienvenu. Cela dit, Laurent Laffite, Roméo et la nourrice sont excellents. Ca me fait toujours un peu bizarre de voir des comédiens qui ont 30 ou 35 ans jouer des adolescents, mais bon, les gros rôles exigent souvent un minimum d’expérience. J’ai trouvé dommage de continuer à insister autant sur l’aspect comique dans la deuxième partie de la pièce où, s’il est présent, il n’est pas dominant. Un glissement de la légèreté du début vers le tragique de la fin aurait été plus subtil et naturel. L’insistance sur les piques de Shakespeare rend la fin moins émouvante et lui enlève un peu de sa force. Malgré une deuxième moitié moins réussie, j’ai dans l’ensemble beaucoup aimé cette représentation originale dont le début fonctionne très bien. Une belle tentative pour dépoussiérer une des pièces les plus célèbres du théâtre classique.

Roméo et Juliette, Comédie Française

Du 5 décembre 2015 au 30 mai 2016
Salle Richelieu
13€ à 41€ la place

  • 37° Festival du cirque de demain, sous le chapiteau du cirque Phoenix

37° festival du cirque de demain, afficheJ’aime beaucoup le cirque et depuis quelques années je commence à en revoir un peu. Les acrobaties me fascinent et c’est toujours le même bonheur d’entrer sous un chapiteau, même si aujourd’hui je préfère nettement le cirque contemporain au traditionnel. J’étais assez curieuse de découvrir les numéros de ces jeunes artistes venus du monde entier. Ne pouvant pas m’offrir le pass pour toute la durée du festival, j’ai choisi d’aller voir le spectacle des lauréats. Je ne sais pas si c’était le meilleur choix, en tout cas les numéros étaient de qualité. Sur 10 numéros, j’ai eu 4 coups de cœur et peu de grosses déceptions (à part les clowns, mais je n’aime généralement pas ça) : un numéro de diabolo survolté, deux jeunes à la planche coréenne – si c’est bien là son nom – qui offrent un numéro impeccable, deux autres au cerceau avec un numéro plein d’humour et de tendresse, et enfin, un jeune homme totalement loufoque avec un magnifique numéro d’équilibre – mon chouchou. Mention spéciale aussi à un numéro de sangles très esthétique et technique même si un peu lent. Comme dans tout concours, je n’étais dans l’ensemble pas trop d’accord avec les prix remis qui ne m’ont pas paru récompenser l’originalité. Mais bon, je suis loin d’être une spécialiste. Un festival qui permet de découvrir de jeunes artistes venus du monde entier avec des univers très variés. Les numéros sont sélectionnés avec soin et on en ressort admiratif.

  • Maputo Mozambique au Musée du Quai Branly

Spectacle-Maputo-Mozambique-

@Musée du quai Branly -photo Cyril-Zannettacci

Certains l’auront remarqué, je vois pas mal de cirque dernièrement (un article sur différents spectacles est d’ailleurs à retrouver ici). Je suis habituellement plutôt attirée par les acrobaties mais ces jongleurs du Mozambique m’intriguaient beaucoup. J’étais très curieuse de voir ce qu’ils proposaient et je n’ai franchement pas été déçue ! Leur spectacle est présenté comme du jonglage musical et je ne saurais mieux le définir : à la fois jongleurs et chanteurs, ces six artistes se servent de leurs balles – ou autres instruments d’ailleurs – non plus seulement pour jongler, mais aussi comme percutions. Dès les premières secondes j’ai su que j’allais adorer ce spectacle à la frontière des genre : chants polyphoniques africains, percussions, danse, jonglage, le tout servi par une mise en scène épurée et un très beau clair-obscur. La mise en scène très maîtrisée fonctionne à merveille.
Ce qui éblouit ici, ce n’est pas tant la performance des ces jongleurs pris individuellement (on s’arrête à 3 balles je crois, soit plus ou moins la base) mais leur inventivité et surtout leur incroyable synchronisation qui trouve son apogée dans un morceau où chacun marque le rythme en faisant rebondir les balles sur un tam-tam pour accompagner le chant. J’ai également adoré le passage où ils jonglent avec des sacs plastique, tout en s’en servant une fois de plus comme instrument de musique. Le spectacle est un peu court mes les artistes ne quittent jamais la scène, enchaînant les chansons-numéros. J’ai été totalement conquise par ce Maputo-Mozambique esthétique, original et touchant. 

Du 18 au 22 février 2016
Musée du Quai Branly
20€ la place
Rencontre avec les artistes les vendredi et samedi

Millepied – Robbins – Balanchine à Garnier

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          La création se nourrit de l’échange, dans un flot permanent d’inspirations, de souffles partagés. (Benjamin Millepied)

Robbins, Millepied, Balanchine, affiche

          Ce spectacle est conçu en trois temps. Trois chorégraphies très différentes mais qui pourtant se font écho. On commence par Benjamin Millepied, actuel directeur du ballet à l’Opéra de Paris qui nous livre Clear, Loud, Bright, Forward sur une musique de Nico Muhly. J’avais déjà eu l’occasion de voir une de ses chorégraphies – à peu de choses près ce que j’ai vu de plus beau – je suis depuis une de ses plus grandes fan. C’était beau, très beau. La musique est tantôt douce tantôt très angoissante. Il y a un magnifique jeu de lumière avec des ombres très intéressantes au mur (qui fonctionnent même vues de haut). Elles donnent une belle profondeur à la mise en scène et m’ont littéralement fascinée, je n’arrivais plus à m’en détacher. J’avoue que j’ai été assez émue de voir le chorégraphe venir saluer sur scène (oui, je suis à fond je vous dis). Un univers sombre que j’ai beaucoup apprécié. Une mise en scène épurée et pourtant très travaillée avec des lumières splendides. Magnifique.

Benjamin Millepied, Clear, Loud, Bright, Forward

©Ann Ray

          On continue avec Jerome Robbins, et l’op 19, The dreamer, avec univers assez romantique. Il y avait trop de violons à mon goût mais la musique à tendance mélodramatique est particulièrement réussie (après vérification, normal, c’est du Prokofiev, c’est forcément beau !). Une très belle chorégraphie qui évoque la relation amoureuse. Ca apparaît comme étrangement cohérent avec ce qui était présenté précédemment. La mise en scène est assez moderne et le tout très harmonieux. Même si on sent ici quelque chose d’un peu moins contemporain qu’avec Millepied (à raison d’ailleurs), on retrouve un peu le même esprit avec une certaine douceur.

Jerome Robbins, op 19 The Dreamer

©Ann Ray

          On finit par George Balanchine, Thèmes et variations, avec cette fois quelque chose de très très classique. La musique m’a fait penser au romantisme russe (évidement, c’est du Tchaïkovski, ce que j’aurais su si j’avais lu le programme avant, mais c’est moins drôle que de jouer aux devinettes), d’un genre très grandiloquent. Les costumes sont dans un pur style tutus en tulle et paillettes. On est dans un univers prince, princesse et leur Cour. Une chorégraphie qui après les deux précédentes paraît anachronique. On serait tentés de se railler de ce classicisme excessif. Toutefois, après un temps de surprise on note une belle performance technique (malgré quelques accrocs ce jour-là) et la beauté de l’ensemble, aussi carré et vieillot soit-il est indéniable. Moi qui préfère bien souvent les choses très classiques, ça m’a un peu étonnée de ne pas immédiatement reconnaître la grâce de cet ensemble de toute beauté.

George Balanchine, Thème et variations

©Ann Ray

          Il aurait sans doute été plus compliqué de faire le chemin dans l’autre sens. Si on m’avait montré le contemporain après le classique, j’aurais sans doute trouvé ça trop épuré, mais faire le chemin inverse en terme de chronologie, ça m’a permis de me rendre mieux compte de la complexité des mises en scène et de la continuité dans le temps. Jerome Robbins est un chorégraphe américain géant de la comédie musicale dans les années 60/70. Il a notamment adapté à l’écran West Side Story. Il a travaillé avec George Balanchine qui l’a dirigé dans ses jeunes années. D’originaire russe, Balanchine a été un des pionniers du ballet américain et est notamment le cofondateur du New-York City Ballet où Benjamain Millepied a été danseur. C’est un magnifique hommage que signe ici Benjamin Millepied à ses maîtres à travers trois chorégraphies pleines de grâce qui retracent une très belle histoire du ballet moderne.

L’intégralité du spectacle est disponible sur le site de l’Opéra de Paris.

Le chant de la terre à la Garnier

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          Suite de mon abonnement à l’opéra de Paris, exclusivement composé de ballet. Cette fois, je suis allée voir Le chant de la terre à l’opéra Garnier. Un ballet contemporain de John Neumeier. Je dois admettre que je ne savais absolument pas à quoi m’attendre avant d’y aller et que j’ai particulièrement fatiguée ce soir-là et donc assez peu réceptive. Rien à voir avec le spectacle (mais en fait si quand même un peu) mais chaque fois que je rentre à Garnier, c’est la même émotion. Cet endroit est tellement beau et chargé d’histoire, je me sens chaque fois aussi privilégiée de pouvoir y entrer. Cette parenthèse étant refermée, je dois dire qu’assez vite, ce ballet m’a laissée un peu perplexe. Pas ou peu de décor, même combat pour les costumes absolument pas tape à l’œil. Disons que c’est… épuré. Assez banal pour du contemporain mais c’est vrai que je suis toujours plus à l’aise avec les choses plus classiques. J’ai toutefois beaucoup apprécié le jeu de lumières qui semble reproduire la course du soleil ainsi que certains costumes, très sobres mais élégants.

©Ann Ray/OnP

©Ann Ray/OnP

          Si par moments j’ai trouvé ce ballet très beau, avec de grands moments de danse et une esthétique pleine de sensibilité, à d’autres j’ai eu plus de mal à en saisir le sens et j’ai parfois un peu décroché. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était plein de poésie, avec une belle musique et un équilibre intéressant entre performance et moments qui semblent plus se rapprocher de l’improvisation. Pourtant, si cette chorégraphie a tout pour séduire, j’ai eu du mal à accrocher vraiment et il m’a manqué le petit quelque chose en plus qui fait toute la différence. Il faut dire aussi qu’étant novice en la matière, j’ai souvent l’impression de manquer de références. Il y a des passages magnifiques et une belle diversité mais il manque parfois peut-être un peu de cohésion à l’ensemble, ce qui empêche sans doute de l’apprécier pleinement. En écoutant les commentaires à la sortie, visiblement je n’étais pas la seule à ne pas trop savoir que reprocher à ce spectacle sans pour autant avoir été emballée outre mesure. C’est vraiment dommage étant donné les beaux moments qu’il recèle qu’il s’en dégage parfois comme un léger parfum de confusion. Beau mais parfois décousu, un ballet poétique qui m’a un peu laissée sur ma faim.

©Ann Ray/OnP

©Ann Ray/OnP

L’opéra Garnier

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          Situé en plein cœur de Paris, finissant une longue avenue, situé en haut de quelques marches, avec ses colonnes et ses dorures, l’Opéra Garnier ne passe pas inaperçu ! Je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à un spectacle entre ses murs et ne connaissais donc pas les lieux. Comme il est possible de visiter, je suis donc allée y jeter un œil. 

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          J’étais très curieuse de découvrir l’intérieur de ce temple de la culture que j’imaginais pour le moins chargé en dorures. Je ne me trompais pas franchement, mais s’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas c’était à un tel effet « wahou ». Dès l’entrée, on en prend plein les mirettes. L’escalier monumental, d’une hauteur de 30 mètres, est de toute beauté et m’a laissée sans voix. Une exposition de costumes très bien mise en scène et joliment éclairée venait en plus mettre de la vie dans les lieux pour un effet assez bluffant. On monte par l’escalier central et, une fois à l’étage, on a tout le loisir d’admirer les costumes et photographies exposés dans les galeries. Certaines pièces d’une grande délicatesse sont assez impressionnantes !

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          Mais ces accrochages ne sont bien sûr pas là par hasard, ils appartiennent à l’exposition du moment, qui se tient dans la bibliothèque-musée de l’Opéra, intitulée tout simplement Le ballet de l’OpéraElle se déroulait du 5 juin au 1° septembre et ceux qui n’ont pas eu la chance de s’y rendre cet été devront donc malheureusement se contenter de quelques photos. A l’occasion de tricentenaire de l’école française de danse, l’expositions retrace l’histoire du Ballet de l’Opéra et de son école, de Louis XIV à nos jours à travers dessins, peintures, photographies et costumes. On y découvre les grandes figures qui ont marqué l’histoire du ballet et les grandes évolutions qu’il a connu. Il y a quelques œuvres intéressantes, notamment un Degas, on regrette simplement qu’il n’y en ait pas un peu plus de cette envergure. Toutefois, dans l’ensemble, l’exposition est intéressante et me semble pouvoir concerner aussi bien les novices en danse que ceux qui sont un peu plus calés en la matière. J’ai beaucoup apprécié la variété proposé dans la supports qui très agréable la visite.

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          Après l’exposition, suite de la visite avec la salle de spectacle et son célèbre plafond peint par Marc Chagall en 1964. Commandée par André Malraux alors ministre de la Culture, cette oeuvre fut extrêmement controversée mais redonna à l’Opéra Garnier un certain pouvoir d’attraction. De nos jours encore, l’anachronisme entre ce plafond et le reste de la salle est d’un effet assez saisissant qui ne met pas tout le monde d’accord mais ne laisse personne indifférent ! Enfin, fin de la visite par la Grand foyer qui ne fait pas dans la demie mesure.  Avec ses miroirs, ses lustres et ses dorures, il m’a un peu rappelé une Galerie des Glaces en modèle réduit. Je dois admettre que quand on ne s’y attend pas vraiment, ça surprend quelque peu et fait un effet fou !

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          J’ai trouvé cet endroit assez magique, d’autant plus que l’exposition de costumes donnait réellement l’impression de réveiller l’âme des lieux. J’ai regretté de ne pas avoir pu choisir la visite guidée, n’étant pas arrivée à la bonne heure, mais je le ferai sans hésiter la prochaine fois pour en apprendre plus sur le bâtiment. Un lieu splendide qui j’espère, comme moi, vous fera rêver.

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Palais Garnier

Accès à l’angle des rues Scribe et Auber

75009 Paris

Ouvert tous les jours de 10h à 17h

Attention, les jours de représentation en après-midi, les visites finissent à 13h

10€