Expositions·Photo

Les grandes serres du Jardin des Plantes, un petit bout de jungle au coeur de Paris

          Après des années de rénovation, les serres tropicales du Jardin des Plantes ont rouvert il y a environ deux ans (à la louche). Bien qu’ayant très envie de les visiter pour voir leurs plantes géantes, je n’y étais toujours pas allée : voilà à présent qui est chose faite.

DSC_0865     DSC_0872     DSC_0881

          Les serres sont situées au cœur du Jardin des Plantes. Dès l’entrée, on est dépaysé avec ces arbres immenses qui poussent dans un climat chaud et humide qui dépayse le visiteur plus habitué au frimas parisien. Nous avons raté de peu l’exposition sur les orchidées : grosse déception. Déjà parce que j’adore ces fleurs, et puis parce que quelques touches colorées auraient égayé le paysage.

DSC_0890     DSC_0894     DSC_0895

          Finalement, je n’ai pas grand chose à dire de cette visite que j’avais pourtant beaucoup attendue. Il y a des plantes magnifiques et variées, même si très peu étaient en fleurs en cette fin d’hiver. Les quatre coins du monde sont représentés avec des explications souvent passionnantes !

DSC_0906     DSC_0909     DSC_0912

          Les tarifs sont un peu excessifs (ah Paris !) mais j’ai quand même apprécié cette visite qui change un peu des sorties habituelles. Je pense que la prochaine fois j’y reviendrai en hiver pour le simple plaisir d’étouffer alors qu’on se gèle dehors ! Un peu d’exotisme en plein Paris fort agréable.

DSC_0898     DSC_0896     DSC_0901

Les grandes serres

Jardin des plantes

Tous les jours sauf le mardi

De 10h à 17h en hiver, 18h en été

6€

Expositions·Jeunesse

Pixar au musée d’art ludique

          Le musée d’art ludique a ouvert ses portes il y a peu tout près de la gare Austerlitz. Il proposera des expositions autour de la bande dessinée, le manga, le jeu vidéo ou le film d’animation. Pour son inauguration et les 25 ans des studios, il propose une grande exposition dédiée à Pixar. Je ne pouvais pas ne pas aller voir comment tout ça se présentait !

exposition-pixar-01

          Je vous le dis de suite, cette exposition m’a laissée un avis très mitigé : j’ai oscillé entre une immense admiration et une frustration extrême qui frisait la colère. J’ai eu beau laisser passer plusieurs semaines avant de vous en parler (on ne sait jamais, des fois quand les choses décantent…) mais j’en suis toujours au même point. La première impression d’abord : on est de suite propulsé dans l’univers Pixar, ce qui est une bonne chose. Le programme, résumé à l’entrée en 3 ou 4 lignes est des plus alléchants. Dans la première salle, on en prend de suite plein les yeux avec aussi bien des dessins que des moulages ou des petites vidéos : on retombe immédiatement en enfance et on saute de tous côtés avec les yeux qui brillent. Les salles suivantes nous ravissent tout autant. On adore voir les moulages des personnages, ou des dessins qui nous montrent quelle tête ils auraient pu avoir, et puis il y a des couleurs partout. En plus on se rappelle au passage plein de choses qu’on avait oublié dans chacun de nos dessins animés préférés et on a soudain envie de tous les revoir. Et puis, passé ce moment d’euphorie, un doute nous vient…

pixar-exposition-ratatouille-cite-de-la-mode

          …  mis à part la petite introduction à l’entrée, a-t-on croisé la moindre ligne de texte ? A-t-on vu une explication quelque part ? Sait-on au juste ce qu’on regarde ? Nous nous concertons, regardons autour de nous, mais l’évidence est là : les œuvres sont livrées à elles-mêmes. Une fois ce constat fait, notre enthousiasme en prend un coup. En effet, on aurait adoré en savoir plus sur toutes ces belles choses. Je me suis posé des dizaines de questions au cours de cette exposition : combien de temps prend un projet ? comment se passent les décisions autour du dessin d’un personnage ? quels sont les plus gros succès Pixar ? et d’ailleurs, Pixar, c’est naît comment et aujourd’hui, ça ressemble à quoi ? est-ce que le travail évolue d’un dessin animé à un autre ? et le passage au numérique, ça change quoi ? J’étais accompagnée de grands fans de Pixar mais même eux étaient loin d’avoir les réponses à toutes les questions qui fusaient dans nos esprits survoltés.

91480854_o

          Je sais que c’est une évidence pour beaucoup mais déjà, un petit blabla pour expliquer ce que sont les studios Pixar et quelles sont leurs créations n’aurait pas été du luxe, histoire qu’on arrête de les confondre avec Disney. Parce que l’air de rien, je suis sure que ce n’est pas clair pour tout le monde. Ensuite, on a l’immense chance d’avoir sous les yeux toutes les étapes du travail animateurs, j’aurais tellement aimé qu’on m’explique plus précisément comment ça se passait ! J’ai adoré voir différentes versions d’un personnage qui ne ressemblent en rien à celui qu’on connaît, mais ç’aurait été encore mieux avec 2 lignes de baratin sur la manière dont ce travail se fait sur chaque projet. On ne peut que supposer, essayer de deviner à travers les images les différentes étapes de la création, l’ambiance qui règne dans les bureaux, l’importance de telle ou telle étape… C’est terriblement frustrant.

93917850_o

          J’aime ressortir d’une exposition en me sentant moins bête mais sans être guidée, c’est assez difficile. J’aurais tellement aimé trouver quelques anecdotes sur tel ou tel dessin animé pour pouvoir frimer devant les copains dans des soirées. Je ne sais pas moi, savoir comment est née l’idée de tel ou tel personnage, comment tel autre a failli s’appeler, qu’une fin différente a été envisagée pour un film, que sais-je encore ? je suis sure qu’il y a des dizaines, des centaines même, de détails de la sorte qui m’auraient passionnée ! et ils n’en n’ont pas mis un seul ?! Ca suffit à gâcher mon plaisir… J’ai d’ailleurs commencé à regarder un documentaire sur Pixar pour arranger ça. Je comptais ressortir avec 2/3 babioles à la boutique du musée, selon mon habitude mais elle est extrêmement chiche : aucun intérêt, nous avons donc passé notre chemin, plus abattus que jamais. Heureusement que le zootrope et l’artscape ont fini la visite en beauté ! L’exposition est magnifique, très riche et très variée (les puristes ont regretté qu’il n’y ait pas plus de storie boards, étonnamment peu présents), on est émerveillé de bout en bout. Pourtant, si l’enfant qui sommeille en nous est comblé, l’adulte regrette de ne pas y puiser un quelconque savoir. Le prochain accrochage sera sur les super héros Marvel, je me demande déjà si je dois y courir ou passer mon chemin… 

PXRSHORTS_Y1_13_002-500x302

Pixar, 25 ans d’animation

Jusqu’au 2 mars 2014

Art Ludique, le musée

34, quai d’Austerlitz

75013 Paris

Ouverts tous les jours (voir ici pour les horaires)

14€, 8,5€ pour les – de 12 ans

Théâtre

Voleurs de poules

          Chaque hiver, le cirque Romanes pose caravanes et chapiteau aux portes de Paris. Quelques mois de répit à la mauvaise saison pour ses voyageurs infatigables et l’occasion pour nous de découvrir leur dernier spectacle. Celui qu’il nous présentent en ce moment se nomme  « Voleurs de poules » : tout un programme ! 

cirque_romanes

          J’avais vu le cirque Romanes étant enfant et j’en avais gardé un souvenir impérissable. Ce n’est certes pas le plus impressionnant, pas ici de numéros d’acrobatie à couper le souffle (quoi que…) ou de ménagerie (bien qu’à l’époque ils aient eu une chèvre et quelques poules, justement) mais une ambiance familiale et une bonne humeur communicative. Si la performance n’est pas toujours au rendez-vous, ce cirque a surtout un charme fou ! J’avais un peu peur d’être déçue en le revoyant avec mes yeux d’adultes : c’est tout le contraire qui est arrivé, je crois que j’ai encore plus apprécié que la première fois ! Dès l’entrée, on est marqué par le côté très familial de la troupe. C’est madame Romanes qui nous accueille, monsieur n’est pas loin pour veiller à la bonne installation de tout le matériel avant le spectacle et les artistes s’échauffent derrière la scène. Derrière aux une pancarte affiche « Passage interdit aux tziganes » : le ton est donné, ici, on ne se prend pas au sérieux.

Cirque_Romanes_costume_01

          Si vous cherchez un spectacle impeccable de bout en bout et des numéros hallucinants, vous n’êtes pas au bon endroit. Ici, chacun a sa place sur scène, y compris les plus jeunes, qui manquent encore parfois un peu d’assurance ou de pratique. Il y a donc forcément quelques couacs, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce cirque si particulier. Les uns jouent de la musique tzigane pendant que les autres se produisent sur scène dans la joie et la bonne humeur. Mais si certains numéros manquent un peu de rodage, d’autres ne manqueront pas de vous faire rêver. La funambule accomplit des prouesses, la trapéziste nous fait vibrer à chaque envolée et le jongleur, poète de la troupe, ne peut que vous faire succomber à son charme. Une fois n’est pas coutume, les photos sont autorisées et j’ai terriblement regretté de ne pas avoir pensé à prendre mon appareil, d’autant plus que j’étais assise au premier rang, pile en face des artistes. Je compte d’ailleurs retourner voir le spectacle pour arranger ça !

romanes1

          Les numéros s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Les artistes proposent pour la plupart plusieurs numéros, nous proposant chaque fois une facette différente de leur talent. La femme des airs est exceptionnelle, elle nous fait trembler lorsqu’elle se balance en haut du chapiteau. Quant au jongleur, si la performance est au rendez-vous, c’est surtout l’histoire qu’il raconte à travers chacun de ses numéros qui m’a totalement séduite : tout semble facile quand on le regarde faire, on en oublierait presque la difficulté tant on est subjugués par son humour et sa poésie. Moi qui préfère pourtant les numéros plus vertigineux, ce sont les siens que j’ai attendus avec le plus d’impatience ! On passe un excellent moment avec la famille Romanes. Loin des spectacles formatés, on aime les petits accrocs qui jalonnent le parcours et nous rappellent la difficulté de ce qu’il nous est donné à voir. On n’en admire que plus la performance lorsqu’elle est parfaite et nous fait alors d’autant plus rêver. On ressort du chapiteau des étoiles plein les yeux, en regrettant un peu de ne pas faire partie de cette famille-là.

Cirque-Romanes-Voleurs-de-Poules_reference

Cirque Romanes

42-44 boulevard de Reims

75017 Paris

Métro Porte de Champerret

Jusqu’au 4 mai

20€

Bars, restaurants

Le café Pouchkine

          Le café Pouchkine, un nom qui évoque un rêve de voyage. Le célèbre établissement de luxe moscovite n’a pourtant ouvert qu’en 1999 mais a acquis très rapidement une renommée internationale. Il faut dire qu’au début du siècle dernier, de grands intellectuels russes se retrouvaient dans un café du même nom, depuis longtemps fermé. Il a toutefois laissé quelques traces dans les mémoires, créant une certaine confusion qui ajoute à la magie de l’adresse. A Moscou, le café Pouchkine est situé dans un très bel immeuble ancien ; c’est une maison luxueuse où l’on peut déguster le meilleur de la cuisine russe. Un lieu où j’espère avoir la chance de dîner un jour. Mais ce n’était bien sûr qu’un rêve lointain, inscrit quelque part sur la liste des lieux féériques que je souhaitais visiter…

403750_350967211580199_1925950593_n

          Et puis, on m’a parlé du café Pouchkine de Paris ! Ici, pas de grande gastronomie, de lieu chargé d’histoire et de repas somptueux mais un stand de pâtisserie de luxe, au rez-de-chaussée du Printemps. Quelques rares tables et une petite terrasse permettent d’y boire un thé pour accompagner les gâteaux vendus sur place. Le lieu est exigu mais que de merveilles rassemblée en si peu d’espace ! Les pâtisseries sont de toute beauté, de vrais bijoux ! Les tarifs sont bien sûr élevés – il faut compter 7€ pour un gâteau individuel – mais pas plus que chez la concurrence. D’autant plus que les portions sont pour le moins généreuses ! Les créations sont originales et pour la plupart rendent hommage à la culture culinaire russe. La maison propose aussi des macarons, viennoiseries et petits fours salés typiquement slaves. Ainsi on trouve des préparation à base de confiture de lait ou d’airelles aux noms exotiques.

285626_503353076341611_1261445051_n

          J’ai pour ma part goûté quelques uns de leurs macarons et deux de leurs créations pâtissières. Les macarons sont un délice ! Les seuls que j’aie découverts à ce jour rivalisant avec Pierre Hermé. Si Hermé reste imbattable avec ses saveurs surprenantes qui me feraient traverser tout Paris pour goûter une de ses merveilles (j’ai encore en bouche le goût du macaron mandarine/huile d’olive de l’année dernière…), Pouchkine le concurrence sérieusement sur les parfums plus classiques, que j’aime généralement assez peu. Le macaron Pouchkine – caramel et chocolat – est étonnamment léger et équilibré, la vanille généralement trop fade explose en bouche sans paraître ni trop grasse ni trop sucrée et le morse (aux airelles) à l’acidité surprenante restera l’un de mes favoris. Côté pâtisseries, j’ai goûté le Napoléon – une pâte à l’orange surmontée de crème vanille, enrobée de feuilles caramélisée et surmonté de fruits rouges – et le Belizna – une dacquoise noix de coco, confit de framboise, crémeux framboise et crémeux coco.

DSC_0107

          Si le Napoléon me faisait de l’œil depuis un moment, j’ai un peu regretté qu’il n’y ait pas plus de fruits rouges. La pâte orange est délicieuse mais un peu dure à manger et la crème vanille est très bonne mais il faut une grosse faim vu les quantités, un rien plus de fruits rouges aurait amené un peu plus de fraîcheur à ce dessert gourmand et savoureux qui a un côté réconfortant. A conseiller par grand froid ou un jour de déprime pour se remonter le moral. Le Belizna est dans un tout autre style, plus raffiné. La portion est d’ailleurs moindre. Le mariage coco/framboise est très réussi, à la fois frais et délicat. Je sais qu’il rejoindra régulièrement ma table lorsque j’aurai envie d’un bon dessert. D’autres pâtisseries sont très tentantes, d’autant que les présentations sont très soignées et souvent spectaculaires. La prochaine fois, je testerai sans doute le gâteau au citron meringué et la rose Pouchkine (pistache, amaretto, fruits rouges), à moins que je ne me laisse plutôt tenter par le tutti frutti avec ses magnifiques boules de fruits frais et le Snegourochka (roulé pavot griotte).

DSC_0171

          Vous l’aurez compris, entre les macarons légers et goûteux, la finesse des pâtisseries aux noms exotiques et la promesse de viennoiseries originales, j’ai été totalement séduite par cette maison. Les produits sont frais et le service adorable. Cela peut sembler un peu cher de prime abord mais reste dans les tarifs de la concurrence et offre finalement un très bon rapport qualité/prix. J’ai ouï dire qu’une petite salle à l’étage permettait de déjeuner sur place, avec quelques spécialités russes à la carte. A tester à l’occasion. Face au succès de l’enseigne, la maison a également ouvert une petite pâtisserie tout près de la Place des Vosges. On regrette simplement qu’elle ne dispose pas d’une adresse plus spacieuse pour déguster ses créations sur place, dans un écrin à leur hauteur. Je ne doute cependant pas de devenir une fidèle des lieux. Une excellente adresse qui vend du rêve et nous fait voyager.

cafe-pouchkine (7)

Café Pouchkine

64, boulevard Hausmann – 75009 Paris

et

2, rue des Francs-Bourgeois – 75003 Paris

Patrimoine·Photo

Les passages parisiens : la galerie Vivienne

          Il y a à Paris ne nombreux passages et galeries qu’on découvre avec émerveillement au détour d’une rue. Lieux de flânerie, les passages couverts ont connu leur essor à la fin du XVIII° siècle et au début du XIX°. Voies privée et couvertes d’un toit en verre, le plus souvent piétonnes, qui relient deux artères, les passages peuvent prendre des visages bien différents, ressemblant tantôt à une ruelle, à une cour ou à une succession de porches. Ils sont bordés de boutiques, parfois très luxueuses, et invitent à la déambulation. Mais les passages étaient aussi des lieux de vie, conçus pour l’habitation au-dessus des doubles rangées de commerces.

DSC_0509   DSC_0511   DSC_0517

          Dans la deuxième moitié du XIX° siècle, l’évolution de l’urbanisme et du commerce va mettre à mal la fréquentation des passages. Louis-Philippe portera un coup fatal à la galerie du Palais-Royal en interdisant la prostitution et les salles de jeux, qui faisaient la réputation des lieux. Désertion qui se répercutera sur les structures environnantes. Les grands bouleversements haussmanniens vont totalement modifier le mode de circulation dans la capitale, avec des quartiers entièrement remaniés et des artères plus larges qui feront paraître en comparaison les passages bien sombres et étroits. Beaucoup seront d’ailleurs détruits lors de ces grands travaux d’urbanisme. Les autres tomberont dans l’oubli jusqu’à une relative réhabilitation, d’abord timidement à la fin des années 20 comme modèle d’un commerce de luxe, et à plus grande ampleur dans les années 70 au titre de la préservation du patrimoine architectural. Aujourd’hui restaurés, les passages sont des lieux en marge au charme désuet.

DSC_0518   DSC_0525   DSC_0519

          Parmi les passages les plus luxueux de Paris, proche du Palais Royal, on trouve la Galerie Vivienne. Longue de 176 m, elle est inscrite aux titres des monuments historiques depuis 1974. Cette galerie fut inaugurée en 1826. Elle fut rapidement la plus fréquentée de la capitale, en raison de la diversité et du luxe des boutiques qui y sont présentes. Aujourd’hui, cette galerie coudée demeure sans doute l’une des plus belles de Paris. L’entrée se fait par la rue des Petits Champs ou la rue de la banque (face à l’entrée du site Richelieu de la BnF, dont la salle de lecture est également à découvrir si vous passez dans le quartier) et elle est une des rares à être ouverte le dimanche. On y trouve aussi bien des boutiques de mode ou de décoration que des libraires et marchands d’art. Des cafés invitent à prolonger la flânerie et à demeurer en ces lieux magnifiques. Un endroit hors du temps où je prends toujours plaisir à passer lorsque l’occasion se présente.