Mes lectures

Nature humaine, Serge Joncour

Pour la première fois, il se retrouvait seul dans la ferme, sans le moindre bruit de bêtes ni de qui que ce soit pas le moindre signe de vie. Pourtant, dans ces murs, la vie avait toujours dominé.

La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois sœurs, semble redouter davantage l’arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d’un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l’homme et la nature, la relation n’a cessé de se tendre. À qui la faute ?

Ceux qui me suivent depuis (très) longtemps le savent, je suis une adepte des romans de Serge Joncour. J’ai découvert ses textes dans les années 2000 et j’ai suivi religieusement chaque nouveauté depuis. Entonnement, en 20 ans je n’ai toujours pas pris le temps de lire ses tout premiers livres, mais je sais que ça viendra un jour. J’aimais particulièrement son humour féroce et son cynisme. Et puis est venu L’amour sans le faire qui marque un tournant dans son oeuvre. Un roman plus long, plus dense, pas drôle du tout pour la peine mais très sensible. Un changement de ton mais de décor aussi, avec un cadre moins urbain et un retour aux racines. Un virage à 180 degrés extrêmement réussi qui n’a fait que renforcer mon admiration. Seule petite ombre au tableau, Chien loup, son texte précédent, que j’avais trouvé un peu moins bon. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles j’ai autant attendu pour lire ce roman sorti il y a 3 ans, je craignais d’être déçue et j’attendais le bon moment pour prendre le temps de me plonger dedans.

Couverture de Nature humaine de Serge Joncour
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Le sel de tous les oublis, Yasmina Khadra

Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins.

J’aime généralement bien les romans de cet auteur. Je n’en ai lu que 3 ou 4 mais je les ai tous appréciés, j’étais donc confiante en commençant celui-ci. Je dois avouer que c’est la première fois que j’en ressors déçue. Commençons par le point le plus positif : c’est très bien écrit. Le style est fluide et agréable, ça se lit très bien.

Couverture du roman Le sel de tous les oublis

J’ai beaucoup moins accroché avec l’histoire. Ca ne démarrait pourtant pas si mal, cet histoire d’homme que sa femme abandonne aurait pu mener à une réflexion intéressante. Mais très rapidement le personnage principal m’est devenu particulièrement antipathique. Il y a des passages plaisants malgré tout mais ça m’a semblé laborieux de suivre cet homme qui passe son temps à se plaindre et à se morfondre sans une once de réflexion sur lui-même.

La seconde moitié est plus prenante. J’ai bien cru que finalement j’allais apprécier ce roman. On y croise de nouveaux personnages, plus touchants, l’histoire prend une autre tournure, ça semblait prometteur. Ca m’a semblé avoir plus de consistance, être plus subtil. Pourtant, la fin m’a énormément gênée. Il y a un évènement violent et je n’ai absolument pas su que penser de la manière dont c’est traité. Pourquoi ? Sur toutes les manières possibles de clore ce texte, pourquoi celle-là ? J’ai trouvé ce récit assez malsain. Parmi les textes que j’ai lu de cet auteur c’est de loin le moins réussi. Je suis ressortie de ce roman avec un profond malaise qui ne s’est pas dissipé depuis.

Portrait de Yasmina Khadra

Vivre en société, c’est accepter l’épreuve du rapport aux autres, de tous les autres, les vertueux et les sans-scrupules. En société, nul ne peut observer la morale sans se faire violence. Il y a des ermites qui croient, en s’isolant, l’observer dans la sérénité. Ceux-là trichent avec eux-mêmes. La morale ne s’exerce que parmi les autres. Fuir ces derniers, c’est fuir ses responsabilités.


J’ignore les raisons qui vous ont jeté sur les routes, mon ami. Mais il est question de l’avenir du pays. L’Algérie vient d’accoucher par césarienne d’une nation en état de choc.

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Lumière d’été, puis vient la nuit, Jón Kalman Stefánsson

Dans un petit village des fjords de l’ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun essaie de bien vivre, certains essaient même de bien mourir. Même s’il n’y a ni église ni cimetière dans la commune, la vie avance, le temps réclame son dû. Pourtant, ce quotidien si ordonné se dérègle parfois. Pour certains, c’est une rencontre fortuite sur la lande, pour d’autres le sentiment que les ombres ont vaincu – il suffit de peu pour faire basculer un destin. Et parfois même, ce sont les fantômes qui s’en mêlent…

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Les démons, Simon Liberati

Dans la somnolence magique de leur domaine familial, Serge, Alexis et Taïné traînent leur désœuvrement. Taïné a la beauté empoisonnée d’un tableau préraphaélite ; Serge est un prince des ténèbres ; quant à Alexis, le plus jeune et le plus fou, il se jette à corps perdu dans l’amour et la provocation. La séduction de leur jeunesse tourne à la cruauté muette. La tragédie frappe cette fratrie en ce printemps 1967, et accélère la bascule vers une époque nouvelle : celle, pop et sensuelle, de la drogue, du plaisir et de la guerre du Viêt Nam.

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Le dit du Mistral, Olivier Mak-Bouchard

Après une nuit de violent orage, un homme voit toquer à la porte de sa maison de campagne le vieux paysan d’à-côté. Qu’est-ce qui a pu pousser ce voisin secret, bourru, généralement si avare de paroles, à venir jusqu’à lui ? Il lui apporte la réponse en le conduisant dans leur champ mitoyen : emporté par la pluie violente et la terre gorgée d’eau, un pan entier d’un ancien mur de pierres sèches s’est éboulé. Or, au milieu des décombres et de la glaise, surgissent par endroits de mystérieux éclats de poterie. Intrigués par leur découverte, les deux hommes vont décider de mener une fouille clandestine, sans se douter que cette décision va chambouler leur vie.

Voilà un roman de la rentrée qui me tentait particulièrement. D’une part parce qu’il se passe en Provence et que ça semblait être dans la lignée des romans de Giono, d’autre part parce que les retours étaient excellents. Et je dois dire que ça commençait plutôt bien ! Avec des légendes sur cette terre aride et belle à la fois. Prometteur.

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