Actualité·Culture en vrac

Goncourt et Renaudot, les élus

           Ca y est, le grand jour est arrivé ! Après deux mois de sélections et re-sélections, un suspens intenable, une guerre des nerfs éditoriale et journalistique, le fameux prix Goncourt est enfin décerné ! Mais qui est donc l’heureux élu ? Je vous le donne en mille, un de mes chouchous de cette rentrée littéraire et mon favori de la liste : Jérôme Ferrari pour Le sermon sur la chute de RomeUn Goncourt mérité pour un livre accessible et qui mérite amplement d’être lu.

          Quant au Renaudot, il revient à Scholastique Mukasonga, auteur rwandaise de Notre-Dame du Nil dont je n’avais jamais entendu parler. Je serai donc bien en peine de vous commenter cette récompense inattendue. Un roman qui me semble toutefois intéressant et me fait plutôt envie.

          Pour ma part, je trouve les prix de cette année assez complémentaires, avec des choses classiques, d’autres moins, des auteurs connus et méconnus, de quoi contenter à peu près tout le monde.

Actualité·Culture en vrac

Femina et Médicis, les résultats

          Le prix Femina a été décerné hier à Patrick Deville pour Peste & choléra, pas de grosse surprise donc puisqu’il était l’ultra favori des jurés comme des journalistes depuis déjà plusieurs semaines.

          Le Médicis, toujours moins convenu, a récompensé Féérie générale d’Emmanuelle Pireyre. A vrai dire je n’ai absolument pas entendu parler de ce roman et le résumé que j’en ai lu ne me tente pas particulièrement, je ne pense donc pas le lire. Pourtant, le prix Médicis est de loin mon préféré, il est à mes yeux un réel gage de qualité et d’originalité.

          Rendez-vous demain pour le Renaudot et le Goncourt.

Mes lectures

Avant la chute – Fabrice Humbert

          En France, Naadir, avec deux grands frères un peu voyous, est le seul bon élève de sa classe en banlieue parisienne. Au Mexique, Fernando Urribal, sénateur, lutte tant bien que mal contre le trafic de drogue et tente par la même occasion de conserver le pouvoir qu’il a durement acquis. En Colombie, une famille de paysan essaie de s’en sortir malgré des conditions toujours plus difficiles. Des destins en apparences bien différents mais qui tous ont un point commun : leur vie se délite avant de basculer, des sociétés qui aux bords de la chute dont ils sont les témoins. 

          Le roman se construit autour de ces trois histoires. Elles sont développées en parallèle, chaque chapitre étant consacré une histoire différente, en alternance. J’aime bien cette variété, tout comme j’apprécie que ces différents univers soient clairement délimités dans le texte. Toutefois, si ces trois destins sont extrêmement différents, on soupçonne qu’ils finiront par se croiser, d’une manière ou d’une autre. En attendant cette rencontre pressentie, on voit les personnages avancer vers un futur qui semble bien sombre. Quelque soit leur univers, leur milieu social, tous semblent avancer inexorablement vers une chute certaine. L’histoire ne semble pas pouvoir rencontrer de dénouement heureux. C’est ce qui nous tient en haleine tout au long de ce livre, l’accumulation de nuages d’orages dont on peine à voir comment ils pourraient se dissiper.

          J’ai beaucoup aimé ce livre. Le style est captivant et la construction impeccable. L’auteur se passe de grands discours moralisateurs et laisse le lecteur tirer ses propres conclusions face à ces sombres récits. Les évènements sont déroulés de manière implacable, sans que jamais le texte n’en devienne larmoyant ; un fatum qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies. Je me passerai bien de vous dévoiler la fin mais je ne peux que vous dire que le happy end n’est pas exactement de rigueur. Et si les histoires finissent bien par se mêler, ce n’est pas aussi intimement qu’on aurait pu le penser mais de manière bien plus subtile. Ce livre crée un suspens digne d’un bon polar, ou peut-être d’une grande épopée. Il nous surprend jusqu’au bout et on ne le lâche qu’à regrets. Un grand roman, empreint d’une incroyable violence, qui déroute et questionne.

Le combat pour le pouvoir s’engageait à la première minute et les élèves partaient gagnants. Il leur arrivait de perdre, ce qui déconcertait tout le monde parce qu’il n’y avait pas de raison : ils étaient vingt-cinq contre un et les vingt-cinq, dans leur grande lucidité, adhéraient très peu à la fiction de l’autorité professorale. Car, après tout, le nombre fait tout et les plus nombreux finissent toujours par l’emporter. Ce n’est qu’une question de temps.

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La dureté de son visage avait pris vie, au profit d’une sorte de séduction inconsciente, qui était à la fois la séduction d’une vitalité naturelle et le besoin effréné de plaire, de convaincre, d’emporter l’adhésion. Elle reconnaissait cela. Elle l’avait rencontré tant de fois chez les politiques. Ce n’était pas un mensonge mais une disposition de leur être. Ils étaient nés comme cela. Ils voulaient plaire.

Actualité

Prix littéraires, les dernières sélections

          C’est la dernière ligne droite pour les prix littéraires de la rentrée. Cette semaine, les dernières sélections avant le verdict ont été annoncées. Pas de changement pour le Médicis mais je vous remets la liste et au passage, j’ajoute l’Interallié, jusque-là absent du blog.

Prix Femina, lundi 5 novembre :

Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck (Minuit)

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

Musique absolue. Une répétition avec Carlos Kleiber de Bruno Le Maire (Gallimard)

Petite table, sois mise ! de Anne Serre (Verdier)

Prix Médicis, mardi 6 novembre :

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

« Oh… » de Philippe Djian (Gallimard)

Millefeuille de Leslie Kaplan (POL)

Féerie générale d’Emmanuelle Pireyre (L’Olivier)

Le Bonheur des Belges de Patrick Roegiers (Grasset)

Infidèles d’Abdellah Taïa (Seuil)

Prix Renaudot, mercredi 7 novembre :

L’homme des haies de Jean-Loup Trassard (Gallimard)

Une certaine fatigue de Christian Authier (Stock)

Peste & Choléra de Patrick Deville (Seuil)

Les patriarches d’Anna Berest (Grasset)

L’enfant grec de Vassilis Alexakis (Stock)

Prix Goncourt, mercredi 7 novembre :

Lame de fond de Linda Lê (Bourgeois)

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (éd. de Fallois)

Prix Interallié, mercredi 14 novembre :

Les fidélités successives de Nicolas d’Estienne d’Orves(Albin Michel)

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (De Fallois/L’âge d’homme)

« Oh… » de Philippe Djian (Gallimard)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

La convergence des alizés de Sébastion Lapaque (Actes Sud)

          On peu noter cette année que les listes se tiennent plutôt bien, avec quelques auteurs qui semblent faire l’unanimité, dont Deville (auquel l’Interallié résiste tout de même, hourra !), Ferrari, et un petit nouveau, Dicker. Les verdicts à venir dans les prochains jours s’annoncent intéressants. A la semaine prochaine pour les résultats ! 

Actualité·Librairies

Rencontre avec Julia Deck

Julia Deck, l’auteur du très bon Viviane Elisabeth Fauville, sera présente le

24 octobre à partir de 18h à la librairie AUX LIVRES, ETC.

Dans ce premier roman, elle nous conte avec brio l’histoire d’une femme qui devient mère à 40 ans et divorce à la naissance de sa fille. Perturbée par ces circonstances difficiles, elle suit une psychanalyse et, sans raison apparente, le tue… Un roman original et extrêmement bien mené. Pour la critique complète, rendez-vous ici.

Pour rencontrer l’auteur et lui poser toutes vos questions sur l’ouvrage, rendez-vous demain, mercredi 24 octobre, à 18h à la librairie Aux livres, etc… au 36 rue René Boulanger – 75010 Paris

Pour en savoir plus, le site de la librairie : http://www.auxlivresetc.com