Actualité·Culture en vrac

Le Goncourt des lycéens

          Le célèbre prix Goncourt est accompagné depuis des années déjà le jeudi suivant son annonce de son cousin germai, le Goncourt des lycéens. Les deux prix récompensent rarement le même ouvrage, même si cela est déjà arrivé par le passé. Cette année, l’heureux élu a déjà pas mal fait parler de lui. l s’agit de Joël Dicker pour La vérité sur l’affaire Harry KleberUn second roman dont on a déjà beaucoup parlé et qui a notamment reçu le Prix de l’Académie Française il y a quelques semaines.

          Cette seconde récompense me donne encore plus envie de lire le jeune auteur (qui a d’ailleurs rejoint ma bibliothèque depuis peu). En effet, le Goncourt des lycéens est souvent d’assez bonne qualité et a par le passé fréquemment récompensé des livres que j’apprécie. Un joli doublet pour cet auteur suisse visiblement prometteur dont vous pouvez découvrir l’ouvrage ici.

Actualité·Culture en vrac

Prix Interallié

          Le dernier des grands prix de cette rentrée littéraire, le Prix Interallié, a été décerné aujourd’hui. Il revient à Philippe Djian pour « Oh… » (Gallimard). Encore une fois, je trouve que cette année il y en a un peu pour tous les goûts parmi les lauréats, ce qui est fort appréciable. Pour le plaisir, voici le résumé de l’éditeur : « Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent… » « Oh… » raconte trente jours d’une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

          Rendez-vous maintenant à la rentrée prochaine pour une nouvelle cuvée. D’ici-là, peut-être aurai-je le courage de vous faire dans quelques jours un petit résumé de cette rentrée que j’ai trouvé fort intéressante. Et vous, l’avez-vous aimée ?

Mes lectures

Avant la chute – Fabrice Humbert

          En France, Naadir, avec deux grands frères un peu voyous, est le seul bon élève de sa classe en banlieue parisienne. Au Mexique, Fernando Urribal, sénateur, lutte tant bien que mal contre le trafic de drogue et tente par la même occasion de conserver le pouvoir qu’il a durement acquis. En Colombie, une famille de paysan essaie de s’en sortir malgré des conditions toujours plus difficiles. Des destins en apparences bien différents mais qui tous ont un point commun : leur vie se délite avant de basculer, des sociétés qui aux bords de la chute dont ils sont les témoins. 

          Le roman se construit autour de ces trois histoires. Elles sont développées en parallèle, chaque chapitre étant consacré une histoire différente, en alternance. J’aime bien cette variété, tout comme j’apprécie que ces différents univers soient clairement délimités dans le texte. Toutefois, si ces trois destins sont extrêmement différents, on soupçonne qu’ils finiront par se croiser, d’une manière ou d’une autre. En attendant cette rencontre pressentie, on voit les personnages avancer vers un futur qui semble bien sombre. Quelque soit leur univers, leur milieu social, tous semblent avancer inexorablement vers une chute certaine. L’histoire ne semble pas pouvoir rencontrer de dénouement heureux. C’est ce qui nous tient en haleine tout au long de ce livre, l’accumulation de nuages d’orages dont on peine à voir comment ils pourraient se dissiper.

          J’ai beaucoup aimé ce livre. Le style est captivant et la construction impeccable. L’auteur se passe de grands discours moralisateurs et laisse le lecteur tirer ses propres conclusions face à ces sombres récits. Les évènements sont déroulés de manière implacable, sans que jamais le texte n’en devienne larmoyant ; un fatum qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies. Je me passerai bien de vous dévoiler la fin mais je ne peux que vous dire que le happy end n’est pas exactement de rigueur. Et si les histoires finissent bien par se mêler, ce n’est pas aussi intimement qu’on aurait pu le penser mais de manière bien plus subtile. Ce livre crée un suspens digne d’un bon polar, ou peut-être d’une grande épopée. Il nous surprend jusqu’au bout et on ne le lâche qu’à regrets. Un grand roman, empreint d’une incroyable violence, qui déroute et questionne.

Le combat pour le pouvoir s’engageait à la première minute et les élèves partaient gagnants. Il leur arrivait de perdre, ce qui déconcertait tout le monde parce qu’il n’y avait pas de raison : ils étaient vingt-cinq contre un et les vingt-cinq, dans leur grande lucidité, adhéraient très peu à la fiction de l’autorité professorale. Car, après tout, le nombre fait tout et les plus nombreux finissent toujours par l’emporter. Ce n’est qu’une question de temps.

_______________

La dureté de son visage avait pris vie, au profit d’une sorte de séduction inconsciente, qui était à la fois la séduction d’une vitalité naturelle et le besoin effréné de plaire, de convaincre, d’emporter l’adhésion. Elle reconnaissait cela. Elle l’avait rencontré tant de fois chez les politiques. Ce n’était pas un mensonge mais une disposition de leur être. Ils étaient nés comme cela. Ils voulaient plaire.

Actualité

Prix littéraires, les dernières sélections

          C’est la dernière ligne droite pour les prix littéraires de la rentrée. Cette semaine, les dernières sélections avant le verdict ont été annoncées. Pas de changement pour le Médicis mais je vous remets la liste et au passage, j’ajoute l’Interallié, jusque-là absent du blog.

Prix Femina, lundi 5 novembre :

Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck (Minuit)

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

Musique absolue. Une répétition avec Carlos Kleiber de Bruno Le Maire (Gallimard)

Petite table, sois mise ! de Anne Serre (Verdier)

Prix Médicis, mardi 6 novembre :

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

« Oh… » de Philippe Djian (Gallimard)

Millefeuille de Leslie Kaplan (POL)

Féerie générale d’Emmanuelle Pireyre (L’Olivier)

Le Bonheur des Belges de Patrick Roegiers (Grasset)

Infidèles d’Abdellah Taïa (Seuil)

Prix Renaudot, mercredi 7 novembre :

L’homme des haies de Jean-Loup Trassard (Gallimard)

Une certaine fatigue de Christian Authier (Stock)

Peste & Choléra de Patrick Deville (Seuil)

Les patriarches d’Anna Berest (Grasset)

L’enfant grec de Vassilis Alexakis (Stock)

Prix Goncourt, mercredi 7 novembre :

Lame de fond de Linda Lê (Bourgeois)

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (éd. de Fallois)

Prix Interallié, mercredi 14 novembre :

Les fidélités successives de Nicolas d’Estienne d’Orves(Albin Michel)

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (De Fallois/L’âge d’homme)

« Oh… » de Philippe Djian (Gallimard)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

La convergence des alizés de Sébastion Lapaque (Actes Sud)

          On peu noter cette année que les listes se tiennent plutôt bien, avec quelques auteurs qui semblent faire l’unanimité, dont Deville (auquel l’Interallié résiste tout de même, hourra !), Ferrari, et un petit nouveau, Dicker. Les verdicts à venir dans les prochains jours s’annoncent intéressants. A la semaine prochaine pour les résultats ! 

Actualité·Culture en vrac

Prix de l’Académie française

           Le premier des grands prix littéraires de la rentrée a été décerné ce jeudi 25 octobre. Le grand prix du roman de l’Académie française revient à Joël Dicker pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (Éditions de Fallois). Vous pouvez en apprendre plus sur ce jeune auteur suisse sur son site internet

En voici un petit aperçu avec la 4° de couverture : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui  : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événe- ments : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.