Archives de Tag: sida

When we rise

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           When We Rise se présente comme une chronique des luttes personnelles et politiques, les revers et les triomphes, d’hommes et de femmes militants pour les droits LGBT, et plus largement sur l’histoire du mouvement des droits des homosexuels.

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           Quand j’ai commencé à regarder cette série, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Tout ce que je savais, c’est ce que disais le synopsis du 1° épisode et que c’était réalisé par Gus Van Sant (il a  en réalité co-réalisé uniquement les 2 premiers épisodes), ce qui était plutôt prometteur. Les tout premiers épisodes parlent de la lutte pour le droit des homosexuels aux Etats-Unis. Mais très vite, le sida fait son apparition et c’est la lutte pour la reconnaissance de l’épidémie qui prend le dessus, même si les deux sont intimement liées, en grande partie parce que l’arrivée de la maladie met en péril les droits durement acquis et fait ressurgir de vieux relents d’homophobie de manière particulièrement véhémente.

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           Dès le début, j’ai bien aimé cette série. Le sujet, les personnages, la manière dont les choses sont traitées, j’ai beaucoup son côté quasi-documentaire, contestataire et en même temps assez romanesque de par l’intensité qu’elle revêt. Mais j’avoue que la seconde partie m’a plus intéressée encore que la première. Certains le savent peut-être même si ça commence à dater sérieusement mais j’ai fait mon mémoire de master sur Hervé Guibert et la littérature sur le sida. J’en ai gardé un fort intérêt pour tout ce qui touche au sujet, que ce soit en littérature ou au cinéma, même si finalement, quand on ne court pas après, les occasions sont assez rares (n’oublions pas le magnifique Dallas Buyer Club).

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           Je suis assez informée sur le début de l’épidémie – en France du moins – et les premiers traitements. Je me suis surtout penchée sur l’aspect littéraire, à travers de nombreux témoignages. Quelque chose de souvent assez intime donc, loin de l’aspect politique. J’ai été très choquée par ce que raconte cette série. Je ne sais pas trop comment cet aspect des choses avait pu m’échapper (en partie du moins, disons que je n’en avait pas saisi l’ampleur) : on a sciemment laissé mourir des gens. Des centaines de milliers de personnes mortes dans l’indifférence générale. Comme le dit un des personnages, on a affaire à un génocide. J’avoue que la prise de conscience a été brutale.

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           J’ai beaucoup aimé cette série qui gagne en puissance au fil des épisodes. Le sujet est passionnant et la série couvre en peu de temps (8 épisodes) une large période. Ca passe presque trop vite tant il y a à dire mais ça permet de donner du rythme à l’ensemble. Le réalisateur se concentre sur l’essentiel et parvient à mettre en avant les moments clefs de la lutte. L’évolution des causes est très bien cernée et la série ne se disperse pas, tout en parvenant à dépeindre des personnages forts et attachants qu’on suit une grande partie de leur vie et dont on voit l’évolution. Une série engagée comme on aimerait en voir plus souvent : à ne pas rater.

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Dallas Buyers Club

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Drame, biopic, américain de Jean-Marc Vallée avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto

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           Ron Woodroof est un cow-boy, un vrai. Sa vie se partage entre les femmes et le rodéo. Mais a 35 ans, il apprend qu’il a le sida. On est en 1986 et la maladie est réputée pour toucher essentiellement le milieu gay. Quand on lui annonce qu’il lui reste 30 jours à vivre, cet homophobe convaincu va décider de ce battre en recourant à des traitements alternatifs. Il les vendra également à d’autres malades, au risque de déclencher les foudres des autorités.

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          Bien que j’aie plein de critiques de films en retard, je ne résiste pas à l’envie de vous parler en premier de celui-ci tant je l’ai apprécié. Vu dès sa sortie, pour une fois au moins je serai à peu près dans les temps et j’écris mon article alors qu’il est encore en salles. En espérant convaincre certains d’entre vous de s’y précipiter. Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent peut-être, j’ai consacré mon mémoire de Master à Hervé Guibert et la littérature sur le sida (lire mon dossier sur le sujet ici). Ce sujet m’interpelle donc particulièrement et je ne pouvais pas rater un film consacré à cette maladie. On est au début des années sida, période sur laquelle je me suis particulièrement penchée pour mes travaux. Dans le rôle phare, Matthew McConaughey, un acteur qui ces dernières années s’est imposé parmi les grands noms du cinéma américain avec tournant important dans sa filmographie et des choix intéressants. Ajoutez à ça des critiques élogieuses et tous les éléments étaient réunis pour me pousser dans les salles au plus vite !

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          Ce film dont j’attendais pourtant beaucoup ne m’a pas déçue. La réalisation est assez classique, pas de grands effets ou d’esthétisme outrancier. L’histoire, inspirée de faits réels, est très forte, mais la force du film est pourtant ailleurs. En effet, tout cela aurait semblé un peu fade sans l’incroyable prestation des acteurs. Matthew McConaughey et Jared Leto (que je n’avais même pas reconnu) sont exceptionnels. On a trop rarement l’occasion de voir prestations pareilles. Tous deux sont totalement habités par leur rôle et l’incarnent avec une conviction fascinante. Ils les rendent incroyablement vivants. Matthew McConaughey mériterait de rafler l’Oscar à Leo, tant il crève l’écran. Les personnages sont loin d’être des héros, ils ont leurs fêlures et n’en sont que plus attachants. J’ai trouvé que ce film n’en faisait pas trop dans le message politique ni dans le pathos ; l’histoire se suffit à elle-même, pas besoin d’en rajouter. Et ça fonctionne sacrément bien ! Le réalisateur parvient à capter cet incroyable élan de vie qui semble porter beaucoup de malades du sida. C’est fort et émouvant, c’est terriblement beau. Mon énorme coup de cœur de ce début d’année. 

Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto

Un château en Italie

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Comédie dramatique française de et avec Valeria Bruni-Tedeschi, avec Louis Garrel, Filippo Timi, Marisa Borini

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          La famille de Louise ne va pas très bien : il ne reste pas grand chose de leur fortune, ils n’ont plus les moyens d’entretenir le château familial, son frère a le sida et son meilleur ami est alcoolique. Quand elle rencontre Nathan, qui a la moitié de son âge, elle se prend à rêver qu’un avenir meilleur est encore possible. Une histoire se termine et une autre commence.

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          Je ne suis généralement pas friande de ce type de films et je dois admettre ne pas apprécier particulièrement Valeria Bruni-Tedeschi en tant qu’actrice. Autant dire que je n’avais a priori aucune raison de me précipiter dans les salles. Pourtant, lorsque j’ai vu la bande-annonce, quelque chose m’a intriguée dans cette histoire – une certaine fragilité peut-être – et je me suis surprise à avoir envie d’en savoir plus. Tant et si bien qu’un soir où rien d’autre ne me tentait à l’heure qui m’arrangeait, je me suis lancée ! Un peu sur la réserve, je dois l’admettre, pas bien sure de ce que je faisais… Mais j’ai été agréablement surprise et n’ai pas regretté mon choix. J’avais bien aimé la présentation et le film est tout à fait dans le même esprit, je n’ai donc nullement été déçue.

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          Comme toujours dans l’autofiction (comme son nom l’indique, savant dosage d’autobiographie et de fiction), la réalisatrice n’a pas de grandes chose à nous raconter, mais ici au moins elle ne prétend pas le contraire et prend le recul nécessaire pour ne pas rendre pesant cet exercice un rien nombriliste. Elle parvient à faire preuve d’auto-dérision et à créer ainsi une certaine connivence avec le spectateur, riant avec lui de ses propres travers. Elle met se dévoile, met en avant ses fêlures de manière touchante parfois, drôle aussi souvent. On s’y retrouve forcément un peu. Surtout, elle joue remarquablement, tout comme Louis Garrel et la mère. Vous me direz « facile, chacun joue son propre rôle ». Certes, mais tout de même, j’ai connu des films où même en jouant leurs propres rôles les acteurs étaient  mauvais (non, je ne citerai personne…). On ne peut pas parler d’un grand film mais l’image est soignée et la musique très bien choisie, pour un tout très cohérent. Il y a du charme dans cette histoire-là, un brin de folie teinté de mélancolie. On sourit et on s’y reconnaît peut-être un peu sans oser l’avouer. Une jolie réussite.

Ma vie avec Liberace

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Drame, biopic américain de Steven Soderberg avec Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd

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          Liberace, pianiste virtuose et artiste exubérant qui affectionne les plateaux télé et cultive la démesure. En 1977, il rencontre Scott, un beau jeune homme avec qui il entame une liaison secrète qui va durer cinq ans. Récit d’une relation passionnée et orageuse.

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          J’attendais beaucoup de ce film qui est annoncé comme le dernier de Steven Soderbergh, réalisateur peut-être un peu inégal mais capable de très belles choses. Le duo d’acteurs était également des plus alléchant. Enfin, le film n’ayant pas trouvé de distributeur en raison de son sujet, n’est pas sorti en salle aux Etats-Unis, ça ne pouvait donc que m’intriguer. Plein de bonnes raisons donc d’aller voir de quoi il retournait, d’autant plus que les critiques étaient élogieuses. Pourtant, je suis ressortie assez mitigée et, alors que je l’ai vu il y a déjà un certain temps, j’ai encore un peu de mal à me faire un avis sur ce film.

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          Je dois avouer que j’ai été un peu déçue, comme souvent quand j’en attends beaucoup. Toutefois, les points positifs ne manquent pas. Je ne connaissais pas le personnage de Liberace et je dois admettre qu’il a un côté fascinant et torturé à la fois. Quant aux deux acteurs, ils sont largement à la hauteur de ce que l’on est en mesure d’attendre d’eux. Mickael Douglas livre ici une très belle prestation pour son retour à l’écran et Matt Damon est tout simplement éblouissant dans ce rôle. Ils nous offrent quelques beaux moments d’émotion. En revanche, je ne m’attendais pas à une histoire aussi sombre mais à quelque chose d’à la fois plus subversif et plus enlevé, ce qui m’a manqué pour réellement apprécier ce film qui m’a toutefois fait passer un bon moment en compagnie de ces deux acteurs d’exception. 

Cargo vie – Pascal de Duve

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          En 1992, Pascal de Duve se sait atteint du sida. La maladie est déclarée et il ne lui reste que quelques mois à vivre. Il décide alors de faire un dernier voyage et s’embarque sur un cargo pour traverser l’Atlantique dans les deux sens. Il nous livre son journal, carnet de bord aussi bien de sa traversée que de la maladie. Un véritable hymne à la vie.

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        Il y avait longtemps que je voulais lire ce texte. Comme certains le savent déjà, j’ai écrit un mémoire sur Hervé Guibert et son rapport à la maladie. Dans les nombreux ouvrages consacrés à la littérature sur le sida, le nom de Pascal de Duve revient souvent et les extraits que j’en avais lu me semblaient très prometteurs. Je n’ai pas pu me procurer le livre à temps pour l’intégrer à mon travail mais je comptais bien le lire un jour où l’autre et j’ai été ravie quand je l’ai enfin trouvé. Je me suis vite lancée dans cette lecture que j’attendais depuis si longtemps ! Bien qu’en ayant beaucoup entendu parler, j’ai été surprise par la forme, ne sachant pas qu’il s’agissait d’un journal. Il  se présente en courts paragraphes qui se succèdent parfois sans lien direct, au fil de la pensée. Une spontanéité qui donne des choses très intéressantes.

          Ce texte est une vraie merveille. Pascal de Duve nous livre ses Lire la suite