Théâtre

Voleurs de poules

          Chaque hiver, le cirque Romanes pose caravanes et chapiteau aux portes de Paris. Quelques mois de répit à la mauvaise saison pour ses voyageurs infatigables et l’occasion pour nous de découvrir leur dernier spectacle. Celui qu’il nous présentent en ce moment se nomme  « Voleurs de poules » : tout un programme ! 

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          J’avais vu le cirque Romanes étant enfant et j’en avais gardé un souvenir impérissable. Ce n’est certes pas le plus impressionnant, pas ici de numéros d’acrobatie à couper le souffle (quoi que…) ou de ménagerie (bien qu’à l’époque ils aient eu une chèvre et quelques poules, justement) mais une ambiance familiale et une bonne humeur communicative. Si la performance n’est pas toujours au rendez-vous, ce cirque a surtout un charme fou ! J’avais un peu peur d’être déçue en le revoyant avec mes yeux d’adultes : c’est tout le contraire qui est arrivé, je crois que j’ai encore plus apprécié que la première fois ! Dès l’entrée, on est marqué par le côté très familial de la troupe. C’est madame Romanes qui nous accueille, monsieur n’est pas loin pour veiller à la bonne installation de tout le matériel avant le spectacle et les artistes s’échauffent derrière la scène. Derrière aux une pancarte affiche « Passage interdit aux tziganes » : le ton est donné, ici, on ne se prend pas au sérieux.

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          Si vous cherchez un spectacle impeccable de bout en bout et des numéros hallucinants, vous n’êtes pas au bon endroit. Ici, chacun a sa place sur scène, y compris les plus jeunes, qui manquent encore parfois un peu d’assurance ou de pratique. Il y a donc forcément quelques couacs, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce cirque si particulier. Les uns jouent de la musique tzigane pendant que les autres se produisent sur scène dans la joie et la bonne humeur. Mais si certains numéros manquent un peu de rodage, d’autres ne manqueront pas de vous faire rêver. La funambule accomplit des prouesses, la trapéziste nous fait vibrer à chaque envolée et le jongleur, poète de la troupe, ne peut que vous faire succomber à son charme. Une fois n’est pas coutume, les photos sont autorisées et j’ai terriblement regretté de ne pas avoir pensé à prendre mon appareil, d’autant plus que j’étais assise au premier rang, pile en face des artistes. Je compte d’ailleurs retourner voir le spectacle pour arranger ça !

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          Les numéros s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Les artistes proposent pour la plupart plusieurs numéros, nous proposant chaque fois une facette différente de leur talent. La femme des airs est exceptionnelle, elle nous fait trembler lorsqu’elle se balance en haut du chapiteau. Quant au jongleur, si la performance est au rendez-vous, c’est surtout l’histoire qu’il raconte à travers chacun de ses numéros qui m’a totalement séduite : tout semble facile quand on le regarde faire, on en oublierait presque la difficulté tant on est subjugués par son humour et sa poésie. Moi qui préfère pourtant les numéros plus vertigineux, ce sont les siens que j’ai attendus avec le plus d’impatience ! On passe un excellent moment avec la famille Romanes. Loin des spectacles formatés, on aime les petits accrocs qui jalonnent le parcours et nous rappellent la difficulté de ce qu’il nous est donné à voir. On n’en admire que plus la performance lorsqu’elle est parfaite et nous fait alors d’autant plus rêver. On ressort du chapiteau des étoiles plein les yeux, en regrettant un peu de ne pas faire partie de cette famille-là.

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Cirque Romanes

42-44 boulevard de Reims

75017 Paris

Métro Porte de Champerret

Jusqu’au 4 mai

20€

Expositions

Kanak : l’art est une parole au musée du Quai Branly

          Le musée du Quai Branly propose la plus importante exposition réalisée sur la culture kanak. Elle rassemble plus de 300 œuvres venues du monde entier et présentées par la voix des kanaks eux-mêmes afin de mieux comprendre leur vision du monde. Mais un dialogue s’établit aussi avec un passé colonial qui a souvent mené à la violence. L’exposition est construite autours de différents axe parmi lesquels la maison, les esprits et la parole.

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Kanak parole afp Une fois de plus, il m’aura fallu beaucoup de temps pour vous parler de cette exposition. Le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas au comble de l’efficacité ces temps-ci et mon avis étant assez mitigé, je craignais un peu de me lancer dans la rédaction de cet article qui s’annonçait quelque peu ardue. Mais bon, à force de laisser traîner, le temps passe et alors que j’ai vu l’accrochage presque dès l’ouverture, l’heure de le fermeture a presque sonnée, il était plus que temps de faire quelque chose et de sortir ma plus belle plume pour y consacrer un petit article. L’exposition est de taille importante et les œuvres sont présentées de manière originale puisque le texte explicatif est à la première personne, comme si le peuple kanak s’adressait directement au visiteur pour présenter sa culture et sa vision du monde. Une mise en scène très axée sur la parole que j’ai trouvée assez réussie.

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          J’ai été un peu moins enthousiaste quant au contenu. La première partie contient énormément d’ornements de portes. Certains sont très spectaculaires mais cela a un côté un peu répétitif tout de même et j’aurais pour ma part souhaité voir des choses un peu plus variées. De même pour la suite où un grand nombre de haches ornementales sont présentées. Les objets sont dans l’ensemble intéressants mais chacun est présenté en grand nombre, ce qui peut avoir un côté lassant lorsqu’on n’est pas spécialiste. De plus, si les questions de la parole, de la famille ou de la culture de l’igname sont intéressantes, il me semble que ce n’est toutefois pas ce qu’il y a de plus crucial dans les relations franco-kanakes, avec notamment un passé colonial très lourd. Aujourd’hui encore, la question reste épineuse et j’ai trouvé que le sujet était très largement évité.

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dscf1344Le sujet est en effet sensible et il est difficile de l’aborder sans froisser les susceptibilités, d’un côté comme de l’autre. Question pour le moins épineuse donc… Elle est tout de même abordée mais un peu en pointillé. En effet, l’exposition se construit autour d’un parcours principal, très politiquement correct donc, toutefois, de petites salles sont aménagées un peu marge pour aborder les points plus sensibles. Une manière de faire qui m’a un peu dérangée. En effet, le jour où nous avons visité l’exposition, il y avait relativement peu de monde, pourtant, certaines de ces petites salles étaient bondées, dont une sur l’habitat et le mode de vie notamment qui me semblait très intéressante et dont je n’ai pas pu lire la totalité du texte. Les suivantes sont consacrées à l’évangélisation ou aux différentes révoltes sur l’île. J’ai trouvé ces aspects-là passionnants et assez scandaleux qu’il soit possible de passer à côté par la conception même de l’exposition. On évite de regarder à droite et à gauche et hop, la culture kanak ce n’est plus que masques et appliques de portes, je trouve ça un peu facile et très honnêtement, ça me révolte ! Je sais, je suis une fille naïve avec des idéaux, je n’ai pas fini d’être déçue…

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          Il y a donc en quelque sorte un parcours principal, sur la culture kanake traditionnelle et un parcours secondaire, sur les aspects coloniaux. Bon, pourquoi pas me direz-vous ? Moui, sauf que ce n’est pas très clair et que ça donne la très nette impression qu’on planque ce qui dérange dans un coin. Ce qui est dommage car j’ai trouvé cette partie-là très bien traitée et franchement passionnante. Je n’en dirais pas tant du reste de l’exposition… Il y a certes des choses intéressantes, sur la place de la parole notamment, ou l’usage de masques, mais j’ai trouvé que ça manquait cruellement d’objets du quotidien. Nous avons vu moultes appliques de portes de cases ou haches ostentatoires mais très peu de choses pouvant nous aider à nous représenter de manière concrète le mode de vie kanak. Un peu plus de diversité dans le choix des œuvres exposées aurait peut-être permis de se faire une meilleure idée de la manière dont vivent les gens. Pas grand chose sur les costumes par exemple, ou sur la nourriture (en de l’igname, sujet très développé, il est vrai).

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Nouvelle-Calédonie - Houaïlou : Le Chef Mindia et ses lieutenants Mais il faut bien admettre qu’il est difficile de tout dire en si peu de temps ! Toutefois, j’ai été frustrée de ne pas toujours arriver à très bien remettre les choses dans leur contexte. Il y a des cartes des îles, quelques photographies auraient pu aider à visualiser un peu mieux les lieux. De même pour les fameuses portes de cases, un petit dessin aurait été largement aussi éloquent qu’un grand discours. J’ai trouvé que la partie secondaire de l’exposition permet de mieux se projeter, à travers des photographies, des objets variés et des témoignages ; j’aurais aimé retrouver cela dans la partie principale. Heureusement, certaines parties de l’exposition sont un peu plus riches en photographies, avec notamment un diaporama de passionnant de gens qui se faisaient tirer le portrait en costume traditionnel au début du siècle. Finalement, de salle en salle, une certaine image de la culture kanak finit quand même par émerger.

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          Même si j’ai quelques reproches à faire à cet accrochage que je trouve quelque peu discutable dans sa conception (mais prudemment sous-titré autour de la parole, notons-le), il est toutefois très bien réalisé avec une présentation originale, des éclairages qui mettent très bien en valeur les œuvres et la convocation de médias variés. Quelques réalisations contemporaines viennent se mêler à celles plus traditionnelles pour un  rendu très réussi. Malgré ses lacunes, l’exposition atteint il me semble son but en parvenant à faire découvrir certain aspects de la culture kanak et surtout, en donnant envie une fois qu’on l’a quittée de se pencher d’un peu plus près sur le sujet.

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Kanak : l’Art est une parole

Du 15 octobre au 26 janvier

Musée du Quai Branly

37, quai Branly

75007 Paris

De 11h à 19h ou 21h selon les jours, fermé le lundi

9€ exposition seule, 11€ avec les collections permanentes

Expositions

Jordaens, une expo à ne pas rater au Petit Palais

          Jordaens est l’un des trois grands peintres flamands du XVII° s. avec Rubens et Van Dyck, bien que moins connu en France faute d’exposition de taille lui étant consacrée jusqu’à ce jour. Les sources d’inspiration variées du peintre et sa maîtrise technique permirent à la ville de maintenir son prestige artistique. Très vite sa renommée parcourut l’Europe entière et il travailla pour les plus Grands bien que quittant rarement la Belgique ; voilà qui méritait bien une rétrospective.

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4068727680Le Petit Palais a rassemblé 120 œuvres pour cette première grande rétrospective française consacrée au peintre flamand. J’ai trouvé qu’elle passait un peu inaperçue face aux grandes expositions de la rentrée et c’est bien dommage car, comme souvent, le Petit Palais propose en toute discrétion des choses très intéressantes et loin des foules des grands musées. – Au cas où vous l’ignoreriez, j’en profite pour rappeler que les collections permanentes sont gratuites et que le lieu, très agréable, mérite le détour. – J’ai toujours beaucoup apprécié les maîtres flamands. Même si on peut trouver leur peinture austère, je suis subjuguée par la finesse de l’exécution et leur traitement si particulier de la lumière. Je ne saurais expliquer le fait que je trouve la peinture flamande chaude et froide à la fois. Sans doute est-ce dû au fait que les tons extérieurs sont très froids alors que les éclairages intérieurs sont quant à eux chaleureux, créant un contraste qui exerce sur moi une certaine fascination, surtout dans la manière de peindre les paysage et, plus encore, les visages. C’est un style réellement à part qui, s’il n’a pas la chaleur de la Renaissance italienne par exemple, est d’une délicatesse sans pareille.

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jacques-jordaens-gloire-danvers-retrospective-L-0pUY0MJ’avais déjà vu des toiles de Jordaens,  dont les musées français sont bien pourvus, mais aussi à l’étranger ou dans des expositions, mais nombreux sont les aspects de son oeuvre que j’ignorais ou sous-estimais. Je crois que je n’en saisissais pas bien toute l’étendue et la diversité, que cette exposition met bien en avant. En effet, le parcours thématique amène le visiteur à travers une succession de salles plus ou moins vastes où les toiles sont exposées, mettant bien en valeur les différentes facettes du travail du peintre : compositions mythologiques ou religieuses, illustrations de proverbes, scènes de banquets, cartons de tapisseries… Le maître à plus d’une corde à son arc, et certaines sont parfois inattendues ! En revanche, étonnamment peu de portraits malgré des études de visages saisissantes.

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3485681_6_884d_jacques-jordaens-1593-1678-adoration-des_dcc4d81d4285618923fb254d00a57d89Ces dernières m’ont souvent beaucoup touchée et ce sont ces visages si expressifs qui donnent une telle force aux grandes compositions de Jordaens. L’exposition est très bien conçue et nous plonge dans l’univers de l’artiste. Les explications permettent de saisir rapidement la manière de travailler de l’artiste et aborde me semble-t-il sa vie et son oeuvre de manière assez complète sans pour autant sombrer dans la verbiage. Certains tableaux représentatifs sont commentés de manière un peu plus précise afin d’éclairer le visiteur, ce que je trouve toujours intéressant et bien trop rarement appliqué dans les musée ou les informations restent souvent d’ordre général si on ne prend pas d’audioguide (ce que j’avais exceptionnellement fait, et il était également très bien conçu quoique pas indispensable tant l’exposition est complète).

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n_jordaens_palais2Il est appréciable de pouvoir déambuler dans une exposition où il n’y a pas foule, de pouvoir prendre le temps devant les toiles, de ne pas avoir à se presser. J’ai passé environ 1h30 dans cette exposition qui est certes de belle taille mais ne me paraissait pas non plus immense. Il est vrai que l’audioguide ralentit toujours un peu mais c’est un réel plaisir de flâner au milieu de ces toiles immenses et d’en admirer les moindres détails. En tout cas ce le fut pour moi. Je dois avouer avoir pris un plaisir tout particulier à la série Le Roi boit qui est non seulement de saison mais est pleine de vie et grouillante de détails ! Quelle richesse dans la peinture de Jordaens ! Je sais, je suis d’un classicisme décourageant en matière de peinture, mais que voulez-vous, on ne se refait pas. Il ne vous reste plus que quelques jours pour en profiter alors si vous êtes sur Paris, foncez sans hésiter. Une très belle exposition, intéressante et bien conçue, qui permet de mieux découvrir ce grand nom de la peinture flamande jusqu’ici un peu délaissé. De toute beauté. 

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Jordaens

19 septembre – 19 janvier

Le Petit Palais

Avenue Wiston Churchill

75008 Paris

Du mardi au dimanche 

De 10h à 18h, jusqu’à 20h le jeudi

Plein tarif 11€

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Expositions

Georges Braque est pour quelques jours encore au Grand Palais

          Georges Braque fut l’une des grandes figures de l’avant-garde du début du XX° s. : l’initiateur du cubisme et l’inventeur des papiers collés. Le Grand Palais propose la première grande rétrospective consacrée à l’artiste depuis plus de 40 ans. Elle propose un regard nouveau sur son œuvre, en la mettant en perspective avec le travail d’autres grands artistes de son temps dans différents domaines.

affiche_expobraque          Voilà déjà plusieurs semaines que j’ai vu cette exposition. J’ai posé plusieurs fois les mains sur mon clavier pour tenter de vous en parler mais rien à faire, les mots ne viennent pas. Toutefois, elle ferme bientôt et il est donc temps de d’écrire quelque chose, inspiration ou pas. Si c’est si difficile pour moi de trouver que vous dire sur cette exposition c’est qu’elle m’a laissé une impression plus que mitigée. Mon problème est simple : je n’aime pas l’œuvre de Georges Braque. Tout comme je n’aime pas celle de Pablo Picasso. Des artiste trop modernes pour moi, qui heurtent mon amour pour une certaine harmonie. Toutefois, je reconnais leur génie, tout comme leur importance dans l’histoire de la peinture, et il arrive même au détour d’une salle qu’une de leurs toiles me touche. Je me laisse donc parfois entraîner dans une exposition qui leur est consacrée, par curiosité ou pour élargir ma culture, même si je sais que ce ne sera sans nul doute pas mon coup de cœur de l’année.

g_GrandPalais13GeorgesBraque03B          Je savais donc en passant les portes du Grand Palais que ce serait pour moi un moment un peu difficile. Et ce fut le cas. On a parfois des bonnes surprises, des révélations. Les œuvres de jeunesses au moins sont souvent plus accessibles que les autres et nous réconcilient quelque peu avec un artiste. Mais là, il n’en fut rien. J’ai trouvé une certaine unité au travail de George Braque, même s’il évolue clairement au fil du temps, ce qui ne m’a guère aidé à y trouver une porte d’entrée. Pourtant, on ne peut le nier, cette exposition est magnifique. Elle présente de manière très claire le travail de Georges Braque et met en avant sa place de choix dans l’histoire de la peinture, comparant son travail à celui d’autres artistes de son temps que ce soit dans le même domaine ou dans d’autres, complémentaires comme la littérature ou la musique. Cela permet de mieux comprendre l’artiste, sa manière de penser et son besoin de toujours innover, d’aller toujours plus loin dans la nouveauté.

braque130919s          Si cette puissance créatrice et ce génie créateur font avancer l’art, ses techniques et sa théorie, j’avoue préférer une approche plus sensible des choses, comme je vous le disais dans mon article sur Félix Vallotton, touche à tout qui ne paraît avoir eu pour objectif que le plaisir de peindre et dont les toiles (plus ou moins réussies) m’ont profondément touchée. Georges Braque est au contraire un visionnaire, il m’a semblé en voyant ses toiles qu’une ligne directrice assez nette se détachait de son œuvre. Je crois bien qu’en plus d’avoir des goûts classiques en matière de peinture j’apprécie bien plus la poésie des tâtonnements. Toutefois, non seulement l’exposition aide à comprendre le travail de l’artiste mais elle le met largement en avant avec un incroyable nombre d’œuvres exposées (plus de 200 sont réunies pour l’occasion !), représentant toutes les périodes de sa peinture : impressionnant !

dsc08544          Certains tableaux sont assez spectaculaires et bien sûr, les plus célèbres sont de la partie (on en a même un sur l’affiche). N’aimant pas particulièrement l’artiste, j’ai trouvé l’exposition – quoique passionnante – très très longue, et j’ai un peu décroché sur la fin. Toutefois, même dans la période cubiste que je goûte pourtant fort peu, certaine toiles sortent du lot par une délicatesse et un équilibre assez remarquable (il faut bien le reconnaître). Je n’ai pas noté les noms mais je me souviens notamment de natures mortes avec des jeux de cartes et des bouteilles de rhum dans des tons bruns qui m’auraient presque réconciliée avec le genre. Les oiseaux passent toujours bien aussi bien sûr même si je ne suis pas une inconditionnelle. L’utilisation de verre pilé dans certaines toiles vient leur donner du relief, ainsi, un très beau vase semble lancer des reflets dorés de toute beauté.Mais, les toiles qui m’ont éblouie sont peu nombreuses et rassemblées tout à la fin de l’exposition. Ce sont parmi les dernières peintes par l’artiste. Des paysage dans de petits formats tout en longueur mais qui tous dégagent une grande force. Ils illustrent bien cette phrase de leur auteur « L’art est une blessure qui devient lumière ». J’avoue être restée un long moment sans voix dans cette petite salle. Une exposition bien conçue, intéressante et riche qui ravira sans doute les amoureux de cet artiste et devrait aider les plus réticents à s’initier à cette œuvre très dense.

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Galeries Nationales du Grand Palais

Place Clémenceau – 75008 Paris

Du 18 septembre 2013 au 06 janvier 2014

Entrée 12€, tarifs réduit 8€

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Lyon – La fête des lumières

          Le week-end dernier, je me suis rendue à Lyon pour la première fois et suis tombée en pleine fête des Lumières. L’occasion d’assister à cette tradition purement lyonnaise où toute la ville est illuminée durant quelques jours. Des jeux de lumières parfois impressionnants mais aussi de simples bougies déposées sur le rebord des fenêtres par les habitants. Une fête issue d’une longue tradition et qui attire une foule toujours plus nombreuse.

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           Les éclairages mis en place pour l’occasion sont disséminés un peu partout dans la ville et certains évènements ponctuels ont lieu sur les grands places à des horaires précis, il est donc conseillé de regarder le programme avant de vous aventurer dans les rues (contrairement à moi), à moins de n’être très résistant au froid ou très patient. Il y a des choses à voir un peu partout (comme dans une fête de la musique visuelle par 2°) mais parfois assez espacées les unes des autres, prévoyez donc de bonnes chaussures et couvrez-vous bien afin de ne pas finir congelés et d’être tentés de vous réfugier dans le premier café venu, au risque de tout rater ou presque de la fête. Heureusement, marchands de gaufres et de vin chaud sont légion au centre ville pour vous apporter un peu de réconfort !

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          Un peu d’histoire de cette fête à présent. En 1850, les autorités religieuses lancent un concours pour la réalisation d’une statue de la Vierge, envisagée comme un signal religieux au sommet de la colline de Fourvière. La date du 8 septembre 1852 est retenue pour l’inauguration. Cette date avait été choisie car le 8 septembre 1643 les personnalités de la ville étaient montés à la Fourvière (première église dédiée à la Vierge construite en 1168) pour demander à la Marie de protéger la ville de la peste. Il font le vœu de renouveler le pèlerinage chaque année si la ville est épargnée, il perdure toujours.

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          Mais une crue de la Saône inonde le chantier au mois d’août et l’inauguration est reportée au 8 décembre. Ce jour-là, certains habitants illuminent leur fenêtre en y plaçant des bougies, mais le mauvais temps est de nouveau de la partie et la fête n’aura finalement lieu que le 12. A 18h, les premières maisons commencent à s’éclairer et peu à peu, c’est la ville entière qui est illuminée et les lyonnais descendent dans la rue : la fête des Lumières était née. Depuis, chaque 8 décembre, les lyonnais placent des lumignons à leur fenêtres pour perpétuer la tradition.

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          Lyon, ce sont aussi de magnifiques illuminations de Noël, j’en ai très peu pris en photo en raison de la foule et de la difficulté à s’arrêter le nez en l’air en plein milieu de la rue sans se faire bousculer en pleine fête des Lumières mais vous en avez quelques chiches exemples au-dessus. Chaque rue de la vieille ville m’a semblé plus belle que la précédente !  Une ville où sans nul doute la magie ne Noël est bien présente !

Pour plus d’informations, le site internet de l’évènement.