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Cinéma : 5 films d’action à gros budget

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          Avec un peu de retard pour certains, et beaucoup pour d’autres, voici quelques films à gros budget vus plus ou moins récemment au cinéma : de l’action et du divertissement en perspective.

Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, obligés de décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre.

Seul sur Mars, afficheJe dois avouer que malgré la présence de Matt Damon, j’étais assez mitigée en allant voir ce film dont le casting et la bande-annonce ma rappelaient très étrangement certains aspects d’Interstellar. J’avais peur de m’ennuyer un peu étant donné qu’à part attendre trois plombes sur une planète déserte, notre pauvre héros n’a pas grand chose à faire. La bonne surprise c’est que je me suis plutôt laissée prendre au jeu – malgré une totale absence de suspens qui a rarement atteint un niveau aussi bas dans un film catastrophe. En revanche, bien que des scientifiques ce soient penchés sur la question et assurent que l’essentiel du film est crédible, j’ai de sérieux doutes à émettre sur certains aspects de l’histoire. Je suis très pénible avec la science-fiction, je peux crois à la vie sur Mars, des lézards géants ou des hommes violets mais le moindre détail a priori insignifiant suffit à me faire décrocher.
Ici on commence par une tempête monumentale qui menace de faire se coucher un vaisseau de plusieurs tonnes mais dans laquelle l’équipe de scientifiques gambade allègrement : non mais sérieusement ?! On est quelque part loin sous le niveau 0 de la crédibilité. Mais mon vrai problème est survenu plus tard dans le film. Je sais que je vais passer pour complètement tarée (si ce n’est pas déjà fait depuis le temps) mais le truc qui m’a totalement empêché de croire à l’histoire, c’est la manière dont il fait pousser des patates. En supposant que la terre martienne permette cet exploit, vous avez déjà vu des patates pousser dans 20 cm de terres vous ? Moi non. Voilà, ça m’a perturbé jusqu’à la fin. Bon, quelques soucis de vraisemblance mis à part, c’est bien joué. Le scénario mériterait un peu plus d’originalité mais ça passe. Ca manque de rythme mais la musique disco comble un peu cette lacune et donne une touche décalée au film qui lui va bien. Au final, un film sympathique bien que plutôt moyen ; ça manque d’adrénaline mais se laisse regarder sans déplaisir.

 

Le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock.

Les 8 salopards, afficheLa déception ciné de ce début d’année. J’aime Tarantino, ses excès, son humour trash, ses choix de musicaux improbables et ses références cinématographiques balancées à tout va. Un cinéma fourre tout totalement jouissif. Vu le pitch, je m’attendais à des personnages plus fous les uns que les autres et à beaucoup d’action. Grave erreur. Ce film met un temps fou à démarrer. La première heure et demie est d’un ennui mortel. Certains diront que c’est pour poser le décor, mettre dans l’ambiance, tout ça. Mais une heure et demie quand même… c’est déjà aussi long d’un film normal ! Les personnages m’ont assez peu convaincue. Qu’ils soient profondément antipathiques n’est pas très surprenant étant donné le titre (le contraire aurait même été décevant) mais je me serais bien passée de l’agacement croissant à leur vue.
Il faut dire aussi que je suis tout sauf une adepte des huis clos. Ils ont la fâcheuse tendance à m’angoisser profondément et à me taper sur les nerfs tout à la fois. Rares sont les exemples qui ont su me convaincre (tellement rares qu’il ne m’en vient spontanément aucun). Du côté de l’histoire, j’ai trouvé qu’elle était assez anecdotique, même si ce n’est pas un problème en soi tant l’ambiance prime dans ce film. Ici la violence est gratuite et comme surgie de nulle part. Visuellement, c’est très réussi, comme toujours chez Tarantino. Et comme toujours aussi, les références cinématographiques sont légion. Malheureusement, mes connaissances en westerns sont proches du néant, je n’en ai donc saisi à peu près aucune même si je pouvais sentir leur présence roder. Il m’a manqué dans ce film l’énergie débordante et le côté jouissif des autres Tarantino (vous pouvez retrouver ma critique de Django ici). Un film qui m’a semblé s’adresser plus aux cinéphiles avertis ou aux plans grands fans du réalisateur et m’a laissée un peu sur la touche. Dommage.

 

James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

Le pont des espions, afficheSi je n’irais pas comme certains jusqu’à mettre ce film tout en haut de la liste des meilleurs films de 2015, je l’ai toutefois énormément apprécié. Le sujet me tentait beaucoup et je n’ai pas été déçue. Le film a beau être aussi long que lent, on ne s’ennuie pas une seconde. Ayant malencontreusement entendu parler de l’histoire (réelle) au moment de la sortie du film, je savais comment cela allait se terminer et pourtant j’ai eu l’impression que ça n’écornait pas le suspens pour un sou. J’ai été tendue jusqu’au dénouement en me demandant comment les choses allaient se dérouler. J’avais oublié à quel point Tom Hanks pouvait être bon acteur. Je ne sais pas pourquoi j’en ai toujours une image d’un acteur un peu fade alors qu’il incarne simplement à la perfection des gens « normaux » au destin exceptionnel. Le reste du casting ne démérite pas.
C’est ce qui m’a accrochée dans ce film, cet avocat spécialisé en assurance et a priori sans histoires qui se retrouve embarqué dans une affaire d’espionnage au cœur de la guerre froide. Un personnage profondément humain et incarné à la perfection dont on parvient sans peine à appréhender les doutes et les craintes. Le film est très bien écrit (sur un scénario signé par les frères Coen) et extrêmement bien réalisé. Les images sont superbes et la tension monte sans jamais nous lâcher jusqu’à la scène finale. Steven Spielberg n’en fait pas trop avec une réalisation tout en sobriété. J’ai beaucoup aimé cette retenue qui met vraiment en valeur les personnages. On peut trouver le film un peu lent mais ça permet de s’installer dans cette ambiance si particulière de la guerre froide. Mais peut-être que tout est un peu trop impeccable dans ce film. Il m’a manqué la petite touche de folie qui fait les grands films. C’est beau, c’est impeccablement réalisé, mais c’est un peu fade. Un très beau film et une histoire intéressante, ça manque sans doute un peu d’émotion mais ça reste tout de même du grand cinéma.

 

Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6.

007, Spectre, affichePlus encore que Les 8 salopards, le nouveau James Bond était pour moi un des films les plus attendus de ces derniers mois. J’avais adoré Skyfall et j’attendais avec impatience la suite. Très vite, les premières critiques m’ont fait déchanter et je ne me suis finalement pas trop précipitée pour aller le voir. J’ai adoré la scène d’introduction pendant le fêtes des morts au Mexique. L’une des plus réussie depuis longtemps je trouve. Malheureusement, c’est à peu près là la seule véritable réussite de ce film qui par la suite se traîne un peu… J’ai un peu de mal à analyser ce que je n’ai pas aimé, ce qui me frustre un peu. Je crois que j’ai juste trouvé ça assez convenu finalement et plutôt plat comme film. Ca manque de suspens, de rythme, de surprise. De vie quoi.
Daniel Craig est toujours parfait – je trouve même qu’il se bonifie avec l’âge – en revanche Léa Seydoux… Bon voilà quoi. Elle est mignonne mais on a connu plus sexy comme James Bond girl. J’ai trouvé louable la tentative de faire une intrigue très actuelle avec la la question du contrôle de l’information mais il y a pas mal d’incohérences et l’histoire tombe souvent dans la facilité. Quant au Spectre, j’ai été mitigée sur le lien fait avec d’autres films de la série qui m’a semblé un peu artificiel. James Bond prenait beaucoup d’épaisseur dans Skyfall, avec une psychologie bien plus poussée que d’habitude dans la franchise et un univers plus sombre. Ici, on revient à quelque chose de bien plus superficiel et on ne peut que le déplorer. Ca m’a un peu donné la même impression de « régression » qu’entre Casino Royale et Quantum of Solace. Malgré de bonnes intentions, un film qui reste à la surface des choses et manque autant de profondeur que d’audace. A défaut d’autre un bon film, il demeure un divertissement plutôt plaisant.

 

L’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin, contraints de laisser de côté leur antagonisme, s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial.

Agents très spéciaux : code U.N.C.L.E, afficheJe suis allée voir ce film sans grande conviction. Je n’en avais quasiment pas entendu parler et je ne m’attendais à franchement rien d’exceptionnel. Mais je suis bon public pour les films d’espionnage ou leurs parodies et après Kingsman (que j’ai a-do-ré) et Spy (que j’ai beaucoup moins aimé) je ne pouvais pas rater cette sortie dans la même veine humoristique. J’ai finalement été agréablement surprise, malgré des critiques plus que mitigées – et parfois assassines. Je suis de suite rentrée dans cet univers un peu décalé. On retrouve tous les codes du film d’espionnage classique : les américains contre les russes, la jolie fille qui fait perdre la tête, le complot international. Tout y est ! Ca se passe durant la guerre froide et ça m’a rappelé les vieux James Bond par certains aspects. Si l’ironie point dans chaque scène ou presque, ça n’en demeure pas moins un film d’espionnage efficace.
Tant par le scénario que dans le visuel, le film est très années 60 (il est d’ailleurs adapté d’une série de l’époque). Peut-être un poil trop parfois mais j’aime assez ce style surchargé et très coloré. Le duo d’acteur est un peu lisse, mais il fonctionne bien. Les personnages sont caricaturaux et l’intrigue téléphonée mais le réalisateur s’amuse avec les stéréotypes du genre et, au passage, le spectateur aussi. Il manque sans doute l’inventivité débridée d’un Kingsman pour en faire un grand film mais on passe un bon moment et le côté nostalgique a beaucoup de charme. L’intrigue aurait mérité un peu plus de tenue mais l’action, elle, ne manque pas. J’ai souvent souri devant cette parodie assez convenue mais réussie dans son genre. Un film léger et efficace qui fait le plus grand bien.

De sang froid – Truman Capote

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          Les Clutter sont une famille modèle : des fermiers qui se sont enrichis à force de travail et qui sont aimés de tous dans leur petite communauté. Pourtant, ils vont connaître un sort tragique, assassinés pour une poignée de dollars. Leurs meurtriers, Dick et Perry prennent la fuite ; vont s’ensuivre des mois de cavale avant que la police ne les arrête et es pende haut et court pour leur crime.

          Il y avait très longtemps que je voulais lire ce livre qui sommeillait depuis longtemps dans ma bibliothèque. J’avais vu le film Truman Capote à sa sortie : il m’avait fascinée et donné envie de découvrir le livre qui l’avait inspiré. Toutefois, la dureté du sujet m’a longtemps tenue éloignée de ce roman et j’ai commencé mon approche de Truman Capote par des textes plus courts et plus légers : La traversé de l’été (un roman de jeunesse un peu maladroit mais avec une fin assez forte pour mériter le coup d’oeil) puis Cercueils sur mesure (un court texte absolument génial, un des meilleurs polars que j’aie jamais lu et un style tout à fait délectable, un énorme coup de coeur). Et puis cette année, quand j’ai mis sur pied mon programme de lecture afin de vider un peu ma bibliothèque, il m’a paru évident que ce texte devait en être. Et voilà comment j’ai enfin lu ce roman qui a fait scandale en son temps et fait de son auteur un personnage de légende.

          Comme je vous l’ai dit, je connaissais déjà l’histoire aussi bien de ces hommes, que celle de l’écriture du texte, au risque de parasiter un peu la lecture. Pourtant, dès les premières pages, j’ai été extrêmement surprise. En effet, le récit commence par une longue description de la vie et des habitudes de ceux dont on sait qu’ils vont mourir dans des conditions atroces. On a le temps de s’attacher à eux, d’espérer que certains en réchappent. En alternance, on découvre les tueurs, la manière dont il montent leur plan, leurs relations, leurs motivations. Cela crée un suspens des plus intéressants et assez inattendu pour un récit de faits qui étaient alors connus : cela ne fait aucun doute, Truman Capote est un conteur de génie.

          Le livre va continuer sur cette lancée jusqu’à la fin : quand vont-ils mourir ? pourquoi ? comment les meurtriers seront-ils arrêtés ? dans quelles circonstances ? quand seront-ils exécutés ? On connaît les grandes lignes : les Cutter sont tués, les coupables prennent la fuite, ils sont arrêtés, emprisonnés, jugés, pendus et pourtant, l’auteur parvient à créer une tension incroyable due à une attente constante de détail des événements. Le style est assez moderne, il a très bien vieilli et s’avère aussi agréable qu’efficace. J’ai été littéralement happée par ce texte qui m’a autant séduite que fascinée. Plus encore que dans l’art du récit, la force de ce texte réside dans le portrait psychologique des tueurs, d’une incroyable finesse. On parvient bizarrement à les comprendre, on les prendrait presque en pitié parfois, et surtout, on prend conscience qu’à peut près n’importe qui peut se transformer en monstre sanguinaire. Un livre brillant et passionnant qu’on ne peut plus lâcher après l’avoir ouvert. De sang froid n’a décidément pas usurpé son titre de chef-d’œuvre !

Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs., tout comme c’est une réaction ordinaire d’oublier ceux qui ont pris part à nos réussites.

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Perry dit : « Est-ce que j’ai des regrets? Si c’est ce que tu veux dire, non. Je ne ressens rien . Je voudrais bien. Mais ça me laisse complétement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait et moi, je riais. Peut-être qu’on n’est pas humains. J’suis assez humain pour m’apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d’ici qu’en tu t’en iras. Mais c’est tout. »

Dans la maison

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          Thriller français de François Ozon, aved Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas

          Germain est professeur de français en classe de seconde. A la rentrée, il demande à ses élèves de raconter leur week-end. Au milieu des copies médiocres, s’en glisse une qui l’intrigue. Un jeune garçon de 16 ans décrit la manière dont il s’est introduit dans la maison d’un camarade. Mais cette rédaction aura une suite et bien vite, le professeur ne contrôlera plus le jeu malsain mis en place par son élève…

          J’aime généralement assez le cinéma de François Ozon, capable du pire comme du meilleur, il est généralement très créatif et ne cesse de nous surprendre. Aller voir son dernier film s’imposait donc comme une évidence, d’autant qu’on en disait le plus grand bien. J’ai un eu traîné des pieds avant d’aller voir ce film, le sujet me tentait moyennement et étant un peu fatiguée j’ai reporté ce visionnage. Et puis, au détour d’une déambulation parisienne, voilà que je passe devant un cinéma à l’heure de la séance, il ne m’en fallait pas plus pour me motiver. Dès le début, j’ai été très agréablement surprise par cette histoire. Je craignais que ce ne soit un peu tiré par les cheveux mais c’est tout compte fait assez bien amené. Fabrice Luchini est parfait en prof aigri ! Très vite, on souhaite autant que lui connaître la suite de l’histoire et comme lui on hésite quand au degré de fictionnalisation des écrits de son jeune élève. Un certain suspens donc, assorti d’une ambiance un rien malsaine qui ne fait qu’accroître notre intérêt.

          J’ai trouvé que cette histoire marchait plutôt bien et François Ozon parvient à nous plonger dans son univers. Personne n’est épargné, la petite bourgeoisie en prend pour son grade (non sans une certaine tendresse) et l’enseignement est également égratigné. Un humour grinçant qui me ravit. Côté réalisation, quelques belles idées. Certaines scènes sont répétées mais filmées sous des angles différents au gré des différentes version qu’en écrit le jeune auteur. Parfois, le professeur fait également irruption dans la maison, au fil des corrections qu’il propose. Les acteurs sont pleins d’énergie et le récit est très dynamique. Certes, ce n’est peut-être pas le film du siècle, mais il est des plus agréable. Une histoire originale, une belle réalisation, des acteurs convaincants. Ce film a une fraîcheur qui manque trop souvent au cinéma français. J’ai pris un réel plaisir devant ce film énergique et inventif comme on aimerait en voir plus souvent.

Ténèbres, prenez-moi la main – Dennis LEHANE

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           Patrick et Angela sont détectives privés. Ces deux amis d’enfances s’en sortent tant bien que mal en résolvant de petites affaires mais un jour, pour aider un ami, ils vont accepter une affaire qui les dépasse. Une femme pense que la mafia lui en veut et fait appel à eux pour régler ce problème. Ils vont ainsi se retrouver mêler à une sordide affaire entre mafieux et serial killers.

           Le gros point fort de ce livre est sans aucun doute le suspens. Il est absolument intenable ! L’univers décrit est très noir et les personnages sont loin d’être des héros, on se demande tout le long par quel miracle ils pourraient bien en sortir vivants. Du côté de l’enquête, les fausses pistes se multiplient et on est aussi perdus que les enquêteurs eux-mêmes. Le point de vue interne aide beaucoup à se plonger dans l’histoire. L’écriture est agréable, les personnages bien construits et la trame efficace. On se laisse totalement prendre par cette enquête sombre et tortueuse. Un très bon roman noir au suspens haletant. Ames sensibles s’abstenir.

Il y a plus de chances de voir un Black jouer dans nu film de Woody Allen que Patrick s’engager dans une relation sérieuse.

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Ils voguaient au gré de l’existence tels des canards en plastique dans une baignoire, se retrouvaient de temps en temps le bec dans l’eau, attendaient qu’on les redresse, puis reprenaient leur dérive. Un cheminement sas conflits, mais sans passion non plus.

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Tu ne peux pas patauger dans les égouts toute la journée et revenir à la maison en sentant la rose.

José Carlos SOMOZA, L’appât

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        Et si le monde n’était qu’un grand théâtre ? Si nos désirs les plus profonds pouvaient être comblés par un masque, une parure, une posture ? Si des acteurs de génie pouvaient les déceler et nous mettre à nu par leur jeu, faisant de nous des pantins ? Et si les pièces de Shakespeare détenaient les clefs de notre subconscient ?

          Diana est un de ces acteurs qui peuvent accéder à nos désirs les plus refoulés. On les appelle les appâts. La police de Madrid les utilise pour arrêter les criminels les plus dangereux. Quand un psychopathe enlève sa soeur, elle se lance dans une course effrénée pour tenter de la sauver.

          Il y a quelques mois, j’avais découvert Somoza avec Clara ou la pénombre. Ce fut une révélation. Un choc comme on en connaît trop peu dans sa vie de lecteur. Un livre qui vous retourne, vous engloutis, vous transforme et vous laisse à la fois surpris et émerveillé. J’attendais donc avec impatience d’en lire un autre, même si je savais que ce genre de miracle ne pouvait décemment pas se produire deux fois. Quand L’appât est sorti en décembre, je me suis donc empressée de l’ajouter à ma liste au Père Noël et l’ai commencé à peine le papier déchiré.

          La trame est extrêmement complexe. On est entre le polar, l’anticipation et l’essai sur le théâtre, le tout servi avec un brin de psychanalyse. C’est très déroutant et sans la 4° de couverture je pense que j’aurais mis très très longtemps à comprendre cette histoire d’appâts qui utilisent Shakespeare comme arme. Dans Clara, on avait sensiblement la même chose avec la peinture mais c’était bien plus visuel et donc un peu moins difficile à appréhender. J’ai donc décidé de laisser tant bien que mal de côté ce que je ne comprenais pas, me disant que ça finirait bien par s’expliquer, pour me concentrer sur l’histoire de meurtres.

          Il n’y a pas de doute, Somoza est bien le roi du suspens. L’histoire est bien ficelée, très vite on se laisse prendre au jeu, on dévore chaque page avec anxiété, attendant la suite comme si notre propre vie en dépendait. On tombe dans tous les pièges qu’ils nous tend. Il y avait longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant « accrochée » et que je n’avais pas regardé autour de moi avec autant d’anxiété dans mon appartement vide à cause d’un livre.

          L’auteur demande à son lecteur un effort quasi insurmontable pour rentrer dans son univers (un immense merci au professeur aussi cruel qu’avisé qui a eu l’idée de nous mettre cet auteur au programme, nous forçant à passer le cap difficile des premiers chapitres auxquels on ne comprend pas grand chose). Toutefois, la sueur et les larmes (comment ça j’exagère ?) sont largement récompensés. Le monde que nous propose Somoza est d’une incroyable richesse. Il nous pousse à nous poser des questions qui jamais ne nous seraient venues à l’esprit, à envisager les choses sous des angles improbables. Il bouscule les conventions avec brio dans un style incomparable. Un texte exigeant mais aussi brillant, intelligent, complexe, troublant. Un peu en de ça de Clara à mes yeux mais un texte de haute volée qui se mérite.

Citations à venir