Mes lectures

La marche du mort, Larry McMurtry

Aux confins d’un Texas encore sauvage, les jeunes Augustus McCrae et Woodrow Call viennent de s’engager pour faire régner un semblant d’ordre dans ce pays en devenir. Sous-équipés, piètrement entraînés et mal dirigés, ils s’apprêtent à traverser une série d’expéditions et d’aventures plus dangereuses les unes que les autres. Tour à tour poursuivis par des Indiens, l’armée mexicaine ou des ours, ils devront se battre au milieu d’une nature hostile. Heureusement que les femmes sont là pour les laisser rêver à des jours meilleurs.

Du même auteur, j’avais adoré Lonesome Dove, l’incroyable épopée de deux cowboys pas très doués à travers les Etats-Unis. Seule la femme de l’un d’eux rattrape un peu le niveau. C’est drôle, bien écrit, extrêmement prenant. Un énorme coup de cœur. La marche du mort retrace l’histoire de la rencontre de ces deux copains bras cassés et j’avais hâte de les retrouver.

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Cinéma

The Homesman, beau mais tellement lent…

Drame historique américain de et avec Tommy Lee Jones avec Hilary Swank, David Dencik, Meryl Sreep

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          J’avais hâte de voir ce film qui a priori ne pouvait que me plaire. Le genre, l’histoire, les acteurs, tout me tentait ! J’étais presque certaine d’aimer. Grave erreur, ne jamais partir trop sûr de soi… Je dois avouer que je ne sais trop que vous dire de ce film (d’ailleurs, j’aurais dû vous parler aujourd’hui de « Pas son genre » mais j’ai laissé ma chronique en plan, me disant que vu l’heure tardive, autant écrire sur quelque chose qui ne va pas me prendre la nuit…). Bien que très enthousiaste en entrant dans la salle, je me suis endormie au bout de quelques minutes à peine. Ca commençait mal. Quand je me suis réveillée, au bout d’une durée indéterminée, je n’avais pas franchement l’impression d’avoir raté quoi que ce soit. Voilà qui n’augurait pas d’un rythme trépidant.

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          S’il m’est si difficile de parler de ce film, c’est parce que je n’ai rien à lui reprocher. Et pourtant, je me suis ennuyée ferme ! L’histoire semblait assez porteuse, les personnages sont bien construits et esthétiquement, c’est irréprochable. L’interprétation des deux acteurs principaux est impressionnante et les personnages gagnent en épaisseur et en subtilité au fil du récit. La construction de leur relation est très bien menée et pleine de finesse. Le hic, c’est que j’ai eu le plus grand mal à m’y intéresser. Je suis restée coincée au degré zéro de l’émotion.

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          Mais pourquoi ? A vrai dire, je n’en sais rien moi-même ! A peu près toutes les personnes qui ont vu ce film ont eu l’air de l’adorer et en chantent les louanges – ce que je comprends dans une certaines mesure. C’est comme si les ingrédients étaient tous là mais qu’il manquait le liant. C’est beau (bien que paradoxalement ce coin des Etats-Unis semble particulièrement dépourvu de charme), c’est bien fait, c’est impeccable mais ça manque cruellement de vie ! Bref, pour le dire vulgairement : on s’emmerde. J’ai regardé ce film sans déplaisir mais sans parvenir non plus à me sentir un tant soit peu concernée. Heureusement, les images sont belles. 

Cinéma

Des hommes sans loi

          Drame, action, western américain de John Hillcoat avec Shia LaBeouf, Tom Hardy, Jason Clarke, Jessica Chastain.

          1931, Franklin, Virginie. On est en pleine Prohibition et les frères Bondurant sont bouilleurs de cru. Le plus jeune, Jack, est le plus faible des trois, ce qu’il compense par une grande ambition. Il veut donner à leur trafic une autre envergure. Mais un policier corrompu et brutal va tenter de leur barrer la route par tous les moyens. Entre ces frères que rien n’arrête et l’homme de loi, la guerre est déclarée et tous les coups sont permis.

          Le sujet a été vu revu et re-revu par le cinéma américain mais j’aime beaucoup cette période et ne m’en lasse pas. Les films de gangsters, c’est bien simple, j’aime ça ! Celui-là est traité de manière un peu différente, on n’est pas en ville au milieu des trafiquants, mais à la campagne, du côté des fabriquants ce qui se rapproche par moments plus du western. Malheureusement, l’originalité s’arrête à peu près là… Malgré un point de vue qui paraissait assez inhabituel, on n’échappe pas aux clichés piochés aussi bien dans les films de gangsters que dans les westerns puisqu’on est a mi-chemin entre les deux. J’ai trouvé que le film manquait un peu de rythme. Malgré des bagarres à répétition, la sauce ne prend jamais vraiment et on frôle l’ennui. On eut aimé sortir un peu de ce classicisme outrancier.

          J’ai également été surprise par l’extrême violence de ce film qui m’a franchement dérangée. Rien ne nous est épargné et toutes les formes de bagarres et de blessures assimilées sont filmées de près : à l’arme à feu, à l’arme blanche, à mains nues… Rien ne nous est épargné. L’histoire se tient mais manque cruellement de piquant. Le scénario, très convenu, ne réserve aucune surprise. Certes, la recette est plutôt efficace mais un brin de suspense n’aurait pas fait de mal. Pourtant ce film n’est pas foncièrement mauvais, simplement un peu trop sage pour convaincre. Les acteurs sont bons et donnent chair à ces personnages qui mal incarnés auraient pu être terriblement lisses. Mais le point fort de ce film tient aux images qu’il nous offre. C’est très bien filmé et certaines prises de vue sont magnifique. Les très belles teintes des images donnent à ce film une patine qui lui confère un certain charme. Des qualités techniques indéniables qui ne suffisent pourtant pas à convaincre. Si on ne s’ennuie pas franchement, on reste sur sa faim. 

Mes lectures

Larry McMURTRY, Lonesome Dove, vol. 2

          On retrouve dans ce 2° tome Augustus et son ami Call sur la route du Montana. Le troupeau est en route mais le chemin est long et semé d’embûches : 5000 km à cheval, ce n’est pas rien ! Pas facile d’être les premiers colons dans ces terres inconnues. Les indiens rodent, le moral des troupes n’est pas au beau fixe, tous n’arriveront pas à destination.


          J’ai lu ce livre qui est, paraît-il, un classique de la littérature américaine, en partenariat avec Babelio et les éditions Gallmeister, que je remercie vivement et auprès desquelles je m’excuse pour le retard dans la parution de cet article. Longue est la lecture de cette aventure, mais quelle lecture ! J’avais aimé le premier tome, son ambiance western, ses personnages hauts en couleurs, cependant, je l’avais trouvé un peu lent à démarrer. De plus, les innombrables fautes d’orthographe et de typographie avaient gêné ma lecture (moi qui suis pourtant une inconditionnelle de cette maison d’édition, j’avais été terriblement déçue par un tel travail de cochon). Je réservais donc mon avis pour le second tome. Fort heureusement, pour ce qui est de ce problème de correction, c’était visiblement un problème technique sur le premier tome, le second est impeccable (oufff). À présent, que ceux qui ne veulent pas connaître la fin du premier tome ne lisent pas le paragraphe qui suit.

          On avait laissé nos cow-boys en route. Lorena avait été enlevée par des indiens et Gus était parti à sa rescousse. Une interruption en pleine action donc. Nous reprenons là où nous nous étions arrêté. Bien que les chapitres sur le jeune July entre autres viennent quelque peu retarder la délivrance de notre charmante prostituée. On continue sur le même rythme soutenu qu’à la fin du premier tome. Les péripétie s’enchaînent à une vitesse époustouflante. Nos pauvres hommes n’ont pas le temps de souffler entre deux déconvenues.

          Les personnages sont toujours aussi attachants. C’est drôle, c’est enlevé, c’est prenant. On se délecte de leurs aventures. Et on en apprend on peu au passage sur la situation des États-Unis en 1850 (tant qu’à faire hein…). On évite la caricature. Les indiens ne sont ni gentils ni méchants, surtout apeurés, et les blancs eux, sont plus crétins que vraiment mauvais. La nature humaine est décrite avec plus de finesse que ne le laisse penser le style léger. Plus on avance dans le texte et plus on se laisse prendre dans cet incroyable élan en avant. On partirait bien nous aussi galoper dans les grandes plaines et leurs incroyables paysages. Page après page, l’auteur arrive à nous surprendre, ne tombant jamais dans la facilité. Quand on ferme le livre, on voudrait suivre encore ses personnages. 1200 pages qui passent trop vite. Un livre beaucoup trop court qui nous laisse comme un goût de liberté. Un prix Pulitzer amplement mérité.

          Notons au passage que le livre a été adapté à la télévision dans une mini-série-télé avec le grand Tommy Lee Jones dans le rôle de Call. 

Vivre de façon raisonnable – expérience qu’il avait tentée à une ou deux reprises dans sa vie – s’était avéré ennuyeux, le plus souvent après quelques jours seulement. Une vie sensée ne lui avait jamais rien apporté qui vaille, à part des beuveries et des parties de cartes où il jouait jusqu’à sa dernière chemise. La folie était parfois plus stimulante.

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Roscoe s’inquiétait de constater qu’il n’y avait plus d’arbres dans le paysage. Il avait passé sa vie au milieu des arbres et n’avait jamais beaucoup réfléchi au bien être qu’ils procuraient. Voir des arbres était si banal qu’on pouvait s’étonner de découvrir en voyageant dans ces plaines qu’il existait sur terre un endroit où l’on n’en trouvait aucun. Il leur arrivait bien de temps à autre d’apercevoir un bosquet au bord d’une rivière, mais c’était rare, et les arbres s’apparentaient plus à des broussailles. On ne pouvait pas s’y appuyer, or s’était justement cela que Roscoe aimait. Il parvenait même à dormir adossé à un arbre.

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Évidemment, ces terres appartiennent aux Indiens depuis toujours. Pour eux, elles sont précieuses parce qu’elles sont leur passé. Nous, elles nous attirent parce qu’elles sont notre avenir.

Cinéma

True Grit, d’Etan et Joel COHEN

          Western américain des frères Cohen, avec Hailee Steinfeld, Jeff Bridges, Matt Damon, Josh Brolin.

          1870, dans l’ouest américain. Un homme abat le père de Mattie Ross, 14 ans. La justice de semblant pas prompte à faire son travail, la jeune fille décide de se faire justice elle-même, par tous les moyens.

         Pour une fois, je vais être brève. Non pas parce que je n’ai pas aimé, loin s’en faut, mais parce que je n’ai pas à ma disposition les outils nécessaires à une bonne critique comme il faut. Je n’y connais rien en western, aucune culture en la matière. Du coup je n’ai quasi aucun point de repère ou de comparaison, ce qui est forcement problématique. Tout ce que je peux dire de ce film, c’est que je l’ai aimé. Je n’ai pas adoré, je ne crie pas au chef-d’oeuvre, mais j’ai trouvé que c’était un très bon film. Les acteurs sont excellents, l’histoire se tient, il y a de l’action mais point trop, c’est bien filmé : rien à y redire, j’ai passé un très bon moment. Je soupçonne que j’ai raté tout un tas de références qui donnent de la profondeur au film mais bon, c’est de ma faute, si je regardais autre chose que des films récents de temps en temps, je ne serais pas ainsi réduite au silence. En tout cas, un film que je recommande.