Mes lectures

Dans l’abîme du temps, Howard Phillips LOVECRAFT

          Quatre nouvelles sur le temps et ses mystères. Dans l’une d’elles, un homme qui perd la mémoire et se réveille 5 ans plus tard avec des souvenirs qui semblent venir d’un autre temps dont il ne garderait pourtant aucun souvenir conscient. Ou encore un jeune étudiant qui vit d’étranges expériences depuis qu’il loge dans une chambre qui a la réputation d’avoir hébergé une sorcière dans un passé lointain et serait restée hantée. Des textes dans la pure pure tradition fantastique.

          A vrai dire je n’ai pas trop accroché avec ces nouvelles. J’ai trouvé le style très austère. Une écriture typique de la fin du XIX°-début du XX°, très influencée par les écrits réalistes. On retrouve ainsi de longues descriptions et l’auteur fait preuve d’une incroyable minutie dans son récit. Trop à mon goût, tant de précisions m’ont quelque peu étouffée et perdue. Dans la 1° nouvelle, le personnage principal est un professeur d’économie et le texte se veut assez scientifique, ce qui m’a vite assommée. J’ai eu le plus grand mal à en suivre les péripéties. J’ai trouvé cela à la fois compliqué, décousu et pénible à lire. Un texte difficile que j’ai fini par abandonner. J’ai toutefois lu la fin par acquis de conscience : arriver à la comprendre en ayant sauté 40 pages n’est pas le signe d’un suspens insoutenable.

          La 2° nouvelle m’a un peu moins rebutée. Le style demeure assez ardu mais le sujet étant moins « technique », j’ai eu un peu moins de mal à m’y faire (c’est toutefois très relatif…). L’histoire est assez classique et efficace. La lecture de ce texte est édifiante quant à la place de Lovecraft dans la littérature fantastique/science-fiction (on est à la frontière des deux). Les thèmes abordés sont d’une grande modernité et ont été abondamment repris par la suite.

          Ce recueil est axé autour du problème du temps et de ses mystères. Il se construit à la fois sur la perception du temps dans les rêves mais aussi et surtout sur les toutes dernières avancées scientifiques en la matière, avec l’utilisation littéraire de la célèbre théorie de la relativité restreinte d’Albert Einstein. Ce mélange est aussi intéressant que novateur, bien qu’il m’ait laissée perplexe. J’ai trouvé que cela manquait de légèreté, l’écriture a je trouve un peu vieilli et je dois admettre que le sujet qui me tentait m’a finalement lassée (c’est que c’est pas simple cette histoire !). Raison pour laquelle je n’ai pas eu le courage de lire les 2 nouvelles suivantes. Un livre qui m’a donné bien du mal et que j’ai trouvé intéressant bien que je n’aie pas du tout accroché pour les raisons susmentionnées. Je pense toutefois que je retenterais ma chance avec Lovecraft sur un autre thème. A réserver sans doute aux lecteurs de sciences-fiction plus aguerris que moi.

Ils remarquèrent que je m’efforçais surtout de posséder à fond certains points d’histoire, de sciences, d’art, de langage et de folklore – les uns terriblement abstrus, et d’autres d’une simplicité puérile – qui, très bizarrement parfois, restaient exclus de ma conscience.

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Etaient-ce les rêves qui avaient amené la fièvre ou la fièvre les rêves, Walter Gilman n’en savait rien. Derrière tout cela était tapie l’horreur sourde, purulente, de la vieille ville, et de l’abominable mansarde moisie, à l’abri d’un pignon, où il étudiait.

2 commentaires sur “Dans l’abîme du temps, Howard Phillips LOVECRAFT

  1. Dans l abîme du temps ! Cette nouvelle inspirée d un film fut mon premier Lovecraft et reste à présent mon récit référence. Se retrouver des millions d années en arrière, déambulant dans ce corps et cet univers étranges (tout en étant habité par un gus qui te fait passer pour fou), et cela afin d écrire les annales de notre propre monde, minuscule monde humain face aux énormités du temps… L idée seule rappelle en moi le vertige et l évasion.

    Pour le style, je me demandais au début s il était ou non mauvais… Le trouvant si bizarre et inédit j ai continué, et je dis maintenant que cette lecture a eu plus de prise sur moi que n importe quelle autre (passée l heure de l enfance où un rien nous étonne). J ai admis que l efficacité gagnait avec ce style particulier souvent incantatoire, suranné et proche de l essai (la minutie scientifique est surtout là pour le côté « convainquant »).

    Personnellement je ne trouve pas HPL difficile, contrairement aux réflexions d un Poe par exemple… Bien qu il utilise de sacrés mots, mais pour qui aime son lexique ça fait partie du plaisir (et comme l intérêt est dans la suggestion, c est parfois un plus d imaginer une définition). Les longues descriptions ne me dérangent pas non plus car elles parlent et ajoutent à l atmosphère, contrairement à chez d autres auteurs ou c est pour dire soporifiquement « bah voilà où que ça s’passe ! ». Par contre pour les allers-retours chronologiques, j ai pu penser qu il fallait s accrocher.

    Quoiqu il en soit peu de filles apprécient HPL, préférant qu on leur parle de choses plus sentimentales ou « terre à terre », donc c est déjà pas mal que vous reconnaissiez certains aspects intéressants et novateurs 🙂

    1. Bizarrement, avant j’aimais Lovecraft, du temps où rien ne m’étonnait :). J’aime beaucoup l’emploi d’un style soutenu et plus encore trouver des mots que je ne connais pas, et de ce que côté là j’ai été servie ! Par contre je crois qu’avec le temps je suis de plus en plus allergique aux longues descriptions (et quand en plus elles sont inutiles, je ne vous dis pas…) et c’est vrai que j’aime les univers plus terre à terre mais pas sentimentaux) et je préfère les chose traitées de manière plus légère : un petit dialogue par-ci par-là pour donner vie au texte, une touche d’humour pour réveiller le lecteur… Mais ce qui m’a le plus gênée, c’est tout simplement le sujet au fond, le temps est quelque chose de trop abstrait pour m’accrocher bien longtemps. Mais je ne désespère pas de retrouver un Lovecraft qui me plaise !

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