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Mon programme pour la rentrée littéraire

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          En cette rentrée, sont attendus 567 nouveaux romans, dont 381 français et 94 premiers romans. Proportion qui a l’air de se retrouver à peu près dans ma sélection (enfin, à la louche, je n’ai pas étudié ça de près). Comme chaque année, j’ai prévu de lire une vingtaine de titres pour la rentrée littéraire 2018, même si je m’y suis prise un peu tard (comme d’habitude à vrai dire) et qu’au vu de mes premières lectures, mon enthousiasme s’est un peu étiolé : ça ne commence pas très fort. Pourtant, ça reste une période de l’année qui est pour moi aussi bien l’occasion de découvrir de nouveaux noms que de retrouver des auteurs que j’aime. Un grand bain de littérature contemporaine toujours riche en découvertes. Voici par ordre de sortie les romans que j’ai déjà reçus :

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Auxquels devraient s’ajouter :

          J’avais commencé par une liste plus courte que d’habitude cette année avec une dizaine de titres, mais je me suis finalement laissée tenter par beaucoup d’auteurs que je ne connaissais pas ou seulement de nom, dans des styles a priori très différents. En effet, cette année, je n’ai demandé en service de presse que des auteurs que je n’avais jamais lus ! Même dans les éditeurs, je suis un peu sortie de mes habitudes. J’espère que j’aurai de bonnes surprises. Bien sûr, il est probable que 2 ou 3 titres s’ajoutent encore à cette liste selon les retours que j’aurais eu, d’autant plus qu’il y a déjà pas mal d’autres titres que j’ai repérés ! Comme chaque année, le plus dur reste de choisir, sachant qu’il est impossible de tout lire. Pour le moment, après 5 lectures, j’avoue être très mitigée alors que j’avais sélectionné mes lectures avec le plus grand soin. Déception donc. Et vous, vous suivez la rentrée littéraire ? Quels sont les romans qui vous ont surpris ou que vous attendez ?

3 recueils de nouvelles

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Le roi Lear des Steppes, Ivan Tourgueniev

 

          « Ivan Tourgueniev a deux cents ans. Plus universelle, plus moderne que jamais, sa prose le place désormais parmi les auteurs qui, en leur temps, ont également relevé le défi de l’universalité. Ce grand sage cosmopolite du XIXe siècle nous livre une clef pour lire le passé, celui de la Russie en particulier et du genre humain dans son ensemble, mais aussi pour cerner la modernité et mieux appréhender l’avenir. » Olga Gortchanina

Le roi Lear des steppes, couvertureFut un temps où je lisais beaucoup de classiques russes (enfin beaucoup… plus que la moyenne en tout cas). Je me suis délectée de l’univers sombre de Dostoïevski, je me suis agacée des digressions de Tolstoï, j’ai admiré la plume de Gorki et j’ai baillé en découvrant Premier amour de Tourgueniev. Je n’avais rien lu d’autre de lui et la nouvelle traduction de 3 de ses nouvelles était l’occasion de connaître un peu mieux cet auteur. Dans ces 3 textes, il met à la sauce russe des classiques de la littérature européenne – dont le Roi Lear. Prometteur. Bon, soyons francs, je me suis ennuyée ferme. J’ai rarement connu style aussi soporifique. Que ça peut être guindé ! Autre problème, je maîtrise assez mal les textes de départ, lus il y a longtemps, j’ai donc probablement raté pas mal des subtilités de ces textes qui intellectualisent beaucoup, beaucoup leurs références. J’ai essayé de les apprécier simplement comme de bonnes histoires mais à vrai dire elles n’ont pas grand intérêt en temps que telles et m’ont plutôt fait penser à un exercice de style, une branlette intellectuelle d’un autre temps. J’ai bien peut qu’entre Tourgueniev et moi le courant ne passe définitivement pas.

Quel plaisir peut-on retirer à rêver de soi-même, de son bonheur ? Il ne sert à rien d’y penser. Pourquoi aller courir après, s’il ne vient pas ? C’est comme la santé : quand vous ne la remarquez pas, c’est qu’elle est là.

Les morts concentriques, Jack London

 

          La folle cupidité des hommes des grandes cités, la rouerie des trafiquants du Klondike, les aspirations bourgeoises des indigènes d’un atoll du Pacifique… Les décors des trois nouvelles de ce recueil sont aussi différents que chers à London ; il y met en scène des personnages aux prises avec leurs passions, nobles ou mesquines, et confrontés à la violence éternelle du monde qui les entoure.

Les morts concentriques, couvertureVoici un recueil qui m’a déroutée. Je suis une grande admiratrice de Jack London. J’ai lu beaucoup de ses textes (mais pas tous, loin s’en faut !) et je pense pouvoir affirmer relativement bien connaître son œuvre. J’ai un gros faible pour ses récits d’aventure même si ses romans sont bien loin de se résumer à ça. Je m’attendais à retrouver dans ces trois textes la force de « L’amour de la vie » notamment, qui est quelque chose comme ma nouvelle préférée de tous les temps (plus ou moins). Eh bien pas du tout ! J’ai été très surprise par la première nouvelle, très politique et qui expose des thèses proches de l’anarchisme. La seconde nouvelle nous transporte dans le Grand Nord et porte bien un esprit d’aventure avec un homme prêt à tout pour échapper à la torture. Enfin, la dernière se rapproche presque du conte, avec l’histoire d’une perle rare sur un atoll que la tempête menace. Trois texte très différents rassemblés pour Borges pour démontrer toute l’étendue du talent de Jack London. Et c’est plutôt réussi ! Si ce ne sont pas mes textes préférés de l’auteur, ils mettent en avant différents aspects de son œuvre avec un certain brio.

Nul ne peut nous éviter. L’iniquité industrielle et sociale aboutit à nous. Nous nous retournons contre la société qui nous à créés. Nous sommes la faillite heureuse de notre époque, la calamité d’une civilisation avilie. Créatures de choix de la perversité sociale, nous opposons la force à la force. Seuls les forts les plus aptes survivront.

9 contes, Margaret Atwood

 

          Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite… Neuf contes poétiques et satiriques empreints d’une ambiance gothique.

Neuf contes, couvertureAutre déception avec ces contes. Je connais mal Margaret Atwood (pour ne pas dire « pas »). Je n’ai lu d’elle que son dernier roman, que j’avais beaucoup aimé, et j’ai vu l’adaptation en série de « La servante écarlate » que j’ai absolument adorée. Je partais donc avec un a priori très positif et l’envie de mieux découvrir son œuvre. Je n’ai pas du tout retrouvé dans ces courts textes la force de ses romans. J’ai trouvé ça somme toute assez « mignon » et je n’ai pas bien compris où elle voulait amener le lecteur. J’ai bien aimé que les 3 premiers contes soient liés, même si ça reste assez anecdotiques. Les deux suivants m’ont laissée encore plus perplexe. Je ne suis finalement pas allée au bout. Je n’ai pas vraiment accroché avec cet univers qui pour moi manquait de profondeur, je m’attendais à des textes plus fort mais ça reste dans l’ensemble assez anecdotique. J’ai l’impression d’être totalement passée à côté.

Les ratés de l’automne

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          A l’automne, j’ai comme chaque année lu un certain nombre de romans de la rentrée littéraire. Je vous ai déjà parlé de ceux que j’avais plus ou moins aimés. Il m’en reste 3 ou 4 à lire que je n’ouvrirai sans doute jamais, les sorties de janvier puis de juin étant venues s’y ajouter depuis. J’ai même déjà reçu les premiers romans de la rentrée 2018. Il est donc plus que temps de vous parler des quelques déceptions et moments de perplexité rencontrés lors de la rentrée 2017.

Des hommes qui lisent, Edouard Philippe

 

          Lorsque je regarde ma bibliothèque, je vois ce que j’ai appris et une bonne partie de ce que j’aime. Ces livres m’ont construit. Des romans, des essais, des manuels, des bandes dessinées, le tout mélangé, mûri ou oublié, redécouvert et discuté. Une bibliothèque est comme le « lieu de mémoire » de notre existence. Elle nous chuchote d’anciennes joies, murmure nos lacunes et trahit des promesses de lecture.

Couverture de Des hommes qui lisentPédant et nombriliste. Si j’avais fait le lien entre notre Premier Ministre et ce livre, je ne l’aurais clairement jamais ouvert (et j’aurais bien fait). Mais sur le moment, j’ai été attirée par le titre, par le sujet, tout ça, je n’ai absolument pas fait le rapprochement. Surtout que bon, au moment où j’ai reçu ce livre, sa nomination était encore toute fraîche, je n’étais pas familiarisée avec le nom (je ne le suis toujours pas tout à fait à vrai dire). Bref, il y a eu une grave erreur de casting. Dès les premières pages j’ai détesté. Ce que j’ai retenu de ce livre ? « Moi je, moi je, moi je ». Le mec, sait tout, a tout fait, se croit au-dessus de tout le monde. Totalement imbu de lui-même. Style ? bof. Et encore, je suis sympa. Teneur intellectuelle ? proche du néant. Intérêt global ? Aucun.

Lire rend libre. Plus encore que sous les ors de ses palais, la République vit dans ses bibliothèques.

Le ciel ne parle pas, Morgan Sportes

 

          1609 : Christóvão Ferreira, jeune jésuite portugais plein de ferveur chrétienne, débarque à Nagasaki. Accueillis d’abord avec sympathie, les missionnaires sont bientôt suspects aux yeux des shoguns Tokugawa. Il a alors le choix : mourir en martyr comme tant de ses semblables ou apostasier et travailler dans les rangs de l’Inquisition nippone…

Couverture du Le ciel ne parle pasTrès bien écrit mais chiant. Autre genre totalement. Ici l’écriture est pour le moins chiadée. Franchement, côté style ça envoie du pâté. L’histoire est plutôt intéressante aussi. Ou devrait l’être, je ne sais pas trop. En tout cas c’est intriguant et inhabituel, ce qui est déjà beaucoup. Malheureusement, la mayonnaise de prend pas à tous les coups, même avec les meilleures intentions. Je n’ai pas accroché. C’est assez lent, trop tarabiscoté à mon goût et bon, disons-le bien, je suis au niveau zéro de la spiritualité, la religion a une fâcheuse tendance à m’ennuyer profondément. Dommage, il y avait du potentiel. Mais n’hésitez pas à aller y jeter un œil si l’histoire vous attire, le style mérite le détour.

La croix japonaise, par tant d’aspects, est combien préférable à la croix romaine, combien plus soucieuse du confort du crucifié, ou, pour employer un terme technique, combien plus ergonomique ! Plus humaine, pour tout dire.

La Fontaine : une école buissonnière, Erik Orsenna

 

          Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés. Malicieuse et sage compagnie ! Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ?

Couverture de La Fontaine une école buissonnièreTourne autour du pot. J’aime généralement bien Erik Orsenna et la légèreté de sa plume, son côté bienveillant, son amour des mots. C’est parfois un peu trop « facile » mais au fond ça reste toujours sympathique. J’avais beaucoup aimé sa biographie de Le Nôtre, c’est d’ailleurs avec ce texte que je l’ai découvert. Comme j’aime beaucoup La Fontaine et que c’est la même époque, j’étais séduite d’avance. Bon, encore une fois, la théorie et la pratique ont refusé de se rejoindre. Ca tourne en rond pendant trois plombes sur l’enfance de La Fontaine, ça se perd en digressions sans le moindre intérêt, j’ai carrément fini par lâcher l’affaire avant qu’on en arrive au cœur du sujet (mais y arrive-t-on seulement un jour ?). L’arnaque totale. Une des plus grosses déceptions de cette rentrée.

Quand vous voulez la vérité, allez recueillir les propos des crapules. La morale ne les embarrassant pas, ils n’ont pas leur pareil pour toucher juste.

Au nom des nuits profondes, Dorothée Werner

 

          Au début, tout était à sa place. Comme dans les bonnes familles, en parfaite baby-boomeuse, sa mère était passée de fille à papa à femme au foyer. D’abord fière de sa grossesse, et puis désemparée par la maternité. Convaincue de l’infériorité intrinsèque de son sexe, absente à elle-même comme aux autres, elle passait son temps à se plaindre d’un quotidien qui ne valait pas le mal qu’elle se donnait pour le vivre. Et puis tout a volé en éclats.

Couverture de Au nom des nuits profondesDécousu et illisible. Le thème de ce roman me tentait beaucoup. En plus ça avait l’air poétique, original et tout, ça a avait vraiment l’air chouette. Sauf que je n’ai rien compris. Pas un traitre mot. Je serais bien infoutue de dire de quoi ça cause. C’est totalement décousu et incohérent. J’ai lu ça un peu comme j’aurais lu dans une langue inconnue, juste pour me laisser porter par sa musique, mais bon, même ça ça ne m’a pas vraiment convaincue. C’est peut-être moi qui n’étais pas dans de bonnes dispositions sur ce coup, c’est tout à fait possible (ce ne serait pas une première non plus). En tout cas il est clair que je suis totalement passée à côté. Incompréhensible. Mon plus gros moment de perplexité de la rentrée.

L’enfance est un mirage et l’enfant se souvient de la tienne sous sa peau, jusqu’aux bruits et aux odeurs.

Les vents noirs, Arnaud de la Grange

 

          Au début du XXe siècle, entre la Sibérie et le désert du Taklamakan, paysages grandioses dont la démesure fait écho à celle des passions humaines, un homme part sur les traces d’un autre. Le lieutenant Verken doit, pour le compte du gouvernement français, arrêter un archéologue explorateur, Emile Thelliot.

Couverture de Les vents noirsBien écrit mais décousu. Je suis embêtée de mettre ce roman parmi les ratés parce qu’il ne l’ait pas vraiment. C’est juste que je ne sais pas trop quoi en dire donc faute de lui consacrer un article entier, il s’est un peu retrouvé ici par hasard. J’en suis désolée. C’est plutôt très bien écrit et l’histoire ne commençait pas mal non plus. D’ailleurs j’en suis venue à bout sans trop de peine. Mais je n’ai pas bien compris où l’auteur voulait en venir. Le sens, le but, le message ? Je n’en ai pas la moindre idée. J’ai trouvé que tout ça était un peu vain. Heureusement que le style maîtrisé vient compenser un récit qui ne semble mener nulle part. Et c’est super dommage parce qu’il y avait un gros potentiel. Plus que réellement raté, on dira quelque peu incompris.

La terre parfois semblait se redresser sur ses coudes, comme si elle voulait se débarrasser d’une agaçante nuée de sapins posée sur son dos. Elle se faisait colline, elle devenait rocheuse. Puis, elle s’allongeait de nouveau sous son drap ivoirin.

Votre fatwa ne s’applique pas ici, Karima Bennoune

 

          Deux ans après les attentats du 13 novembre, les éditions Temps Présent publient la traduction de l’enquête exceptionnelle menée par Karima Bennoune pendant plusieurs années dans le monde musulman. Elle dresse le portrait d’opposants aux fondamentalistes islamistes dans de nombreux pays.

Couverture de Votre fatwa ne s'apllique pas iciPompeux et égocentrique. Le premier et le dernier essai lus cet automne auront de loin été les pires lectures de la rentrée. J’ai lu pas mal de choses sur le djihadisme, beaucoup de témoignages notamment, et jusque-là même quand le style n’était pas terrible, j’ai toujours trouvé ça super intéressant. Mais là ? C’est imbuvable. Je ne sais pas quel mystère l’auteur parvient à tout ramener à elle, ses recherches, son travail. Le pire de l’écriture universitaire condensé dans cet ouvrage. Ca m’est tombé des mains. A tel point que mon cerveau avait effacé toute trace de cet ouvrage de ma mémoire. C’est surement très intéressant sur le fond (je ne le saurai jamais) si on arrive à passer le cap du style. Vraiment pas ce qu’on fait de plus digeste sur le sujet…

          Parmi mes auteurs américaines favorites, deux sortaient des romans autobiographiques cet automne : Joyce Maynard avec le récit de la maladie de son mari et Joyce Carol Oates avec l’histoire de son enfance. Malgré tous mes efforts, je n’ai pas du tout accroché avec le premier, dont je vous parle ici. J’ai à peine lu quelques pages du second avant de de comprendre que clairement ce n’était pas le moment. A vrai dire je ne suis pas sure qu’il y ait beaucoup de moments où les histoires de famille me passionnent mais là il était clair que ça allait m’agacer très vite, je retenterai donc ma chance ultérieurement. Dans la série mauvaise pioche, le dernier Jean-Louis Fournier, on ne peut pas dire qu’il se soit foulé… Dans l’ensemble, la rentrée littéraire 2017 n’aura pas été un très bon cru pour moi avec assez peu de coups de cœur, espérons que j’aurai plus de chance avec celle de 2018.

4 thrillers

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          Voici 4 thrillers lus récemment. 4 auteurs, 4 styles très différents. Vous y trouverez forcément votre bonheur.

Trois jours et une vie, de Pierre Lemaitre

 

          À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Couverture de Trois jours et une vieC’est le premier thriller que je lis de Pierre Lemaître dont je ne connaissais qu’Au revoir là-haut. J’ai de suite beaucoup aimé l’écriture, très fluide et agréable. Un vrai plaisir de retrouver sa plume ! L’histoire est assez originale et on se laisse vite prendre au jeu. Les personnages sont bien construits et les relations entre eux sont plutôt réussies. J’ai toutefois trouvé que ça l’enlisait un peu dans la deuxième partie du roman, j’ai eu plus de mal à m’y intéresser, le rythme y est moins soutenu et le suspens retombe. Il y a néanmoins un sursaut sur la fin, qui relance la curiosité et vient finir ce texte aussi bien qu’il a commencé. Un court roman prenant et bien écrit que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Madame Courtin faisait en toutes choses ce qui devait se faire simplement parce que c’était ce que autour d’elle tout le monde faisait.

La fille du roi des marais, de Karen Dionne

 

          Enfin, Helena a la vie qu’elle mérite ! Un mari aimant, deux ravissantes petites filles, un travail qui occupe ses journées. Mais quand un détenu s’évade d’une prison de sa région, elle mesure son erreur : comment a-t-elle pu croire qu’elle pourrait tirer un trait sur son douloureux passé ? 

Couverture de La fille du roi des maraisAttention, coup de cœur de ce début d’année. Je ne suis pas vraiment sure que ce soit spécialement un grand texte, ou ce thriller soit mieux qu’un autre, mais peu importe, une fois la première page lue je n’ai tout simplement plus pu le lâcher. Je l’ai dévoré d’une traite, tournant frénétiquement une page après l’autre : totalement jouissif ! J’ai adoré cet univers à part, au milieu des marais, et la relation ambigüe de la narratrice à son père, entre amour filial, admiration et rejet. J’ai trouvé la psychologie du personnage hyper intéressante et j’ai beaucoup aimé voir comment elle s’était construite. Bon, et puis quand on aime la nature, aussi taré puisse être le personnage du père, le côté survivor fascine un peu quand même. On alterne entre les souvenirs de la narratrice et son présent, apprenant peu à peu son histoire, j’ai trouvé ça très bien construit et prenant. Très juste. Un roman dont l’univers m’a totalement happée d’un bout à l’autre. Un vrai régal.

– Je ne voulais pas te faire de mal, déclare-t-il. Tu m’y as contraint.
Discours typique du pervers narcissique. Quoi qu’il se passe, c’est toujours de la faute des autres.

Silver water, de Stuart Neville

 

          Audra Kinney a rassemblé ses dernières forces pour fuir son mari, mis ses enfants dans la voiture, et foncé à travers les paysages accidentés de l’Arizona. Mais, par un étrange coup du sort, elle est arrêtée par la police sur une route a priori déserte. Ils découvrent dans son coffre de la drogue qu’elle n’y avait pas mis. Et le cauchemar commence…

Couverture de Silver WaterJ’ai beaucoup aimé ce thriller qui par certains côté n’a pas été sans me rappeler Stephen King (le fantastique en moins). Sans doute est-ce l’effet petite route perdue au milieu du désert et flic taré, ça m’a vaguement rappelé quelque chose. En tout cas, ça a éveillé mon intérêt dès les premières pages. Et il n’a pas franchement faibli par la suite ! Dès le départ, on va assez bien où mène l’intrigue (à des embrouilles en gros), pourtant un certain suspense se met en place et j’avoue avoir dévoré ce roman en me rongeant les ongles. La galerie de personnages est assez réussie, avec des histoires fortes et un certain soin apporté à la psychologie de chacun, même si bien sûr, certains m’ont plus convaincue que d’autres. Il y a une sorte d’alternance entre les passages « d’action » et les souvenirs de la mère de famille que j’ai trouvée réussie. Ca donne un équilibre au roman. Les rebondissements ne manquent pas et ces parties plus introspectives donnent une certaine profondeur au texte. J’ai trouvé ce texte efficace et agréable à lire, une bonne surprise.

Audra avait le cerveau douloureux. Le monde était devenu si fragile qu’elle s’imagina pouvoir le transpercer du bout du doigt. Tout avançait par soubresauts, trop lentement ou trop vite, et tout le monde parlait par à-coups inintelligibles.

Une bonne intention, de Solène Bakowski

 

          Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école.
On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

Couverture d'Une bonne intentionSur le papier, ce roman me tentait bien. J’aimais beaucoup l’idée, je me disais vraiment que ça pouvait être intéressant. Évidemment, le risque avec ce genre de sujet, c’est que ça vire mièvre. Sans aller jusque-là, disons bien que je n’ai pas trouvé ça terrible. Le style est assez plat et c’est plein de bons sentiments, souvent un peu maladroits. Ce n’est même pas que ce soit si mal, simplement j’ai eu beaucoup de mal à avoir la moindre empathie pour les personnages et il y a eu quelques passages assez convenus qui m’ont fait sortir de l’histoire (déjà que je n’arrivais pas à rentrer dedans !). Finalement, je n’ai pas réussi à aller au bout de cette lecture, faute d’arriver à m’intéresser vraiment au sort des personnages. Dommage.

On croit qu’on a oublié, on croit qu’on n’a pas fait attention, et puis il suffit d’un objet, d’une parole, d’une musique et tout remonte à la surface, y compris des détails qu’on ne pensait pas avoir relevés sur le moment.

Le maître des livres

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          À la bibliothèque pour enfant « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.

Le maître des livres, couverture

          Vous le savez peut-être, je lis très peu de mangas, pour ne pas dire pas du tout. J’ai totalement échappé à la déferlante étant adolescente, leur préférant les classiques, version gros pavés de préférence. Ensuite j’ai rarement croisé leur route et je n’ai pas eu de coup de cœur suffisant pour un titre pour me donner l’envie de découvrir toute l’œuvre d’un auteur. J’en pioche donc un par-ci par-là sur les conseils d’amis ou quand la thématique m’intéresse. Il va s’en dire qu’avec un titre pareil celui-ci ne pouvait que m’intriguer. Il se trouve en plus qu’après l’avoir acheté j’ai lu pas mal de critiques positives dessus, j’avais donc hâte de me plonger dans ma lecture.

          Dès les premières pages, la déception a pointé le bout de son nez et j’ai senti que ma relation à ce livre risquait d’être compliquée. C’est… mièvre ! Ca dégouline de bons sentiments, c’est moralisateur, ça manque totalement de subtilité dans le message, bref, ça ne passait pas. Je me suis dit que j’allais quand même lui laisser une chance, après tout, ça pouvait très bien s’améliorer par la suite et devenir peut-être plus complexe. Je dois avouer que même l’arrivée du bibliothécaire passionné et acariâtre n’a pas suffit à m’adoucir. Je n’ai pas accroché du tout avec ce manga que j’ai trouvé terriblement niais par certaines réflexions et assez lourd. Une série que j’aurais pourtant tellement voulu aimer, j’en suis presque désolée.

Arriver à trouver le livre qui nous plaît parmi tout ce choix…C’est comme une sorte de chasse au trésor.
A quoi cela sert d’enlever ce plaisir aux enfants ?