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Lectures féminines

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Vous le savez sans doute, le 8 mars est la journée internationale des droits de la femme. Pour l’occasion des libraires et blogueurs proposent de lire uniquement des plumes féminines durant le mois de mars. Je dois admettre qu’au quotidien je ne sélectionne pas mes lectures selon le genre de leur auteur mais au final, ce dernières années ça s’équilibre à peu près. Je lis donc déjà pas mal d’autrices contemporaines. Quand on me demande conseil sur les œuvres écrites par des femmes, je n’ai pas trop de mal à répondre, en revanche, on ajoute bien souvent « je voudrais également que le personnage principal soit une femme » et là, je ne sais que rarement quoi répondre ! C’est décidé, ce mois de mars sera donc l’occasion de lire uniquement des livres écrits par des femmes et dans lesquels les femmes sont à l’honneur.

Je publie cet article avec beaucoup de retard. Je change un peu mes plans au passage en en faisant le premier d’une série de listes de lectures à thème. J’en publierai une semaine – chaque lundi – pour vous donner des idées de lecture ou de relecture durant le confinement.

En farfouillant dans ma bibliothèque, je me suis aperçue que beaucoup de livres que j’avais prévu de lire dans un futur plus ou moins proche correspondaient à cette description. Me sont également revenus en mémoire tout à coup beaucoup de livres qui correspondaient à cette description, lus plus ou moins récemment. Je vous ai donc préparé une petite liste des livres que je suis susceptible de lire durant les prochaines semaines, mais aussi de livres déjà lus où vous pourrez chercher l’inspiration si la thématique vous tente. J’ai volontairement choisi des choses très éclectiques et non pas uniquement des livres engagés. Essais, romans, mais aussi BD ou albums jeunesse, j’espère que certains de ces titres vous donneront envie de vous y plonger.

livres

Romans

La couleur des rêves, Rose Tremain
Le prieuré de l’oranger, Samantha Shannon
Le livre des secrets, Fiona Kidman
Agatha Raisin, sale temps pour les sorcières, HC Beaton
Le poids du passé, Charlotte Link
L’aviatrice, Paule McLain
Fille de la campagne, Edna O’Brien
C’est moi qui éteins les lumières, Zoya Pirzad
Si vous recevez cette lettre, Sarah Blake
Voix endormies, Dulce Chalcon

Non fiction

Sorcières, Mona Chollet
Je te vois reine des quatre parties du monde, Alexandra Lapierre
Un ange à ma table, Janet Frame
La femme au temps des cathédrales, Régine Pernoud
Le cri du sablier, Chloé Delaume

BD/Jeunesse

Tamara Drewe, Possy Simmonds
La page blanche, Pénélope Baguieu
Réclamez des contes, Delphine Jacquot
Fées de légende, Anja Klauss et Christine Pompéï
La demoiselle de Wellington, Dorothée Platek

romans, essais

20 titres pour faire honneur aux femmes. Essentiellement des romans puisque ça demeure mon genre de prédilection. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de variété dans les origines des autrices, des continents entiers ne sont pas représentés. J’ai pioché dans mes livres en attente, le choix était donc limité. Bien sûr je ne pourrai pas tout lire – d’autant plus que certains sont de sacrés pavés – mais je vais essayer d’en découvrir autant que possible (malheureusement, certains attendront pour cause de confinement loin d’une partie de ma bibliothèque).

Ces dernières années, j’ai découvert beaucoup de romans qui collent à cette thématique féminine que je me suis imposée pour le mois de mars. Certains ont été d’énormes coups de cœur, j’en profite donc pour ajouter une seconde liste avec une sélection de livres à découvrir ou redécouvrir. Des classiques, des livres à succès et d’autres passés inaperçus. Pas de doute, la prochaine fois qu’on me demande un roman écrit par une femme avec une femme comme personnage principal, je saurai cette fois quoi répondre ! J’espère que vous trouverez dans cette grande sélection de coups de cœur des lectures inspirantes.

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Romans

Jane Eyre, Charlotte Brontë
Orgueil et Préjugés, Jane Austen
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee
L’empreinte de toute chose, Elizabeth Gilbert
Aurora, Kentuky, Carolyn D. Wall
Esprit d’hiver, Laura Kasischke
A l’orée du verger, Tracy Chevalier
La fille du roi des marais, Karen Dionne
Sacrifice, Joyce Carol Oates
Les règles d’usage, Joyce Maynard
Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka
La joueuse de go, Shan Sha
De pierre et d’os, Bérangère Cournut
Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet
Les indomptées, Nathalie Bauer
Le courage qu’il faut aux rivières, Emmanuelle Favier
Appelez-moi Lorca Horowitz, Anne Plantagenet
La terre qui penche, Carole Martinez
Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan
Rose-Mercie, Maggy Belin Biais
Les putes voilées n’iront jamais au paradis, Chahdortt Djavann
Notre Dame du Nil, Scholastique Mukasonga
No home, Yaa Gyasi
Si la lune éclaire nos pas, Nadia Hashimi
La huitième vie, Nino Haratischwili
Les vaches de Staline, Sofi Oksanen
Ces instants-là, Herbjorg Wassmo
L’embellie, Audur Ava Olafdottir
Une famille comme il faut, Rosa Ventrella
Maria Vittoria, Elise Valmorbida

Non fiction

La fille au sourire de perles, Clemantine Wamarya
Les rêveurs, Isabelle Carré
Ici le femmes ne rêvent pas, Rana Ahmad
L’écart, Amy Liptrot
La petite fille sur la banquise, Adelaïde Bon
Si c’est une femme, Sarah Helm
L’esclavage raconté à ma fille, Christiane Taubira
Artemisia, Alexandra Lapierre
Camille, mon envolée, Sophie Daull
La vie sans fards, Marise Condé

BD/Jeunesse

Opium, Laure Garancher
Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos
Chimère(s), Melanÿn, Vincent et Christophe Pellinq
La vraie vie d’Agatha Christie, Anna Martinetti et Guillaume Lebeau
Isadora Duncan, Josepha Mougenot et Jules Stromboni
L’oiseau magique, Yveline Féray et Anne Romby
Murmure à la lune, Kim Hyang Yi
La tour du silence, Christine Féret-Fleury
Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh
Lulu, il était une fois une princesse, Lulu Inthesky

Ma rentrée littéraire : espoirs et désillusions

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          Malgré son côté trop marketing et tabassage médiatique, je reste une amoureuse de la rentrée littéraire. C’est le moment de l’année où on entend le plus parler de livres, où il en sort le plus et j’avoue que je trouve à cette effervescence un charme tout particulier. J’alterne entre les ouvrages de mes auteurs favoris (ils sont relativement rares), les « incontournables » qui se retrouveront sur les listes des grands prix littéraires et d’illustres inconnus qui tentent d’émerger de la mêlée. Ce sont eux qui ont ma préférence. Pour moi septembre est en littérature le moment de la découverte, celui où je vais bousculer mes habitudes et essayer d’aller dénicher des perles. Et jusque-là, ça m’a toujours réussi.

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          Mais pas cette année. J’avais une jolie sélection pourtant (vous pouvez la découvrir ici). Beaucoup de premiers romans ou d’auteurs que je ne connaissais pas, des résumés alléchants, des styles variés, tout était réuni pour une rentrée sous les meilleurs hospices. Seulement voilà, impossible de venir à bout du moindre roman. Panne de lecture en pleine rentrée ? Peut-être. Ou alors simplement beaucoup d’attentes déçues. Pas forcément que les livres soient mauvais, non, simplement ils n’étaient pas pour moi, pas à ce moment-là. Ca ne m’était jamais arrivé, d’arrêter autant de livres en route, d’enchaîner ainsi les déceptions, de n’accrocher avec rien. Moi qui était si fière de ces quelques titres triés sur le volet, qui les attendait avec impatience, voilà que je n’ai même plus envie d’en ouvrir un seul !

          Je me traîne donc d’un roman à l’autre, peinant à les finir, abandonnant parfois. Je reconnais à certains des qualités, mais pas un seul coup de cœur. C’est une première, une rentrée où rien ne me fait vibrer. Il me reste encore 5 ou 6 romans à lire, mon enthousiasme s’étant largement émoussé, je suis d’une lenteur exaspérante, peut-être que parmi eux se cachera une pépite ? En tout cas, pour le moment j’en suis presque au point de me dire que je vais finir par délaisser la littérature contemporaine, moi qui ai toujours adoré ça ! Et vous, vous avez fait de belles découvertes cette rentrée ?

Mon programme pour la rentrée littéraire

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          En cette rentrée, sont attendus 567 nouveaux romans, dont 381 français et 94 premiers romans. Proportion qui a l’air de se retrouver à peu près dans ma sélection (enfin, à la louche, je n’ai pas étudié ça de près). Comme chaque année, j’ai prévu de lire une vingtaine de titres pour la rentrée littéraire 2018, même si je m’y suis prise un peu tard (comme d’habitude à vrai dire) et qu’au vu de mes premières lectures, mon enthousiasme s’est un peu étiolé : ça ne commence pas très fort. Pourtant, ça reste une période de l’année qui est pour moi aussi bien l’occasion de découvrir de nouveaux noms que de retrouver des auteurs que j’aime. Un grand bain de littérature contemporaine toujours riche en découvertes. Voici par ordre de sortie les romans que j’ai déjà reçus :

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Auxquels devraient s’ajouter :

          J’avais commencé par une liste plus courte que d’habitude cette année avec une dizaine de titres, mais je me suis finalement laissée tenter par beaucoup d’auteurs que je ne connaissais pas ou seulement de nom, dans des styles a priori très différents. En effet, cette année, je n’ai demandé en service de presse que des auteurs que je n’avais jamais lus ! Même dans les éditeurs, je suis un peu sortie de mes habitudes. J’espère que j’aurai de bonnes surprises. Bien sûr, il est probable que 2 ou 3 titres s’ajoutent encore à cette liste selon les retours que j’aurais eu, d’autant plus qu’il y a déjà pas mal d’autres titres que j’ai repérés ! Comme chaque année, le plus dur reste de choisir, sachant qu’il est impossible de tout lire. Pour le moment, après 5 lectures, j’avoue être très mitigée alors que j’avais sélectionné mes lectures avec le plus grand soin. Déception donc. Et vous, vous suivez la rentrée littéraire ? Quels sont les romans qui vous ont surpris ou que vous attendez ?

3 recueils de nouvelles

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Le roi Lear des Steppes, Ivan Tourgueniev

 

          « Ivan Tourgueniev a deux cents ans. Plus universelle, plus moderne que jamais, sa prose le place désormais parmi les auteurs qui, en leur temps, ont également relevé le défi de l’universalité. Ce grand sage cosmopolite du XIXe siècle nous livre une clef pour lire le passé, celui de la Russie en particulier et du genre humain dans son ensemble, mais aussi pour cerner la modernité et mieux appréhender l’avenir. » Olga Gortchanina

Le roi Lear des steppes, couvertureFut un temps où je lisais beaucoup de classiques russes (enfin beaucoup… plus que la moyenne en tout cas). Je me suis délectée de l’univers sombre de Dostoïevski, je me suis agacée des digressions de Tolstoï, j’ai admiré la plume de Gorki et j’ai baillé en découvrant Premier amour de Tourgueniev. Je n’avais rien lu d’autre de lui et la nouvelle traduction de 3 de ses nouvelles était l’occasion de connaître un peu mieux cet auteur. Dans ces 3 textes, il met à la sauce russe des classiques de la littérature européenne – dont le Roi Lear. Prometteur. Bon, soyons francs, je me suis ennuyée ferme. J’ai rarement connu style aussi soporifique. Que ça peut être guindé ! Autre problème, je maîtrise assez mal les textes de départ, lus il y a longtemps, j’ai donc probablement raté pas mal des subtilités de ces textes qui intellectualisent beaucoup, beaucoup leurs références. J’ai essayé de les apprécier simplement comme de bonnes histoires mais à vrai dire elles n’ont pas grand intérêt en temps que telles et m’ont plutôt fait penser à un exercice de style, une branlette intellectuelle d’un autre temps. J’ai bien peut qu’entre Tourgueniev et moi le courant ne passe définitivement pas.

Quel plaisir peut-on retirer à rêver de soi-même, de son bonheur ? Il ne sert à rien d’y penser. Pourquoi aller courir après, s’il ne vient pas ? C’est comme la santé : quand vous ne la remarquez pas, c’est qu’elle est là.

Les morts concentriques, Jack London

 

          La folle cupidité des hommes des grandes cités, la rouerie des trafiquants du Klondike, les aspirations bourgeoises des indigènes d’un atoll du Pacifique… Les décors des trois nouvelles de ce recueil sont aussi différents que chers à London ; il y met en scène des personnages aux prises avec leurs passions, nobles ou mesquines, et confrontés à la violence éternelle du monde qui les entoure.

Les morts concentriques, couvertureVoici un recueil qui m’a déroutée. Je suis une grande admiratrice de Jack London. J’ai lu beaucoup de ses textes (mais pas tous, loin s’en faut !) et je pense pouvoir affirmer relativement bien connaître son œuvre. J’ai un gros faible pour ses récits d’aventure même si ses romans sont bien loin de se résumer à ça. Je m’attendais à retrouver dans ces trois textes la force de « L’amour de la vie » notamment, qui est quelque chose comme ma nouvelle préférée de tous les temps (plus ou moins). Eh bien pas du tout ! J’ai été très surprise par la première nouvelle, très politique et qui expose des thèses proches de l’anarchisme. La seconde nouvelle nous transporte dans le Grand Nord et porte bien un esprit d’aventure avec un homme prêt à tout pour échapper à la torture. Enfin, la dernière se rapproche presque du conte, avec l’histoire d’une perle rare sur un atoll que la tempête menace. Trois texte très différents rassemblés pour Borges pour démontrer toute l’étendue du talent de Jack London. Et c’est plutôt réussi ! Si ce ne sont pas mes textes préférés de l’auteur, ils mettent en avant différents aspects de son œuvre avec un certain brio.

Nul ne peut nous éviter. L’iniquité industrielle et sociale aboutit à nous. Nous nous retournons contre la société qui nous à créés. Nous sommes la faillite heureuse de notre époque, la calamité d’une civilisation avilie. Créatures de choix de la perversité sociale, nous opposons la force à la force. Seuls les forts les plus aptes survivront.

9 contes, Margaret Atwood

 

          Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite… Neuf contes poétiques et satiriques empreints d’une ambiance gothique.

Neuf contes, couvertureAutre déception avec ces contes. Je connais mal Margaret Atwood (pour ne pas dire « pas »). Je n’ai lu d’elle que son dernier roman, que j’avais beaucoup aimé, et j’ai vu l’adaptation en série de « La servante écarlate » que j’ai absolument adorée. Je partais donc avec un a priori très positif et l’envie de mieux découvrir son œuvre. Je n’ai pas du tout retrouvé dans ces courts textes la force de ses romans. J’ai trouvé ça somme toute assez « mignon » et je n’ai pas bien compris où elle voulait amener le lecteur. J’ai bien aimé que les 3 premiers contes soient liés, même si ça reste assez anecdotiques. Les deux suivants m’ont laissée encore plus perplexe. Je ne suis finalement pas allée au bout. Je n’ai pas vraiment accroché avec cet univers qui pour moi manquait de profondeur, je m’attendais à des textes plus fort mais ça reste dans l’ensemble assez anecdotique. J’ai l’impression d’être totalement passée à côté.

Les ratés de l’automne

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          A l’automne, j’ai comme chaque année lu un certain nombre de romans de la rentrée littéraire. Je vous ai déjà parlé de ceux que j’avais plus ou moins aimés. Il m’en reste 3 ou 4 à lire que je n’ouvrirai sans doute jamais, les sorties de janvier puis de juin étant venues s’y ajouter depuis. J’ai même déjà reçu les premiers romans de la rentrée 2018. Il est donc plus que temps de vous parler des quelques déceptions et moments de perplexité rencontrés lors de la rentrée 2017.

Des hommes qui lisent, Edouard Philippe

 

          Lorsque je regarde ma bibliothèque, je vois ce que j’ai appris et une bonne partie de ce que j’aime. Ces livres m’ont construit. Des romans, des essais, des manuels, des bandes dessinées, le tout mélangé, mûri ou oublié, redécouvert et discuté. Une bibliothèque est comme le « lieu de mémoire » de notre existence. Elle nous chuchote d’anciennes joies, murmure nos lacunes et trahit des promesses de lecture.

Couverture de Des hommes qui lisentPédant et nombriliste. Si j’avais fait le lien entre notre Premier Ministre et ce livre, je ne l’aurais clairement jamais ouvert (et j’aurais bien fait). Mais sur le moment, j’ai été attirée par le titre, par le sujet, tout ça, je n’ai absolument pas fait le rapprochement. Surtout que bon, au moment où j’ai reçu ce livre, sa nomination était encore toute fraîche, je n’étais pas familiarisée avec le nom (je ne le suis toujours pas tout à fait à vrai dire). Bref, il y a eu une grave erreur de casting. Dès les premières pages j’ai détesté. Ce que j’ai retenu de ce livre ? « Moi je, moi je, moi je ». Le mec, sait tout, a tout fait, se croit au-dessus de tout le monde. Totalement imbu de lui-même. Style ? bof. Et encore, je suis sympa. Teneur intellectuelle ? proche du néant. Intérêt global ? Aucun.

Lire rend libre. Plus encore que sous les ors de ses palais, la République vit dans ses bibliothèques.

Le ciel ne parle pas, Morgan Sportes

 

          1609 : Christóvão Ferreira, jeune jésuite portugais plein de ferveur chrétienne, débarque à Nagasaki. Accueillis d’abord avec sympathie, les missionnaires sont bientôt suspects aux yeux des shoguns Tokugawa. Il a alors le choix : mourir en martyr comme tant de ses semblables ou apostasier et travailler dans les rangs de l’Inquisition nippone…

Couverture du Le ciel ne parle pasTrès bien écrit mais chiant. Autre genre totalement. Ici l’écriture est pour le moins chiadée. Franchement, côté style ça envoie du pâté. L’histoire est plutôt intéressante aussi. Ou devrait l’être, je ne sais pas trop. En tout cas c’est intriguant et inhabituel, ce qui est déjà beaucoup. Malheureusement, la mayonnaise de prend pas à tous les coups, même avec les meilleures intentions. Je n’ai pas accroché. C’est assez lent, trop tarabiscoté à mon goût et bon, disons-le bien, je suis au niveau zéro de la spiritualité, la religion a une fâcheuse tendance à m’ennuyer profondément. Dommage, il y avait du potentiel. Mais n’hésitez pas à aller y jeter un œil si l’histoire vous attire, le style mérite le détour.

La croix japonaise, par tant d’aspects, est combien préférable à la croix romaine, combien plus soucieuse du confort du crucifié, ou, pour employer un terme technique, combien plus ergonomique ! Plus humaine, pour tout dire.

La Fontaine : une école buissonnière, Erik Orsenna

 

          Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés. Malicieuse et sage compagnie ! Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ?

Couverture de La Fontaine une école buissonnièreTourne autour du pot. J’aime généralement bien Erik Orsenna et la légèreté de sa plume, son côté bienveillant, son amour des mots. C’est parfois un peu trop « facile » mais au fond ça reste toujours sympathique. J’avais beaucoup aimé sa biographie de Le Nôtre, c’est d’ailleurs avec ce texte que je l’ai découvert. Comme j’aime beaucoup La Fontaine et que c’est la même époque, j’étais séduite d’avance. Bon, encore une fois, la théorie et la pratique ont refusé de se rejoindre. Ca tourne en rond pendant trois plombes sur l’enfance de La Fontaine, ça se perd en digressions sans le moindre intérêt, j’ai carrément fini par lâcher l’affaire avant qu’on en arrive au cœur du sujet (mais y arrive-t-on seulement un jour ?). L’arnaque totale. Une des plus grosses déceptions de cette rentrée.

Quand vous voulez la vérité, allez recueillir les propos des crapules. La morale ne les embarrassant pas, ils n’ont pas leur pareil pour toucher juste.

Au nom des nuits profondes, Dorothée Werner

 

          Au début, tout était à sa place. Comme dans les bonnes familles, en parfaite baby-boomeuse, sa mère était passée de fille à papa à femme au foyer. D’abord fière de sa grossesse, et puis désemparée par la maternité. Convaincue de l’infériorité intrinsèque de son sexe, absente à elle-même comme aux autres, elle passait son temps à se plaindre d’un quotidien qui ne valait pas le mal qu’elle se donnait pour le vivre. Et puis tout a volé en éclats.

Couverture de Au nom des nuits profondesDécousu et illisible. Le thème de ce roman me tentait beaucoup. En plus ça avait l’air poétique, original et tout, ça a avait vraiment l’air chouette. Sauf que je n’ai rien compris. Pas un traitre mot. Je serais bien infoutue de dire de quoi ça cause. C’est totalement décousu et incohérent. J’ai lu ça un peu comme j’aurais lu dans une langue inconnue, juste pour me laisser porter par sa musique, mais bon, même ça ça ne m’a pas vraiment convaincue. C’est peut-être moi qui n’étais pas dans de bonnes dispositions sur ce coup, c’est tout à fait possible (ce ne serait pas une première non plus). En tout cas il est clair que je suis totalement passée à côté. Incompréhensible. Mon plus gros moment de perplexité de la rentrée.

L’enfance est un mirage et l’enfant se souvient de la tienne sous sa peau, jusqu’aux bruits et aux odeurs.

Les vents noirs, Arnaud de la Grange

 

          Au début du XXe siècle, entre la Sibérie et le désert du Taklamakan, paysages grandioses dont la démesure fait écho à celle des passions humaines, un homme part sur les traces d’un autre. Le lieutenant Verken doit, pour le compte du gouvernement français, arrêter un archéologue explorateur, Emile Thelliot.

Couverture de Les vents noirsBien écrit mais décousu. Je suis embêtée de mettre ce roman parmi les ratés parce qu’il ne l’ait pas vraiment. C’est juste que je ne sais pas trop quoi en dire donc faute de lui consacrer un article entier, il s’est un peu retrouvé ici par hasard. J’en suis désolée. C’est plutôt très bien écrit et l’histoire ne commençait pas mal non plus. D’ailleurs j’en suis venue à bout sans trop de peine. Mais je n’ai pas bien compris où l’auteur voulait en venir. Le sens, le but, le message ? Je n’en ai pas la moindre idée. J’ai trouvé que tout ça était un peu vain. Heureusement que le style maîtrisé vient compenser un récit qui ne semble mener nulle part. Et c’est super dommage parce qu’il y avait un gros potentiel. Plus que réellement raté, on dira quelque peu incompris.

La terre parfois semblait se redresser sur ses coudes, comme si elle voulait se débarrasser d’une agaçante nuée de sapins posée sur son dos. Elle se faisait colline, elle devenait rocheuse. Puis, elle s’allongeait de nouveau sous son drap ivoirin.

Votre fatwa ne s’applique pas ici, Karima Bennoune

 

          Deux ans après les attentats du 13 novembre, les éditions Temps Présent publient la traduction de l’enquête exceptionnelle menée par Karima Bennoune pendant plusieurs années dans le monde musulman. Elle dresse le portrait d’opposants aux fondamentalistes islamistes dans de nombreux pays.

Couverture de Votre fatwa ne s'apllique pas iciPompeux et égocentrique. Le premier et le dernier essai lus cet automne auront de loin été les pires lectures de la rentrée. J’ai lu pas mal de choses sur le djihadisme, beaucoup de témoignages notamment, et jusque-là même quand le style n’était pas terrible, j’ai toujours trouvé ça super intéressant. Mais là ? C’est imbuvable. Je ne sais pas quel mystère l’auteur parvient à tout ramener à elle, ses recherches, son travail. Le pire de l’écriture universitaire condensé dans cet ouvrage. Ca m’est tombé des mains. A tel point que mon cerveau avait effacé toute trace de cet ouvrage de ma mémoire. C’est surement très intéressant sur le fond (je ne le saurai jamais) si on arrive à passer le cap du style. Vraiment pas ce qu’on fait de plus digeste sur le sujet…

          Parmi mes auteurs américaines favorites, deux sortaient des romans autobiographiques cet automne : Joyce Maynard avec le récit de la maladie de son mari et Joyce Carol Oates avec l’histoire de son enfance. Malgré tous mes efforts, je n’ai pas du tout accroché avec le premier, dont je vous parle ici. J’ai à peine lu quelques pages du second avant de de comprendre que clairement ce n’était pas le moment. A vrai dire je ne suis pas sure qu’il y ait beaucoup de moments où les histoires de famille me passionnent mais là il était clair que ça allait m’agacer très vite, je retenterai donc ma chance ultérieurement. Dans la série mauvaise pioche, le dernier Jean-Louis Fournier, on ne peut pas dire qu’il se soit foulé… Dans l’ensemble, la rentrée littéraire 2017 n’aura pas été un très bon cru pour moi avec assez peu de coups de cœur, espérons que j’aurai plus de chance avec celle de 2018.