Mes lectures

Mamita – Michel del Castillo

          Xavier est un pianiste virtuose qui s’apprête à enregistrer un nouveau disque aux Etats-Unis. Il travaille cette fois sur Chopin, un choix intimement lié à son passé. Il ne cesse de se rappeler Mamita, sa mère, et cherche à comprendre cette femme qui l’a abandonné après avoir commis les pires horreurs mais qu’il a tant aimée et cherche à pardonner malgré tout. Il est également hanté par le souvenir de son compagnon, mort du sida 20 ans plus tôt. Sarah et Tim vont tenter de l’aider à se défaire de ses vieux démons.DELCASTILLO

           Il y  avait longtemps que je voulais lire ce roman, qui attendait sagement dans ma bibliothèque depuis 2 ou 3 ans et que j’avais un peu oublié. Je l’avais donc inscrit à la liste des 30 titres que je voulais lire avant la fin de l’année et me suis enfin lancée. Je n’avais jamais rien lu de Michel del Castillo et j’ai été un peu surprise par le style. Je m’attendais à quelque chose de plus « écrit ». C’est pourtant loin d’être mal rédigé, mais il manque le petit quelque chose qui fait la différence, qui donne de la profondeur à un texte et nous émeut. Toutefois, malgré cette légère déception qui a fait que j’ai eu un peu de mal à entrer dans le texte au début, assez vite, on se laisse prendre par l’histoire.

          L’auteur construit un suspens autour de l’histoire de « Mamita » que j’ai trouvé un peu grossier. On voit assez vite venir le gros de l’histoire qui finalement aurait sans doute mérité d’être présentée d’une manière un peu plus subtile. En revanche, le personnage de Xavier est intéressant. Sa psychologie est assez fouillée et cet être tourmenté est attachant. Ce sont finalement ses peurs, son angoisse face à ses souvenirs, ses fêlures, qui nous donnent envie d’en savoir plus et d’avancer dans ce roman, pour savoir s’il va réussir à s’en défaire ou finir de se noyer. Michel del Castillo est habile dans la peinture des sentiments, et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce texte. Un roman qui, s’il n’est pas exceptionnel, reste très agréable à lire et nous fait passer un bon moment.

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Ceux qui s’imaginent que l’art véridique console, ou , plus bêtement, qu’il guérit, n’entendent rien à son alchimie merveilleuse et funeste. C’est parce qu’il creuse la douleur, pénètre plus avant la solitude, qu’il dispense une sérénité mélancolique.

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Recroquevillé sur lui-même,raidi par l’angoisse mais chaviré, le petit Xavier,qui n’avait pas trois ans, découvrait la puissance ambigüe de la musique : elle ne disait rien, ne commentait ni ne décrivait; mais, par l’alchimie des sons et leur combinaison, elle n’en révélait pas moins la réalité derrière les apparences. Déchirant le voile qui lui dérobait les secrets d’un monde énigmatique, elle lui montrait sa vérité intime, ce qui se lovait dans son cœur opprimé.

Divers

Les 3 ans du blog

          Ce blog fête aujourd’hui ses 3 ans. Eh oui, 3 ans déjà ! 3 ans ce sont plus de 140 000 mille visiteurs, 885 articles, 1500 commentaires. Un club lecture, mis en pause depuis, de belles rencontres réelles ou virtuelles. Un blog comme journal de bord de ma vie culturelle, mes coups de gueule et coups de coeurs partagés avec vous. Une petite heure d’écriture quotidienne dont je ne saurai plus me passer car elle me permet de faire le point sur ce que j’apprécie ou non et pourquoi ; elle m’aide à mieux me connaître et me force à analyser des choses sur lesquelles sans ça je passerais trop vite. Une manière aussi de continuer, une fois les études finies, à réfléchir sur ce qui m’entoure. Avec un brin de mauvaise foi parfois…

          Avec le temps, les articles se sont diversifiés, et ont eu tendance à s’allonger aussi. Ils ont connu des fortunes diverses, avec quelques très gros succès, voici le top cinq des articles les plus visités :

1 – Expositions Monet

2 – Le Japon à l’honneur à la Pinacothèque

3 – Barbara Samson, On n’est pas sérieux quand on a 17 ans

4 – Pénélope Bagieu, Joséphine

5 – Si c’est un homme, Primo Lévi

          Les articles sur les expositions, bien qu’assez peu nombreux, sont généralement très visités. Ceux sur la littérature reçoivent rarement beaucoup de visites à leur publication mais s’en sortent souvent assez bien sur le long terme. De même pour mes quelques articles sur les bars et salons de thé. La cuisine quant à elle apporte souvent beaucoup de commentaires. Quant au cinéma, il est un peu délaissé. Après ses 3 années si vite passées, je suis plutôt contente de ce que ce blog est devenu, un endroit qui me ressemble je crois et rend bien compte mon univers. Merci à tous ceux qui le suivent, de manière régulière ou non, et qui le font vivre par leurs commentaires qui souvent illuminent mes journées.

Un grand merci à tous et à l’année prochaine pour un nouvel anniversaire !

Divers

Pâtes aux coeurs d’artichauts, tapenade et chorizo

Pour 2 personnes

200 g de pâtes

4 coeurs d’artichauts

10 tranches de chorizo

5 c. à soupe de tapenade

1 filet d’huile d’olive

Quelques copeaux de parmesan

Sel, poivre

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Faites cuire les pâtes. Pendant ce temps, détaillez les coeurs d’artichauts en cubes et faites les revenir à la poêle avec un peu d’huile d’olive. Ajoutez le chorizo, également coupé en petits cubes. Laissez cuire 2/3 min et réservez.

Quand les pâtes sont cuites, égouttez-les et versez dessus un filet d’huile d’olive. Ajoutez la tapenade et mélangez bien. Disposez les artichauts et le chorizo sur les assiettes, salez, poivrez, parsemez de quelques copeaux de parmesan et vous n’avez plus qu’à déguster !

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Une recette de pâtes ultra simple et rapide, qui demande peu d’ingrédients mais a un goût incroyable. Un vrai régal !

Bon appétit !

Cinéma

Le passé

Drame français d’Asghar Farhadi avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa

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          Ahmad et Marie sont séparés depuis quatre ans quand il arrive à Paris depuis Téhéran pour signer les papiers du divorce. Lors de son séjour, il découvre que Marie et sa fille ont des relations conflictuelles depuis qu’elle a rencontré quelqu’un. Des tensions qui cachent un secret trop lourd pour ses épaules d’adolescente.

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          J’aime assez le cinéma d’Asghar Farhadi, bien que je ne sois pas non plus une inconditionnelle de son oeuvre, trop intimiste à mon goût. Toutefois, j’ai toujours apprécié le côté engagé de ses films et leur sobriété. Il quitte ici sa terre iranienne pour tourner en France, un changement de décor qui n’est pas sans conséquences sur la manière de traiter le sujet même si on reconnaît sans peine ici le style du cinéaste. En effet, l’histoire construite autour d’un couple qui se sépare et d’un secret qui divise la famille, n’est pas sans rappeler Une séparationToutefois, le contexte social n’étant pas le même, le résultat est assez différent. Etant donné que l’histoire se passe en France, l’aspect politique présent dans les films précédents disparaît ici. C’est bien dommage puisque c’est justement la partie du cinéma d’Asghar Farhadi que je préfère.

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          Reste le drame familial, la réflexion sur le secret, ce que le réalisateur maîtrise particulièrement. J’ai trouvé que l’intrigue aurait mérité d’être encore épurée. Il y a moults tours et détours qui n’amènent pas grand chose, c’est un peu dommage. La toute fin m’a également un peu gênée, une dernière scène qui n’est pas tout à fait au niveau de ce qui précède. Cela mis à part, le film est impeccable. Les acteurs sont excellents (Bérénice Béjo a d’ailleurs vu sa prestation récompensée à Cannes) et il y a de très belles images. J’aime la sobriété avec laquelle c’est filmé. Pourtant, si je ne peux que reconnaître les qualités de ce film et si je l’ai apprécié, je n’ai pas non plus adoré. Ce n’est pas le genre de cinéma qui me parle, n’ayant que peu de goût pour les drames familiaux. Moi qui déteste les engueulades au cinéma, certaines scènes m’ont mise au supplice ! Malgré quelques maladresses, un très bon film, surtout tenu par un très bon jeu d’acteurs et une mise en scène efficace.

Actualité·Cinéma

Cannes 2013, Le Palmarès

          Après deux semaines de compétition, le jury du festival de Cannes, présidé cette année par Steven Spielberg, a rendu son verdict. Voici les heureux élus du côté des longs métrages :

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La Palme d’or revient à La vie d’Adèle d’Abdellatif KECHICHE. Ce film inspiré de la BD Le bleu est une couleur chaude raconte une histoire d’amour entre deux adolescentes.

Le Grand Prix est pour les frères Cohen avec Inside Llewyn Davis. La vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961.

– Amat Escalante reçoit le Prix de la mise en scène pour Heli. Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsqu’elle celle-ci tombe amoureuse d’un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.

Le Prix du Jury revient à Kore-Eda Hirokazu pour Soshite chichi ni naruLa vie de Ryoata et sa femme bascule le jour où ils apprennent que leur enfant a été échangé avec un autre bébé à la naissance.

Le Prix du scénario est pour Jia Zhangke avec Tian zhu dingQuatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Le Prix d’interprétation féminine a été remis a Bérénice Béjo pour sa prestation dans Le passé d’Asghar Farhadi. Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille.

Le Prix d’interprétation masculine a quant a lui été décerné à Bruce Dern pour Nebraska d’Alexander Payne. Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain. Sa famille, inquiète de ce qu’elle perçoit comme un début de sénilité.

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          Vous pouvez retrouver l’intégralité du palmarès, avec les prix du court métrage, le palmarès Un certain regard et les prix de la Cinéfondation ici.