Actualité

L’actu de la semaine (20/04)

La famille d’otages français retenue depuis deux mois au Nigeria a été libérée jeudi. Ils avaient été enlevés par le groupe Boko Haram. Ils sont rentrés en France et affirment avoir été bien traités même s’ils ont souffert du manque d’eau et de la chaleur.

A Boston, un attentat a été commis sur la ligne d’arrivée du marathon. Deux bombes ont explosé, faisant trois morts et 176 blessés. Deux hommes étaient recherchés, l’un a été tué et l’autre arrêté. Le mobile reste pour le moment inconnu.

Une bagarre a eu lieu à l’Assemblée Nationale au milieu d’un débat sur le Mariage pour tous. Vers 1h du matin vendredi, alors qu’il était question des manifestations contre cette loi, un député socialiste aurait soupiré, déclenchant la fureur de l’opposition. La séance a été interrompue, il n’y a donc pas d’images, mais insultes et coups de poings auraient été échangés. Encore une belle image de la démocratie…

L’explosion d’une usine d’engrais au Texas a fait 12 morts, 200 blessés et 60 disparus. L’explosion a détruit 50 maisons et les recherches continuent pour retrouver les disparus. L’explosion, ressentie à 80 km de distance, aurait pu être déclanchée par un incendie.

Un séisme de magnitude 6,6 a fait au moins 150 morts et plus de 6 000 blessés en Chine. La catastrophe s’est produite dans la province du Sichuan, où un puissant séisme en 2008 avait déjà fait 80 000 morts, surtout dans les écoles. La reconstruction n’est pas encore achevé et cette nouvelle catastrophe aurait détruit plus de 10 000 maisons.

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Le mot de la semaine sera DESSICATION : « Suppression naturelle ou artificielle de l’humidité contenue dans un corps ». L’orthographe « dessiccation » est également admise.

Les sorties ciné

Les Gamins : Gilbert est en pleine crise de la cinquantaine ; quand il rencontre Thomas, fraîchement fiancé à sa fille, il l’incite à tout plaquer avec lui et ils se lancent ensemble dans une nouvelle vie. La bande-annonce m’a vraiment donné envie d’aller voir ce film qui m’a tout l’air d’être un véritable condensé de bonne humeur.

The Grandmaster : Ip Man est l’un des grands maîtres légendaires du kung-fu, celui qui a la fin de sa vie choisit de transmettre son art à Bruce Lee, ce film retrace les grands moments de sa vie. Un film qui semble foisonnant et très esthétisant à l’extrême. Sans doute trop à mon goût mais il m’intrigue tout de même énormément.

Promised Land : Steve est représentant pour une compagnie qui exploite du gaz de schiste, alors qu’il arrive dans une nouvelle ville avec sa collègue, ce qui s’annonçait comme une partie facile va se corser lorsqu’un enseignant met le doigt sur les failles du projet. Un film engagé de Gus Van Sant avec Matt Damon, rien que ça, ça me suffit déjà.

Bonne semaine !

Jeunesse·Mes lectures

Le vieux fou de dessin – François PLACE

          Tojiro est un jeune vendeur des rues dans le Japon du XIX° siècle. Un vieil homme qui semble un peu fou lui achète ses gâteaux. Ils sympathisent peu à peu et il lui propose de devenir son élève. Ce vieil homme, c’est Katsushika Hokusai, le plus grand artiste de son temps.

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        Cet album est aussi beau que prenant. Le petit Tojiro est un personnage très attachant et sa formation est l’occasion pour le jeune le lecteur (ou le moins jeune), de découvrir les techniques de l’estampe, en même temps qu’un petit morceau d’histoire japonaise. J’ai beaucoup aimé la manière dont les choses sont amenées, intégrées dans le cours de l’histoire. L’écriture est agréable, pas du tout infantilisante  tout en restant très claire, elle s’adresse aussi bien aux petites qu’à leurs aînés.

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          Les illustrations, qui sont bien dans l’esprit des travaux d’Hokusai, complètent très bien l’histoire et nous plongent dans l’ambiance d’Edo. Le texte est très dense et se rapproche presque d’un essai version jeunesse. Un style assez intéressant que j’ai bien aimé.  Je pense que c’est exactement le genre de livre que j’aurais aimé étant enfant, même s’il est sans doute un rien trop sage et studieux à mon goût, un petit brin de folie l’aurait rendu inoubliable. Une histoire qui s’adresse plutôt aux enfants déjà un peu grands et d’un naturel curieux. Un texte passionnant et des illustrations qui font voyager. Une belle découverte.

Librairies

Librairie L’autre Rive, Toulouse

          La librairie L’Autre Rive est une jeune librairie toulousaine située tout près du Saint-Cyprien, sur les avenues Etienne Billières. Elle a ouvert il y a quelques années à présent mais ce n’est qu’il y a peu que j’ai appris son existence. Je suis donc allée y faire un tour. Présentations.

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          L’Autre Rive est une librairie d’assez petite taille qui propose aussi bien de la littérature générale que des essais, beaux livres, BD ou jeunesse. Elle n’est pas particulièrement visible et j’étais sans doute déjà passée devant sans la remarquer. Cette fois, je l’ai enfin repérée, et testée sur le champ ! La première impression est agréable. La librairie n’est pas très grande mais agréablement agencée, avec différents espaces ouverts mais assez bien délimités. Cette configuration des lieux les rends assez accueillants. Mais l’atout majeur de cette librairie, ce sont ses libraires ! Une équipe de jeunes passionnés aussi accueillants que compétents.

          Dès l’entrée, j’ai reçu un accueil charmant et la libraire s’est empressée de voler à mon secours, avide de me prodiguer ses conseils, par ailleurs très judicieux. Je savais ce que je venais chercher mais j’ai écouté attentivement ses avis, fort bien argumentés, et en ai profité pour discuter un peu. Tant d’enthousiasme et une telle envie le partager sont un véritable plaisir. Une librairie comme je les aime, où priment le conseil et la proximité avec le client. Cette librairie, quoiqu’un peu éloignée de mes quartiers de prédilection, deviendra sans doute un passage quasi-obligé lors de mes escapades toulousaines. Un accueil chaleureux et des conseils avisés qui donnent envie d’aller chez son libraire. 

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Librairie L’Autre Rive

24 avenue Etienne Billières

31300 Toulouse

Bars, restaurants·Divers

Khao Thaï

          Envie d’un peu d’exotisme à Paris ? Khao Thaï est un très bon restaurant thaï qui propose le midi des formules très attractives avec un large choix qui devrait satisfaire toutes les envies.

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          J’adore la cuisine thaï mais m’en méfie toujours un peu. Elle est en effet extrêmement pimentée et absolument pas comestible par un palais occidental normalement constitué si elle n’est pas un peu édulcorée. C’est là que se situe tout le problème : certains restaurants thaïs proposent une cuisine très fine mais un peu trop adaptée aux standards européens à mon goût, sans piment ou presque, d’autres au contraire sont plus authentiques au risque de vous insensibiliser la bouche pour plusieurs jours.  Le juste milieu est une denrée rare. Le Khao Thaï s’en sort très bien, avec un curry très relevé (tout ce que j’aime !) et un choix de mets un peu plus doux. Chacun peut ainsi y trouver son compte.

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          Le menu du midi propose une formule entrée/plat à 14€50, ce qui étant donné les quantités (et la qualité), est fort raisonnable. En plat, vous aurez le choix entre boeuf et poulet, au curry, au gingembre (le boeuf au gingembre, un de mes plats préférés !), aux oignons et j’en passe ! Vous pouvez découvrir la liste ici. Pour un dessert ou un café en plus, la formule est à 17€. Et pour plus de choix, vous pouvez également choisir à la carte. Le restaurant étant très prisé, il se peut qu’il y ait la queue aux heures de pointe. Quant à la porte d’entrée, si elle est fermée à clef mais que vous voyez du monde dedans, pas de panique, on viendra vous ouvrir ! La décoration raffinée est agréable et les plats aussi bons que copieux. Une très bonne adresse.

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Khao Thaï

13 rue Dauphine

75006 Paris

Théâtre

« Mangeront-ils ? » une pièce surprenante au TNT

          Fou amoureux de Lady Janet, le roi la poursuit sur une île après qu’elle se soit enfuie avec Lord Slada. Ils se sont réfugiés dans un cloître où l’eau et la nourriture sont empoisonnés. Il se trouve au fond d’une forêt dans laquelle vivent une sorcière et un vagabond. Ce dernier décide de les aider. Arrivera-t-il à échapper aux gardes qui les pourchassent pour leur ramener leur pitance ? Les amoureux mangeront-ils ?

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          Je ne connaissais pas ce texte que Victor Hugo a écrit durant son exil à Guernesey. Une pièce en vers rocambolesque qui parle de justice et de vérité, de la lâcheté des puissants et de la grandeur des faibles. On oscille entre drame et comédie, entre romantisme et burlesque. Les genres se mêlent et si la pièce connaît des longueurs et d’interminables envolées lyriques (on connaît mon peu de goût pour la chose…), certains passages sont au contraire enlevés et cocasses. On alterne ainsi entre des moments intimistes d’introspection et d’autres de franche rigolade avec des rimes parfois improbables. J’avais déjà noté cette propension aux rimes faciles dans Hernani, elle se confirme ici mais avec plus de succès, le propos s’y prêtant mieux. Le sujet quant à lui demeure éminemment politique, Hugo dénonçant la tyrannie du pouvoir. Si le texte est parfois bancal, assez dans l’ensemble assez inégal, on y trouve quelques belles réflexions et réparties cinglantes qui méritent le détour.

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          Ce qui fait la force de cette pièce, ce n’est donc pas son texte somme toute assez médiocre, mais bel et bien la mise en scène fabuleuse que signe Laurent Pelly. Pour en revenir à un débat sur une autre mise en scène d’Hugo vue récemment : oui, définitivement oui, une bonne mise en scène peut sauver un texte moyen, tout comme une mauvaise mise en scène peut rendre insipide le plus beau des écrits d’ailleurs. Ceci étant dit, revenons-en à nos moutons : une mise en scène somptueuse donc. Lever de rideau : une forêt sur scène. Oui, oui, rien que ça, des troncs d’arbres blancs, monumentaux, qui occupent tout l’espace. C’est beau, ça impressionne, ça nous en met plein la vue, rien qu’avec ça, je suis émerveillée, et je vais même le rester jusqu’au bout. Je serai bien incapable d’énumérer toutes les qualités déployées mais notons tout de même les magnifiques jeux de lumière qui créent de très belles ambiances et les bruitages qui donnent du relief au texte, toujours fort à propos.

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          J’ai vraiment été plongée dans la forêt avec les personnages et ce qui se passait sur scène m’a totalement fascinée. Du côté de l’histoire, comme je vous le disais, il y a quelques longueurs. J’étais d’ailleurs tellement épuisée le jour où j’ai vu la pièce que je dois bien admettre avoir quelque peu piqué du nez par moments… Les longs monologues m’ont parfois un rien lassée, d’autant plus qu’ils n’étaient pas toujours très audibles. En revanche, si la première partie est un peu longuette, la seconde est beaucoup plus dynamique. Le roi et le vagabond sont particulièrement convaincants, ce dernier notamment a de loin les meilleures réparties de la pièce et Jérôme Pouly, exceptionnel dans ce rôle, s’en donne à coeur joie. Un vrai régal ! Malgré un début un peu lent et un texte plutôt moyen, j’ai beaucoup aimé cette pièce qui mêle les genres et aborde avec légèreté des sujets passionnants chers à Hugo. Et bien sûr, j’ai adoré cette mise en scène moderne et inventive qui parvient de bout en bout à nous faire rêver. Une pièce qui n’est pas dénuée de faiblesses mais sort amplement de l’ordinaire et mérite amplement le détour.

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 Mise en scène, scénographie, costumes : Laurent Pelly

Jérôme Pouly de la Comédie-Française
Charlotte Clamens
Georges Bigot
Philippe Bérodot
Charlotte Dumartheray 

Cédric Leproust 
Rémi Gibier
Clément Durand
Gérôme Ferchaud
Antoine Raffalli
Matthieu Tune

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Mangeront-ils ? de Victor Hugo

Théâtre National de Toulouse

1, rue Pierre Baudis

Jusqu’au 20 avril, puis en tournée

25 €

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Quand l’estomac trahit, l’amour est en danger.

Le coeur veut roucouler, le gésier veut manger.

Le coeur a ses bonheurs, l’estomac ses misères,

Et c’est une bataille entre ces deux viscères.

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Vous, vous allez régner à votre tour. Enfin,

Soit. Mais souvenez-vous que vous avez eu faim.