Mes lectures

Chroniques de la haine ordinaire – Pierre DESPROGES

          Le recueil des célèbres chroniques radiophoniques de Pierre Desproges. « Entre autres sujets de raillerie où je me suis plu à vautrer mon ignominie congénitale au fil de ces pages, le cancer, les cancéreux, les cancérologues et les gaietés de l’escadron métastatiques venaient bien sûr en bonne position. »

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          Tout le monde a déjà entendu au moins une fois un bon mot issu de la plume acérée de Desproges. Pas de sujet tabou, tout est bon pour exercer son humour décapant. Il a tenu des années durant une chronique radio matinale dans laquelle tout le monde en a pris pour son grade. Bien que n’ayant pas connu ses chroniques et ne les ayant jusque-là jamais lues, j’étais plus d’une fois tombée sur ses traits d’esprits caustiques, à des occasions diverses et variées. Cette lecture s’annonçait donc des plus vivifiantes.

          Malheureusement, mon enthousiasme a vite été douché par la réalité. Certes, Desproges a un humour grinçant qui s’avère par moments assez jouissif mais comme toutes chroniques quotidiennes, elles sont de qualité inégale. Sans compter que les sujets d’actualité ont la fâcheuse tendance à vieillir. J’ai trouvé que dans l’ensemble, on tombait quand même souvent dans l’humour facile voire de mauvais goût. Au final, il y a certes quelques piques assez bien senties mais ça ne suffit pas vraiment à faire un ensemble convaincant. Ca se confirme une fois de plus, on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde…

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Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire « Bonjour à tous», j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

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Si les hommes font moins de conneries en février, c’est parce qu’ils n’ont que vingt-huit jours.

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Au paradis on est assis à la droite de Dieu. C’est normal, c’est la place du mort.

Actualité

L’actu de la semaine (30/03)

A Chypre, après l’annonce de la taxation des dépôts bancaires, les banques ont été fermées 12 jours durant, occupées par le personnel. Elles ont réouvert dans la semaine mais les retraits sont limités.

Une pub Ford choque l’opinion en Inde. Elle n’était qu’à l’état de projet et a été dévoilée par erreur, créant un véritable scandale. Parmi elles, on pouvait voir entre autre Berlusconi avec des prostituées dans le coffre de sa voiture. Dans un pays où le viol est un vrai fléau, cet humour décalé était fort mal venu.

Des traces de médicaments dans des bouteilles d’eau inquiètent. Une bouteille d’eau sur cinq contiendrait en effet des traces de médicaments où de pesticides dont un produit destiné à traiter le cancer du sein. Tous les détails sur le site du Monde.

Dans l’attaque du RER D à Grigny, 11 mineurs ont été mis en examen sur les 19 personnes arrêtées. Trois d’entre eux ont moins de 16 ans. Si la plupart ont nié les faits, leur extrême jeunesse surprend autant qu’elle inquiète.

Des menaces de mort ont fait grand bruit dans l’affaire Bettencourt. Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour abus de faiblesse. Le juge en charge l’affaire a reçu une lettre de menace assortie de munitions. Des journalistes auraient également été menacés.vendeur20journaux-cff80

Le mot de la semaine sera TREMULANT : « Agité, parcouru d’un tremblement. » Je trouve que ce mot évoque très exactement sa signification mais comme aucun correcteur d’orthographe ne semble pour autant le connaître, je tenais à lui faire une petite place par ici.

Les sorties ciné

Les amants passagers : les passagers d’un avion pensent vivre leurs dernières heures et vont dévoiler des facettes surprenantes de leur personnalité. Almodovar revient enfin à la comédie déjantée et colorée ! Certes, la critique est un peu tiède mais moi, j’y cooooouuuuuuurs !!!

Le premier homme : en 1957, un écrivain célèbre rend visite à sa mère à Alger dans une ville en guerre ; il y retrouve ses souvenirs d’enfance et en vient à se poser des questions sur son identité. L’adaptation du célèbre roman d’Albert Camus dont on désespérait de voir la sortie en salle. Je n’ai toujours pas lu le livre, mais je compte arranger ça très vite (la preuve, il est ) et en profiter pour voir le film dans la foulée.

El premio : une petit fille et sa mère partagent un lourd secret qu’elle ne comprend pas encore ; le jour où elle doit rédiger une lettre à la gloire des militaires, elle risque de tout dévoiler malgré elle. Le synopsis est quelque peu mystérieux mais le cinéma latino-américain et ce type d’histoire, ce film éveille donc ma curiosité !

Bonne semaine à tous !

Expositions

Soleil froid – Julio Le Parc

          Le Palais de Tokyo nous propose une nouvelle exposition originale et surprenante : Soleil froid. Julio Parc nous emmène dans un monde étrange, avec des oeuvres basées sur des jeux de lumière où « tout est lumineux. Mais rien n’y raconte le jour : il n’y a ni heure ni ombre. »

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           Honnêtement, l’art contemporain et moi, ça a toujours fait deux. Pourtant, voilà plusieurs expositions au Palais de Tokyo qui me tentaient bien ; j’ai donc fini par me laisser convaincre. Un nom poétique, quelques photos prometteuses, et me voilà embarquée ! Je n’étais pas allée au Palais de Tokyo depuis des lustres ; des travaux ont été faits entre-temps, qui semblent devoir rester éternellement inachevés (je sais, c’est un style mais bon hein, c’est moche, c’est moche…), et surtout, les prix en ont profité pour considérablement augmenter. Dès l’entrée, l’exposition surprend. On commence par une pièce dans laquelle sont accrochés au des miroirs mobiles sur lesquels se reflètent la lumière : mal de mer assuré !

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           Tout le reste est à l’avenant… Beaucoup de jeux de lumières et de courbes. Sans exagérer, j’ai eu la nausée pendant une bonne partie de l’exposition. La plupart des oeuvres, m’ont laissée perplexe, même si certaines exercent une sorte de fascination. Un univers mi ambiance de boîte de nuit, mi psychédélique qui ne m’a pas franchement emballée. Dans un deuxième temps, l’exposition propose des jeux type fête foraine. L’idée est plutôt séduisante mais avec toute la bonne volonté du monde, ça ne m’a pas franchement amusée tant les interactions sont limitée. Une exposition qui m’aurait sans doute fait rire, si le prix d’entrée avait été plus raisonnable mais tout ça pour ça ? Bof… 

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Soleil froid

Palais de Tokyo

13, avenue du Président Wilson

75016 Paris

De midi à minuit tous les jours, sauf le mardi

10 €

Mes lectures

14 – Jean Echenoz

          1914, le début de la guerre. Cinq hommes du même village partent au front. Une femme attend le retour de deux d’entre eux. Mais quand seront-ils de retour ? Rentreront-ils seulement ? Mais la guerre ne tue pas seulement les hommes, elle les abîme aussi. 

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          De Jean Echenoz, je n’avais lu que Je m’en vais qui, bien que de lecture agréable, ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Toutefois, devant tout le bien qu’on a pu dire de ce nouveau roman, je me suis lancée dans cette lecture avec plaisir. Je n’ai guère apprécié les premières pages, dont j’ai trouvé le style un rien pesant. Fort heureusement, très vite, cela s’arrange et gagne en légèreté. L’histoire ne se perd pas en détail inutiles et la vision de la guerre qui y est proposée est très intéressante. En effet, celle-ci y est vue de l’intérieur, par les expériences des personnages. Le récit est moins sombre qu’il y paraît, l’amitié venant compenser un peu l’horreur des tranchées, le quotidien prenant quelque peu le pas sur la peur. Dommage que la fin vienne un peu couper ce bel élan et ne soit pas à la hauteur du reste. Si ce roman ne me marquera sans doute pas durablement, j’ai beaucoup apprécié son ton surprenant et son regard inhabituel sur la guerre. Un petit livre qui mérite le détour.

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Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n’est-il pas la peine de s’attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n’est-il d’ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d’autant moins quand on n’aime pas tellement l’opéra, même si comme lui c’est grandiose, empathique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui ça fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c’est assez ennuyeux.

Cuisine

Petits moelleux chocolat, poire et poivre

Pour 8 personnes

125 g de chocolat noir

4 oeufs

65 g de beurre

2 c. à soupe de farine

2 c. à soupe de sucre

1/2 c. à café de poivre moulu

1 poire

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Préchauffez le four à 200° C (th. 6/7).

Faites fondre le chocolat dans un saladier au bain-marie avec le beurre et le sucre.

Cassez les oeufs en séparant les blancs des jaunes. Battez les blancs en neige ferme.

Pelez la poire et coupez-la en petits dés.

Lorsque le chocolat a fondu, ajoutez hors du feu les jaunes d’oeufs, la farine, le poivre et la poire.

Après avoir bien mélangez, incorporez délicatement les blancs en neige, en deux temps.

Répartissez la pâte dans des moules et faites cuire 8 min.

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Une recette qui fera le bonheur des amoureux de chocolat !

Bon appétit !