Expositions

Rodin, la chair, le marbre

          Rodin est considéré comme l’un des maîtres de cette matière noble qui est le marbre. Il est considéré comme le matériau le plus proche de la chair, la virtuosité de l’artiste se mesure à sa capacité à donner à cette matière froide la souplesse et la chaleur de la chair. L’exposition réunit une cinquantaine de marbres de l’artiste afin de témoigner de la place de celui-ci dans son oeuvre. 

   Paolo et Francesca dans les nuages     La Danaïde, Grand modèle     Mains d'amants

          L’exposition est installée dans la chapelle, ce qui lui confère une très jolie lumière. Elle présente une cinquantaine de marbres ainsi que quelques maquettes en plâtre ou terre cuite. Les marbres sont répartis en deux salles. Sa technique particulière du non finito, reprise ensuite par d’autres artistes, est particulièrement mise en avant. Souvent dévalorisés par la critique, les marbres représentent pourtant un pan important de l’oeuvre du l’artiste. J’ai beaucoup aimé la scénographie de l’exposition, qui met très bien les oeuvres en valeur. En revanche, j’ai trouvé les panneaux explicatifs un peu tristes. S’il y a bien quelques explications, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas des précisions sur certaines sculptures par exemples. J’ai été un peu frustrée à la sortie de cette exposition, certes très belle, mais pour laquelle j’ai eu l’impression de manquer peut-être un peu de références pour pouvoir l’apprécier pleinement. Quelques très belles sculptures sont présentées et le musée est des plus agréables, avec un personnel charmant et un jardin où il fait bon flâner par temps ensoleillé. Une bonne idée de sortie.

Rodin au dépôt des marbres à côté de la Main de Dieu

Rodin, la chair, le marbre

Jusqu’au 1° septembre 2013

Musée Rodin

79 rue de Varenne

75007 Paris

Fermé le lundi

Actualité

L’actu de la semaine

Les débats sur le mariage pour tous sont clos à l’Assemblée, après 110h de discussion. Le vote de la loi aura lieu mardi. En Angleterre, il a été adopté cette semaine, après seulement 6h de débats ; autre différence de taille, la loi a là-bas été proposée par les Conservateurs… L’image de la France à l’étranger en a pris un sacré coup !

L’interdiction du port du pantalon par les femmes a été abrogée. Depuis novembre 1800, les femmes devaient (en théorie) demander une autorisation préfectorale pour obtenir le droit de porter le pantalon (accordée uniquement sur raisons médicales). La loi s’est adoucie vers 1900 avec le droit de porter la culotte pour les femmes à vélo ou à cheval. L’interdiction avait été confirmée en 1968 et n’a été abrogée que le 30 janvier dernier. Je regretterais presque de ne plus être hors-la-loi…

On a retrouvé de la viande de cheval dans des surgelés garantis pur boeuf. L’affaire fait scandale, mettant un gros doute sur la traçabilité de la viande. S’il n’y a qu’une marque visée pour le moment, plusieurs pourraient être concernées. Chacun reporte la faute sur son voisin et il sera sans doute difficile de savoir à qui incombe la faute. Affaire à suivre.

La liberté guidant le peuple taguée au Louvre-Lens. Le célèbre tableau de Delacroix, prêté par le Louvre à son annexe du Nord, a été vandalisé par une jeune femme cette semaine. La jeune femme a été interpellée, placée en garde à vue, jugée irresponsable pénalement par un psychiatre et internée. L’inscription de 30 cm sur 6 à pu être totalement effacée.

En Tunisie, un des principaux opposants au pouvoir islamiste en place, Chokri Belaïd, a été assassiné. L’opposition est de suite descendue dans la rue pour manifester, certains allant jusqu’à accuser directement le gouvernement. Manifestation suivie par une contre-manifestation de soutien aux islamistes. Pour calmer les esprits, le premier ministre souhaite présenter un gouvernement où les postes clefs seraient confiés à des ministres indépendants.

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Le mot de la semaine sera IMPERITIE : « Incapacité, inhabilité, défaut de compétence dans la profession ou plus souvent dans la fonction que l’on exerce. »

Les sorties ciné :

Hitchcock : quand le maître du suspens veut se lancer dans la réalisation d’un nouveau film, Psychose, tous ses soutiens l’abandonnent, il décide alors de se lancer seul dans ce projet. Anthony Hopkins dans un film sur Hitchcock, forcément, ça fait envie !

Wadjda : en Arabie Saoudite, une jeune fille rêve d’un vélo, dans un pays où ceux-ci sont réservés aux hommes, elle sera prête à tout pour arriver à ses fins. Tout à fait le genre de films indépendants que j’apprécie et il me fait d’autant plus envie que je ne croie pas avoir déjà vu de films saoudiens.

Gangster squad : à Los Angeles en 1949, des policiers viennent chercher des noises à un parrain de la mafia qui a pour habitude de tout contrôler. Une trame classique de films de gangster, mais j’ai toujours adoré ça donc même si celui-ci ne semble pas être parmi les meilleurs du genre, je me laisserai très probablement tenter.

Bonne semaine à tous !

Théâtre

Hernani à la Comédie Française

          Dona Sol doit épouser son oncle, mais c’est le bandit Hernani qu’elle aime. Elle s’apprête à fuir avec lui quand le Roi, Carlos, lui fait part lui aussi de son amour et, de jalousie, vient contrarier leurs plans. De nombreuses embûches vont se placer sur leur chemin, l’amour parviendra-t-il à triompher malgré tout ?

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          Comme je vous le disais ici, j’ai lu il y a peu cette pièce de Victor Hugo et j’ai été franchement surprise. Je ne sais comment le dire sans insulter un grand nom de la littérature française, que par ailleurs j’admire, mais c’est franchement mauvais. Les rimes sont bancales et souvent d’une facilité affligeante, l’histoire improbable, et j’ai passé le plus clair de mon temps à ricaner bêtement alors même que nous sommes en plein drame (d’ailleurs nombreux furent les rires durant la pièce). Bref, un ratage total. Mais j’étais optimiste, je me disais qu’après tout, le théâtre était fait pour se voir sur les planches et que mis en scène ça passerait autrement mieux. Dès mon arrivée au théâtre, j’ai douté sérieusement de la capacité de la mise en scène à m’émerveiller… En effet, le théâtre a été pour l’occasion « coupé en deux », avec 2 séries de gradins face à face, de chaque côté de la scène (nous reviendrons sur les avantages et inconvénients de ce dispositif) ; scène qui s’est avérée désespérément vide, dénuée du moindre décor. Certes, les décors épurés peuvent s’avérer parfois sublimes, mettant le texte en valeur, mais il y a toutefois un pas entre épuré et inexistant que je ne suis visiblement pas prête à franchir et bon, le texte, justement, j’aurais bien aimé qu’on le noie un peu dans ce cas précis.

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          Bref, en un mot comme en cent, ça commençait sacrément mal ! Mais La Comédie Française nous réserve parfois bien des surprises, l’espoir était donc encore permis. Trêve de suspens inutile, je vous le dis tout net, mes espoirs ont été douchés, étouffés dans l’oeuf dès les premières secondes. Déjà, ça commence par une voix off qui, pendant que les lumières s’éteignent, nous récite un texte d’Hugo quant à la création de sa pièce, avec une voix d’outre-tombe assez déplacée, qui eut pu être intéressant s’il ne s’avérait aussi misogyne. Pour vous le résumer : au théâtre, la foule veut de l’action, les femmes du sentiment, les penseurs de la réflexion. Inutile de préciser, que, comme souvent, je me sens assez peu concernée par cette définition, qui, même replacée dans son contexte, m’a passablement tapé sur les nerfs (foutu féminisme qui ne la met jamais en sourdine) ; vous me direz, ça explique peut-être le ratage de la pièce, à vouloir contenter tout le monde…

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          Commence enfin la pièce en elle-même. Je n’ai pas bien compris pourquoi Don Carlos (le roi donc, facile, il a le même nom que l’actuel !) embrassait à pleine bouche la dame de compagnie de Dona Sol alors qu’il venait déclarer sa flamme à cette dernière mais passons sur cette extravagance de la mise en scène. Le vrai drame est arrivé avec l’entrée en scène de la dame en question. Je ne sais pas ce que c’est que cette mode pour les actrices de minauder, d’étirer les syllabes et de laisser toutes leurs phrases en suspens mais c’est tout bonnement insupportable. Il serait peut-être bon que quelqu’un leur signale… J’avais déjà un peu remarqué ce défaut chez l’actrice qui joue Dona Josefa, associé à une tendance à crier de manière inopportune, mais ça reste chez elle relativement discret et elle est par ailleurs capable d’excellentes prestations, comme elle a pu le prouver dans  AntigoneMais chez Dona Sol, ça prend une proportion qui a mis à mal ma patience. A tel point que j’en suis venue à redouter ses entrée en scène, ce qui est fort gênant quand il s’agit d’un des rôles principaux. Les hommes quant à eux sont beaucoup plus convaincants, malgré un débit parfois un peu élevé pendant les tirades mais bon, on ne peut pas à la fois respirer en récitant son texte et boucler Hernani en 2h15 ! Un casting masculin impeccable qui parviendrait presque à sauver la pièce à lui seul.

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          Pour en revenir à la mise en scène, comme on pouvait s’y attendre, l’absence de décor s’avère assez déroutante. La seule touche artistique tient dans une musique de téléfilm qui vient souligner les passages « forts », soulignant tous le ridicule des excès hugoliens. Quant au public scindé en deux, comme les acteurs ont tendance à crier à la moindre occasion, on évite les problèmes d’audition inhérents à ce type de dispositif (en général ceux à qui les acteurs tournent le dos entendent toujours moins bien), d’autant que la salle est assez petite. En revanche, à mettre au compte des avantages, comme ce qui se passe sur scène est assez peu palpitant, on a tout loisir pour observer les spectateurs en face en train de bailler et de piquer du nez. Ca occupe ! Par contre, pour ceux placés derrière la scène, nulle chance de salut, pour partir, ils devraient traverser la scène au nez et à la barbe des comédiens, ce qui semble quand même assez peu réalisable. Une nouvelle sorte de torture théâtre que je trouve pour le moins cruelle. Mais rassurez-vous, les autres ne sont pas en reste, les comédiens n’entrent pas côté loges mais par l’entrée principale. Ils arpentent donc constamment les allées et la moindre tentative de déplacement fait donc prendre le risque de les croiser sur le chemin de la sortie. Cela m’a arrêtée un temps mais j’ai eu envie de partir dès la première scène, je m’endormais, j’avais faim, et à la fin du troisième acte, après avoir lutté vaillamment pendant plus d’une heure, j’ai fini par céder à l’appel de la sortie.

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          Mes scrupules étaient inutiles, en attendant leur entrée en scène, les comédiens attendent assis en rangs d’oignon dans le hall, face à la porte, et sont donc aux premières loges pour assister à la fuite du spectateur. Tout tentative de discrétion est donc vaine. Pour résumer, une pièce franchement pas terrible, une mise en scène inexistante, une actrice principale au total manque de naturel dont la moindre phrase sonne faux : une pièce durant laquelle on oscille constamment entre ennui et exaspération.

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Hernanide Victor Hugo

Mise en scène de Nicolas Lormeau, avec

Théâtre du Vieux-Colombier

21 rue du Vieux-Colombier

75006 Paris

29€

Mes lectures

Chimère(s) 1887, tome 1 – Melanÿn, Peling, Vincent

          Paris, 1887, les tuteurs de Chimère, jeune fille de 13 ans, décident de la céder à la Perle Pourpre, un tripot de luxe où les messieurs en vue viennent prendre du plaisir. Mais sous ses airs de petite fille innocente, Chimère sait mener sa barque et est prête à tout pour conquérir la liberté qu’elle n’a jamais eu…

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          J’avais reçu cette BD dans le cadre du Swap BD et chocolat. Je dois admettre que l’histoire me tentait assez et même si je l’avais un peu oubliée dans ma bibliothèque, j’étais plutôt enthousiaste en entamant cette lecture. La première impression fut très bonne, avec un dessin d’excellente qualité. J’ai beaucoup aimé l’univers visuel de cette BD, vraiment très réussi. Du côté de l’histoire en revanche, j’ai été un peu moins emballée, en grande partie parce qu’elle met du temps à se mettre en place.

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          Je n’ai par exemple pas bien compris ce que la construction du canal de Panama venait faire là (mais ça s’explique par la suite je suppose). Quand à Chimère, on la voit finalement assez peu dans ce premier tome et on n’a donc pas beaucoup l’occasion de s’attacher au personnage, même si on commence à la découvrir un peu mieux dans les dernières pages. C’est dommage car le personnage a l’air intéressant et on regrette que l’histoire s’arrête juste quand on aurait voulu en savoir plus. J’attends donc le second tome pour vérifier cette bonne impression. Une BD un peu longue à se mettre en place mais aux très beaux graphismes qui donnent envie de connaître la suite.

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Cuisine

Flans pomme-cannelle

Pour 6 petits flans

1 pomme légèrement acidulée (type Canada)

1 noix de beurre salé

1 c. à café de cannelle

4 oeufs

50 g de sucre

1/2 litre de lait

10 cl. de crème fraîche liquide

1 c. à café de rhum

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Préchauffez le four à 180° C (th. 6).

Pelez la pomme, épépinez-la et coupez-la en dés d’environ 2 cm de côté. Faites-la ensuite revenir à la poêle avec une noix de beurre salé et une pincée de cannelle.

Dans un saladier, battez les oeufs avec le sucre puis ajoutez le lait, la crème, le rhum et le reste de la cannelle.

Quand les pommes sont dorées, incorporez-les au mélange.

Versez ensuite la préparation dans de petits ramequins et faites cuire 20 min au bain-marie.

Laissez tiédir avant de déguster.

Les flans se conservent quelques jours au frais.

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Bon appétit !