Mes lectures

L’établi – Robert Linhart

          Après mai 68, un jeune étudiant intègre l’usine Citroën de la Porte de Choisy. Ces jeunes intellectuels militants qui travaillaient à la chaîne ou sur les docks dans le but d’y faire souffler un vent de liberté étaient appelés « les établis ». Mais l’établi est aussi la table de travail. Un double sens qui est au centre de ce récit au coeur du système de production, entre idéalisme et travail acharné. 

          Cet essai sur le travail à la chaîne à la fin des années 60 et l’indignation des intellectuels faces aux conditions de travail souvent désastreuses me tentait bien. Dès le début, ce texte se lit comme un roman. On suit avec intérêt l’arrivée du jeune homme dans l’entreprise et ses difficultés d’adaptations qu’il n’avait pas vraiment prévues. Très vite, les idéaux s’envolent face à la violence de la réalité. Le travail à la chaîne brise les hommes, les épuise physiquement et psychologiquement. Le quotidien, ce sont ces gestes sans cesse répété, la course pour tenir les cadences, la fatigue qui s’accumule, quelle place alors pour la révolte ? Aucune. Il ne reste pas d’énergie pour, et les rencontres sont difficiles. Ce texte reprend certes des faits connus mais il le fait avec clarté et bon sens ; des faits plutôt que de grands discours intellectuels et une écriture agréable. Un livre intéressant qui reste aujourd’hui encore d’actualité.

Comment ne pas être pris d’une envie de saccage ? Lequel d’entre nous ne rêve pas, par moments, de se venger de ces sales bagnoles insolentes, si paisibles, si lisses – si lisses !

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Vu du dehors, ça paraît évident : on s’embauche et on organise. Mais ici, cette insertion « dans la classe ouvrière » se dissout en une multitude de petites situations individuelles, où je ne parviens pas à trouver une prise ferme.

Actualité

L’actualité de la semaine (18/11)

– Les affrontement ont repris à Gaza entre Israël et Palestine. Les bombardements commencé il y a 5 jours ont fait 26 morts aujourd’hui côté palestinien.

Chloé, enlevée la semaine dernière devant chez elle dans le Gard a été retrouvée dans le coffre d’une voiture en Allemagne.

A Notre-Dame-des-Landes, les écologistes se mobilisent contre le projet d’aéroport approuvé par le gouvernement.

Une policière s’est suicidée avec son arme de service au commissariat de Caen. Une enquête a été ouverte.

Les combats s’intensifient au Nord Mali entre islamistes du Mujao et rebelles touareg du MNLA.

Le mot de la semaine sera diaprure : « État de ce qui est diapré; chatoiement, éclat, variété des couleurs ou des lumières. »

Les sorties ciné : Rengaineà Paris, Dorcy veut épouser Sabrina. Il est noir, elle est maghrébine, ils s’aiment et tout serait simple si les frères de la jeune fille n’en avaient pas décidé autrement. Un film sur le racisme ordinaire qui peut réserver de belles surprises.  La chasseaprès son divorce, Lucas rencontre une autre femme. Mais cela se passe mal avec son fils à cause d’un mensonge et essaie de s’occuper au mieux de son fils, mais un mensonge va venir bouleverser sa vie. Un film qui me tente essentiellement à cause de l’acteur principal. Le Capitaldans le monde impitoyable de la finance, un banquier va connaître une ascension fulgurante. Le film n’a pas l’air terrible mais ça reste Costa Gavras…

Bonne semaine à tous !

Cuisine

Ananas rôti aux épices

Pour 4 personnes

1 ananas (frais, bien sûr)

1 noix de beurre salé

2 cuillerées à soupe de sucre de canne roux

1 (grosse) pincée de cannelle

1 (petite) pincée de gingembre

1 gousse de vanille

1 bouchon de rhum

1 pincée de noix de coco

Pelez l’ananas et coupez-le en dés. Conservez le jus.

Faites fondre le beurre à la poêle, ajoutez-y l’ananas, la gousse de vanille coupée en deux et le reste des épices. Faites cuire à feu doux pendant 5 minutes. Ajoutez le jus. Laissez réduire puis ajoutez le sucre et faites caraméliser à feu vif.

Préparez une allumette. Versez le rhum sur l’ananas et faites le flamber.

Dégustez tiède parsemé de noix de coco râpée.

Excellent également mélangé avec de la banane.

Bon appétit !

Actualité·Culture en vrac

Le Goncourt des lycéens

          Le célèbre prix Goncourt est accompagné depuis des années déjà le jeudi suivant son annonce de son cousin germai, le Goncourt des lycéens. Les deux prix récompensent rarement le même ouvrage, même si cela est déjà arrivé par le passé. Cette année, l’heureux élu a déjà pas mal fait parler de lui. l s’agit de Joël Dicker pour La vérité sur l’affaire Harry KleberUn second roman dont on a déjà beaucoup parlé et qui a notamment reçu le Prix de l’Académie Française il y a quelques semaines.

          Cette seconde récompense me donne encore plus envie de lire le jeune auteur (qui a d’ailleurs rejoint ma bibliothèque depuis peu). En effet, le Goncourt des lycéens est souvent d’assez bonne qualité et a par le passé fréquemment récompensé des livres que j’apprécie. Un joli doublet pour cet auteur suisse visiblement prometteur dont vous pouvez découvrir l’ouvrage ici.

Actualité·Culture en vrac

Prix Interallié

          Le dernier des grands prix de cette rentrée littéraire, le Prix Interallié, a été décerné aujourd’hui. Il revient à Philippe Djian pour « Oh… » (Gallimard). Encore une fois, je trouve que cette année il y en a un peu pour tous les goûts parmi les lauréats, ce qui est fort appréciable. Pour le plaisir, voici le résumé de l’éditeur : « Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent… » « Oh… » raconte trente jours d’une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

          Rendez-vous maintenant à la rentrée prochaine pour une nouvelle cuvée. D’ici-là, peut-être aurai-je le courage de vous faire dans quelques jours un petit résumé de cette rentrée que j’ai trouvé fort intéressante. Et vous, l’avez-vous aimée ?