Cinéma

Du vent dans mes mollets

              Comédie française de Carine Tardieu Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré.

          Rachel a 9 ans et n’est pas très populaire dans son école. Et puis elle va rencontrer Valérie, une petite fille extravertie qui va devenir sa meilleure amie et changer le cours de sa vie. Ensemble, elles feront les 400 coups et multiplieront les fous rires. Que serait l’enfance sans une bonne copine ?

          La bande-annonce de ce film adapté d’un roman du même nom, très fraîche, m’avait séduite, ainsi que le casting des plus tentants. Cette comédie s’annonçait légère, intelligente et teintée d’un brin de nostalgie. Avec juste le recul et la tendresse nécessaire pour en faire autre chose qu’une carte postale superficielle et nous livrer un film à la fois drôle et intelligent. Bon, visiblement, je me suis emballée pour rien. Ce film est d’un ennui mortel. Honnêtement, j’ai à peine souri face à cette comédie tristement banale.

          Certes, les acteurs font de leur mieux pour sauver ce film de la catastrophe. Ils le tiennent tant bien que mal à bout de bras et si les adultes ne s’en sortent pas trop mal, les fillettes livrent quant à elles une prestation médiocre. Le scénario aurait pu être intéressant mais aurait mérité d’être un peu plus creusé. On reste à la surface des choses et finalement, même si tout ça est bien mignon, c’est surtout du réchauffé. Le décor début des années 80 et les couleurs légèrement sépias ne suffisent pas à donner du charme. Tout comme un sourire d’enfant et quelques étourderies de petite fille ne peuvent à eux seuls faire une bonne comédie. Une bonne idée, mais un film qui parvient à en faire à la fois trop et pas assez pour un résultat bien fade et convenu.

           Première le dit mieux que moi, je me permets donc de reprendre leur critique : « C’est au tour de la malheureuse Carine Tardieu de nous horripiler avec sa comédie émotionnelle saturée de chichis visuels et musicaux, de compositions esthétisantes calculées jusqu’à la névrose et de péripéties où l’humour sonne aussi faux que le drame. » Et pour faire bonne mesure, reprenons le bon mot du Parisien : « Il y a des histoires qui font sans doute d’excellents livres mais qui, une fois portées à l’écran, peuvent provoquer de l’urticaire (…) ce film, comme son final, nous a donné froid aux mollets. »

Mes lectures

Top ten tuesday (04/09)

Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 livres à lire cet automne

1) Pour seul cortège, Laurent Gaudé

2) Rue des voleurs, Mathias Enard

3) Peste & Choléra, Patrick Deville

4) La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï

5) La clé de l’abîme, José Carlos Somoza

6) La promesse de l’aube, Romain Gary.

7) Même les cow-grils ont du vague à l’âme, Tom Robbins

8) Le loup de mers, Jack London

9) Le pacte de Minuit – T2, de David Whitley

10) Comme un roman, Daniel Pennac

          Comme je n’ai pas eu le temps de lire tous les livres prévus pour cet été, ni de m’attaquer sérieusement à ceux de la rentrée littéraire, mes 10 livres de l’automne reprennent un mélange des deux listes en question. Comme d’habitude, je ne compte pas vraiment suivre mon propre programme. Seule certitude, des romans de la rentrée seront du lot. Et vous, que comptez vous lire cet automne ?

Actualité

Le Goncourt, 1° sélection

          Comme vous le savez sans doute, de suite après la rentrée littéraire de septembre (qui est en toute logique plutôt en août à présent…), vient la saison des prix littéraires tant convoités. Parmi eux, le plus prestigieux, le fameux prix Goncourt. L’Académie du même nom dévoilait aujourd’hui sa 1° sélection pour le cru 2012. La voici :

– Vassilis Alexakis, L’enfant grec (Stock)
– Gwenaëlle Aubry, Partages (Mercure de France)
– Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
– Serge Bramly, Orchidée fixe (JC Lattes)
– Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil), prix du roman Fnac
– Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (Fallois)
– Mathias Enard, Rue des voleurs (Actes Sud)
– Jérôme  Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
– Gaspard–Marie Janvier, Quel trésor ! (Fayard)
– Linda Lê, Lame de fond (Bourgois)
– Tierno Monenembo, Le terroriste noir (Seuil)
– Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

          Les 2° et 3° sélections seront établies les 2 et 30 octobre pour un verdict le 7 novembre. Vous retrouverez bien sûr la suite des évènements sur ce blog. Bonne rentrée !

Mes lectures

Un repas en hiver

          C’est la guerre, pour éviter d’avoir à fusiller le convoi de prisonniers qui arrivent, trois hommes partent à la chasse dans le froid. A la chasse au juif. Ils en trouvent un peu par hasard et vont tout faire pour repousser le moment du retour. Dans une maison abandonnée, ils vont tenter de faire un feu pour préparer le repas. Dans des circonstances si difficiles, les choses les plus simples vont prendre une toute autre tournure. 

          J’aime beaucoup la finesse et la sensibilité des romans d’Hubert Mingarelli. La guerre est un thème qu’il a déjà abordé dans d’autres ouvrages et la solitude est au coeur de son oeuvre. On retrouve donc ici des thèmes qui lui sont chers. Comme à son habitude, l’auteur s’attache à l’importances des petites choses de la vie dans des circonstances particulières. Un travail dans lequel il excelle. Le point de vue adopté est ici surprenant. En effet, si les romans sur la seconde guerre mondiale sont nombreux (bien qu’elle ne soit jamais nommée ici), rare sont ceux qui adoptent le point de vue du soldat allemand. Ceux-ci ne sont pas des héros, juste des hommes ordinaires qui obéissent aux ordres, qui font ce qu’ils ont à faire, et essaient d’échapper de leur mieux aux conditions de vie difficile. Cette moralité est particulièrement intéressante. On est face à trois êtres humains, ni meilleurs ni pires que les autres, simplement pris dans des rouages qui leur échappent. L’écriture un peu hachée semble reproduire le fil décousu de leurs pensées. Un roman qui surprend, qui déroute. Un univers âpre et poétique à la fois où on perd sais repères et ne sais pas toujours à quoi se raccrocher. L’identification à « l’ennemi » met mal à l’aise et pourtant, c’est bien là que réside toute la force de ce livre. Si le style est moins fluide que d’habitude et le sujet dérangeant, Mingarelli nous livre toutefois en cette rentrée un roman fort et poignant, encore et toujours tout en délicatesse. 

Tout à l’heure nous avions traversé un village polonais, triste comme une assiette en fer qu’on n’a jamais lavée.

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Parce que si vous voulez savoir ce qui moi me faisait du mal, et qui m’en fait jusqu’au jour de maintenant, c’était de voir ce genre de choses sur les habits des Juifs que nous allions tuer : une broderie, des boutons en couleur, ou dans les cheveux un ruban. Ces tendres attentions maternelles me transperçaient. Ensuite, je les oubliais, mais sur le moment elles me transperçaient et je souffrais pour les mères qui s’étaient donné ce mal, un jour. Et ensuite à cause de cette souffrance qu’elles me donnaient, je les haïssais aussi. Et vraiment je les haïssais autant que je souffrais pour elles.

Culture en vrac

Août, le bilan

           Encore un mois plutôt calme. Toute petite forme en ce mois d’août, très peu de sorties et des lectures au ralenti (j’ai passé près de 3 semaines sur la bio d’Obama tout de même…). Espérons que la rentrée sera meilleure car visiblement la période estivale ne m’a pas trop réussi. Deux belles lectures tout de même. Un très bon polar : Ténèbres prenez-moi la main, de Dennis Lehane, bien ficelé, haletant jusqu’au bout, palpitant. Et comme je vous le disais il y a peu, l’excellent essai de Jean-Philippe Toussaint, L’urgence et la patience, à consommer sans modération.

          Toujours peu de sorties cinéma et assez peu concluantes. Il faut dire que je n’ai pas réussi à voir les films qui me tentaient pour des raisons de très mauvaise organisation. Depuis quelque temps, je ne vais au cinéma que sur des coups de tête, et me retrouve donc à aller voir des films au hasard des diffusions à l’heure de mon passage devant les salles obscures. J’aime beaucoup aller voir des films un peu au hasard, mais cette méthode n’est valable que si on n’en voit beaucoup, sinon elle est totalement inefficace (je précise au cas où certains en douteraient). Une très bonne surprise toutefois avec Magic Mike de Soderbergh à la réalisation impeccable. Un film à la fois divertissant, intelligent et esthétique, que demander de plus ?

           Après ce mois un peu palot (à l’instar de mon teint de parisienne au bord de l’épuisement), c’est décidé, je reprends les bonnes habitudes dès septembre ! Cinéma, expos, théâtre, c’est reparti ! Le blog aussi par la même occasion car vous l’aurez remarqué, il se traîne un peu en ce moment (forcément, il suit sa propriétaire le pauvre). On se retrouve le mois prochain pour le verdict.