Mes lectures

Marc VILROUGE, Air conditionné

          Dans une maison d’édition, notre héros (nous ne connaissons pas son nom) reprend le poste de son compagnon, licencié en raison de sa dégradation physique due au sida. Une discrimination que ne supporte pas son ami qui va tout faire pour le venger…

          Le sida (oui, encore, mais bientôt j’arrête mon délire monomaniaque, je vous promets), la discrimination, la vengeance, rien de bien joyeux me direz-vous. Que nenni ! C’est frais, c’est enlevé, c’est drôle. Surtout, surtout, c’est d’un cynisme délicieux. Adeptes de l’humour grinçant, vous allez être servis !

          J’ai aimé le style alerte et efficace. Le narrateur travaille dans le milieu de l’édition qu’il décrit avec une impertinence qui m’a réjouie. Plutôt que de jouer sur le pathos, l’auteur a plutôt choisi de traiter le sujet avec humour. Une manière efficace de dénoncer la discrimination dont sont victimes bien des malades et de mettre en avant la douleur que cela représente tant pour le principal concerné que pour son entourage. Un véritable pamphlet contre la bêtise ambiante !

La disparition du courage intellectuel et l’assèchement de la capacité à penser sont nécessaires au bon équilibre de l’industrie culturelle.

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À l’heure des manipulations génétiques et du clonage, un éditeur doit aussi se livrer aux techniques de sélection du génome le plus conforme au modèle collectif, afin que le produit séduise le marché, à tout prix.

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Quelques mouches certes furètent çà et là et copulent en plein vol, mais elles sont si petites, si stupides, si insignifiantes. je n’en ai dénombré en tout et pour tout dans mon bureau que trois, dont une s’est d’ailleurs bouché la trompe en aspirant de la colle en bâton. Morte de faim la bouche pleine, c’est vraiment très con comme destin.

Mes lectures

Jean-Noël PANCRAZI, Les quartiers d’hiver

          Nous sommes au début des années 90, dans la nuit parisienne, au début des années sida, à l’heure où la maladie est encore honteuse. Un homme voit peut à peu ses amis partir, les corps se défaire. Il nous raconte avec retenue cette vieillesse survenue avant l’heure qui a frappé si durement le milieu homosexuel. Une blessure qui pudiquement se dévoile.

          Je dois admettre que ce livre m’a quelque peu surprise. Tout n’y est dit qu’à demi-mot, la maladie ne s’expose pas ouvertement. Le narrateur passe d’une amitié à une autre, évoquant quelques souvenirs avec nostalgie. Il y a un certain charme dans ces histoires entrevues, dans ce léger brouillard qui semble nimber les pages.

          Cependant, j’ai été assez vite gênée par le côté un peu décousu du texte, par cette histoire qui ne prend pas réellement forme. Le style est très travaillé et s’il m’a séduite dans un premier temps, j’ai fini par le trouver un peu trop ampoulé. Après le franc parler d’Hervé Guibert, j’ai eu du mal à me plonger dans ce roman tout en retenue. J’aurais aimé que le sujet soit traité de manière plus franche, moins détournée, et une écriture plus simple aurait sans doute mis en valeur le fond. J’ai un peu eu l’impression d’avoir affaire à une coquille vide.

          Un livre qui m’a laissée sur ma faim donc. Notons qu’il a eu le prix Medicis en 1990. Déçue…

Pourquoi avais-je toujours accordé autant d’importance à la cadence des pas, à la variation de la marche, comme si tout, de la vie – les arrivées et les départs, les promesses et la naissance des trahisons -, se passait dans ces infimes décalages ?

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Tandis que, face à lui, je feignais d’être indifférent à la fin de l’amour, je me rendais compte que c’était cette attitude même de comédie qui avait, peu à peu, altéré notre amitié – ce désir de donner le change, cette résurgence de l’orgueil qui nous empêchait désormais de mettre nos coeurs à nu, cette imperceptible tenue de scène que nous avions revêtue pour déguiser les traces de nos débâcles.

Cuisine

Flans courgettes/parmesan/tomates séchées

Une recette estivale, fraîche et facile à réaliser.

Pour les courgettes :

2 courgettes de taille moyenne

Un filet d’huile d’olive

Une pincée de cumin

10/12 pétales de tomates séchées

Sel, poivre

Pelez les courgettes et détaillez-les en dés. Faites-les revenir dans une poêle avec un filet d’huile d’olive. Quand elles sont dorées, assaisonnez avec du sel, du poivre et une pincée de cumin. Ajoutez les tomates séchées préalablement émincées.

Pour le flan :

2 oeufs

20 cl de lait

5 cl de crème fraîche (facultatif)

Parmesan râpé

Sel, poivre

Battez les oeufs. Ajoutez le lait et la crème, assaisonnez.

Préchauffez le four à 180° (th. 6). Répartissez les courgettes dans des mini-moules à cake (en silicone de préférence) et couvrez de l’appareil à flan. Si vous manquez de préparation, complétez avec un peu de lait. Parsemez de parmesan râpé.

Faites cuire 20 minutes. Attendez qu’ils refroidissent un peu avant de démouler. Consommez tièdes accompagnés par exemple d’une salade verte/tomates/olives noires.

Divers

Les mystères de la vie…

          Encore un article totalement inutile juste pour le plaisir de partager avec vous une question existentielle. Pourquoi certains articles écrits en 2 minutes et sans consistance aucune ont du succès, quand des articles de fond n’attirent pas le moindre visiteur ? Les gens aiment-ils vraiment qu’on leur serve des choses fades et vite consommées ? La culture n’intéresse-t-elle définitivement plus personne ?

          Autant de questions qui me travaillent, tant il semble que plus on essaie de faire un travail critique, moins les gens se sentent concernés. Rester neutre, est-ce là la clef du succès ? Ainsi, les 8 lignes (dont 3 de résumé quand même) que j’ai écrites sur Joséphine de Pénélope Bagieu, qui n’ont à peu près aucun intérêt, ont été lues près de 2000 fois quand les articles sur le festival de Cannes ou le prix Nobel de littérature, qui ont demandé de nombreuses heures de recherche et de rédaction ont dû attirer à eux deux réunis, 50 lecteurs à tout casser !

          Les articles qui me tiennent le plus à coeur sont donc le plus souvent (quelques heureuses exceptions tout de même) ceux qui font les plus gros flop. N’allez pas croire que je me décourage pour autant. Je manque quelque peu de temps mais dès que mon mémoire sera bouclé, les articles de fond vont faire leur retour, tant pis pour ceux que la lecture assomme !

          Pour l’occasion, je vous propose un petit sondage afin de savoir quel type d’articles vous préférez sur ce blog. N’hésitez à me signaler en commentaire ceux dont vous gardez le meilleur souvenir.

Cuisine

Glaces Philippe Faur

          Philippe Faur est un maître artisan glacier ariégeois (non, il n’y a pas que des chèvres et des ours chez nous). Ses créations sont 100% naturelles : sans exhausteurs de goût, sans arômes artificiels, sans colorants et sans conservateurs. Il reste au plus près du produit afin de garder des saveurs authentiques. Sa carte compte 120 parfums, dont 20 salés.

          Parlons peu mais parlons bien : les glaces de Philippe Faur sont sans doute les meilleures que j’aie jamais mangées ! Je suis inconditionnelle du maître glacier. Des glaces fondantes et savoureuses, des sorbets frais et si réussis qu’on croirait manger du fruit (jusqu’à 92% de fruits pour certains). Si on retrouve des classiques : caramel (une de mes préférées !), vanille, pistache, poire, cassis… d’autres sont plus inattendues : lait d’amande, violette, groseille. Laissez-vous surprendre ! Oubliez ce que vous savez de la glace et retrouvez le goût originel des produits (le sorbet fraise est à des années lumières de la crème glacée rose et écoeurante qu’on connaît, un véritable choc des cultures !). Un plaisir auquel il fait bon succomber.

          Les boutiques sont rares : à Toulouse, au Florida, sous les arcades de la place du Capitole ; quelques centaines de mètres plus loin, au Bon vivre, place Wilson ; à Saint-Girons, rue Gambetta, ce restaurant propose des menus à base de glace, l’occasion de tester la gamme salée ; à Albi, 22, rue Verdusse ; à Aix-en-Provence, en haut du Cours Mirabeau. Les glaces Philippe Faur sont également très présentes dans les restaurants et grandes surfaces du Sud-Ouest (région toulousaine essentiellement). On peut également les trouver en région parisienne dans certains restaurants et dans les épiceries Hédiard (oui oui, rien que ça !).

          L’histoire complète de la maison, la gamme complète et la liste des distributeurs, c’est ici.