Mes lectures

Françoise SAGAN, Bonjour tristesse

          L’été de ses 17 ans, Cécile va découvrir l’amour. C’est une jeune fille sur qui la vie sans passer sans laisser de traces ; comme son père, elle est légère et inconstante. L’arrivée d’une femme intelligente et calme va venir troubler leur vie désordonnée et faire naître en elle les premières passions.

          Ce roman est un grand morceau de la littérature du milieu du XX° siècle. Il avait fait scandale lors de sa parution, en particulier parce qu’il parle librement du désir féminin. Pris aujourd’hui hors contexte, ce livre a aujourd’hui relativement peu d’intérêt. Il est bien écrit, mais pas non plus de manière exceptionnelle. L’histoire est intéressante mais pas transcendante. On prend plaisir à le lire, sans en être bouleversé. Un bon livre mais qui ne sort pas tellement du lot. A replacer donc absolument dans son contexte pour le comprendre : écrit par une adolescente et qui a à sa manière révolutionné la littérature par sa liberté de ton. Et vu comme ça, de suite, on accroche plus !

La liberté de penser, et de mal penser et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux pas dire « d’être moi-même » puisque je n’étais rien qu’une pâte modelable, mais celle de refuser les moules.

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Je savais qu’il se consolerait comme il se consolait de tout : une rupture lui coûterait moins qu’une vie rangée, il n’était vraiment atteint et miné que par l’habitude et l’attendu, comme je l’étais moi-même. Nous étions de la même race lui et moi ; je me disais tantôt que c’était la belle race des nomades, tantôt la race pauvre et desséchée des nomades.

Club lecture·Mes lectures

Club lecture janvier

Je me permets de vous rappeler qu’en janvier nous lisons La mémoire des murs de Tatiane de Rosnais.

 Nous nous retrouverons le mardi 18 janvier au Café livres, rue Saint-Martin, dans le 4° arrondissement.

Nous espérons que vous serez nombreux à nous rejoindre ou à nous suivre via le blog.

Mes lectures

Katrina KALDA, Un roman estonien

          J’ai le plaisir de vous présenter le roman aux côtés duquel j’ai clôturé 2010 et entamé 2011. Un roman estonien, premier roman de Karina Kalda, paru chez Gallimard en septembre (oui, en 2011, je fais l’effort de coder mes titres pour qu’ils apparaissent en italique et je cite les éditeurs)

          Ce roman pour le moins original, a pour narrateur un personnage de feuilleton qui raconte alternativement son histoire et celle de son créateur. A la fois l’histoire d’une création, une histoire d’amour mais aussi une part de l’histoire de l’Estonie en toile de fond.

  

          Avec ce 1° roman, la jeune auteur impressionne ! C’est un roman complexe, très bien construit, original, intelligent, souvent drôle. L’histoire est parfois un peu confuse car très complexe. J’ai par moments eu du mal à suivre les déboires d’August et Charlotte, de Théodore et Carlotta, du mal a distinguer l’histoire de l’auteur de celle de son personnage (sachant que c’est le personnage qui est le narrateur, ce qui complique encore les choses)… Cette richesse du texte surprend, déroute, égare. C’est à la fois ce qui le rend si intéressant et ce qui en limite l’accès.

          On n’a guère l’habitude d’être confronté à des textes de cette richesse. On se trouve immergé dans l’Estonie des années 90, juste après la chute de l’URSS. L’auteur vit depuis longtemps en France (elle a d’ailleurs écrit ce texte en français) et cela se sent dans son regard distancié à l’égard de son pays (auquel elle porte par ailleurs une grande tendresse). Je reprocherais peut-être à ce texte son manque de simplicité. S’il y a énormément de bonnes choses dans ce roman, il est par moment un peu trop foisonnant à mon goût. Un léger bémol qui ne m’a nullement empêché d’apprécier ce texte. J’ai du mal à imaginer comment aussi jeune on peut déjà écrire quelque chose d’aussi imposant. Cela laisse présager d’une suite pour le moins intéressante. Un excellent premier roman, réservé toutefois à des lecteurs aguerris.

Carlotta ne devait pas être au courant de l’essentiel, à savoir que dans ce monde à la limite du cercle polaire, il faut savoir se prémunir contre l’hiver et le noir, que la nuit et le jour sont des draps qu’on tire à soi, de sorte que nous qui dormons au bord du lit, au-delç de sept monts et cent rivières, nous sommes découverts pendant l’été, où le soleil qui ne se couche plus nous empêche de dormir, et étouffés pendant l’hiver, lorsque le drap ressemble à une couette rembourrée d’où l’on ne croit pas ressortir vivants. Les légendes sur le soleil qui disparaît deviennent de nouveau vraies et les ciseaux, dans un tiroir de la cuisine, prennent une expression luisante, rusée, qui donne envie de grimper jusqu’au toit pour percer la couette épaisse du ciel. mais lorsqu’on enfonce  les lames pointues dans le duvet, les plumes de volatile qui le farcissaient s’échappent, et les enfants, qui ont le nez collé aux vitres, crient d’un étage à l’autre : « Il neige ! Il neige ! »

Pour plus d’information sur le livre et l’auteur, 2 articles sont parus dans l’Express :

Le roman estonien  de Katrina Kalda et Katrina Kalda en 4 questions.

Divers

Aaaaaah !!!!!!!! (cri d’ado hystérique, pour ceux qui n’auraient pas compris)

          Je me promenais gentiment sur la blogosphère cet après-midi. Et tout à coup, une couverture sur un blog littéraire attira mon attention. Je m’approchai prudemment et là, un choc extrême m’attendait : le dernier livre d’Andréï Makine ! Mais comment est-ce possible ? où étais-je ces dernières semaines pour ignorer cette sortie ? Je n’en reviens pas, je manque à tous mes devoirs. Cet ouvrage fait partie des nombreuses nouveautés de la rentrée littéraire de janvier, il est sorti le 5. Déjà 3 jours donc qu’il est disponible et il n’est toujours pas dans ma bibliothèque !!! J’avais prévu de faire un bel article cet après-midi mais j’espère que vous comprendrez que mon programme a nécessité un aménagement d’urgence et que je vais me jeter immédiatement sur la première librairie venue pour réparer cette terrible erreur ! Inutile de vous dire que vous retrouverez très prochainement ce livre sur le blog. Et merci à Anne pour l’info, vous trouverez tous les détails ici. Inutile de vous dire que le titre m’inspire particulièrement. Ca va être un stress terrible de commencer cette lecture, ne vais-je pas être déçue par le seul auteur contemporain que je vénère ? La suite au prochain épisode…

Bars, restaurants

Le comptoir des colonies, Dijon

          Voilà le lieu idéal pour vous asseoir avec un livre et un bon thé si vous passez à Dijon. La décoration est très belle, beaucoup de bois et d’énormes boîtes de thé. On se croirait presque dans une ville coloniale (original étant donné le nom…). A l’étage, un joli salon où vous serez à votre aise enfoncé dans un canapé en cuir élimé. Les thés (dont la carte est impressionnante !) viennent de Mariage frère, gage de qualité et sont accompagnés d’une tranche de pain d’épice. On peut également y boire du très bon chocolat et des cafés venus du monde entier. Les gauffres sont délicieuses, très peu sucrées et croustillantes. Bref, une pause gourmande qui éclairera votre journée durant les longues soirées d’hiver.

4 Place François Rude
21000 Dijon
03 80 30 28 22