Au quatre coins du monde, des enfants parcourent chaque jour de nombreux kilomètres pour avoir la chance d’aller à l’école et de s’instruire. Des heures de marches ou de longues chevauchées qui traduisent une soif d’apprendre parfois difficile assouvir.
Ce documentaire suit quatre enfants sur le chemin de l’école : Jackson, 11 ans, au Kenya ; Zahira, 12 ans, au Maroc ; Samuel, 13 ans, en Inde ; et Carlos, 11 ans, en Argentine. Des vies très différentes et qui pourtant toutes recèlent un point commun, chacun doit faire de longs kilomètres pour rejoindre l’école. A pied ou à cheval, chacun parcourt des distances interminables dans l’espoir que le savoir lui amènera une vie meilleure. J’apprécie généralement beaucoup ce type de récit. J’avais notamment beaucoup aimé La traversée du Zanskar qui abordait également le thème de l’éducation.
Pourtant, si bien sûr le parcours de ces enfants est intéressant, j’ai été un peu déçue par ce film. Au premier abord j’ai été très surprise de trouver le film en VF, je n’avais pas fait attention ai moment de choisir la séance et c’est vrai que je trouve que la VO aide à se plonger dans le bain. Je me suis également questionnée sur le choix des enfants avec notamment un petit garçon handicapé qui vit certes un calvaire mais fait un rien tire-larme… Quant au choix de filmer uniquement par beau temps, on peut se demander s’il est vraiment représentatif du quotidien de chacun ou s’il est avant tout esthétique.
On suit la progression des enfants pas à pas sur leur chemin vers l’école. Un chemin difficile et semé d’embûches. La manière de filmer m’a parfois parue un peu larmoyante. On ne plaint pas les tambours et violons… J’aurais sans doute préféré quelque chose de plus neutre. C’est dommage car ces histoire se suffisent à elles-même, nul besoin d’en rajouter dans l’émotion ! A la toute fin, les enfants sont interviewés sur leur avenir et il est bien sûr question de ce qu’il est advenu d’eux depuis le tournage : j’ai trouvé par moments dans les paroles quelque chose d’artificiel même si elles sont surement sincères sur le fond, et la conclusion en forme de « happy end » ne m’a pas semblé très peu représentative de ce type de parcours. C’est dommage, ça m’a donné l’impression que ces enfants étaient mis en scènes pour faire passer un message alors que leur parole brute aurait finalement eu plus de portée tant elle est touchante en soi.
En effet, ici chacun des enfants semble réussir dans ses projets – ce qui est toujours une joie pour le spectateur – mais dans le monde réel, combien d’échecs pour une réussite ? combien d’abandons face aux difficultés ? combien de doivent se résigner face à la misère ? Peut-être suis-je un rien négative mais j’ai il m’a semblé voir la version Disney d’un documentaire sur l’éducation dans les zones reculées, dans un monde où il fait toujours beau et où tout finit toujours bien. Malheureusement dans le monde réel ce n’est pas aussi simple. La famille ne veut pas toujours envoyer les enfants à l’école, eux-mêmes se découragent souvent et les conditions matérielles les contraignent souvent à l’abandon précoce de leurs études. J’ai trouvé un côté un peu trop lisse à ce documentaire qui a malgré tout a le mérite d’ouvrir le genre au grand public. Ces enfances extraordinaires méritent tout de même toujours qu’on leur accorde un moment.
Thriller policier franco-américain de Louis Leterrier avec Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Woody Harrelson, Isla Fisher
Les quatre cavaliers sont un groupe de jeunes magiciens qui semblent sortis de nulle part et qui lors de leur premier spectacle braquent une banque à l’autre bout du monde. Le FBI et Interpol se lancent à leur poursuite avant qu’ils ne commettent d’autres méfaits.
J’ai toujours bien aimé les spectacles de magie et je dois avouer que ce film à grand spectacle me tentait bien. Certes, je ne m’attendais pas nécessairement à un grand film mais à un bon divertissement, ce qui mine de rien est déjà un beau pari. Et je dois admettre que le résultat s’est avéré assez convainquant ! Le scénario est plutôt bien monté, avec une histoire dans un style un peu Robin des Bois modernes parfois un peu difficile à suivre dans sa construction mais qui dans l’ensemble se tient bien et s’avère efficace. Bien sûr, le groupe est glamour à souhait et c’est paillettes à gogo : on est plongés dans l’ambiance de Las Vegas.
Je me suis facilement laissée prendre au jeu de cette histoire de cache-cache entre un groupe d’illusionnistes et les autorités. Les shows ne sont pas forcément aussi spectaculaires que je l’aurais souhaité, le vol à distance n’en mettant pas tellement plein la vue, toutefois, ça n’a pas tellement d’importance, tant la mise en scène est bien léchée. Tout est très propre est très carré. Un peu trop peut-être à mon goût, ça manque d’une petite touche de folie ; mais le résultat est impeccable et fonctionne plutôt bien. Le rôle de divertissement est bien tenu, avec un côté très grand spectacle. En revanche, on regrette un peu qu’il n’y ait pas plus d’émotion avec des personnages plus fouillés et une psychologie plus fine. Un film efficace et agréable qui, s’il est un peu lisse, n’en fait pas moins passer un bon moment.
Comédie dramatique française de Fabienne Godet avec Benoît Poelvoorde, Ariane Labed, Max Baissette de Malglaive
Antoine est un photographe en pleine déprime qui peine à s’en sortir. Il a pour meilleur ami Matteo, le jeune fils de sa voisine qu’il garde souvent. Un jour, il entend une jeune femme joué du piano ; fasciné, il commence à l’observer et la voit se jeter du toit de l’immeuble. Il arrivera juste à temps pour la sauver. Ensemble, ils vont retrouver le goût de vivre.
Ce n’est pas le genre de film qui m’attire spontanément, n’étant pas très portée sur les comédies romantiques et les bons sentiments mais j’avais vu des extrait qui m’ont vraiment séduite et donné envie d’aller le découvrir en salle. En effet cette histoire m’a semblé touchante et promettait d’être un des bons moments de cette rentrée cinématographique. Je suis donc allée le voir rapidement après sa sortie même si ayant beaucoup, beaucoup de retard dans la publication de mes articles, je ne vous en parle qu’un mois en demi après (d’autant plus que je mets en ce moment les articles dans le désordre pour ne pas parler de la rentrée à Noël, ce qui n’améliore pas mon retard concernant les autres…). Je dois admettre que si je n’en ai pas parlé plus vite, c’est aussi parce que j’ai été assez déçue et qu’il m’était un peu difficile de dire pourquoi.
En effet, j’ai trouvé le rythme de ce film assez lent. Tout d’abord l’histoire m’a semblé un peu longue à se mettre en route et ensuite j’ai trouvé qu’elle traînait en longueur sans jamais réellement entrer dans une dynamique intéressante. La relation entre les deux personnages m’a par moments parue quelque peu improbable, elle aurait sans doute pu être construite d’une manière qui semble moins artificielle – quoique le duo d’acteur la rende malgré tout intéressante grâce à une belle prestation. Il y a pourtant quelque chose d’émouvant dans ces deux êtres amochés qui se rencontrent et voudraient se guérir l’un l’autre. Certaines scènes sont touchantes et on veut croire à un beau conte de fées. Malheureusement, si les contours d’une belle histoire sont esquissés, le film reste toujours en demi-teinte et peine à convaincre malgré quelques jolis moments.
Comédie dramatique, romance française d’Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche
Adèle est une adolescente qui vit ses premières amours. Malgré les bonnes notes, les copines ou les petits amis, elle a l’impression d’un manque dans sa vie. Lorsqu’elle rencontre Emma, la fille aux cheveux bleus, c’est le coup de foudre. Aussi libérée qu’elle est introvertie, elles vont vivre toutes deux une histoire passionnée.
Cette année, enfin, pour la première fois depuis bien longtemps, le film primé à Cannes me tentait vraiment ! L’histoire de ces deux adolescentes qui s’aiment est tirée d’une BD, Le bleu est une couleur chaude, que j’ai envie de lire depuis un bon moment déjà et dont je n’ai entendu dire que du bien. Le sujet m’intéresse et le personnage de cette fille aux cheveux bleu m’intrigue : une touche de mystère comme je les aime. Après la projection lors du festival on parlait d’une magnifique histoire d’amour, et bien que toujours un peu réticente aux mièvreries, j’étais toute prête à me laisser cueillir et à pleurer d’émotion comme la Madeleine que je suis. Ca faisait donc des mois que j’attendais avec impatience la sortie de cette Palme d’Or un peu particulière, malgré les polémiques qui ont fait rage autour du tournage et dont à vrai dire je me suis à peu près totalement désintéressée. Inutile de vous dire que c’est avec beaucoup d’entrain que j’ai pris mes places en avance pour voir le film le soir-même de sa sortie.
Comment vous dire quel a été mon désarroi quand j’ai compris l’insondable profondeur de l’ennui qui me guettait ? J’ai pensé finir fossilisée sur mon fauteuil avant qu’il ne se passe quelque chose d’intéressant. Par curiosité, j’ai regardé ma montre à un moment donné, le film avait commencé depuis près d’une heure, Adèle n’avait toujours pas rencontré la fille aux cheveux bleus et je songeais déjà à aller retrouver mon lit confortable et le bon livre qui m’attendait sur ma table de chevet… Mais j’ai été courageuse ; j’ai tenu stoïquement jusqu’à la dernière seconde. On est tellement loin de l’exaltation à laquelle je m’attendais ! Comment expliquer pareil décalage entre l’enthousiasme en franchissant le seuil de la salle et la déception à peine quelques minutes après ? Et cela alors même que ce film est bien d’une certaine manière ce qu’on attendait ! Etrange décalage…
Tout d’abord, et c’est sans doute ce qu’il m’a le plus gênée, je n’ai pas du tout aimé la manière de filmer du réalisateur. Il a une manie du gros plan qui m’a franchement tapé sur les nerfs. Ce n’est pas que j’aie quoi que ce soit contre les plans serrés, au contraire, ça peut s’avérer très esthétique, mais de là à couper quasi systématiquement le haut du crâne de ses actrices, il y a de la marge tout de même. Ça me donne la désagréable impression qu’il ne sait pas tenir une caméra et qu’il a raté tous ses cadrage : « tiens elle serait pas mal celle-là mais tu lui as coupé le menton, celle-là aussi mais elle n’a plus d’oreille, ah et là c’est le front qui manque… ». A moins que ce ne soit un nouveau montage fait par vengeance suite à la polémique : « mes actrices ont tellement pris la grosse tête qu’elles ne tiennent même plus sur un écran de cinéma. » Toujours est-il qu’on est abreuvé de gros plans cadrés souvent de manière un peu hasardeuse pendant une bonne partie du film et que je n’avais qu’une envie, c’était que la caméra prenne un peu le large pour me laisser respirer. Une esthétique avec laquelle je me suis donc senti bien peu d’affinités. J’ai d’ailleurs trouvé que de ce point de vue-là le film était assez pauvre, avec des plans répétitifs et un brin monotones. Un peu de variation dans la manière de filmer aurait pu donner un peu plus de souffle il me semble.
Ce qui aurait pu donner plus de rythme également, c’est de couper les scènes interminables, tout simplement. J’en entends déjà certains crier au scandale. Je sais, je sais. Mais bon, le film dure 3h, et franchement, il y a des scènes d’un ennui mortel et d’un intérêt douteux qui aurait sans doute pu être écourtées. Surtout quand elles ont la fâcheuse tendance à se répéter… Honnêtement, dans la première partie, entre les repas en famille type « repasse-moi des spaghettis », les passionnantes discussions entre ados au lycée « vazi l’mec i’t’regarde il est trop canon, chui sure ya trop moyen d’niquer » (veuillez excusez les propos inconvenant mais ce se sont les premiers qui me reviennent à l’esprit) et les premières scènes de sexe (j’y reviens), rien ne nous est épargné. Tout ça avant même qu’on entre dans le vif du sujet ! Disons qu’on aurait peut-être pu écourter le supplice. Si au moins ça dressait un beau portrait du personnage, lui donnait de la consistance, tout ça… Alors certes, certaines questions sont effleurées mais je n’irai pas jusqu’à dire qu’au bout de cette heure où on voit pourtant Adèle en gros plan quasi en permanence elle ait beaucoup gagné en profondeur. Et pour moi, à part peut-être une pointe d’agacement devant certains tics évidents de réalisation, aucune émotion n’apparaissait à l’horizon.
Heureusement, la rencontre me tenait en haleine. D’ailleurs, je l’ai presque trouvée trop rapide, trop simple d’une certaine manière. Mais je l’ai trouvée belle. C’est un passage que j’ai bien aimé, celui des premiers instants ensembles et de la séduction. D’une forme d’insouciance aussi. Mais très vite, les scènes de sexe arrivent et on verse alors dans la pornographie. Rien ne nous est épargné. On voit leurs ébats point par point en temps réel. J’ai beau ne pas être particulièrement mal à l’aise avec ça, là c’était quand même trop et trop souvent. Choisir de tout montrer pourquoi pas mais bon, ce n’est peut-être pas la peine d’y passer de looooongues minutes à chaque fois qui finissent par déclencher ricanements, commentaires et bâillements dans la salle. A force de longueurs qui se veulent sans doute esthétiques, on tombe souvent dans le chiant ou le ridicule, quand ce n’est pas les deux. Forcément, ça laisse peu de place à l’émotion. Difficile une fois qu’on est dans de telles dispositions de se laisser séduire par une histoire d’amour, aussi émouvante soit-elle.
La deuxième partie du film, plus courte, est bien meilleure que la première (je ne lui ferais d’ailleurs pas les mêmes reproches), même si on reste loin du chef-d’œuvre annoncé. J’ai même versé ma petite larme à un moment, ce qui est surprenant étant donné mon état d’agacement à ce stade ; c’est dire le talent des actrices ! Car oui, elles sont toutes deux exceptionnelles. Adèle est d’un naturel déconcertant, pendant 3h, presque constamment en gros plan, elle crève l’écran. Léa Seydoux n’est pas en reste et livre une très belle prestation dans le rôle de cette femme charismatique. Un incroyable panel d’émotion se lit sur leur visage dans cette deuxième partie, beaucoup plus riche et mieux travaillée. Ici justement le gros plan prend tout son sens, pour transmettre au spectateur les sentiments troubles des personnages. Pas étonnant que cette Palme d’Or ait aussi été la leur. Cette deuxième partie est plus sobre mais je l’ai aussi trouvée bien plus belle ; dommage que la première partie n’ait pas été du même niveau, je n’aurais peut-être pas adoré le film, mais au moins j’aurais bien aimé je pense alors que là je n’ai que quelques images pas désagréables dans un océan d’ennui.
Je dois admettre que je suis terriblement déçue de ne rien avoir de plus positif à vous dire sur ce film. Grosso modo, mis à part les actrices et l’idée de départ, je n’ai pas trouvé grand-chose à sauver et j’en suis la première désolée. Pourtant l’histoire est bien celle que j’attendais, ces deux filles qui s’aiment sont bien là. J’ai juste eu l’impression qu’elle était vue avec d’autres yeux que ceux que j’attendais. Qu’il y avait un énorme décalage de point de vue entre ce que j’espérais et ce qu’a imaginé le réalisateur. Un peu comme si j’avais demandé à un photographe de me prendre une photo d’Etretat et qu’au lieu de prendre la falaise il prenne le côté où c’est plat ; c’est bien le même endroit, ce n’est simplement pas ce que j’avais imaginé. Une sensibilité qui n’est visiblement pas du tout la même que la mienne et qui m’a laissée totalement froide. Une fois de plus, je suis passée totalement à côté de cette Palme d’Or qui m’a laissée perplexe.
PS : un petit mot au passage pour Filou, la séparation fut une épreuve pour moi qui ai un peu de mal avec les engueulades au cinéma !
Drame belge de Felix Van Groeningen avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse
Elle travaille dans un salon de tatouage, il joue du banjo dans un groupe de country ; entre eux c’est de suite le coup de foudre, une passion dévorante qui rien ne semble pouvoir arrêter. La musique rythme leur vie et elle rejoint rapidement le groupe comme chanteuse en plus de son travail. Très vite, une petite fille viendra par surprise parfaire leur bonheur ; ils l’appelleront Maybelle.
Ceux qui me suivent le savent sans doute, en ce moment, non seulement j’ai tendance à voir les films assez longtemps après leur sortie mais en plus, ayant du retard dans mes articles, je traîne pour vous en parler. Ce film-ci est sorti il y a plusieurs semaines déjà et je n’avais pas encore réussi à le voir mais bien qu’ayant encore deux articles ciné en attente, j’ai décidé de vous en parler le plus rapidement possible, avant qu’il ne disparaisse totalement des écrans. En effet, ç’a été pour moi un véritable coup de foudre et j’ai eu envie de le partager avec vous tant que quelques salles le passaient encore. Le synopsis est très mystérieux et il est difficile d’en dire plus sur ce film sans en dévoiler certaines ambiguïtés qui en font aussi le charme. Toutefois, pas de demi-mesure possible, soit on reste dans le flou le plus total, soit on dévoile tout le ressort de l’histoire. Aucun suspens d’ailleurs, tout est dit dès les premières images mais comme le titre, l’affiche et le résumé jouent le mystère, que ceux qui préfèrent ne pas en savoir plus sur le contenu de l’histoire sautent le prochain paragraphe et nous retrouvent au suivant.
Le film est construit de manière un peu décousue, par flash-backs ; des allers-retours continuels entre différentes époques de leur vie de couple, qui sont parfois un peu déroutants. A 6 ans, Maybelle tombe malade, une leucémie. Elle va devoir commencer une chimiothérapie et son état se dégrade. Ses parents vont tout faire l’aider à affronter ça et à garder malgré tout la joie de vivre. Quant à eux, ils vont devoir apprendre à reconstruire leur couple autour de la maladie. Après un si grand bonheur, le malheur éloigne-t-il ou rapproche-t-il encore plus ? Comment le couple survit-il face à la maladie se son enfant ? Bien sûr, ce n’est pas la première fois que le cinéma aborde le sujet, mais c’est ici fait avec beaucoup de finesse et d’originalité à la fois, un mélange de fraîcheur et de gravité qui m’a un peu prise de court et m’a très agréablement surprise. En allant voir ce film, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais vu l’affiche, très belle et mystérieuse, le titre qui l’est tout autant et lu le synopsis qui ne nous apprend pas grand chose. La curiosité et les critiques élogieuses me poussaient à aller voir de quoi il s’agissait.
La réalisation m’a réellement étonnée, et m’a un peu perdue aussi parfois, bien que cela ait finalement assez peu d’importance. Un grand soin est apporté aux images avec des plans splendides. Les personnages – une tatoueuse et un joueur de banjo – sortent de l’ordinaire et fascinent. Je suis tout particulièrement tombée sous le charme de l’actrice principale, simplement exceptionnelle. Le film est rythmé par le son de la country, des airs tantôt endiablés, tantôt mélancoliques, qui en valeur, souvent par des jeux de contrastes, cette histoire entre peine et bonheur. Jamais on ne sombre dans le pathos, la délicatesse est de mise, avec une belle réflexion sur le couple, la douleur et les croyances intimes de chacun. J’ajouterai même qu’on y trouve un pointe d’engagement pour le plus grand plaisir des spectateurs pointilleux dans mon genre.
Comme souvent face à un coup de cœur, difficile d’en parler sans avoir l’impression de trahir ce qu’on a ressenti, et surtout, vient la crainte de créer un attente trop grande chez le lecteur et une inévitable déception. Car on aime des choses simples, et ce sont de celles-là qu’il est le plus difficile de parler. J’espère donc vous avoir donné envie d’aller découvrir Alabama Monroe, et que ceux qui le verront l’apprécieront autant que moi car ce fut pour moi un grand moment de cinéma. Un de ces films trop rares qui font passer par un large panel d’émotions et dont l’univers nous poursuit longtemps après être sorti de la salle. Une construction un peu décousue mais des images magnifiques, une musique entraînante et une histoire à fendre le cœur pour ce film splendide qui aura réussi à me faire verser plus d’une larme.