Cinéma

Gatsby le Magnifique

Drame autralo-américain de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan

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          En 1922, Nick Carraway, apprenti écrivain, quitte son Middle West natal pour New-York. Il retrouve là-bas sa charmante cousine, Daisy, et Tom, son mari volage. Mais surtout, il va faire la connaissance de son nouveau voisin, Gatsby, un milliardaire aussi séduisant que mystérieux. 

Tournage du film "Gatsby le Magnifique". INF

          J’avais essayé de lire Gatsby le Magnifique il y a quelques années et je dois admettre que j’avais trouvé ce livre d’un ennui mortel, l’abandonnant même à ma grande honte à peine arrivée à la moitié… Je me suis que peut-être le film me permettrait de me rattraper, mettant des images hautes en couleurs et des airs de jazz sur les phrases assommantes qui ne m’évoquaient pas grand chose. Et puis DiCaprio en Gatsby, forcément, c’est vendeur ! J’ai attendu pour le voir qu’il passe en 2D et en VO à côté de chez mi, la 3D ne m’attirant pas du tout. Dès les premières images, j’ai été assez surprise par les couleurs ultra saturées qu’emploie le réalisateur. Certes, on imagine sans peine des myriades de couleur dans ces fêtes (ce qui faisait d’ailleurs partie de mes attentes) mais le gazon limite vert fluo, c’est un peu trop : de la mesure en toutes choses… Mais bon, Baz Luhrmann n’a visiblement que peu de goût pour la nuance.

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           Si le film est assez spectaculaire visuellement (trop même), je l’ai surtout trouvé assez creux. Les acteurs ne sont pas folichons. Leonardo DiCaprio sort un peu du lot et campe un Gatsby assez séduisant et flirtant avec la folie, donnant une dimension intéressante au personnage, même si ce n’est pas son meilleur rôle. J’ai d’ailleurs tendance à penser que quand il joue sur son physique de jeune premier il devient étrangement lisse, perdant en route pas mal de son charme (ou serait-ce juste un problème personnel avec les physiques de papier glacé ?). Quant aux autres, ils sont bien fades et à peu près sans intérêt. Ceci dit, je trouve déjà les personnages terriblement lisses dans le roman… Bien sûr Gatsby, c’est avant tout une critique de cette société superficielle où seules les apparences comptent, mais le film mais sans doute plus l’accent sur le strass, les paillettes et le glamour que sur l’aspect sociologique, un peu vite esquissé. Toutefois, l’ambiance qui se charge peu à peu jusqu’à devenir franchement malsaine est très bien traitée. Un film agréable à regarder et très esthétique, doublé d’une adaptation assez fidèle mais qui manque sans doute un peu de consistance pour convaincre vraiment.

Cinéma

L’écume des jours

Comédie dramatique française de Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy

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          Quand Colin rencontre Chloé, le coup de foudre est immédiat. Pendant des mois, il vont filer le parfait amour. Colin a beaucoup d’argent, suffisamment pour ne pas avoir à travailler et se consacrer tout entier à leur idylle. Mais un jour Chloé tombe malade, un nénuphar lui mange peu à peu le poumon. Colin va devoir se mettre au travail pour payer le coûteux traitement de sa femme et leur vie va commencer à s’assombrir.

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          J’avais lu l’Écume des jours il y a quelques années. Un roman que j’avais bien aimé, lui trouvant une certaine poésie, sans pour autant vraiment l’adorer, lui trouvant quelques maladresses. Je l’ai lu à 21 ou 22 ans, âge où on est déjà trop terre à terre pour hurler au génie face à la douce folie de Boris Vian, et pas encore assez pour le trouver dénué d’intérêt. Raymond Queneau (auteur et éditeur de génie) disait de ce roman qu’il était « le plus poignant des romans d’amour contemporain ». Sans aller jusque-là, il faut reconnaître que Vian renouvelle le genre et qu’à travers ses excentricités, se dessine un touchant désespoir. Personne n’avait encore osé porter à l’écran ce roman à l’univers totalement déjanté et il fallait bien toute l’inventivité de Michel Gondry pour tenter le coup !

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          J’aime généralement l’univers décalé du réalisateur, souvent construit en carton pâte et plein de trouvailles scénaristiques. J’étais donc assez optimiste sur cette adaptation qui me semblait avoir tout pour plaire. Mon enthousiasme n’a pas fait long feu. A peine les premières images étaient-elles apparues à l’écran que je m’ennuyais déjà ! Ces deux heures de film ont été un vrai supplice ! Je ne sais pas trop comment parler de ce film tant pour moi rien ne marche vraiment dans la mise en scène, la magie n’a tout simplement pas opéré. Pourtant l’adaptation est assez fidèle mais j’ai eu l’impression que l’univers farfelu de Michel Gondry venait se superposer à celui déjà surchargé de Boris Vian et que ça faisait simplement trop. Trop de détails un peu fous dans tous les sens, trop de tout partout, trop de trop. Ca aurait pu être génial mais ça ne marche pas.

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          J’ai trouvé que les acteurs surjouaient constamment et n’étaient pas crédibles une seule seconde. Les minauderies incessantes d’Audrey m’ont exaspérée. Le début veut donner un air d’insouciance qui sonne faux : beaucoup de couleurs, de sourires forcés, d’agitation inutile. Peu à peu, le décor s’assombrit avec la maladie de Chloé, tout comme dans le roman. Le film devient alors oppressant. Étrangement, c’est sans doute encore la partie qui fonctionne le moins mal, arrivant plus ou moins au résultat escompté. Bien que Michel Gondry signe une adaptation fidèle du roman de Boris Vian, j’ai trouvé que le film ne fonctionnait pas vraiment, voulant constamment trop en faire. La magie se retrouve noyée sous la surabondance de gadgets et le jeu outrancier des acteurs. Le résultat est décevant, et d’un terrible ennui.

Cinéma

Le passé

Drame français d’Asghar Farhadi avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa

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          Ahmad et Marie sont séparés depuis quatre ans quand il arrive à Paris depuis Téhéran pour signer les papiers du divorce. Lors de son séjour, il découvre que Marie et sa fille ont des relations conflictuelles depuis qu’elle a rencontré quelqu’un. Des tensions qui cachent un secret trop lourd pour ses épaules d’adolescente.

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          J’aime assez le cinéma d’Asghar Farhadi, bien que je ne sois pas non plus une inconditionnelle de son oeuvre, trop intimiste à mon goût. Toutefois, j’ai toujours apprécié le côté engagé de ses films et leur sobriété. Il quitte ici sa terre iranienne pour tourner en France, un changement de décor qui n’est pas sans conséquences sur la manière de traiter le sujet même si on reconnaît sans peine ici le style du cinéaste. En effet, l’histoire construite autour d’un couple qui se sépare et d’un secret qui divise la famille, n’est pas sans rappeler Une séparationToutefois, le contexte social n’étant pas le même, le résultat est assez différent. Etant donné que l’histoire se passe en France, l’aspect politique présent dans les films précédents disparaît ici. C’est bien dommage puisque c’est justement la partie du cinéma d’Asghar Farhadi que je préfère.

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          Reste le drame familial, la réflexion sur le secret, ce que le réalisateur maîtrise particulièrement. J’ai trouvé que l’intrigue aurait mérité d’être encore épurée. Il y a moults tours et détours qui n’amènent pas grand chose, c’est un peu dommage. La toute fin m’a également un peu gênée, une dernière scène qui n’est pas tout à fait au niveau de ce qui précède. Cela mis à part, le film est impeccable. Les acteurs sont excellents (Bérénice Béjo a d’ailleurs vu sa prestation récompensée à Cannes) et il y a de très belles images. J’aime la sobriété avec laquelle c’est filmé. Pourtant, si je ne peux que reconnaître les qualités de ce film et si je l’ai apprécié, je n’ai pas non plus adoré. Ce n’est pas le genre de cinéma qui me parle, n’ayant que peu de goût pour les drames familiaux. Moi qui déteste les engueulades au cinéma, certaines scènes m’ont mise au supplice ! Malgré quelques maladresses, un très bon film, surtout tenu par un très bon jeu d’acteurs et une mise en scène efficace.

Actualité·Cinéma

Cannes 2013, Le Palmarès

          Après deux semaines de compétition, le jury du festival de Cannes, présidé cette année par Steven Spielberg, a rendu son verdict. Voici les heureux élus du côté des longs métrages :

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La Palme d’or revient à La vie d’Adèle d’Abdellatif KECHICHE. Ce film inspiré de la BD Le bleu est une couleur chaude raconte une histoire d’amour entre deux adolescentes.

Le Grand Prix est pour les frères Cohen avec Inside Llewyn Davis. La vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961.

– Amat Escalante reçoit le Prix de la mise en scène pour Heli. Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsqu’elle celle-ci tombe amoureuse d’un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.

Le Prix du Jury revient à Kore-Eda Hirokazu pour Soshite chichi ni naruLa vie de Ryoata et sa femme bascule le jour où ils apprennent que leur enfant a été échangé avec un autre bébé à la naissance.

Le Prix du scénario est pour Jia Zhangke avec Tian zhu dingQuatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Le Prix d’interprétation féminine a été remis a Bérénice Béjo pour sa prestation dans Le passé d’Asghar Farhadi. Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille.

Le Prix d’interprétation masculine a quant a lui été décerné à Bruce Dern pour Nebraska d’Alexander Payne. Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain. Sa famille, inquiète de ce qu’elle perçoit comme un début de sénilité.

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          Vous pouvez retrouver l’intégralité du palmarès, avec les prix du court métrage, le palmarès Un certain regard et les prix de la Cinéfondation ici.

Cinéma

Trance

Thriller britannique de Danny Boyle avec James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson

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          Simon est commissaire priseur. Pour payer ses dettes de jeu, il s’associe à Franck et son gang pour voler un célèbre tableau. Au dernier moment, il essaie de le doubler et cache la toile. Ayant reçu un violent coup sur la tête au moment du braquage, il est incapable de se rappeler où il a mis la toile. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de lui faire retrouver la mémoire.

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          Que dire, que dire, que dire ? Ce film me tentait bien, j’aime assez les histoires labyrinthiques, à condition bien sûr qu’elles soient bien construites. La bande-annonce me donnait l’impression d’un polar assez efficace et Vincent Cassel en gangster, ça marche toujours. Pourtant, j’ai vu ce film il y a une dizaine de jours et j’ai dû aller voir sur Allociné pour me rappeler de quoi il était question. Mon seul souvenir était qu’il y avait quelques bons acteurs, une ambiance chargée et une histoire extrêmement compliquée. La lecture du synopsis m’ayant quelque peu remis les idées en place, je vais tenter de vous en parler sans en dévoiler les ressorts : c’est pas gagné !

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          Je suis très mitigée sur ce film. Je dirais que dans l’ensemble il est extrêmement compliqué et un peu confus. L’intrigue prend des tours et des détours, on ne sait pas qui manipule qui et ce genre d’histoires sur les méandres de l’esprit demande une mécanique parfaitement huilée pour fonctionner. Malheureusement ici ce n’est pas vraiment le cas. La complexité de scénario n’est pas toujours maîtrisée et au moment où tout devrait se mettre en place, le spectateur peine un peu à éclaircir le dénouement. Un léger manque de clarté dû au côté un peu brouillon de ce film qui se perd dans ses propres ramifications. Le réalisateur ne parvient pas vraiment à se dépêtrer de son affaire et peine à dégager une trame nette. C’est bien dommage car le film avait un beau potentiel, le résultat est quant à lui tout à fait dispensable.