L’écume des jours

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Comédie dramatique française de Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy

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          Quand Colin rencontre Chloé, le coup de foudre est immédiat. Pendant des mois, il vont filer le parfait amour. Colin a beaucoup d’argent, suffisamment pour ne pas avoir à travailler et se consacrer tout entier à leur idylle. Mais un jour Chloé tombe malade, un nénuphar lui mange peu à peu le poumon. Colin va devoir se mettre au travail pour payer le coûteux traitement de sa femme et leur vie va commencer à s’assombrir.

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          J’avais lu l’Écume des jours il y a quelques années. Un roman que j’avais bien aimé, lui trouvant une certaine poésie, sans pour autant vraiment l’adorer, lui trouvant quelques maladresses. Je l’ai lu à 21 ou 22 ans, âge où on est déjà trop terre à terre pour hurler au génie face à la douce folie de Boris Vian, et pas encore assez pour le trouver dénué d’intérêt. Raymond Queneau (auteur et éditeur de génie) disait de ce roman qu’il était « le plus poignant des romans d’amour contemporain ». Sans aller jusque-là, il faut reconnaître que Vian renouvelle le genre et qu’à travers ses excentricités, se dessine un touchant désespoir. Personne n’avait encore osé porter à l’écran ce roman à l’univers totalement déjanté et il fallait bien toute l’inventivité de Michel Gondry pour tenter le coup !

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          J’aime généralement l’univers décalé du réalisateur, souvent construit en carton pâte et plein de trouvailles scénaristiques. J’étais donc assez optimiste sur cette adaptation qui me semblait avoir tout pour plaire. Mon enthousiasme n’a pas fait long feu. A peine les premières images étaient-elles apparues à l’écran que je m’ennuyais déjà ! Ces deux heures de film ont été un vrai supplice ! Je ne sais pas trop comment parler de ce film tant pour moi rien ne marche vraiment dans la mise en scène, la magie n’a tout simplement pas opéré. Pourtant l’adaptation est assez fidèle mais j’ai eu l’impression que l’univers farfelu de Michel Gondry venait se superposer à celui déjà surchargé de Boris Vian et que ça faisait simplement trop. Trop de détails un peu fous dans tous les sens, trop de tout partout, trop de trop. Ca aurait pu être génial mais ça ne marche pas.

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          J’ai trouvé que les acteurs surjouaient constamment et n’étaient pas crédibles une seule seconde. Les minauderies incessantes d’Audrey m’ont exaspérée. Le début veut donner un air d’insouciance qui sonne faux : beaucoup de couleurs, de sourires forcés, d’agitation inutile. Peu à peu, le décor s’assombrit avec la maladie de Chloé, tout comme dans le roman. Le film devient alors oppressant. Étrangement, c’est sans doute encore la partie qui fonctionne le moins mal, arrivant plus ou moins au résultat escompté. Bien que Michel Gondry signe une adaptation fidèle du roman de Boris Vian, j’ai trouvé que le film ne fonctionnait pas vraiment, voulant constamment trop en faire. La magie se retrouve noyée sous la surabondance de gadgets et le jeu outrancier des acteurs. Le résultat est décevant, et d’un terrible ennui.

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    • Même si on n’accroche pas forcément, c’est toujours intéressant de voir une adaptation. Tu me diras ce que tu en penses si tu as l’occasion d’y aller.

    • En écrivant l’article je me suis demandée s’il n’y avais pas eu une adaptation plus ancienne (la vague impression d’avoir lu ça quelque part…), mais j’ai pensé que je mélangeais avec Gatsby. Du coup je vais aller enquêter pour en savoir plus, et corriger au passage 🙂 Merci pour l’info !

      • Je peux vous aider dans votre enquête car je fus durant 44 ans la femme et la collaboratrice de Charles Belmont qui fit l’adaptation de L’ÉCUME DES JOURS en 1968. Le DVD sortira à l’automne. Je travaille au bonus.

        Le casting : les très jeunes Marie-France Pisier, Jacques Perrin, Sami Frey, Annie Buron.
        Sélection officielle au Festival de Venise 1968.

        Prévert en disait : « Belmont a gardé le coeur du roman, ce film est merveilleusement fait. En plus, c’est drôle ! »
        Renoir : « Ce film a la grâce »
        En décembre 2011 Télérama : « Une comédie solaire délicieusement surréaliste. Adapter Vian ? un tabou dont Charles Belmont est joliment venu à bout ».
        En juin 2012 Michèle Vian dans Le Monde : « C’est très joli. Charles Belmont avait compris quelque chose. Il était fidèle à l’esprit. Et la distribution est éclatante ».
        Et le Passeur critique le 24 avril 2013 : « Cette fraîcheur de ton offre au roman original la traduction à l’écran d’une fuite existentielle débordante de vie magnifiée par une bande son jazzy d’une élégance rare et d’un montage à son unisson. Élégant le film l’est tout du long dans un dégradé de nuances. »

        On peut voir photos, extraits et avis critiques sur le blog :
        L’oeuvre du cinéaste Charles Belmont
        charlesbelmont.blogspot.fr

      • Voilà une excellente surprise matinale !
        Merci beaucoup pour toutes ces informations que je vais de ce pas ajouter à l’article.
        Très bonne journée.

  1. C’est ce qui me freine à aller voir ce film, comme tu le dis ça fait trop d’univers ensemble. Et puis, pour moi (ce n’est donc pas forcément une vérité, juste mon interprétation !) Vian a tout fait, par son écriture, pour mettre l’imagination au bord du mur, en la poussant dans ses retranchements avec des images complètement hallucinantes. Comment traduire cela en film ? Le faire de manière littérale ? Comment heurter l’imagination avec des images ?

    • Je trouve aussi que Vian a mis tellement d’images dans son livre qu’on se fait tous un peu notre film en le lisant… Gondry retranscrit assez bien les images du livre mais avec son imaginaire à lui, qui n’est pas forcément le notre (dans mon, cas, si j’aime beaucoup son univers, il ne ressemble à rien que je pourrais imaginer), je crois que c’est ce qui fait que le film ne fonctionne pas vraiment.

  2. Oh, comme j’attendais cette chronique ! Qui me confirme que j’ai bien fait d’attendre et de ne pas me précipiter au cinéma (comme pour toute oeuvre littéraire adaptée au cinéma, surtout celle-là). Bon, on attendra sa sortie en dvd à la médiathèque alors.

  3. Bonsoir, pas lu le roman et je n’ai pas du tout été tentée par le film, la BA ne m’avait pas inspirée. Je n’ai aucun regret. Bonne soirée.

    • Tu as bien fait, la bande-annonce ne m’avait pas inspirée non plus et le film lui ressemble terriblement, en beaucoup, beaucoup plus long. Bonne journée.

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