Actualité·Expositions

La Victoire de Samothrace restaurée

          L’année dernière, le Louvre a lancé un appel au don pour restaurer la célèbre Victoire de Samothrace. Pour une raison assez mystérieuse, cette statue sans tête et sans bras m’a toujours particulièrement touchée. A tel point que lors de mon premier stage au Louvre, lorsque j’ai visité le musée le jour de fermeture pour la première fois, en la voyant ainsi en haut de son piédestal sans le moindre touriste à l’horizon, j’en ai eu les larmes aux yeux. Depuis, je vais la voir à chacune de mes visites au Louvre. Je ne pouvais donc que participer dans la mesure de mes faibles moyens à sa restauration. En remerciement, le musée m’a envoyé une invitation pour deux personnes à aller voir le résultat. Je m’y suis donc rendue avec ma maman la semaine dernière. Veuillez excuser la piètre qualité des photos mais j’avais bêtement oublié mon appareil, j’ai donc dû me contenter de mon téléphone pour l’occasion.

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          La Victoire de Samothrace représente une femme ailée, déesse messagère de la Victoire. Il s’agit d’une statue monumentale de l’époque hellénistique, dont la réalisation est estimée aux alentours de 200 av. J-C, et qui mesure avec son socle en forme de proue de bateau plus de 5,50 m de haut. Elle a été découverte en plusieurs parties en 1863 lors de fouilles sur l’île de Samothrace, située en mer Egée. Elle entre au Louvre en 1964 et est remise en état. Le socle en forme de proue a d’abord été pris pour un tombeau et laissé sur place, avant de rejoindre la statue en 1879 suite à de nouvelles fouilles. En revanche, malgré de nombreuses recherches, ni la tête, ni les bras de la statue n’ont été retrouvés. Je dois avouer que je trouve que c’est ce qui fait tout son charme. La pureté des lignes n’en ressort que mieux et le mystère me plaît particulièrement.

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          La restauration est assez discrète. La statue a été nettoyée, le bloc moderne qui se situait entre le socle et la statue a été retiré et les traces de restaurations passées ont été gommées. De nouveaux plis et une plume qui étaient conservés en réserve ont enfin trouvé leur place sur la Victoire. Les matériaux utilisés pour la restauration sont plus stables et respectueux du marbre ancien. L’escalier Daru sur lequel elle trône a également été restauré. Le marbre a aujourd’hui retrouvé une jolie patine et la Victoire de Samothrace est plus éblouissante que jamais. D’ailleurs la foule se presse pour aller l’admirer. Pour en faire autant, c’est tout les jours sauf le mardi au Louvre, au 1° étage de l’aile Denon.

Théâtre

Notre-Dame de Paris, un ballet grandiose à l’Opéra Bastille

          Trois hommes aiment une même femme avec pour toile de fond Notre-Dame de Paris. Une histoire qui va tourner au tourner au drame. Le célèbre roman de Victor Hugo, maintes fois adapté, est ici porté à la scène par Rolland Petit pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Une découverte surprenante.

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          Depuis peu, j’essaie de me mettre un peu aux spectacles de danse. Pour la première fois, je suis allée en voir un à l’opéra Bastille. Je dois avouer que si j’ai été enthousiaste au moment où j’ai acheté ma place, j’ai un peu douté de mon choix en sortant de chez moi pour voir le spectacle. J’ai eu un peu peur que Notre-Dame de Paris passe moyennement bien sur scène, sans paroles. Les histoires aussi célèbres s’avèrent parfois décevantes quand les versions modernes sont trop différentes de ce qu’on en attendait. Mais dès les premières minutes, mes craintes ont été dissipées et j’ai adoré chaque minute de ce ballet absolument magnifique et vraiment très impressionnant.

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          Les costumes du corps de ballet – les premiers qu’Yves Saint-Laurent réalisa pour la scène – sont extrêmement colorés et font ressembler certaines scènes à un immense kaléidoscope. Ils semblent reprendre les teintes des vitraux de Notre-Dame et donnent une vivacité incroyable à l’ensemble. Ceux des personnages principaux, dans des tons neutres, tranchent aux milieu de cette myriade de couleurs. Pour la plupart des tableaux, les danseurs sur scène sont extrêmement nombreux – 40 ou 50 à vue de nez – et les voir bouger à l’unisson avec une précision de métronome est tout à fait fascinant. J’ai rarement vu une telle perfection du point de vue de la synchronisation, c’était juste splendide. La mise en scène est impressionnante et magnifique avec cette foule bigarrée qui et nous en met plein la vue.

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          Les solos, relativement peu nombreux, sont également très beaux, avec des chorégraphies aériennes qui contrastent avec la géométrie de celles du corps de ballet. Ils sont aussi l’occasion bien sûr de montrer des choses beaucoup plus techniques. Quasimodo, constamment voûté, m’a particulièrement impressionnée par sa performance sur scène. Par ailleurs, j’ai été subjuguée par la précision et la grâce de la chorégraphie. Les décors sont extrêmement imposants et changent au fil de l’histoire. Ils sont dans des teintes assez neutres qui font plus encore ressortir les costumes des danseurs. Quant à l’histoire, elle est bien sûr très condensée mais l’essentiel est là et on ne peine jamais à la suivre. J’ai passé toute la première partie totalement accaparée par ce qui se passait sur scène de peur d’en perdre la moindre miette. La seconde, beaucoup plus sombre, aussi bien du point de vue de l’histoire que de sa représentation, m’a un peu moins emballée.

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          Notre-Dame de Paris est la première chorégraphie que Roland Petit a créée pour le ballet de l’Opéra en 1965. Très théâtrale, elle recentre l’histoire sur ses 4 personnages principaux – Quasimodo, Frollo, Phoebus et Esmeralda – et en fait ressortir aussi bien la beauté que l’aspect dramatique. La musique de Maurice Jarre accompagne admirablement cette imposante fresque moyenâgeuse. J’ai été très heureuse de découvrir ce classique du ballet qui n’a pas prix une ride. Un spectacle haut en couleurs où tout impressionne, des décors imposants aux costumes chatoyants en passant par la légèreté des solos et la précision millimétrique de la chorégraphie. Tout simplement splendide. 

Théâtre

Gala d’ouverture des étés de la danse : une soirée magique

          Chaque été, le théâtre du Châtelet propose un festival dans lequel se succèdent les plus grandes compagnies du monde : les étés de la danse. J’avais déjà eu l’occasion de m’y rendre mais cette année, j’ai vu les choses en grand et me suis payé une place pour le gala d’ouverture.

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          J’ai totalement surexcitée à l’idée d’assister à la première soirée du festival. Durant deux semaines, plusieurs programmes sont proposés mais pour le gale d’ouverture, c’est à un aperçu de chaque spectacle auquel nous avons eu droit : un véritable feu d’artifice ! Bien qu’ayant fait un peu de danse dans mon jeune âge, mes compétences en la matière sont fort limitées et il m’est assez difficile de fournir une critique construite. La seule chose que j’ai envie de dire c’est que c’était teeeeeellement beau !!! Je vais tout de même essayer de développer un peu…

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(c) Erik Tomasson

          Pour cette 10° édition, c’est le San Francisco Ballet, dirigé par Helgi Tomasson, qui était à l’honneur. La célèbre compagnie américaine avait été la première à accepter de participer au festival naissant en 2005 et il était donc tout naturel qu’elle soit de nouveau invitée pour cet anniversaire. Il y a 2 ans, j’avais assisté à une représentation de la compagnie d’Alvin Ailey qui proposait des chorégraphies très modernes, j’ai donc été surprise de constater que cette année on était plus proche du ballet traditionnel, ce qui n’est pas du tout pour me déplaire.

(c) Erik Tomasson

          Les chorégraphies s’enchaînent avec des univers variés. Je les ai toutes trouvées plus belles les unes que les autres, avec souvent des costumes intéressants. On commence très fort avec des deux danseurs seuls sur scène. J’ai été frappée de constater que malgré l’incroyable amplitude des sauts, ils retombaient sans faire plus de bruit qu’une feuille qui aurait touché terre. Ca m’a subjuguée. Retomber avec grâce est de loin la chose la plus difficile en danse et atteindre une telle perfection demande une maîtrise que j’ai rarement rencontrée.

(c) Erik Tomasson

          J’ai particulièrement apprécié une chorégraphie autour d’un trio amoureux, pleine d’humour et de grâce. Il y a eu aussi celle avec des danseuses en tutus jaunes de toute beauté ou en encore le final, où toute la troupe se retrouve sur scène dans une mise en scène des plus impressionnantes. Je regrette de ne vous en parler que maintenant alors que le festival s’est achevé hier mais je vous encourage à réserver vos places pour l’année prochaine. C’était un véritable plaisir des yeux. J’ai regretté de ne pas avoir pris de places pour d’autres soirée afin de voir tous les spectacles proposés. Une soirée vraiment magnifique, d’une grâce folle : tout simplement magique.

Actualité·Culture en vrac

Que faire à Paris ce week-end ? – 19/20 juillet

          Paris se vide en été, le rythme ralentit et la capitale prend un air de fête. Avec un peu de retard, voici de quoi s’occuper à Paris ces jours-ci :

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Loisirs de plein air : Paris plages revient sur les berges cet été encore, découvrez les nombreuses animations prévues tout au long de l’été sur la page dédiéeL’été du canal, festival de l’Ourcq du 5 juillet au 24 août, des bals, de l’art de rue, des parcours sonores ou des croisières découverte, autant de manières de découvrir le canal autrement. Pour la programmation, c’est ici.

Cinéma : Paris l’été, c’est l’occasion de profiter du cinéma en plein air, avec la chaleur de ces derniers-jours, le temps est idéal ! Cette semaine, Ciné quartier 13 propose Sita chante le blues le 19 juillet à la tombée de la nuit au square Paul Grimault. Courez-y, c’est gratuit !

Musique : le Festival Fnac live a commencé sur le parvis de l’hôtel de ville et c’est jusqu’à dimanche. Des concerts gratuits d’artistes comme Jeanne Cheral, Mademoiselle K ou Bernard Lavilliers – et de nombreux autres ! Retrouvez la programmation ici. Découvrez aussi le Black summer festival au Cabaret sauvage, de nombreux concerts funk, soul, reggae jusqu’au 02 août. Pour la programmation et les tarifs, c’est par-là.

Arts de la scène : théâtre, danse, musique, le festival Paris quartiers d’été revient pour une nouvelle saison. De nombreux spectacles à travers la ville pendant tout l’été, dont certains sont en accès libre. Découvrez la programmation ici.

Jeunesse : Pestacles 2014, un festival pour les petits qui propose tous les mercredi des concerts à petits prix au jardin botanique du bois de Vincennes. Une programmation riche pour leur faire découvrir les musiques du monde. La liste des concerts par-là. Au jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne, c’est Jardin-Plage qui s’installe pour l’été, avec de nombreuses animations. Les jardins d’été du Quai Branly reviennent également pour l’été avec des animations pour petits et grands.

Retrouvez également les bons plans de la semaine dernière pour compléter ce programme.

Théâtre

Lucrèce Borgia, une mise en scène grandiose à la Comédie Française

          Lucrèce Borgia est une femme incestueuse, cruelle et avide de pouvoir. Avec son frère, elle a eu un fils, Gennaro, qui ignore tout de l’identité de ses parents. Elle l’aborde lors d’un bal masqué mais les amis du jeune homme la reconnaissent et l’humilient. Son mari quant à lui la soupçonne d’infidélité. Elle ne pense plus alors qu’à se venger et conquérir l’amour de son fils.

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© Christophe Raynaud de Lage.

         Je n’avais pas entendu dire que du bien de cette pièce, jugée trop fade par la critique qui ne semblait de plus guère apprécier que le rôle de Lucrèce Borgia soit tenu par Guillaume Gallienne. Connaissant son art pour le travestissement, même si je me méfie beaucoup des rôles de femmes joués par des hommes (ou l’inverse d’ailleurs), j’étais assez confiante sur ce plan-là. Pourtant, même si je partais plutôt optimiste, je n’imaginais pas du tout ce qui m’attendait ! Denis Podalydès a frappé très fort avec un univers qui fascine dès les premières secondes. En effet, s’il peut y avoir à redire sur certains points, ce qui fascine dans cette pièce, se sont avant tout les somptueux décors et les magnifiques costumes signés Christian Lacroix.

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© Christophe Raynaud de Lage.

          Dès que le rideau s’est levé, j’ai été subjuguée par la beauté du décor ! Une grande gondole au centre de la scène mais surtout un fond imitant le ciel avec un éclairage comme je ne me rappelle pas en avoir déjà vu au théâtre. Le jeu des clairs/obscurs est de toute beauté et crée une ambiance réellement féerique. La pièce est accompagnée par une musique qui souligne agréablement le propos. Les costumes quant à eux sont admirables. Ils restent relativement sobres, étant essentiellement noirs, mais les coupes sont magnifiques. Je dois avouer que j’aime un théâtre assez classique avec de grands décors et de beaux costumes qui nous mettent dans l’ambiance autant qu’ils nous font rêver : j’ai été servie !

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.

          J’aime beaucoup l’histoire des Borgia, que je trouve tout à fait fascinante ! Il faudrait d’ailleurs que je me trouve quelque chose à lire sur le sujet. Les acteurs sont convaincants, avec une mention spéciale à Eric Ruf que je trouve toujours aussi formidable ! Guillaume Gallienne est assez juste dans le rôle de Lucrèce Borgia même si j’aurais aimé une interprétation plus en retenue. Je ne crois pas que la colère ou la douleur doivent nécessairement passer par les cris. Mais cette tendance à en faire trop est coutume à la Comédie Française et reste ici somme toute assez discrète. L’interprétation, plus puissante qu’émouvante, n’en demeure pas moins de qualité. Je me suis laissée embarquer par cette histoire très forte malgré quelques scènes qui manquent un brin de subtilité dans le jeu. Tout m’a ravie dans cette pièce : des décors aux costumes en passant par le magnifique éclairage. C’est tellement beau que j’ai été déçue de voir le rideau retomber et que j’hésite à reprendre une place pour l’année prochaine. Du théâtre comme je l’aime !

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Lucrèce Borgia de Victor Hugo

Mise en scène de Denis Podalydès avec :

Comédie Française

Salle Richelieu

Place Colette – 75001 Paris

Jusqu’au 20 juillet