Expositions

Félix Vallotton : Le feu sous la glace

          Félix Vallotton est un peintre de la fin du XIX° – début XX° s. proche des nabis. Son oeuvre est moderne et son style très personnel, inclassable. Parmi ses travaux, des huiles, des gravures mais aussi des sculptures, des critiques d’art et même des romans. Il a peint aussi bien des portrait que des paysages, des nus que des natures mortes. Un artiste prolifique et surprenant à découvrir en ce moment au Grand Palais.

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Site_mail_femme-nue-assiseSi je connaissais Vallotton de nom, je dois bien admettre que c’est à peu près tout. Je situais vaguement l’époque et le style mais j’aurais été incapable de citer une seule de ses toiles et je ne sais même pas si j’en avais déjà vu une auparavant. Etant assez férue de cette période j’étais curieuse d’en découvrir un peu plus et j’avais donc hâte d’inaugurer ma carte Sésame pour aller voir de plus près de quoi il retournait. Dès les premières salles, j’ai été agréablement surprise. En effet, la diversité des styles est assez incroyable : du portrait le plus classique à des paysages proche de l’impressionnisme ou des scènes d’intérieur qui ne sont pas sans rappeler Hopper ; une grande richesse dans les sujets et les formes d’expression qui m’a ébahie.

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pastoureau-vallottonNé en 1865, l’artiste Suisse a étudié à Paris, à l’Académie Julian où se sont formé de nombreux artistes de l’époque. Il a rapidement acquis une renommée internationale grâce à ses gravures sur bois qui rencontrent un vif succès dans l’avant-garde parisienne et lui permettent d’intégrer le groupe des nabis. A partir de 1899, il préférera la peinture et laissera à sa mort en 1925 plus de 1700 tableaux. Il s’est essayé à tous les genres : portrait, nu, paysage, nature morte, sujet mythologique, peinture d’histoire… Mais s’il a peint des choses très diverses, ses toiles se distinguent toujours par un dessin précis aux formes bien découpées, des tons recherchés et un aspect lisse. Le cadrage et le perspective s’inspirent souvent de l’estampe ou de la photographie dans une réappropriation de différentes techniques qui est intéressante. Une oeuvre qui peut sembler un peu fourre tout et de laquelle se dégage pourtant un semblant d’unité. Le toiles sont réunies autours de 10 thèmes tels que l’esthétique, la politique, le double féminin… Cette exposition est la première d’envergure consacrée au peintre à Paris depuis près de 50 ans.

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felix-vallotton-feu-sous-glace-grand-palais-L-Sa8CLEJe dois avouer que j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet artiste. Bien sûr, étant donnée la variété de la production, c’est un peu inégal mais ses nus sont de toute beauté, certains m’ont vraiment sidérée. Il y en a un notamment qui m’a clouée sur place. Je suis restée plusieurs minutes figée à l’admirer. Rien pourtant d’exceptionnel dans ce tableau, pas de débauche de technique : c’est simple et beau. Certains paysages sont également très intéressants, avec de belles lumières et des perspectives inattendues. Comme souvent lors des expositions, j’ai noté les tableaux dont je voulais me souvenir et rarement la liste avait été aussi longue ! J’ai par moment eu peine à croire que c’était le même homme qui avait peint des choses si différentes, et parfois à la même époque, pour revenir ensuite vers ce qu’il faisait avant. Même si en cherchant bien, un petit quelque chose dans le trait demeure toujours, qui n’appartient qu’à lui.

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289111_vallotton-le-feu-sous-la-glace-entree-simple-paris-08J’ai trouvé que ce côté touche à tout correspondait finalement assez à la manière dont j’envisageais les choses, bien plus en tout cas que celle qui consiste à choisir une voie et de la pousser à l’extrême, comme Braque (dont je venais justement d’aller voir l’exposition monumentale juste à côté) ou Picasso, même si c’est cela sans doute qui fait des révolutions artistiques. Malgré quelques ratés – dont les sujets mythologiques, franchement sans intérêt – l’exposition m’a dans l’ensemble séduite. Une débauche de formes, de couleurs, de sujets en tous genres qui m’a laissée sous le charme. Quelques réels moment d’émotion et déjà l’envie de retourner voir si la magie opérera une seconde fois.

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Félix Vallotton : Le feu sous la glace

Galeries Nationales du Grand Palais

Avenue Winston Churchill

75 008 Paris

Du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014

Tlj sauf le mardi de 10h à 20h

12€

A lire pour prolonger le plaisir de la visite :

 – Le catalogue de l’expositionFélix Vallotton, Le feu sous la glace. 250 tableaux assortis d’un texte riche. Le hic, le prix et l’encombrement. Ca reste toutefois un joli cadeau de Noël à offrir ou se faire offrir. RMN, 45€.

– Vallotton, L’expoUne sorte de mini catalogue. 170 œuvres et leur cartel ainsi que les panneaux pédagogiques, soit très exactement le contenu de l’exposition : ni plus, ni moins. RMN, 18€.

 Le petit dictionnaire Vallotton en 21 obsessions : en une centaine de pages et 80 illustrations l’auteur présente l’oeuvre de l’artiste à travers ses complexes, ses désirs, ses névroses. Un livre qui est une bonne introduction à l’univers de ce peintre pour le néophyte et s’avère très agréable à lire comme à feuilleter, selon l’envie du moment. Laurence de Cars, RMN, 12€.

Musique·Théâtre

Chantecler Tango

         Un cabaret délabré de Buenos Aires change de mains. C’est le Chanteclair, un lieu mythique de la capitale du tango. L’occasion pour le vieil homme contraint de le céder de se plonger dans ses souvenirs. Souvenirs d’amour et de danse, la passion de toute une vie.

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        J’attendais avec impatience cette comédie musicale autour du tango qui se présentait comme l’événement 2013 de la programmation du théâtre du Châtelet. La promotion était énorme : très belles affiches partout dans le métro, jolie bande-annonce. Après hésitation nous n’avons pas lésiné sur les moyens et nous sommes payé des places en 2° catégorie afin d’être bien placées. Le jour J, j’avais hâte d’enfin découvrir ce spectacle dont on parle tant. Première déception, comme toujours au Châtelet – à moins peut-être d’être en 1° catégorie – on ne se trouve jamais assez bien placé pour le prix payé ! Nous étions au 1° rang du 2° étage ce qui donne certes une bonne vue sur la scène mais est aussi très haut. Mais tracasseries techniques mises à part, ce ne fut bizarrement pas la seule déception de la soirée.

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         Présenté comme une comédie musicale, ce spectacle est plutôt du tango traditionnel très théâtralisé. La mise en scène est très belle, avec des décors travaillés, tout comme les costumes d’ailleurs. J’ai trouvé que ça mettait un peu de temps à démarrer. Quant au fait qu’il y ait une véritable histoire, c’est une excellente idée, mais qui toutefois s’est avérée moins exaltante que prévu. En effet, la trame est extrêmement complexe et il n’est pas toujours simple d’en comprendre tous les ressorts en l’absence de paroles. Les premières grosses scènes de danse m’ont semblé longues à arriver. Même si on avait déjà quelques petits moments de danse, j’avais hâte d’en prendre plein les yeux et quand ça arrive enfin, j’étais déjà un peu ailleurs.

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           Ce spectacle m’a laissé une impression étrange. Mis à part le début qui est un peu lent, le reste est très beau. Des scènes impressionnantes, de beaux décors, des danseurs impeccables : on en prend plein la vue. Pourtant à aucun moment je n’ai été touchée, émue. J’ai trouvé cela assez lisse et sans âme tout en voyant la beauté pourtant. Je crois finalement que j’aime les choses moins sophistiquées. J’ai tendance à préférer les tableaux conviviaux où tous dansent ensemble plutôt que les couples qui entrent en scène les uns après les autres pour démontrer leur talent. Ici, se sont surtout les portés qui sont mis en valeur, toujours très impressionnants mais qui cassent le rythme lorsqu’on en abuse. Finalement, je suppose que je les spectacles plus traditionnels me conviennent mieux par leur simplicité et leur chaleur. Un très beau spectacle, impeccablement exécuté et impressionnant mais auquel il a manqué pour moi le petit plus qui fait toute la différence.

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Chantecler Tango

Théâtre du Châtelet

2 rue Edouard Colonne

75 001 Paris

Du 9 octobre au 3 novembre

22 à 82 €

Expositions

Photoquai

        La biennale de la photographie « Photoquai » s’installe pour sa 4° édition sur les quais de la Seine et dans les jardins du musée du quai Branly. Pendant 2 mois, 40 photographes non européens s’exposent et vous pouvez les découvrir gratuitement.

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          Je ne connaissais pas Photoquai et à vrai dire ne me suis pas déplacée spécialement pour l’occasion. J’étais dans le quartier et venait voir ce qu’il se passait au musée du quai Branly : à savoir rien puisque nous étions avant l’ouverture de l’exposition Kanak (dont je vous parlerai bientôt) et après la fermeture de la précédente. Voyant ces grands panneaux en face, je me suis donc dit que j’allais en profiter pour aller voir de quoi il s’agissait. Il faisait beau le jour où je m’y suis rendue et il y avait pas mal de monde. Certains semblaient venus pour les photos, d’autres étaient visiblement des passants arrivés là par hasard. Un public hétéroclite comme on en voit finalement assez rarement.

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          A chaque bout de l’exposition, des agents du musée distribuaient les dépliants sur l’exposition et en expliquaient le principe. J’ai trouvé très bien qu’ils soient là pour répondre aux questions du public qui finalement va beaucoup plus vers eux qu’au sein même du musée et n’hésite pas à se renseigner. Les grands panneaux sur lesquels sont exposés les photographies en grand format forment comme un chemin sur lequel le promeneur peut déambuler tout en découvrant les univers des différents artistes, venus du monde entier. Cette année, le thème était la figure humaine, un sujet qui a donné naissance à beaucoup de portraits, mais pas seulement. Il est intéressant de voir comment ces 40 artistes ont traité ce même thème de manière souvent totalement différente, ou avec des ressemblances au contraire parfois. Des photos qui se répondent et se complètent pour un parcours dépaysant.

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Photoquai

Jardin du musée du quai Branly et quais de Seine

Du 17 septembre au 17 novembre

Gratuit

Expositions

Lorna Simpson et Ahlam Shibli au Jeu de Paume

Lorna Simpson : Pour la première fois en Europe, une exposition d’envergure était consacrée cet été à l’oeuvre de l’artiste américaine. Née en 1960 à Brooklin, elle allie son travail photographique ou ses vidéos à de courts textes, sur les thèmes des origines, du genre, de la culture ou de l’identité. La représentation du corps est très présente, presque toujours en noir et blanc, dans un jeu de contraste. Elle se prend également parfois comme propre sujet, travaillant sur le souvenir. Les quelques images que j’avais vu de l’exposition me faisaient envie et je m’étais dit que pour une fois j’allais aller voir ce qu’il se passait du côté du jeu de Paume. S’il y a en effet quelques très belles images, je dois avouer être restée dans l’ensemble plutôt hermétique au travail de l’artiste, assez conceptuel dont le sens m’a souvent échappé. Mis à part quelques beaux tirages, seul l’incroyable montage d’autoportraits m’a impressionnée voire touchée. Dans l’ensemble, une exposition qui m’a laissée un peu perplexe malgré des aspects intéressants et une indéniable esthétique.

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Ahlam Shibli : Le Jeu de Paume a consacré une exposition a cette photographe palestinienne née en 1970 qui travaille surtout sur la notion de foyer et ses contradictions. Six séries de photographies étaient proposées sur les territoires palestiniens occupés, le souvenir de la 2nde Guerre Mondiale en France ou encore la place de corps travesti dans la société orientale. Si tout ne m’a pas emballé dans ce travail, les scènes de guerre notamment me laissant assez froide, certaines choses m’ont toutefois interpellée. Certaines photographie des orphelins dans un internats polonais sont intéressantes et j’ai beaucoup aimé la série sur les travestis, que j’ai trouvé particulièrement belle. Si j’ai apprécié certains aspects du travail de cette photographe, j’ai trouvé qu’on était plus proche du reportage que d’une vision artistique à proprement parler, me laissant un peu sur ma faim malgré quelques beaux clichés.

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Expositions

Hugo politique à la Maison Victor Hugo

          J’avais visité la Maison de Victor Hugo peu avant de m’installer à Paris et j’avais apprécié cette visite, surtout pour le cadre avec vue sur la magnifique Place des Vosges, il faut bien l’admettre. J’ai donc voulu y retourner avec ma maman et une amie et – oh surprise – nous avons eu la chance de tomber par hasard sur les derniers jours de l’exposition Hugo politique. L’occasion d’en apprendre plus sur un autre facette de ce personnage qu’on croit pourtant si bien connaître.

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          L’exposition a pour objectif de mettre en lumière toute la complexité de la conception hugolienne de la politique et l’originalité de son mode de pensée ainsi que les contradictions qui peuvent parfois apparaître entre ses engagements politiques et actes. Le parcours est construit autour de quatre thèmes majeurs : la peine de mort, la misère, la laïcité et l’enseignement et enfin, la violence en politique. De salle en salle, une frise au mur nous permet de découvrir les grands moments qui ont marqué la vie d’Hugo, mais aussi l’histoire et la vie politique de son temps, nous permettant de nous imprégner de l’époque et de contexte dans lequel il évoluait. Les plus flemmards ou les plus calés en histoires ne sont pas obligés de tout lire mais peuvent piocher quelques informations relatives à la période ou au sujet qui vous intéresse dans cette longue chronologie qui se dévide tel un fil rouge tout au long de l’exposition.

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          Parmi les œuvres exposées, on trouve surtout beaucoup de lettres et manuscrits mais aussi des estampes et gravures illustrant les ouvrages originaux de l’auteur et quelques objets, tableaux ou photographies. Une fois n’est pas coutume, ce n’était donc pas tant pour l’esthétique de l’accrochage qu’il fallait aller voir cette exposition que pour son contenu très riche. Les panneaux explicatifs sont bien conçus et bien que denses et nombreux, j’ai pris plaisir à les lire. Quand aux citations mises en exergue sur les murs, variées et souvent bien choisies, elles viennent donner un peu de rythme à la lecture.  En parcourant cette exposition, j’ai un peu eu l’impression de me promener au milieu d’un essai illustré dans le genre des « Découvertes » Gallimard. Moi qui généralement déteste quand il y a trop à lire j’ai trouvé que c’était ici très intelligemment conçu. Une exposition passionnante qui se lit plus qu’elle ne se regarde et qui met en lumière des aspects très intéressants de la vie et de l’oeuvre de Victor Hugo. J’y ai appris beaucoup de choses et passé un très bon moment, comme quoi, des fois le hasard fait bien les choses !

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