Patrimoine

Les bains du Couloubret

          Aujourd’hui, un article qui sort un peu des sentiers de la culture. Je vous présente en effet un lieu de détente et de bien-être situé au coeur des Pyrénées. Un endroit où passer quelques heures agréables, en toute saison, et qui s’avérera particulièrement bienvenu après une bonne journée de ski. Que vous soyez toulousains et souhaitiez sortir prendre l’air pour la journée ou que vous passiez dans la région pour quelques jours, venez découvrir Ax-les-Thermes et ses sources chaudes.

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          Ax-les-Thermes est une petite ville des Pyrénées ariégeoises située à 700 m d’altitude. Si vous êtes déjà allé en Andorre depuis Toulouse, vous l’avez forcément traversée. Les lieux ont un certain charme : une petite rivière traverse ce village d’à peine 1500 habitants, les rues anciennes sont sinueuses et la place centrale est agréablement ensoleillée. La ville thermale avec ses 80 sources fut très fréquentée au Moyen Age. De ce passé, il reste une architecture typiquement pyrénéenne et une ambiance fort agréable. Cette petite ville possède de très nombreux avantages. Elle est idéalement située pour les randonnées en montagne et les virées en Andorre. C’est également l’une des rares du coin à posséder un cinéma et un casino. C’est d’ailleurs l’une des plus vivantes pour sa petite taille, avec quelques commerces et de nombreux cafés. Mais surtout, on y trouve une station de ski des plus agréables. Une station de taille moyenne (si vous êtes habitués aux Alpes, vous la trouverez surement minuscule), qui offre une vue aussi belle que variée. Le domaine skiable est bien aménagé et on apprécie de pouvoir atteindre les pistes – via un téléphérique – directement depuis le centre du village. Un luxe ! Pour toutes les infos, c’est par .

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          Mais ce que je voulais vous présenter après cette longue introduction (eh oui, je suis intarissable lorsqu’il s’agit de ma région !), ce sont les thermes. L’eau thermale qui provient des nombreuses sources de la ville jaillit entre 33 et 38° C. Récemment rénovés, les bains du Couloubret offrent un espace détente de 3000 m². Vous pourrez profiter d’une grande piscine – dans laquelle il est même possible de faire quelques brasses quand il n’y a pas trop de monde – de jets massant, de jacuzzis, et autres bains bouillonnants. Un bassin permet de s’allonger confortablement au milieu de jets massant, un petit air de paradis ! Il y a également deux bassins extérieurs qui permettent de prendre le soleil en été et sont plus agréables encore en hiver, quand on sent le froid sur son visage pendant que le corps baigne dans une eau à la chaleur délicieuse… Dans l’un de ces derniers, un courant permet de se laisser porter ou au contraire, de faire un peu d’exercice et tentant de le remonter. Les lieux offrent également un sauna et un grand hammam.

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          L’entrée est prévue pour 2h, ce qui est exactement ce qu’il faut : on a juste le temps de tout faire tranquillement sans se lasser. Il est possible de prendre également rendez-vous pour un gommage ou un massage (attention, il faut réserver au moins 2 semaines à l’avance pour les vacances et week-end) qui sont fort agréables. Le bâtiment, neuf, est sobre mais agréable, le rez-de-chaussée évoque un peu les bains romains. A la sortie, de grand miroirs avec des sèches-cheveux sont mis à disposition. Il est simplement un peu dommage que les lieux, victimes de leur succès, ne soient pas prévus pour la foule qui s’y presse durant les vacances : ça se bouscule un peu à l’entrée et à la sortie des vestiaires. Un endroit tellement agréable que je n’ai pu résister à l’envie de vous le présenter. Je n’ai encore jamais testé après le ski mais j’en meurs d’envie ! On ressort  la tête vidée et le corps détendu : un vrai régal à consommer sans modération !

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Bains du Couloubret

Promenade Paul Salette

09 110 Ax-les-Thermes

Ouvert tous les jours

16€ les 2h

Actualité·Culture en vrac·Mes lectures

L’étrange disparition d’Italo Calvino…

          Vous l’ignorez sans doute étant donné que je n’en ai il me semble jamais parlé sur ce blog, mais Italo Calvino figure parmi mes auteurs favoris. Entre 13/14 ans et ma première année de fac, j’ai lu une bonne dizaine de ses livres, dans des styles très variés. Enfant, ma maman me lisait Marcovaldo ou les saisons en ville, recueil de nouvelles que j’ai lu et relu par la suite avec toujours le même émerveillement. Mais c’est Si par une nuit d’hiver un voyageur qui m’a donné l’envie de m’attaquer au reste de l’oeuvre du célèbre auteur italien. Un amour qui ne s’est pas démenti au fil du temps, même s’il y a quelques années que je n’ai rien lu de lui (envie de découvrir d’autres choses mais surtout d’en garder pour plus tard).

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          Toutefois, j’ai continué à conseiller et re-conseiller ses ouvrages de nombreuses fois à des occasions diverses et variées, dont ce Noël, pour quelqu’un qui cherchait un livre à offrir à un adolescent (Le Baron perché, ça fait rêver tous les enfants petits ou grands non ?). Quelle ne fut alors pas ma surprise en apprenant par hasard – merci Le Monde – que les ouvrages de l’auteur n’étaient plus disponibles depuis trois ans maintenant ! Italo Calvino absent des rayonnages des librairies, voilà qui me semble ubuesque ! Je me suis donc penchée de plus près sur les mystérieuses raisons de cette disparition…

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          La veuve d’Italo Calvino, qui gère les droits, avait un contrat avec Le Seuil, qui traduisait déjà l’auteur de son vivant. Elle demandait semble-t-il des sommes colossales que l’éditeur lui accordait pour garder ce grand nom dans son catalogue. Toutefois, il semblerait que la dame ait été gourmande et ne se soit pas contentée de cet accord. Le contrat prenait fin en 2009 et, ayant jugé que les traductions proposées par l’éditeur ne respectaient pas l’oeuvre de son défunt époux (l’éditeur assure de son côté que celui-ci les avait vérifiées lui-même…), elle a décidé de ne pas le renouveler et a demandé le mise au pilon de l’intégralité du stock ! Procédé qui m’a estomaquée, il va sans dire !

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          La dame n’a cependant pas oublié ses intérêts en route et a signé un nouveau contrat avec Gallimard cette fois. Si elle demande une retraduction de l’oeuvre de son mari, le point crucial de ce nouvel accord avec un éditeur français semble avant tout une publication future dans la célèbre collection « La Pléiade » (malgré la mesquinerie du procédé, je dois admettre que l’idée d’avoir les oeuvres complètes de Calvino dans La Pléiade me réjouit très fortement !!!). L’éditeur promet que « La trilogie des ancêtres » (Le vicomte pourfendu, Le baron perché et Le chevalier inexistant), sera rééditée dans les plus brefs délais afin qu’elles réintègrent les programmes de nos chères têtes blondes ; la retraduction attendra un peu. Des inédits, déjà promis au Seuil qui n’en a jamais vu la couleur, auraient également été annoncés chez Gallimard. Une affaire qui risque fort de faire encore parler d’elle donc ! En attendant, les nombreux titres du génial auteur italien vont peu à peu refaire leur apparition en librairie. L’occasion de découvrir ou redécouvrir son oeuvre avec délices. Une triste histoire qui, on l’espère, finit bien !

Patrimoine

Culture occitane : présentation

          C’est le début d’année et après le « Mercredi cuisine », j’inaugure un nouveau rendez : vous les 15 du mois, vous aurez droit à un morceau de culture occitane. Certes, ça ne va peut-être pas passionner les foules mais il se trouve que c’est ma langue maternelle au même titre que le français (oui, cette langue se transmet encore au sein de certaines familles, et non, être bilingue ne rend malheureusement pas toujours meilleur en langues…) et je baigne dans cette culture depuis le berceau. Culture millénaire à l’agonie, je me devais bien de lui faire une petite place par ici.

Langues et dialectes
Langues et dialectes de France

          Commençons donc par le commencement, avec une rapide présentation de la langue. Une fois que vous aurez fait un peu connaissance, nous en viendrons à la culture ; chaque chose en son temps. L’occitan est une langue romane du Sud de la France. C’est une langue dialectale qui connaît donc de fortes variantes régionales. On compte six grands dialectes : Gascon, Languedocien, Provençal, Limousin, Auvergnat et Vivaro-alpin (il y a débat sur les subdivisions mais je ne m’étendrai pas sur la question et vous livre la plus communément admise). Souhaitant favoriser l’unification du pays et asseoir son pouvoir, la République française a, depuis la Révolution jusqu’aux années 50, mis en oeuvre des mesures drastiques pour faire disparaître les langues régionales qu’elle qualifiait de « patois ». Pour rappel, un patois est la déformation d’une langue ; l’occitan – tout comme le Basque, le Catalan, le Breton ou le Corse – est une langue à part entière, avec ses conjugaisons, sa grammaire et son vocabulaire propres – que les septiques essaient de comprendre un limousin et on en reparlera !

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Principales ville occitanes (en VO)

          La langue apparaît au X° dans des textes officiels, pour se fixer dans sa forme classique au XII° s. Elle est alors parlée dans quasiment toute la partie Sud de l’actuel territoire français, exceptions faites du Pays Basque et de la Catalogne, qui possèdent leur propre idiome. On la pratique également dans certaines vallées alpines d’Italie et en Espagne, dans le Val d’Aran, où elle est aujourd’hui langue co-officielle. On appelle ce territoire linguistique le Pays d’Oc. Il est au XII° s. quasiment autonome – bien qu’il ne soit pas unifié – et très prospère. Le français ne s’implantera en terres occitanes qu’au moment de la Révolution, où il deviendra obligatoire pour les textes officiels. Ce n’est que bien plus tard que le peuple suivra le mouvement (contraint et forcé). Le déclin de la langue s’amorcera avec la Première Guerre Mondiale, bien qu’elle reste toutefois très fortement ancrée. C’est l’école qui sera le plus fort vecteur du développement du français ; les langues régionales y ont en effet été pendant longtemps durement réprimées. L’occitan restera toutefois la langue majoritaire jusque dans les années 60, en particulier dans les classes populaires ou les zones rurales.

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Troubadour

          Si la langue est depuis quelques décennies en fort recul, un regain d’intérêt se crée toutefois depuis quelques années, avec une véritable prise de conscience autour de la préservation du patrimoine culturel. En effet, en plus de mille ans d’existence, la langue véhicule aussi une culture qui lui est propre : celle des comtes de Toulouse, des troubadours, des Cathares et du Félibrige. Elle aura vu naître une religion qui a fait trembler le Vatican, aura été la langue de l’amour courtois et aura donné à la France l’un de ses premiers prix Nobel de littérature. Mais langue orale avant tout, elle aura surtout fait naître nombre de contes et légendes qui risquent fort de disparaître avec elle. Une fois par mois, je partagerai donc avec vous les histoires réelles ou imaginaires qui m’ont fait grandir.

La Croix-Occitane, emblème de l'Occitanie
La Croix Occitane, emblème de l’Occitanie
Théâtre

La Place Royale

          Alidor aime Angelique mais veut retrouver sa liberté, préférant être malheureux mais libre qu’heureux attaché à une femme. Il décide alors de la quitter et d’offrir le coeur de sa belle à son meilleur ami, Cléandre. Mais rien ne se passe comme prévu et, se retrouvant seule, Angélique décide d’épouser Doraste, le frère de sa confidente. Après de nombreux quiproquos et rebondissements, qu’adviendra-t-il finalement de nos amoureux ?

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          Je ne connaissais pas du tout ce texte de jeunesse de Corneille mais le résumé me semblait des plus alléchants, bien que je ne sois pas très friandes de comédies (plutôt tragi-comédie pour cette pièce-ci d’ailleurs). Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre mais partais avec un a priori positif. Dès le lever de rideau, j’ai été agréablement surprise par le décor, simple et dépouillé. Plus que Place des Vosges on se croirait plutôt dans un vestiaire de piscine mais on comprend l’idée : c’est un lieu de passage. Les acteurs sont en tenue décontractée, jean/baskets, la mise en scène prend clairement le parti-pris de la modernité. A différents moments, la pièce sera d’ailleurs agrémenté de succès des années 80 (on a même une boule à facette pour le bal) qui lui siéent particulièrement bien. Je suis généralement très réticente face aux tentative de modernisation des textes classiques mais celle-ci est particulièrement réussie. En faisant ni trop, ni trop peu, elle garde l’esprit de la pièce, et lui donne une belle énergie.

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          Le texte en lui-même m’a également beaucoup surprise : quelle modernité ! Il y a des répliques qui semblent écrites aujourd’hui et non il y a trois siècles ! L’amie d’Angélique possède de nombreux amants et ses réflexions à leur sujet sont des plus goûteuses (et osées !). J’ai ri franchement à plusieurs reprises et n’ai cessé de m’étonner de l’actualité de ce texte aujourd’hui encore. Seule la fin a un peu vieilli, pour le reste, le spectateur se reconnaîtra forcément dans l’un des personnages : la jeune fille qui multiplie les amants, l’amoureuse qui veut se marier à tout prix, le phobique de l’engagement, l’amoureux éconduit… autant de portraits intemporels. La pièce a beaucoup de rythme, les répliques s’enchaînent souvent avec drôlerie, pour une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît. Car au fond, ce jeu de l’amour entraîne bien des souffrances et tout ne finit pas toujours bien. Les acteurs sont impeccables et servent avec énergie ce texte rythmé. La mise en scène et la musique ne font qu’ajouter à a modernité et au dynamisme de cette pièce qui est un vrai régal. Sans nul doute le meilleur moment théâtre de l’année. 

LA PLACE ROYALE -

La Place Royale, de Pierre Corneille

Théâtre du Vieux Colombier (Comédie Française)

21 rue du Vieux-Colombier, Paris 6°

Jusqu’au 13 janvier, 29€

Mise en scène d’Anne-Laure Liégeois avec :

Et sans le rôle de Polymas : Muriel Piquart

LA PLACE ROYALE -

Culture en vrac

2012, premier bilan

           Une année 2012 quelque peu mitigée… Côté lectures, une petite centaine de livres lus. Un peu moins que l’année dernière (à très peu de choses près), mais avec moins de BD et de jeunesse me semble-t-il et des lectures peut-être un peu plus variées. Beaucoup de littérature contemporaine cette année, notamment pour la rentrée littéraire, et quelques très bonnes surprises. En revanche, j’ai un peu boudé les contemporains étrangers… A déplorer également, très peu de classiques dans mes lectures de 2012, surtout en littérature française. Au final, un bilan lecture tout de même plutôt positif.

          Ca se corse pour le cinéma ! Une quarantaine de films vus en salles, bien moins que chaque année, et surtout avec une sérieuse baisse de motivation ! Sans doute est-ce en partie dû à mes horaires de travail tardifs qui ont empiété sur le temps habituellement dévolu au 7° art. Toujours est-il que j’ai du me faire violence pour aller à peu près régulièrement au cinéma cette année et que les films vus ont souvent été très moyens. On fera mieux en 2013…

          En revanche, côté expositions, un net progrès cette année avec une vingtaine de sorties. Bien plus que d’habitude ! Et de très belles chose vues. Le retour également de l’abonnement théâtre avec une dizaine de spectacles vus en 2012, pour la plupart assez réussis. Une année où mes sorties ont donc été plus diversifiées, ce qui s’est un peu fait au détriment de mes loisirs favoris.

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          Concernant le blog, 2012 fut une grande année ! J’ai presque réussi à me tenir à ma résolution d’un article par jour et ça a payé ! Les visites ont explosé, avec 74000 visiteurs (contre 20000 l’année précédente), soit une moyenne d’un peu plus de 200 visites par jour. Et une journée surprise avec 4000 visiteurs japonais… Je pense que WordPress va nous faire un petit récapitulatif que je vous posterai. Objectif pour 2013 ? faire encore mieux !

          Quelques nouveautés également. Je me suis enfin décidée à faire un menu pour plus de clarté. Un nouveau rendez-vous vous attend tous les mercredi, avec une recette de cuisine, et toujours l’actualité de la semaine et les sorties ciné le samedi (oui, avec 3 jours de retard, je sais…). Et bien sûr, toujours des livres, des films, et autres réjouissances culturelles. Je vais également tenter de reprendre les articles thématiques, auxquels j’ai eu le plus grand mal à me tenir. Un par mois me semblant très optimiste étant donné le travail que ça demande, un par trimestre me paraît plus raisonnable…

          Cette article étant déjà bien assez long, je vous donnerai le détail de cette année 2012 sur le blog d’ici quelques jours, ainsi que mon bilan lecture détaillé et mon bilan ciné. Merci à tous ceux qui me suivent à longueur d’année (à ceux de passage aussi mais je ne les connais pas alors ils m’en voudront moins si je les oublie) et partagent leurs expériences par un commentaire. En espérant que 2013 réservera nombre de bonnes surprises, encore une fois,

Bonne année à tous !