Octobre fut un mois fructueux côté lectures. Beaucoup de belles découvertes dans cette rentrée littéraire qui est décidément de très bonne tenue ! Un gros coup de coeur toutefois parmi mes lectures de ces dernières semaines avec Ciseaux de Stéphane Michaka. Un roman original, un plume acérée et une histoire passionnante. Un livre sur la littérature des plus enthousiasmants.
César doit mourir, le dernier film des frères Tavianni, point encore commenté sur le blog, est tout en subtilité. Ce film sur des prisonniers jouant le Jules César de Shakespeare a d’ailleurs été récompensé par l’Ours d’or à Berlin. Si je n’ai pas été aussi emballée que le laissait penser la bande-annonce, j’ai toutefois trouvé ce film fort intéressant et habilement menée (plus de détail très prochainement).
Bohèmes, exposition à voir en ce moment au Grand Palais, propose une grande variété de toiles, essentiellement du 19° s., autours du thème de la bohème, que ce soit comme mode de vie nomade ou comme art de vivre des artistes parisiens. Beaucoup de grands maîtres sont présents, les explications sont intéressantes et la seconde partie réserve bien des surprises. Une exposition très riche et vraiment magnifique. Octobre fut très productif côté expositions avec également Van Gogh, également passionnante.
Espérons que novembre débutera sous les mêmes hospices. Et vous, quelles découvertes avez-vous faites ces mois-ci ? Rendez-vous le 1° décembre pour un nouveau bilan mensuel. Bonnes sorties et heureuses lectures à tous !
Le Grand Palais propose jusqu’au 28 janvier un rétrospective consacrée à l’oeuvre d’Edward Hopper. Ce célèbre peintre américain est né à Nyach (état de New-York) en 1882. Il s’est très tôt intéressé à l’art et a suivi les cours de Robert Henri à New-York. Il se rend plusieurs fois à Paris où il sera influencé par les impressionnistes. Tardant à rencontrer le succès, il sera contraint pendant près de 20 ans à illustrer des magasines pour gagner sa vie. Mais en 1923, son talent est enfin reconnu et sa renommée va alors grandir rapidement. Son oeuvre dresse un portrait de la classe moyenne américaine et ses huiles sont considérées comme le symbole empreint de nostalgie d’une Amérique passée.
L’exposition est conçue de manière chronologique, ce qui permet de découvrir différents aspects de l’oeuvre d’Hopper ainsi que l’évolution de son art. La première partie présente les années de formation. Les réalisations d’Hopper y sont mises en parallèle avec des toiles d’artistes parisiens qui l’ont inspiré lors de ses voyages en France. On y croise notamment Degas ou Van Gogh dont il a admiré le travail. La seconde partie est celle de la maturité, avec les oeuvres qui ont fait son succès et restent emblématiques du style qu’il a peu à peu développé. L’exposition propose un grand nombre de toiles, qui retracent toute la vie d’artiste de l’auteur. Ce large éventail chronologique permet la découverte des différents styles auxquels s’est essayé l’artiste ainsi que d’appréhender son évolution à travers le temps.
Je ne connaissais pas du tout le travail d’Hopper (mis à part une ou deux toiles aperçues à l’occasion), je me suis donc rendue à cette exposition par curiosité. J’ai beaucoup aimé la première partie. Certaines gravures sont très belles et assez originales. Il y a aussi des encres que j’ai particulièrement aimées, avec un dessin épuré et des couleurs des plus réussies. Viennent ensuite les aquarelles. Sans doute ce que j’ai préféré dans cette longue exposition. Elles ne sont pas très nombreuses mais je les ai trouvées pour la plupart absolument splendides (évidemment, je n’ai pas réussi à vous dégoter un visuel de celle que j’ai préféré…).
Si j’ai trouvé très intéressant son travail plus tardif, assez mélancolique, il m’a moins touchée visuellement parlant, le tout me paraissant plus « statique » que les réalisations antérieures. Il y a toutefois quelques toiles, notamment un vieux wagon abandonné, que j’ai beaucoup appréciées (là encore, je ne vous la montrerai pas, faute d’avoir pu trouver une photo digne de ce nom). Tout ne m’a pas emballée parmi les oeuvres exposées, la désolation qui se dégage de certaine toiles ne me parlant pas nécessairement beaucoup, un peu trop pessimiste et nostalgique à mon goût sans doute, mais j’ai cependant découvert un artiste complet au projet que j’ai trouvé ambitieux autant que réussi. Notons aussi que j’ai apprécié l’incroyable profusion de femmes à la fenêtre et de liseuses, thèmes que j’aime particulièrement. Une très belle exposition, complète et bien conçue, qui nous plonge dans l’univers d’Edward Hopper et dans l’Amérique du début de siècle dernier. A voir pour découvrir ou redécouvrir.
10h – 20h (22h mercredi et samedi), fermé le mardi sauf pendant les vacances scolaires
3 avenue du Général Eisenhower – 75008 Paris
Hubert Félix Thiéfaine a rendu hommage à Edward Hopper dans une chanson de son dernier album, Supplément de mensonge. En effet, Compartiment C, voiture 293 est un titre qui fait directement référence à un tableau du peintre portant le même nom. Le Grand Palais a interviewé l’artiste sur ce choix et sur son admiration pour l’artiste. Vous pouvez la découvrir et écouter le titre ici.
Le premier des grands prix littéraires de la rentrée a été décerné ce jeudi 25 octobre. Le grand prix du roman de l’Académie française revient à Joël Dicker pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (Éditions de Fallois). Vous pouvez en apprendre plus sur ce jeune auteur suisse sur son site internet.
En voici un petit aperçu avec la 4° de couverture : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événe- ments : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.
Depuis fort longtemps, dans le Royaume des Sept Couronnes, l’équilibre des saisons est modifié : étés et hivers peuvent durer des années. Il est des hommes qui de leur vie n’auront connu qu’une saison. Aux portes du royaume, derrière un haut mur protégé par la Garde de Nuit, se tiennent des créatures maléfiques qui attendent leur heure. Après un été qui a duré 10 ans, un long hiver s’annonce et chacun s’y prépare. Mais le roi meurt et une lutte sans merci va s’engager pour s’emparer du Trône de Fer.
Si le livre me tentait, je dois admettre avoir traîné des pieds pour regarder cette série télé, n’étant grande amatrice de science-fiction à l’écran. Grave erreur ! Le début du premier épisode m’a laissé de glace, j’ai pourtant continué à regarder, parce que quand on est en société, on fait un effort. Eh bien, incroyable mais vrai, malgré une mauvaise volonté certaine, le 1° épisode n’était pas encore achevé que j’étais déjà accro ! C’est excessivement prenant ! Déjà, certains personnages sont terriblement attachant. D’ailleurs la galerie de personnages est très vaste et chacun est d’une grande complexité, ce qui augmente encore le plaisir du visionnage, nous offrant un large panel d’émotions. Ensuite, les épisodes sont très bien construits et finissent presque tous en plein suspens (pas un petit suspens hein, le genre suspens insoutenable, vite, il me faut la suite !).
Le gros gros point fort de cette série, c’est qu’elle ne fonctionne pas sur une trame « classique ». Ici, rien ne marche comme d’habitude : les gentils ne gagnent pas toujours, les méchants prennent le pouvoir, les héros peuvent mourir. Bref, c’est dégueulasse, comme dans la vraie vie, et vous n’avez pas fini de vous insurger contre des péripéties particulièrement retorses. Autre belle surprise, l’aspect fantasy est finalement très secondaire, le véritable enjeu de l’histoire étant la guerre pour le trône. Cette lutte acharnée est l’occasion d’une intéressante réflexion sur le pouvoir et ses enjeux. Une série qui s’avère donc intelligente et très surprenante avec en prime un très bel univers visuel. Attention, une fois que vous aurez commencé, vous ne compterez plus les nuits blanches pour connaître le dénouement au plus vite ! A voir absolument !
Julia Deck, l’auteur du très bon Viviane Elisabeth Fauville, sera présente le
24 octobre à partir de 18h à la librairie AUX LIVRES, ETC.
Dans ce premier roman, elle nous conte avec brio l’histoire d’une femme qui devient mère à 40 ans et divorce à la naissance de sa fille. Perturbée par ces circonstances difficiles, elle suit une psychanalyse et, sans raison apparente, le tue… Un roman original et extrêmement bien mené. Pour la critique complète, rendez-vous ici.
Pour rencontrer l’auteur et lui poser toutes vos questions sur l’ouvrage, rendez-vous demain, mercredi 24 octobre, à 18h à la librairie Aux livres, etc… au 36 rue René Boulanger – 75010 Paris