Expositions

Gerhard Richter – Panorama

          Gerhard Richter est un artiste contemporain qui a beaucoup travaillé sur la photographie. Non pas qu’il soit photographe lui-même mais il reproduit avec une impressionnante précision des clichés du bout de son pinceau. Mais son travail ne saurait ce résumer à cela et cette rétrospective le prouve si besoin était.

          Je connaissais peu l’oeuvre de cet artiste avant d’aller voir cette exposition. J’en avais à peine entraperçu 2/3 toiles dans un reportage sur Arte qui m’avait donné envie d’en savoir plus. Panorana est une rétrospective de son oeuvre qui en présente des aspects très divers. Cet artiste allemand est né en 1932 et son travail est reconnu pour son originalité et sa diversité. Il travaille aussi bien sur des oeuvres figuratives qu’abstraites. Le Centre Pompidou nous offre la possibilité de découvrir le parcours de cet artiste hors normes.

               

          Je suis assez hermétique à l’art abstrait, autant vous dire donc que j’ai près d’un siècle de retard côté peinture. Toutefois, je fais un effort de temps en temps pour améliorer ma piètre culture en matière d’art contemporain. Grand bien m’en a pris ! J’ai beaucoup aimé cette exposition qui comprend essentiellement de la peinture mais aussi quelques installations un brin obscures (un miroir, des vitres qu’on peut voir sur la photo ci-dessus, un pièce métallique…). Le travail de reproduction photographique est très impressionnant par sa minutie et la qualité de l’exécution : de loin impossible de deviner qu’il ne s’agit pas d’une photo. Cependant, plus que les simples reproductions, j’ai préféré le travail sur le flou et surtout les oeuvres abstraites réalisée par dessus une toile figurative. Un mélange de techniques qui m’a particulièrement séduite. Une très belle exposition.

               

Gerhard Richter « Panorama »

Centre Pompidou

19 rue Beaubourg

75004 Paris

Jusqu’au 24 septembre

Patrimoine·Photo

Les plus belles bibliothèques de Paris

          Cette année, une fois n’est pas coutume, j’ai réussi à profiter un peu des journées du patrimoine. Bien que je n’aie pas été à Paris le samedi et que je travaille le dimanche après-midi, j’ai toutefois pu prévoir un petit circuit thématique des plus agréable par cette belle journée de fin d’été. Aimant passionnément les livres, j’ai jeté mon dévolu sur les bibliothèques parisiennes. Toutes n’étaient pas ouvertes le dimanche et ne pouvant pas tout faire, j’ai choisi les trois bibliothèques anciennes du coeur de la capitale les plus réputées et accessibles au public toute l’année. Elle possèdent en plus l’avantage de ne pas être trop éloignées, ce qui m’a permis de faire au passage une très belle balade sous le soleil parisien. Voici donc une petite présentation de trois lieux d’exception.

          La BnF site Richelieu. La bibliothèque y a été implantée en 1724. La salle ovale, de 45 m de long, 34 de large et 18 de hauteur, a été construite entre 1882 et 1936. Anciennement site principal de la Bibliothèque nationale de France (BnF donc), la Richelieu a laissé la place en 1996 à un site flambant neuf dans le 13° arrondissement, en bords de Seine : la Bibliothèque François Mitterrand. Cette dernière est moderne et bien plus vaste, plus adaptée à la conversation et l’accueil d’un public nombreux. Toutefois, une partie des collections (notamment un grand nombre de collections spécialisées) demeure dans le site Richelieu dont la magnifique salle de lecture reste ouverte au public, à condition malheureusement d’être détenteur d’une accréditation recherche (voir conditions, ici). Dans le cas contraire, vous pouvez entrer et vous ébahir devant la beauté de la salle de elcture à travers une vitre à l’entrée – ou attendre sagement les journées du patrimoine de l’année prochaine. La bibliothèque de l’Arsenal, que je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller découvrir, est ouverte sous les mêmes conditions. Il est également possible de visiter le site Richelieu le jeudi après-midi (plus de précisions ici). BnF Richelieu, 5 rue Vivienne, 75002 Paris.

               

          La bibliothèque Mazarine est située dans l’Institut de France.  Celui-ci a été créé en 1795 par l’Abbé Grégoire (que les défenseurs des langues régionales abhorrent pour avoir massacré les cultures régionales aussi surement que les espagnols ont embroché les indiens) afin de « recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences ». D’abord installé au Louvre, il démanage en 1805 dans l’ancien collège des Quatre-Nationsconditions fondé par Mazarin. L’Institut de France est composé de 5 académies : l’Académie française et celles des inscriptions et belles lettres, des sciences, des beauc arts et des sciences morales et politiques. La Bibliothèque Mazarine est située dans l’enceinte du bâtiment (vous imaginez ! j’ai marché sur les traces de François Cheng !!!). La bibliothèque personnelle du Cardinal Mazarin est la plus ancienne bibliothèque publique de France et le décor n’a pas changé depuis le 17° siècle. Elle est accessible au public sur simple inscription et visitable librement pendant les horaires d’ouverture (pour plus de détails sur les conditions d’accès c’est par-là).  Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 Paris.

          

          La Bibliothèque Sainte-Geneviève tient son nom d’une importante abbaye parisienne fondée au VI° siècle par Clovis. Si les collections se sont considérablement enrichies au cours des siècles, la bibliothèque n’a rejoint son emplacement acluel qu’en 1851, avec la construction d’un bâtiment propre. Jusque-là, elle était restée dans l’édifice abbatial, actuel lycée Henri IV (à quelques mètres de là à peine). La bibliothèque est rattachée depuis le début du XX° siècle à l’Université. Toutefois, elle est accessible à tous, gratuitement, sur simple demande d’une carte de bibliothèque. Idéalement située dans le quartier des universités, elle est réputée pour la beauté de sa salle de lecture, ses horaires d’ouverture très larges et l’incroyable foule qui s’y presse, notamment en hiver (eh oui, l’hiver on révise au chaud et l’été au soleil), entraînant une file d’attente qui peut atteindre plusieurs heures. Si si, incroyable mais vrai, on se bat pour entrer dans ce temple du savoir (si vous souhaitez obtenir plus d’information, c’est ici). Cette bibliothèque n’est peut-être pas la plus impressionnante (quoi que…) mais elle est celle qui m’a le plus touchée et m’a donné envie de retourner un jour y travailler. Ceux qui me connaissent savent que je n’aime guère travailler en bibliothèque, c’est dire l’ampleur de ce coup de foudre. Bibliothèque Sainte-Geneviève, 10 place du Panthéon, 75005 Paris.

               

          Chacune de ces bibliothèques proposait à l’occasion des journées du patrimoine des salles habituellement fermées au public, des visites guidées gratuites, des rencontres avec les conservateurs (pour la plupart très disponibles et ravis de partager leur passion), des ateliers de restauration ou des présentations d’incunables et manuscrits médiévaux (pour ceux à qui je parlerais chinois, « incunable » : ouvrage qui date des premiers temps de l’imprimrie », soit entre 1450 et 1500). Des ouvrages précieux qu’on a rarement l’occasion de voir autrement que derrière une vitrine. Et il est encore plus rare qu’on vous tourne gentiment les pages sur simple demande ! Je n’ai malheureusement pas eu le temps de m’attarder mais j’ai trouvé l’atelier de restauration très intéressant, tout comme les explications sur les manuscrits. Une très belle initiative.

Actualité·Patrimoine

Les journées du patrimoine

          Aujourd’hui et demain se tiennent les Journées du Patrimoine dans la France entière. A cette occasion, 16 000 lieux, dont de nombreux inaccessibles la plupart du temps, ouvrent leurs portes au public, presque toujours gratuitement. Cette année à l’honneur, les patrimoines cachés, qu’ils soient enfoui, en hauteur ou souterrain. Les organes du pouvoir se dévoilent aussi le temps de quelques heures. A moins que vous ne préfériez les balades en ville où vous suivrez un guide qui vous montrera les curiosités de l’architecture de votre ville. Chacun y trouvera son compte. Pour plus d’informations et la liste des lieux visitables c’est par (bon courage quand même pour vous y retrouver !). Bonne visite à tous !

Librairies

A la recherche de LA librairie…

           Vous le savez peut-être, j’ai déménagé il y a quelques mois. J’ai quitté le 14° ou j’étais installée depuis mon arrivée à Paris pour le 17°, soit l’autre bout de la ligne 13 (celui où il y a encore plus de problèmes…). Il a donc fallu que je revoie toutes mes habitudes : trouver les commerçants sympas avec de bons produits, les endroits pas trop cher, les espaces verts, la nouvelle cantine pour les jours où des amis passent et où on a la flemme de cuisiner, le café o aller s’installer avec un livre au soleil. Bref, changer de quartier c’est presque comme changer de ville, tout est à revoir. Et parmi les priorités, bien évidemment, partir à la rencontre de son nouveau libraire, regrettant déjà amèrement l’ancien (à découvrir ici) !

La libraire de Paris (Gallimard), place de Clichy

          Je connaissais déjà la librairie Gallimard de la Place de Clichy, très grande, très bien approvisionnées mais qui sent un peu l’usine et avec des libraires au mieux indifférents, si vous avez moins de chance, carrément méprisants (c’est une spécialité de la maison je pense, dans le 6°, c’est pire). Bref, on est contents qu’elle soit là en cas de besoin ça ne donne pas envie d’aller demander conseil. Je suis donc allée voir vers des lieux de taille plus réduite. J’ai commencé par la charmante librairie des Batignolles, dont je reparlerai surement. L’endroit est très chaleureux et la libraire extrêmement accueillante. En revanche, j’ai bien peur que nous n’ayons des visions de la littérature quelque peu divergentes ce qui exclut à peu près là aussi la demande de conseil (avisés en tout cas). Nous ne lisons tout bonnement pas le même type de romans, ce qui donne une sorte de dialogue de sourds : je parle Joncour, Toussaint, Mingarelli ; on me répond Olmi, Guenassia, Smith. Difficile donc de se comprendre mais je vous recommande tout de même l’endroit fort sympathique et chaleureux. J’y retournerai sans doute moi même à l’occasion.

Vitrine de la librairie des Batignolles

          Et puis, je suis passée par hasard devant une grande librairie, tout près de chez moi. Un nom évocateur qui me tentait particulièrement et a piqué au vif ma curiosité : L’usage du monde. J’ai donc profité de la rentrée littéraire pour allez voir ça de plus près. Première bonne surprise, la librairie est bien aménagée : un coin pour les essais à gauche, les romans au centre, les illustrés à droite. Du premier coup d’oeil, on repère l’agencement des lieux. La table rentrée littéraire était bien fournie et les libraires se sont jetés sur moi pour me proposer leur aide. J’en ai donc profité pour demander conseil. Ici on aime visiblement la littérature exigeante (intello diraient certains mais qu’importe). J’ai eu droit à un avis construit et argumenté avec passion sur certains ouvrages de la rentrée qui m’a donné envie (même si ça n’a pas servi à grand chose étant donné que j’avais déjà fait ma sélection). Le rapport avec le client semble essentiel ici. Deux personnes sont passées avant moi et les libraires semblaient connaître précisément leurs goûts et leurs dernières lectures. Quelle joie de trouver deux jeunes libraires passionnés et accueillants avec qui converser des dernières nouveautés.

Vitrine de L’usage du monde

          Cette fois c’est sûr, j’ai trouvé mon nouveau fournisseur officiel de littérature. Avoir un bon libraire près de chez soi est tellement important ! Un des points forts du lieux est la diversité de l’offre proposée avec un joli choix d’essais mais aussi des guides de voyages (vu le nom, le contraire eut été honteux !). Une très belle sélection cuisine également, juste au niveau de la caisse, idéal pour feuilleter en attendant son tour… L’accueil chaleureux et le désir de partager sa passion avec le client sont également des atouts majeurs de ce lieu qui propose aussi des rencontres avec les auteurs. C’est certain, on n’a pas fini de me voir errer dans les rayons.

L’usage du monde, vue de l’extérieur

L’usage du monde

32, rue de la Jonquière

75017 Paris

http://librairielusagedumonde.blogspot.com/

Ouverture tous les jours de 10h à 20h, fermeture le dimanche après-midi et lundi matin.

Série tv

Skins

          J’avais pris il y a quelques temps la décisions de parler ici de séries télé. Résolution bien vite oubliée, ce à quoi je vais remédier de suite. Le choix est toujours difficile étant donné que je regarde quand même beaucoup de séries, connues ou moins connues, bonnes ou moins bonnes, (voire parfois franchement mauvaises). Certaines datent pas mal, je ne suis pas toujours à l’heure dans les sorties et même lorsque c’est le cas je ne sais pas toujours ce qui peut être ou non intéressant à présenter. J’ai finalement décidé d’arrêter de me poser tant de questions, après tout certains ne regardent pas du tout la télé et ne m’en voudront donc pas de parler de vieilleries et de faire un choix pour le moins subjectif, que les autres me pardonnent pour le côté brouillon de cette rubrique délaissée…

          Skins, c’est l’histoire d’une bande d’adolescents britaniques paumés qui à l’heure de l’arrivée au lycée tentent leurs limites et celle de l’autorité. Sexe, drogue, alcool, tout y passe. Mais les sujets plus profonds sont aussi évoqués, que ce soit la religion, le rapport à la famille, la peur de l’avenir… Une série qui offre un portrait complexe et tout sauf édulcoré de l’adolescence et ses problématiques. C’est délicieusement trash et désespéré, dans une vision de l’adolescence pour le moins sombre.

          Cette série se distingue de ses consoeurs par plusieurs aspects. Tout d’abord, la manière dont la question de l’adolescence est traitée : elle semble vue par les plus paumés des ados eux-mêmes, sans concessions, avec une manière violente et parfois cruelle de faire la fête, dans une volonté d’expérimentation toujours plus forte. Ce n’est certes pas très représentatif des adolescents actuels mais ça a le mérite de montrer une réalité qu’aucune série n’avait jusque là mise en scène. La réalisation est aussi intéressante, les saisons fonctionnent par 2 : une première où chaque épisode présente un des personnages principaux et une deuxième qui développe leur histoire. Toutes les deux saisons (la durée d’un cycle de lycée en Angleterre), les personnages changent et on reprend tout à zéro. Cette alternance permet d’éviter la lassitude qui accompagne souvent les séries à rallonge qui peinent à se renouveler.

          Le mauvais côté de ce fonctionnement c’est qu’on s’attache à ces ados complètement ravagés et qu’on ne trouve pas toujours leurs successeurs à la hauteur de nos espérances. Je dois admettre que pour moi, la première fournée reste la plus réussie. La deuxième allait un peu loin pour rester crédible et la troisième manque quant à elle un brin de fantaisie (mais gagne en crédibilité, comme quoi, on ne peut pas tout avoir), s’avérant bien plus lumineuse que les précédentes. Comme on reste dans la même ville, Bristol pour être précis, les personnages des saisons précédentes font parfois une petite apparition pour notre plus grand plaisir. Si des sujets graves sont abordés, l’amitié est toutefois au centre de cette série qui malgré un fond assez sombre n’est pas avare en moments drôles ou touchants, servis par des scénarios toujours assez solides. Vous l’aurez compris, la force de cette série dont la saison 5 vient d’être diffusée en France sur Canal + tient dans son point de vue original, sa réalisation impeccable et sa capacité à se renouveler, mais aussi dans sa galerie de personnages loufoques et attachants. Un peu extrême parfois, cet OVNI audiovisuel n’en demeure pas moins intéressant et dans l’ensemble assez juste.