Mes lectures

L’Aviatrice, Paula McLain

Beryl Markham a deux ans lorsque sa famille s’installe au Kenya en 1904. Très vite abandonnée par sa mère, elle est élevée par son père – entraîneur de chevaux de course – et par les natifs de la tribu Kipsigi. Cette éducation non-conventionnelle fait d’elle une jeune femme farouche et audacieuse, qui se moque de la bienséance. De mariages ratés en liaisons contrariées, Beryl va peu à peu s’imposer comme l’une des femmes les plus singulières de son temps.

Pour être honnête, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce livre, je craignais que ce soit un peu cucul. Eh bien, pas du tout, j’ai beaucoup aimé. Le style n’est pas particulièrement marquant, c’est assez classique mais pas désagréable, même si ça manque sans doute un peu de légèreté. Ce côté un peu trop « rigide » peut aussi être accentué par la traduction. Quoiqu’il en soit, à défaut d’être marquant, le style demeure efficace. Quant à l’histoire, elle est très prenante et mérite d’être découverte.

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Le livre des secrets, Fiona Kidman

En 1953, quand s’ouvre le roman, Maria vit depuis plus de cinquante ans seule dans la maison de famille délabrée. On la surnomme « la sorcière de Waipu », elle qui très jeune se rebella contre sa mère pour vivre sa passion avec un cantonnier. Mise au ban d’une communauté encore très respectueuse des strictes règles morales édictées par son sourcilleux fondateur – l’autoritaire et charismatique Norman McLeod, avec qui sa grand-mère Isabella quitta l’Écosse en 1817 –, elle a tout le temps de se pencher sur le passé.

Je continue ma découverte de la littérature néo-zélandaise avec ce roman qui m’intriguait. Jusqu’à présent, je n’avais lu aucune autrice de ce pays. S’il y a bien un point commun entre ce texte et les autres romans écrits sur l’île que j’ai déjà lus (Sous la terre des maoris par exemple), c’est sa violence et sa dureté. C’est âpre, sans concessions. J’ai trouvé ce texte difficile à lire, particulièrement au début. On suit trois générations de femmes et j’ai mis un peu de temps à me faire à la structure du texte mais on s’y habitue et ensuite l’histoire n’est plus si difficile à suivre. En tout cas on est clairement sur une littérature exigeante qui ne sombre pas dans la facilité et peut rebuter.

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C’est moi qui éteins les lumières, Zoya Pirzad

          Par les yeux de Clarisse, épouse et mère de famille, on observe le petit cercle qui se presse autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, deux filles adorables, le fils vénéré en pleine crise d’adolescence et la vieille mère enfin qui règne sur la mémoire familiale. De nouveaux voisins, une famille arménienne débarquée de Téhéran, vont très vite bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible.

          J’avais acheté ce livre il y a plusieurs années déjà et je l’avais plus ou moins oublié depuis. Quand j’ai décidé de ne lire que de la littérature féminine en mars (ma liste est à retrouver ici), je me suis dit que c’était le bon moment pour le sortir enfin de ma bibliothèque. Si j’ai vu pas mal de films iraniens, la littérature de ce pays m’est étrangère. Je n’ai que bien peu de références en la matière, j’étais donc curieuse de découvrir ce texte qui m’avait été chaudement recommandé.

Couverture du roman, C'est moi qui éteins les lumières

          Je dois admettre qu’au final je ne sais pas trop quoi dire de ce texte. Pour commencer, le style est sobre et agréable. On suit le quotidien d’une mère de famille sans histoires. Une banlieue calme, un mari aimant, des enfants qui grandissent sans encombre. Une vie plutôt ennuyeuse somme toute qui va se retrouver bouleversée par l’arrivée de nouveaux voisins. Enfin, bouleversée, le mot est sans doute bien fort. Légèrement bousculée serait plus juste.

          Des habitudes différentes qui vont l’amener petit à petit à se questionner, à regarder peut-être sa vie d’un nouvel œil. Mais le changement reste subtil. Trop subtil pour moi sans doute. Si j’ai bien aimé découvrir d’autre coutumes, une autre culture, ce texte est trop intimiste pour que ce soit réellement un coup de cœur pour moi (ceux qui me suivent depuis longtemps savent ma faible appétence pour la littérature de l’intime…). Toutefois j’ai apprécié cette lecture toute douce qui m’a fait passer un agréable moment et questionne entre les lignes sur la place de la femme dans la société iranienne.

Portrait de Zoya Pirzad

Chaque fois que j’allais mal, je pensais à lui. Et dès que j’allais bien, je pensais encore à lui. Par exemple, quand je voyais pousser des racines à la branche que j’avais mise à l’eau. Ou bien lorsque je réussissais un plat que je faisais pour la première fois. Ou encore, quand Armen rapportait de bonnes notes. Je me mis à déchiqueter le mouchoir en papier en me demandant pourquoi je pensais toujours à mon père dans ces moments de joie ou de peine.

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Quand je me réveillai, un rayon de soleil frappait la glace de ma coiffeuse. Je me souvins qu’en partant, Artush m’avait glissé à l’oreille : « Dors, aujourd’hui les enfants ne vont pas à l’école. » Les mains derrière la tête je regardais les jeux d’ombre et de lumière dans la glace. Dans la cour, les moineaux pépiaient. « Aujourd’hui, je me suis levée plus tard que vous ! » leur dis-je tout haut en riant.

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Dans la tête de Sherlock Holmes, tome 1

L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoît Dahan

Un simple diagnostic médical du Dr Watson se révèle être bien plus que cela…La découverte d’une poudre mystérieuse sur des vêtements et d’un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que le patient n’est pas l’unique victime d’un complot de grande ampleur.Il semblerait en effet que l’étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d’un magicien Chinois. D’autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

J’avais lu les aventures de Sherlock Holmes en fin d’année, j’ai donc été ravie quand on nous a offert cette magnifique BD. C’a été un énorme coup de cœur. Comme son nom l’indique, cette BD nous plonge dans la tête de Sherlock Holmes, décryptant pour nous ce qu’il s’y passe pendant qu’il réfléchit et trouve des solutions à des mystères qui semblent de pas en avoir. C’est extrêmement bien fait. Évidemment, Watson est un peu perdu dans la complexité de ces rouages et observe perplexe, comme à son habitude.

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Des coccinelles dans des noyaux de cerise, Nan Arousseau

A Fresnes, où il fait un séjour pour vol avec ruse, François partage sa cellule avec Medhi, un cador du grand banditisme. Ce Medhi, c’est du lourd. D’ailleurs, il ignore superbement François qu’il considère comme de la pure gnognotte. François, de son côté, est tout miel, en rajoute et se fait le serviteur zélé et naïf de Medhi. Peu à peu, le lecteur découvre le plan machiavélique de François…

Couverture du roman Des coccinelles dans des noyaux de cerise

Voici un court roman pour le moins surprenant ! Je ne crois pas avoir déjà lu quelque chose d’approchant. La première chose qui marque le lecteur dans ce texte, c’est le style. Une écriture très orale, bancale, souvent vulgaire mais aussi très drôle, truffée d’expressions et d’images inattendues. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça interpelle ! Mais l’histoire n’est pas en reste. C’est un mec un peu paumé qui sort de taule. Une petite frappe qui prépare un gros coup.

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