Mes lectures

Isadora Duncan – Josépha MOUGENOT et Jules STROMBONI

          Isadora Duncan, une femme indépendante qui semble habitée depuis sa plus tendre enfance par une vision intuitive et naturelle de la danse qu’elle n’aura de cesse de développer toute sa vie durant. Une femme hors du commun devenue un véritable mythe.

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          Cette BD sur cette femme exceptionnelle me tentait beaucoup, j’ai toujours admiré le parcours d’Isadora Duncan, si fascinant, et j’étais contente de pouvoir en apprendre un peu plus à travers cette BD qui retrace sa vie.  J’ai beaucoup aimé les dessins, un trait assez léger et plein de poésie qui m’a semblé assez bien retranscrire son univers. Il y a assez peu de texte et l’histoire est retracée à travers les épisodes les plus marquants de la vie de la danseuse. Un découpage en chapitre, comme autant de tranches de vie. J’aurais parfois aimé que ce soit un peu plus développé, en apprendre plus, avoir des détails, pour donner plus d’épaisseur à cette grande dame dont le portrait n’est ici qu’esquissé. Mais pourtant, les grands moments y sont, on la découvre un peu à travers peu de mot et on referme ce livre avec l’envie d’en apprendre un peu plus. Une BD très agréable dont j’ai beaucoup apprécié la lecture et dont l’univers visuel plein de poésie m’a fait voyager.

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Isadora Duncan

De Jules Stromboni et Josepha Mougenot

Editions Naïve

104 pages

23 €

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Et pour découvrir l’univers de l’artiste, c’est par !

Mes lectures

Les faux-monnayeurs – André GIDE

         Un jeune homme apprend qu’il n’est pas le fils naturel de celui qu’il croyait être son père. Il décide alors de quitter le cocon familial et de ne pas passer ses examens. Cette décision va changer sa vie et mettre sur sa route des personnages singuliers qui font le plonger dans un univers de mensonges dont il sera difficile de démêler les fils.

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          Il y avait longtemps que je voulais lire ce livre, mais ça y est, en 2013 je me suis décidée ! J’ai été assez surprise par le début, je ne m’attendais pas du tout à ça ! J’ai trouvé que le style était un peu daté. Pour moi Gide était synonyme de modernité et pourtant, si je n’avais pas su de qui était l’ouvrage, j’aurais parié avoir affaire à un auteur du XIX° siècle, ou à la limite du tout début XX°. Le livre ayant été publié en 1925, rien de surprenant finalement, c’est juste moi qui avait un horizon d’attente faussé pour je ne sais quelle raison. Toutefois, l’effet de surprise passé, j’ai bien aimé cette écriture assez classique, d’autant plus qu’elle se conjugue à une construction qui elle, est pour le moins moderne. Un décalage qui n’est pas dénué de charme.

          Le début commence bien donc. Malgré un style un rien trop figé à mon goût, j’ai dévoré les 100 premières pages et y ai pris un réel plaisir. Pourtant, peu à peu le charme s’est rompu et j’ai eu de plus en plus de mal à avancer dans ma lecture. Etrangement, je serais bien incapable de vous dire pourquoi ! Je crois qu’il y a eu un peu de lassitude face aux personnages qui s’enfoncent dans leurs mensonges pour des raisons qui peuvent paraître parfois dérisoire. Un petit manque d’intérêt aussi sans doute pour leurs états d’âmes. Et puis la construction même, le roman dans le roman (ou l’autobiographie dans le roman ?), qui en fait tout la modernité et l’alourdit pourtant, puisque c’est la même histoire qui se répète dans l’histoire. Une mise en abîme que j’ai trouvé un peu creux d’un point de vue du contenu. Le tout manque de rythme et malgré un début des plus prometteurs, j’ai trouvé que l’histoire traînait en longueur et s’essoufflait peu à peu. Dommage.

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Ne pas savoir qui est son père, c’est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.

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J’ai souvent, remarqué chez des conjoints, quelle intolérable irritation entretient chez l’un la plus petite protubérance du caractère de l’autre, parce que la « vie commune » fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n’est plus qu’un enfer.

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Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire.

Jeunesse·Mes lectures

Le vieux fou de dessin – François PLACE

          Tojiro est un jeune vendeur des rues dans le Japon du XIX° siècle. Un vieil homme qui semble un peu fou lui achète ses gâteaux. Ils sympathisent peu à peu et il lui propose de devenir son élève. Ce vieil homme, c’est Katsushika Hokusai, le plus grand artiste de son temps.

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        Cet album est aussi beau que prenant. Le petit Tojiro est un personnage très attachant et sa formation est l’occasion pour le jeune le lecteur (ou le moins jeune), de découvrir les techniques de l’estampe, en même temps qu’un petit morceau d’histoire japonaise. J’ai beaucoup aimé la manière dont les choses sont amenées, intégrées dans le cours de l’histoire. L’écriture est agréable, pas du tout infantilisante  tout en restant très claire, elle s’adresse aussi bien aux petites qu’à leurs aînés.

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          Les illustrations, qui sont bien dans l’esprit des travaux d’Hokusai, complètent très bien l’histoire et nous plongent dans l’ambiance d’Edo. Le texte est très dense et se rapproche presque d’un essai version jeunesse. Un style assez intéressant que j’ai bien aimé.  Je pense que c’est exactement le genre de livre que j’aurais aimé étant enfant, même s’il est sans doute un rien trop sage et studieux à mon goût, un petit brin de folie l’aurait rendu inoubliable. Une histoire qui s’adresse plutôt aux enfants déjà un peu grands et d’un naturel curieux. Un texte passionnant et des illustrations qui font voyager. Une belle découverte.

Mes lectures

Saute le temps – Roger RUDRIGOZ

          Le journal d’un écrivain mordant et ironique. Dont l’insolence n’épargne personne dans ce début des années soixante-dix. Un pamphlétaire qui s’attaque aussi bien aux hommes de lettres qu’aux politiques, ne s’épargnant pas lui-même. Un journal sans langue de bois.

          Je dois admettre que je ne connaissais absolument pas Roger Rudrigoz avant d’ouvrir son journal, je n’en avais même jamais entendu parler. Toutefois, la beauté du livre (avec deux citations en couverture qui font vraiment envie) et la quatrième de couverture, me tentaient beaucoup ; tout cela était de bon augure. A vrai dire, ça n’a guère duré. Je n’ai pas du tout accroché avec le style de l’auteur. Mais alors, vraiment vraiment pas ! Une écriture saccadée et un style un peu décousu auxquels j’ai tendance à préférer les choses un peu plus rondes. Sans compter que le problème avec le journal, c’est que c’est condamné à vieillir et certains passages d’actualités au moment de l’écriture n’évoquent plus grand chose (voir plus rien du tout) aujourd’hui. Il y a pourtant quelques réflexions bien senties dans ce texte et j’aurais aimé arriver à entrer dans cet univers. Une rencontre ratée. 

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Rien ne m’enlèvera de l’idée que le problème littéraire numéro un, pour les trois quart des écrivains, c’est de manger, un point c’est tout ! Pas d’inventer un nouveau langage ou de découvrir un monde que personne n’a encore décrit. (Il faut laisser ça aux astronautes.)

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Comment arriver à rendre dans ce Journal ce mélange de souvenirs et d’actualité qui forme la trame de la vie ?

Mes lectures

Le Nao de Brown – Glyn DILLON

          Nao, jeune anglo-japonaise, souffre de TOC, des obsessions violentes et morbides qui la forcent à accomplir d’étranges rituels mentaux pour se contrôler. Entre son travail dans un magasin de jouet et sa carrière d’illustratrice qui peine à décoller, elle est aussi à la recherche du grand amour. Quand elle va le rencontrer, celui-ci va s’avérer des plus bizarres.

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          Cette BD a reçu la Prix spécial du jury à Angoulême cette année. Je l’ai reçue dans le cadre de l’opération « Priceminister, la BD fait son festival ». Une chronique qui a pris un peu de retard étant donné l’arrivée tardive du colis mais ça, y est, je l’ai enfin lue ! Je viens de finir ce roman graphique de tout de même 200 pages et je dois admettre avoir bien du mal à voir un avis se dégager… Pour commencer, le dessin est absolument magnifique ! Un univers très particulier, plein de poésie, avec un trait tout en finesse. Des aquarelles qui a elles seules méritent amplement le détour !

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          Quant à l’histoire, c’est un peu plus compliqué. Tout n’étant pas simple dans la tête de cette jeune fille (qui pourtant à première vue à l’air saine d’esprit), les digressions sont nombreuses et parfois troublantes… J’ai par moments eu un peu de mal à me faire à ces changements de cap constants. Heureusement, il y a tout de même une trame assez solide à laquelle se raccrocher, et elle s’avère assez prenante pour ne pas nous perdre en route.

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          Je reprocherais peut-être à cette histoire de se perdre un peu parfois dans des détails sur des choses qui apparaissent comme secondaires, alourdissant un peu la lecture. Toutefois, on ne peut que reconnaître la grande originalité de cet univers si particulier. Les troubles mentaux y sont abordés avec humour et poésie, un traitement intéressant qui parviens à faire entrer le lecteur dans le monde déroutant de Nao. Au final une BD qui malgré quelques longueurs sort très clairement du lot avec un graphisme exceptionnel et une histoire hors-normes. Une lecture agréable et enrichissante.

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Ah la difficulté de noter un texte pareil ! Mais puisque l’opération Priceminister l’exige… Je lui mettrai 18/20 avec mention spéciale pour son originalité : des univers comme celui-là, on n’en croise pas tous les jours !