Une fois n’est pas coutume, un article un peu plus personnel aujourd’hui. Hier, je publiais mon 1300° article sur le blog. 1300. Je n’arrive pas bien à réaliser. Quand j’ai ouvert ce blog, je ne pensais pas vraiment m’y tenir, persuadée que ce genre d’entreprise n’était pas pour moi qui déteste me mettre en avant. Et puis, peu à peu j’y ai pris goût, je m’en suis servie comme pense-bête, j’y ai fait de belles rencontres. Certains laissent des commentaires ici régulièrement, ils disparaissent parfois, reviennent – ou non, sont remplacés par d’autres. Je n’aurais pour rien au monde voulu abandonner ces lecteurs fidèles qui illuminent les journées les plus moroses. Il y a ceux qui ne laissent pas de commentaires aussi, mais dont j’entends parler parfois. Et finalement, peu à peu, ce blog a pris une importance insoupçonnée dans ma vie.
J’essaie de m’en tenir à un article par jour, même si le plus souvent je n’y arrive pas vraiment. Une heure de travail quotidien, plus ou moins. Souvent plus. Petit à petit les articles se sont allongés, ont gagné en consistance. Une évolution dont je suis assez fière. Le temps que j’y passe à forcément augmenté un peu par la même occasion. Même si ça devient une mécanique bien huilée et qu’avec le temps, l’écriture se fait plus fluide, plus facile. C’est aussi pour ça que j’avais commencé ce blog, pour continuer à écrire après la fin de mes études, ne pas perdre ce goût de la critique et de l’argumentation que j’aime tant et que j’ose souvent bien moins à l’oral. Ne pas perdre l’habitude d’écrire non plus, moi qui ne me sens pas l’âme d’un écrivain et n’oserait jamais me lancer dans de la fiction.

Pourtant – certains d’entre vous l’auront surement remarqué – ces derniers temps, les articles se font plus rares. J’ai eu quelques petits problèmes de santé ces deux dernières années mais j’ai malgré tout essayé de toujours garder un rythme de publication intensif. Avec plus ou moins de réussite, mais dans l’ensemble, je dirais que je m’en suis plutôt bien sortie. Mais depuis quelques semaines, ça va mieux (physiquement parlant) et bizarrement, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir du mal à écrire. Cela peut sembler paradoxal, mais pas tant que ça. Qui dit meilleure santé, dit retour au travail, et forcément moins de temps libre. Sans compter qu’après avoir passé la journée devant mon ordinateur, je sature parfois un peu et commence à avoir du mal à me concentrer. Et puis après deux ans quasi sans sorties, j’ai forcément envie de bouger, de retrouver mes amis, d’aller au théâtre ou au cinéma (encore trop peu à mon goût), ça prend du temps, on ne peut pas toujours tout faire. Il y a les soirs où je suis trop crevée aussi.
Surtout, il y a ces foutus traitements, qui soignent certes (qui soulagent tout du moins), mais qui ont aussi leur lot d’effets secondaires souvent indésirables. Le plus surprenant étant un trouble de l’écriture qui se ressent aussi bien sur le papier qu’à l’écran, avec une difficulté à former les lettres et une sorte de dyslexie des plus surprenantes. J’inverse les lettres, je confonds les mots, moi qui ai toujours eu tant de facilité à les manier. Si on ajoute à ça les problèmes de mémoire et d’attention, difficile d’écrire des articles. Pour la première fois, j’en ai moins l’envie tout simplement parce que les mots ne viennent pas. J’aimerais écrire sur les livres que je lis, les films que je vois, mais je n’arrive plus à organiser mes idées, les phrases ne s’arrangent plus d’elles-mêmes. Moi qui ai toujours été bouillonnante d’idées, j’ai l’impression soudaine d’un grand vide et je me sens amputée d’une partie essentielle de moi-même : celle qui me donne l’envie constante de faire 36000 choses à la fois et de vivre à 100 à l’heure alors que je suis une incorrigible flemmarde. Ceci dit cela ne m’empêche pas de faire des choses, les habitudes ont la vie dure.
Je mets plus de temps à écrire mes articles, je lis moins vite, vais moins au ciné que je le voudrais, donnant un peu l’impression de délaisser le blog alors que j’y consacre toujours autant de temps, étant juste bien moins efficace. Pourtant, les visites sont au rendez-vous ces dernières semaines. C’est un peu frustrant de constater qu’on a deux fois plus de visites avec trois fois moins d’articles. On se sent un peu inutile. En même temps, ça donne envie d’en écrire de nouveaux, de proposer autre chose à lire, d’en écrire pour plus tard. Plus facile à dire qu’à faire quand on met 1h à écrire 3 lignes mais l’intention y est. Objectif 1500 articles pour les 5 ans (déjà !) du blog au mois de mai. En attendant, merci à tous les lecteurs qui me donnent envie de continuer.