Photo

Prague, jour 1

          Cette année, je profite de mes vacances pour découvrir Prague. N’ayant personne pour m’accompagner, je pars seule parce qu’après tout, on est mieux seul que mal accompagné, dit le proverbe. Je voulais une ville enneigée, pas de chance, l’été s’est prolongé pour finalement laisser place à un épais brouillard et des températures assez clémentes en cette mi-novembre. Qu’à cela ne tienne, je ne vais pas me laisser abattre pour autant. Je regrette simplement un peu que la première neige, tombée la veille de mon départ n’ait pas tenu jusqu’à mon arrivée, mais qui sait, peut-être que d’ici la fin de la semaine… Pour ne pas m’ennuyer le soir, j’ai pris mon ordinateur avec moi. Je vais donc essayer de mettre les articles en ligne au jour le jour avec quelques photos.

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          Je n’étais pas partie pour faire beaucoup de photos en ce premier jour. Je suis arrivée vers midi et le ciel était désespérément gris, avec une luminosité quasi nulle. Objectif : errer sans but dans les rues histoire de me repérer un peu. Premier constat : mon hôtel est super bien placé, à 5 min de l’horloge astronomique. Même si j’ai mangé sur le chemin entre les deux et que j’ai fait un peu de lèche vitrine (tombant au passage amoureuse de magnifiques verres colorés en cristal de Bohème…), il ne m’aura donc pas fallu bien longtemps pour revoir mes intentions et sortir mon appareil photo. Le résultat est, comme on pouvait s’y attendre, des plus ternes. De nuit en revanche, et malgré la pluie, c’est de toute beauté !

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          Aujourd’hui, 17 novembre, est un jour férié en République Tchèque, le jour de la lutte pour la liberté et la démocratie. Il commémore deux événements survenus à cette date, l’un en 1939, l’autre en 1989. Les deux fois, des rassemblements étudiants ont été sévèrement réprimés. Ce qui marqua en 1989 le début de la Révolution de Velours qui fit sortir le pays du communisme. Pour les 25 ans des événements de 1989, de nombreuses manifestations étaient organisées. Je suis tombée sur certaines un peu par hasard. J’ai tout d’abord croisé dans l’après-midi un défilé des plus surprenants, avec des déguisements de toutes sortes et des slogans variés. Un peu plus tard, je suis passée par l’avenue Nationale (lieu où s’étaient tenus les rassemblements de 1989) et y ai découvert de nombreux stands de bière et de nourriture, des rames de tram transformées en lieu de concert, des scènes ouvertes, des genres de vide-grenier sur le trottoir, bref, un joyeux bordel des plus réjouissants.

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          Après le dîner, j’y suis donc repassée pour profiter un peu l’animation. J’ai entendu la fin d’un très bon groupe de rock. Vu des jeunes déguisés en soldats de l’Armée Rouge. Assisté à une sorte d’appenning qui n’était pas sans rappeler des profs pétant les plombs. J’ai appris grâce à un stand de crêpes (malheureusement bondé) que « caramel » se disait « karamel » et « grog », « grog ». A défaut de parler anglais, je connais donc déjà 2 mots de tchèque tout à fait essentiels, ce qui m’a grandement rassurée quant à la suite de mon séjour. Particulièrement émouvant, beaucoup de ceux qui passent par-là déposent une bougie sur le trottoir ou au milieu de la rue en hommage à ceux qui ont été blessés lors des rassemblements. Le résultat est juste magnifique. La suite au prochain épisode…

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Cinéma

Mommy, Xavier Dolan à son meilleur

Drame canadier de Xavier Dolan avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément

« Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. »

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          Avec un peu de retard, je suis allée voir le film dont tout le monde parle en ce moment. Xavier Dolan est un jeune prodige qui en est à son 5° film à seulement 25 ans. Depuis qu’il a obtenu le Grand Prix du Jury à Cannes, le monde du ciné à les yeux rivés sur lui et tous ceux qui n’étaient pas à la projection cannoise attendaient avec impatience la sortie de ce que tous semblaient considérer comme un chef-d’œuvre. Ayant relativement peu de temps à consacrer au cinéma en ce moment, je n’ai pas vu ce film aussi rapidement que je l’aurais voulu (à savoir le jour même de sa sortie), ce qui fait que j’avais lu tant d’articles et entendu tant d’éloges à son sujet que je frôlais la saturation avant même d’avoir mis un pied dans la salle. Et forcément, quand on a entendu dire tant de bien d’un film, on se demande comment on pourrait ne pas être déçu. Eh bien il n’en fut rien !

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          J’ai vraiment adoré ce film de bout en bout même si je ne suis pas sure de savoir au juste comment en parler. La première chose qui frappe, c’est le format carré, très inhabituel. Moi qui ai du mal avec les plans serrés, je craignais de me sentir un peu oppressée par ce format qui resserre sacrément l’image. Finalement, j’ai trouvé qu’il était très bien utilisé. L’image est délestée de tout superflu, le décor s’efface pour laisser toute la place aux personnages. Ca leur donne une présence incroyable, d’autant plus que les acteurs sont excellents, notamment celui qui joue le jeune garçon, époustouflant. Moi qui ai du mal avec les engueulades au cinéma et les personnages un peu survoltés, pour une fois c’est passé (presque) tout seul tant ça respire le naturel. Un exploit. Ces personnages paumés et au bord du gouffre sont terriblement attachants.

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          Ce qui m’a surprise, c’est que malgré tout, ce film ne m’a en rien semblé triste. Il y a certes des coups durs mais dans l’ensemble j’ai trouvé qu’il s’en dégageait une certaine joie de vivre. J’ai toujours bien aimé ce mélange de drame et de joie et Xavier Dolan le réussit ici à merveille. La bande-son est également extrêmement bien choisie. Plus que les morceaux en eux-mêmes, c’est leur mise en contexte qui est très bien pensée. Je ne vais pas m’étendre plus tant tout à déjà été dit sur ce film. Je ne peux que me ranger aux côtés de l’immense majorité de ceux qui ont aimé. Il y a une énergie communicative chez Xavier Dolan qui gagne en maturité au fil des long-métrages, estompant peu à peu les défauts qu’on lui connaissait. Il est plus que jamais le jeune génie québécois à suivre. Porté par un trio d’acteur époustouflant, un film magnifique qui comporte quelques moments de grâce.

Actualité

L’actu de la semaine – 15/11

Actu

– Les gendarmes sont accusés d’avoir caché la cause de la mort de Rémi Fraisse. Bernard Cazeneuve annonce l’interdiction des grenades offensives.

Les policiers ont manifesté cette semaine pour demander plus de moyens.

L’affaire Fillon-Jouyet défraie la chronique cette semaine. Je dois vous avouer que je n’en ai pas bien compris les tenants et les aboutissants. Lors d’un déjeuner, Fillon aurait demander à Jouyet de se bouger un peu pour mettre Sarko en taule (si on résume) histoire de dégager la voie vers la présidence. Jouyet refuse fermement. Ca prouve quoi ? que la politique est un monde de requins ? tu parles d’une révélation.

Nabilla est en détention provisoire pour avoir poignardé son compagnon qui est depuis sorti de l’hôpital. Les réactions de fans sur Twitter veulent leur pesant de cacahuètes et certain(e)s ont entamé une grève de la faim pour demander sa libération…

Un tigre a été aperçu en liberté en Seine-et-Marne. 200 policiers, pompiers et militaires ont été engagés pour une grande battue, les abords des écoles sont surveillés, il est conseillé de rester chez soi. L’affaire fait le tour du monde. Après examen de la photo (floue) sur laquelle on voit l’animal, il s’agirait finalement d’un petit lynx ou d’un gros chat (sauvage, probablement). Oups.

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Sorties ciné

– Un illustre inconnu : Sébastien a toujours rêvé d’être quelqu’un d’autre. Sans grande imagination, il choisit de copier les gens qu’il rencontre et de s’approprier leur vie. Un thriller assez prometteur, espérons qu’il sera à la hauteur.

– L’Homme du peuple : Lech Walesa, un travailleur ordinaire qui va accéder aux sommets de l’état. Un homme fascinant dont j’ai bien envie de découvrir l’histoire.

– Casanova Variations : Le mythe de Casanova, considéré comme le plus grand séducteur de tous les temps, Après Valmont dans Les liaisons dangereuses, John Malchovich joue Casanova. J’ai hâte de voir ça !

Culture

– Pas d’actu de la semaine sur la blog samedi dernier (ni le prochain d’ailleurs), je vous le dis donc cette semaine : le verdict pour la plupart des grands prix littéraires est tombé : Lydie Salvayre a reçu le prix Goncourt pour Pas pleurer, le Renaudot revient à David Foenkinos pour Charlotte, le Femina à Yanick Lahens pour Bain de lune, Elisabeth Roudinesco est lauréate du prix Décembre avec Sigmund Freud, en son temps et dans le nôtre, le prix du roman de l’Académie Française a été attribué à Adrien Bosc pour Constellation et le prix Médicis est pour Antoine Volodine avec Terminus Radieux. Le prix Interallié sera dévoilé le 20 novembre. Je ne connais pas les lauréats pour la littérature étrangère et les essais mais je tenterai de faire un résumé quand le dernier prix de la saison aura été décerné.

Pierre Cardin a ouvert un musée à Paris. Situé dans le Marais, il présente des modèles de haute couture du créateur.

– Le projet de la tour Triangle fait débat. Le projet sera voté le 17 novembre et semble avoir plus de détracteurs que d’adeptes. Si elle voit le jour, cette tour de 180 m sera implantée Porte de Versailles.

Théâtre

La colère du tigre, quand Monet et Clémenceau se confrontent

          « Un géant de la politique, Clémenceau et un géant des arts, Claude Monet, amis de longue date, passent quelques jours ensemble au bord de l’Atlantique. Deux caractères bien trempés, deux hommes à l’ironie célèbre, que l’âge n’a pas rendus plus sages. Monet a détruit des Nymphéas promis à l’Orangerie, une occasion pour le Tigre de piquer l’une de ses plus mémorables colères. »

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          J’ai toujours beaucoup aimé Monet qui est, sans originalité aucune, l’un de mes peintres préférés. Pourtant, bien qu’ayant vu de nombreuses expos et quelques documentaires lui étant consacrés, je ne savais rien de son amitié avec Georges Clémenceau. Ou alors j’ai oublié, c’est possible aussi. Quand j’ai entendu parler de cette pièce qui était consacrée à leur entretiens, avec Claude Brasseur en prime, j’ai forcément eu très envie de la voir. Comme ma maman était tout aussi tentée que moi, je me suis donc fait inviter. La première chose qui frappe, c’est la beauté du décor, à la fois relativement simple et sophistiqué. Sur scène : d’un côté un intérieur campagnard un peu caché, de l’autre une grande partie avec des accessoire qui figure l’extérieur. Par un jeu de projection sur une toile semi-transparente, on croirait voir un tableau de Monet, changeant au fil des heures. Une vraie merveille !

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          Les acteurs sont également exceptionnels. J’ai eu un peu de mal à m’y faire au début, peinant à entendre ce qu’il se passait sur scène, mais au fur et à mesure que la pièce avance, l’interprétation gagne en puissance. J’ai trouvé l’actrice qui joue l’amie de Clémenceau un peu en deçà de ses deux compères pendant la première moitié mais elle s’en sort finalement très bien. Quand à celle qui joue la bonne, elle est tout simplement géniale ! Quant au sujet, il est juste passionnant. Le texte revient sur un séjour de Monet chez Clémenceau où ils se sont empoignés au sujet des Nymphéas que Monet avait promis de livrer pour le musée de l’Orangerie, spécialement aménagé pour les accueillir, et qu’il ne finissait jamais. Autant vous dire qu’il y avait de la tension dans l’air…

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         J’ai beaucoup aimé cette pièce qui nous fait rentrer dans l’intimité de ces deux grands hommes et aborde des aspects de leur vie que je ne connaissais pas forcément. J’ai tout aimé dans cette pièce à la mise en scène très réussie. Voir deux grands acteurs jouer des rôles pareils est forcément un régal. Le décor est éblouissant et si je trouvais les places un peu chères, je dois dire qu’il justifie le prix à lui seul. J’ai adoré voir la lumière changer et le décor évoluer peu à peu, comme une succession de tableaux. Quant à la fin, je l’ai trouvée particulièrement émouvante. Une pièce magnifique à voir pour son sujet passionnant, ses acteurs mythiques et son incroyable décor.

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La colère du Tigre, de Philippe Madral

Mise en scène de Christophe Lidon

Avec Claude Brasseur, Michel Aumont, Sophie Broustal, Marie-Christine Danède

Théâtre Montparnasse

31 rue de la Gaîté, 75014 Paris

Du mardi au samedi à 20h30

De 18 à 54€ la place

Mes lectures

38 mini westerns (avec des fantômes)

          De Mathias Malzieu, j’avais beaucoup aimé Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi et Le plus petit baiser jamais recenséIl y a longtemps que ces 38 mini westerns avaient rejoint ma bibliothèque mais je ne les en avais jamais délogés jusque-là. Je m’attendais un peu à un condensé de l’univers si déjanté de l’auteur je crois et en même temps à quelque chose d’un peu différent. Je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Les histoires qui se succèdent dans ce petit livre sont très courtes et toujours aussi loufoques. Elles m’ont souvent donné l’impression de n’être que des idées jetées sur le papier en attendant d’être développées ailleurs.

          L’univers de Mathias Malzieu est très riche et je trouve que le roman se prête mieux à ses bizarreries, il laisse le temps de s’immerger dans ce monde où naissent 20 idées à la seconde. La nouvelle ne permet pas de les développer et m’a laissée un peu sur ma faim. Le titre est également un peu trompeur. Il y a quand même quelques bonnes idées et on retrouve sa plume si particulière. Trois ou quatre de ces histoires sortent du lot. Finalement, ça m’a presque plus fait penser à de la poésie. Même si je préfère les romans de l’auteur à ces courts-textes, la lecture est agréable et divertissante. Les fans de la première heure seront sans doute conquis, les autres peut-être un peu moins. 

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C’était la première fois que je faisais un cadeau d’amoureux et dans chaque maillon du bracelet, il y avait un morceau de mon coeur.

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Elle sourit, un sourire à double sens, pile entre « Tu te fous de moi… » et « Tu t’en sors bien ».