Mes lectures

Une histoire d’hommes touchante par Zep

         Après plusieurs années de séparation, une bande de copains se retrouve. Ils étaient membre d’un groupe de rock qui a été dissout après l’erreur de l’un d’eux. Sandro a su tirer son épingle du jeu et devenir une star au détriment de sa relation avec son frère. Un week-end suffira-t-il à les réconcilier ?

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          J’avais entendu dire le plus grand bien de cette BD et j’avais hâte de la lire. De l’auteur je ne connaissais que le célèbre Titeuf et j’avoue que je voyais mal ce que ça pouvait donner dans un style aussi différent. A moins de le savoir, difficile de deviner que c’est la même personne qui a donné naissance au célèbre petit garçon à la mèche et à cette histoire d’hommes mûrs aux rêves brisés. Et honnêtement, je trouve que ce sérieux lui réussit.

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          J’ai lu cette BD d’une traite. J’ai été vraiment prise par l’histoire de ces hommes qui essaient de se retrouver. L’univers très rock avait tout pour me séduire et ç’a été le cas ! J’ai également beaucoup aimé l’univers visuel très marqué avec des monochromes qui donnent un petit air mélancolique que j’ai beaucoup apprécié et mettent parfaitement en avant la subtilité de l’histoire qui se cache parfois sous le vernis de l’humour.

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          La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est que cette BD soit trop courte. J’aurais aimé que l’histoire soit un peu plus développée pour en profiter plus longtemps. Malgré ce léger regret, je l’ai trouvée touchante et déroulée avec intelligence. Bien que rapidement esquissées, les relations entre les personnages sonnent juste et ne sont pas dépourvues d’une certaine authenticité. Un joli texte et des dessins réussis pour une BD pour le moins séduisante. 

Cuisine

Pâtes aux courgettes, basilic et parmesan

Pour 2 personnes

150 g de pâtes de votre choix

1 filet d’huile d’olive

2 petites courgettes

6 feuilles de basilic

5 c. à soupe de fromage blanc

Des copeaux de parmesan

Sel, poivre

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Mettez de l’eau salée à chauffer. Lorsqu’elle bout ajoutez les pâtes et laissez-les cuire le temps indiqué sur le paquet (en général 7 à 9 min.).

Dans une poêle, faites chauffer un filet d’huile d’olive. Pelez les courgettes, enlevez les graines et coupez-les en petits dés avant de les mettre à cuire dans l’huile à feu moyen. Couvrez et tournez de temps en temps.

Emincez le basilic.

Lorsque les pâtes sont cuites, égouttez-les et réservez.

Quand les courgettes sont bien fondantes, ajoutez environ les 2/3 du basilic et le fromage blanc. Salez, poivre et laissez cuire environ 2 min.

Au moment de servir, versez la sauce sur les pâtes puis saupoudrez du reste de basilic frais et de copeaux de parmesan.

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Une manière toute simple de manger des légumes avec ses pâtes.

Bon appétit !

Mes lectures

Les Sauvages, la géniale fresque de Sabri Louatah

          « L’avenir, c’est maintenant » , c’est ce que promet le favori à la présidentielle à des millions de français. Pour la première fois, un homme issu de l’immigration pourrait diriger le pays. Un vrai bouleversement dans la vie politique. Pendant ce temps, à Saint-Etienne, la famille Nerrouche prépare un mariage. Deux histoires qui vont entrer en collision.

          A Noël dernier on m’a offert les 3 premiers tomes de cette série (les seuls sortis pour le moment). J’ai lu le premier presque immédiatement mais je ne sais pour quelle obscure raison, j’ai complètement oublié de vous en parler. Une fois le troisième tome refermé, je peux corriger cette terrible erreur. Les Sauvages, c’est une grande fresque sociale et politique conçue comme une série télé : une myriade de personnages, des rebondissements à revendre et une histoire forte pour cimenter tout ça. On suit les joies et les déboires (surtout les déboires) de la famille Nerrouche, des immigrés qui vivent paisiblement dans un quartier calme de Grenoble. En même temps, le pays vit un moment majeur de son histoire avec la possible élection à la tête de l’état du premier président arabe.

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          Dès les premières pages, j’ai a-do-ré ce roman. L’écriture est nerveuse et fluide à la fois et on se laisse prendre au jeu de cette histoire à tiroirs. Les personnages sont tantôt touchants, tantôt agaçants, recréant au mieux une famille réelle. J’ai beaucoup aimé cette idée de politique-fiction où le paysage politique français serait bouleversé. Mais ce n’est pas là le seul aspect passionnant de ce texte qui est aussi roman d’aventure et fresque familiale avec quelques aspects tirant sur le polar. De plus, l’écriture n’est pas dénuée d’une certaine ironie tout à fait délectable. Les personnages sont hauts en couleurs et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre leurs mésaventures. Le premier tome de cette série m’a rendue totalement accro !

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          Le deuxième tome m’a paru légèrement en deçà du premier, mais l’effet de surprise n’y était plus. Je l’ai toutefois dévoré, tout comme le premier. J’ai aimé retrouver cette foule de personnages attachants et suivre la suite de leurs aventures. Peut-être étais-je mieux lunée en m’attaquant au troisième et dernier tome paru car il m’a semblé meilleur que le précédent, renouant avec une plume plus acérée et une histoire plus rythmée. En avançant dans l’histoire, les tomes se font plus longs, ça me donne toujours un peu l’impression d’une écriture moins travaillée. Il faut dire aussi que les auteurs ont tout le temps qu’ils souhaitent pour écrire un premier tome alors qu’une certaine pression arrive avec le succès et la nécessité de rendre la suite rapidement pour ne pas faire attendre les lecteurs. Il en résulte souvent une légère baisse de qualité qui se ressent surtout au niveau de la concision, avec des textes un peu moins retravaillés et par là-même moins mordants. C’est à la fois tout à fait compréhensible et un peu dommage. Mais on est déjà tellement conquis dès le premier tome qu’il faut admettre qu’on n’y prête guère attention.

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          Bien que l’effet de surprise s’estompe et que le style se fasse un peu moins nerveux après le premier tome, on ne peut plus lâcher cette série une fois qu’on l’a commencée. On y retrouve vraiment le côté série télé que voulait lui donner son auteur. On aime la variété des personnages (même si on s’y perd un peu au début, on s’y retrouve vite), les rebondissements à répétition et le suspens quant au sort qui attend chacun. Cette série est très riche et offre le portrait d’une France nouvelle hyper crédible. Un mélange de réalisme et de fiction qui enchante. J’ai lu chacun de ces titres plus vite que le précédent. Je n’ai plus qu’une hâte, que le quatrième sorte en librairies. Initialement prévu pour la rentrée, il a été reporté à une date indéterminée. Une série aux multiples facettes qui ne ressemble à aucune autre et rend accro. Avec son premier essai, le jeune Sabri Louatah signe un coup de maître.

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Krim ne savait jamais comment réagir aux grandes déclarations. Sa mère en faisait souvent elle aussi, avec ces mêmes grands yeux dilatés qui essayaient de vous convaincre qu’on faisait tous partie du même grand chou-fleur de l’espèce humaine.

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Au fin fond de chaque être humain il y avait un réservoir aussi vaste et lumineux qu’un ciel ouvert. Une source vive dont on avait soi-même verrouillé l’accès. C’était ce verrou qui devait sauter. Il fallait s’attacher à ça, à des trésors que personne ne pouvait nous confisquer.

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Croyez-moi, il y a quelque chose de sacré dans la civilisation française. L’énergie nationale… est irriguée par un courant mystique intarissable, par une colère sainte, qui prend sa source dans le fond des âges. Cette colère, vous la verrez se déchaîner dans les jours qui viennent, et vos « preuves » seront aussi utiles qu’un carnet de chèques au milieu du désert de Gobi.

Cinéma

Mademoiselle Julie ne m’a pas séduite

Drame de Liv Ullmann avec Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton

        Alors que tout le monde s’apprête à fêter le Saint-Jean, Mademoiselle Julie et son valet, John, jouent à un jeu dangereux entre séduction et manipulation. Des manœuvres douteuses qui se déroulent sous les yeux de Kathleen, la cuisinière du baron et fiancée de John. Un jeu qui pourrait mal finir.

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          Avant d’aller voir Mademoiselle Julie, je ne savais absolument pas de quoi il s’agissait. Je me suis dévouée pour le chroniquer sur Cinéphilia (article que je laisse honteusement traîner) sans avoir la moindre idée de quoi il retournait. J’avais dans l’idée que c’était mieux comme ça. Le titre me tentait moyennement, l’affiche ne m’attirait guère, seul le casting me semblait intéressant. Je me suis donc arrêtée là dans mes recherches. Je suis souvent déçue par les films en ce moment, trompée par des bandes-annonces alléchantes. Cette fois, je ne me ferais pas avoir. Malgré d’excellentes dispositions quand je suis allée voir ce film, on ne peut pas exactement dire que je sois tombée sur le charme. Quelque chose me dit que si j’en avais su plus, jamais je ne me serais infligé cette projection.

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          Dès les premières minutes, j’ai été prise d’un ennui mortel. J’ai bien cru partir après à peine 1/2h tant continuer à regarder me semblait insoutenable. Finalement, j’ai tenu 1h15 et suis partie au moment où Mademoiselle Julie s’est traînée par terre, venant ainsi à bout de ma patience déjà bien entamée. D’où ma difficulté à parler de ce film : non seulement je ne l’ai pas vu en entier mais en plus j’ai passé mon temps à penser à ma fuite. Je vais toutefois faire un effort pour tenter de démêler les points forts et points faibles de ce film. Le casting est très alléchant, même si je n’ai pas trouvé l’interprétation  exceptionnelle dans l’ensemble, Samantha Morton est pour le moins convaincante en amante délaissée.

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          Ce film joue beaucoup sur l’esthétique : une lumière dorée magnifique, des plans qui ressemblent à des natures mortes… Cette manière de filmer peut sembler un peu datée mais il faut bien admettre que ça reste quand même un des gros points forts du film. La musique est également bien choisie – des morceaux classiques très agréables – et renforce cette ambiance un peu surannée mais assez charmante. Malheureusement, j’ai eu le plus grand mal à m’intéresser à cette histoire. Mademoiselle Julie est absolument imbuvable, nombreuses sont les scènes qui m’ont mise mal à l’aise tant elle maltraite son valet, qui pourrait bien finir par lui rendre d’ailleurs. En parlant de ce dernier, le regard vide de Colin Farrell m’a franchement dérangée.

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          Bien que férue de théâtre, je ne connaissais pas du tout ce texte ni son auteur alors qu’il semblerait pourtant qu’il soit pour le moins célèbre. La pièce a d’ailleurs été adaptée de nombreuses fois au cinéma avant que Liv Ullman ne s’y attaque à son tour. Je pense que clairement je ne serais pas allée voir ce film si j’en avais su plus : c’est un huis-clos, ils m’angoissent, les personnages s’engueulent tout le temps, je déteste les cris au cinéma, quant au côté mi-romantique mi-larmoyant, il m’agace au plus haut point. Bref, il n’y avait à peu près aucune chance que j’apprécie ce film que j’ai trouvé en tous points exaspérant, la lumière à la Vermeer mise à part. Toutefois, je pense que certains l’apprécieront sans doute autrement mieux. La bande-annonce donne un assez bon aperçu de l’ambiance même si elle est assez avantageuse du point de vue du rythme. Un film qui entre cris et pleurs n’était absolument pas fait pour moi malgré une esthétique impeccable. Un grand moment d’ennui.

Mes lectures

L’écrivain national : quand Serge Joncour retourne aux sources

          Serge est écrivain, peu connu malgré de nombreuses années de galère, il vit toutefois de son art et est même invité en résidence d’auteur dans une petite ville du Morvan. Mais une fois arrivé là-bas, rien ne va se passer comme prévu. Fasciné par un fait divers sordide, il va se retrouver mêler d’un peu trop près à cette histoire.   

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          J’ai une tendresse toute particulière pour l’écriture de Serge Joncour et son humour au vitriol. Dans son précédent roman, L’amour sans le faire, il délaissait cette écriture nerveuse à l’apparente légèreté pour plus de douceur. Bien que l’absence de son humour décapant m’ait au début déroutée, je n’ai pu qu’admettre qu’il signait là malgré tout son plus grand roman, d’une incroyable délicatesse. Je me demandais donc si son roman suivant resterait dans ce ton ou si on y retrouverait son côté décalé. Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, avec ce livre, Serge Joncour renoue avec ses premières amours. On retrouve son sens aigu de l’observation et son auto-dérision tout à fait délectable.

          J’ai un peu regretté la finesse et la maturité de son précédent roman (je sais, je suis pénible, je ne sais pas ce que je veux) tout en étant heureuse de retrouver le style pour lequel je suis cet auteur depuis quelques temps maintenant. Pour le contenu en revanche, le petit côté polar est tout à fait inédit. L’auteur n’a décidément pas fini de nous surprendre ! J’ai beaucoup aimé le ton de ce roman. Serge Joncour maîtrise décidément l’ironie comme personne. Son personnage semble être un véritable reflet de lui-même. Je me suis délectée de ses déboires. J’ai parfois eu l’impression qu’à travers ce personnage bourru, c’était lui-même que l’auteur dépréciait. Quand on connaît son talent et sa sympathie, on espère que ce n’est qu’une fâcheuse impression.

          Bien que j’aie beaucoup aimé ce roman, j’ai eu le sentiment par moments que l’auteur se cachait derrière son humour. Même si ce texte sonne souvent juste, j’ai trouvé qu’il y manquait la sincérité du précédent. Difficile de marier les deux mais j’espère qu’il y parviendra dans l’avenir. Quand on a vu de quelle justesse il est capable, on a beau adorer son humour, on ne peut que souhaiter qu’il explore un peu plus cette voie. Le roman est très drôle, avec un personnage bourru et maladroit qui a un vrai don pour se fourrer dans les emmerdes. J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. L’esprit des petits village y est décrit de manière tout à fait délectable. L’ambiance de ce livre est sans nul doute un de ses gros points forts tout comme le mélange des genres, entre humour et polar décalé. Un roman surprenant dans lequel l’auteur renoue avec l’humour. Une lecture aussi riche qu’agréable. Serge Joncour reste décidément un auteur à suivre !

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Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous de n’être que soi.

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Un auteur dans le fond doit-il servir à quelque chose, de même que chacun d’ailleurs, est-ce qu’on doit tous servir à quelque chose et est-ce qu’il y a des degrés dans cette implacable hiérarchie des utilités ?