Mes lectures

Rentrée littéraire de janvier : littérature française

          Les rentrées littéraires se suivent et ne se ressemblent pas. Celle de septembre reste la plus courue, avec les prix littéraires à la clef, mais celle de janvier propose aussi de belles choses. On y trouve aussi bien des auteurs confirmés qui ne font pas la course aux prix – pas chaque année du moins – que des débutants qui essaient de ne pas finir engloutis sous la masse des quelques 600 livres qui paraissent chaque automne. Pourtant, avec 476 romans sortis en ce début d’année, difficile de s’y retrouver. Si la rentrée de septembre m’a laissée grandement sur ma faim (la plupart des auteurs que j’aime en étaient absents et j’ai été dans l’ensemble très déçue par mes lectures que vous pouvez retrouver ici), celle-ci me tentait plus avec pas mal de romans qui m’intriguaient. N’ayant pas un rond ces temps-ci, je n’ai acheté qu’un seul roman cette rentrée : les autres m’ont soit été généreusement envoyés en service de presse (oui, ça m’arrive et non, je n’ai pas honte), soit été prêtés par ma maman. Même si pour une fois j’en ai sollicité pas mal, d’autres ont croisé ma route par hasard. Une quinzaine de livres en tout, dans des styles assez différents. Voici pour commencer ce que j’ai pensé de la partie littérature française.

          L’Azirie est tombé sous le joug d’une dictature. Lora Sander décide de fuir le pays. Sa vie de comédienne est devenue impossible. Elle prend le chemin de l’exil et rejoint l’Etat limitrophe de Santarie, munie de son colt 45.

La femme au colt 45, Marie RedonnetJe n’ai pas trop accroché avec l’écriture assez particulière de ce roman. Le mélange entre une narration à la 3° pers et un point de vue interne est assez perturbant. Ca met une distance avec le personnage et donne un côté froid au texte qui m’a beaucoup gênée. Les événements sont décrits de manière succincte et s’enchaînent rapidement. Ils auraient mérité d’être plus développés pour qu’on s’imprègne de l’ambiance et qu’on s’attache un peu plus au personnage. Mais si ce texte ne m’a pas plu, il est loin d’être inintéressant. L’écriture est certes un peu sèche à mon goût mais elle est maîtrisée et la construction originale. L’histoire se passe dans un lieu imaginaire mais qui entre en résonance avec le monde actuel, ses problèmes, ses conflits. On y retrouve d’une certaine manière les problèmes d’immigration et d’intégration qui font l’actualité. Ca donne au texte un aspect universel. Une écriture qui m’a paru trop froide mais un sujet intéressant et un résultat qui, s’il ne m’a pas séduite, sort tout de même du lot.

Il y a des rides sur le front et à la commissure des lèvres. La peau commence à se flétrir. Le teint a perdu son éclat. Le regard est grave et inquiet. Les traits du visage sont harmonieux, des sourcils épais, des lèvres charnues. L’expression est tendue. Cette femme que je ne reconnais pas, sans aucun fard, c’est moi.

          « Je voulais comprendre comment Lorca Horowitz avait mis en place son plan d’anéantissement sans éveiller le moindre soupçon, et avait osé monter une à une, sans jamais reculer ni même hésiter, les marches qui la menaient droit à son crime. Je voulais comprendre pourquoi elle l’avait fait. Mais surtout en quoi cela me concernait, me touchait. Qu’avais-je à voir là-dedans ? »

Appelez-moi Lorca Horowitz, Anne PlantagenetCoup de cœur pour ce roman que j’ai dévoré en à peine 24h (il est court, certes, mais quand même). J’ai été totalement embarquée par cette histoire complètement folle de manipulation et d’usurpation d’identité inspirée d’un fait divers. La tension monte peu à peu et il est fascinant de voir une jeune femme complexée se transformer peu à peu sous nos yeux en femme fatale prête à tout pour réussir. Mais tout autant que cette histoire, j’ai aimé que l’auteur nous parle en parallèle de pourquoi elle a choisi ce sujet, pourquoi il la fascine, et ce que ça dit d’elle – avec parfois une pointe d’humour bienvenue dans cet univers assez sombre. Cette alternance entre le récit lui-même et cette prise de recul de la part de l’auteur est à la fois passionnante et diablement efficace ! Ca nous pousse à nous interroger sur ce que nous-même serions prêts à faire en situation extrême. Un questionnement dérangeant mais qui donne à ce roman toute sa saveur. C’est très bien écrit et l’état d’esprit de la jeune femme est parfaitement bien rendu (bien que totalement supposé). On se prend au jeu de cette histoire malsaine et on en ressort avec une pointe de soulagement mais aussi une certaine frustration de ne pas voir levés tous les doutes sur les motivations du personnage. Un roman un rien malsain et extrêmement prenant.

Je connaissais bien aussi cette douleur de l’exclusion, pire encore, celle du cœur qui se brise et n’en finit pas de se briser, du cœur déjà en miettes et qu’on peut, aussi inconcevable et cruel que cela paraisse, réduire en morceaux toujours plus petits, car il faut de nombreux coups pour arrêter l’amour, il faut le tabasser à plusieurs reprises.

          Étonnant et fulgurant destin que celui de Jeremiah Reynolds : après avoir probablement été le premier homme à poser le pied sur le continent antarctique en 1829, il devint colonel pendant la guerre civile chilienne, chef militaire des armées mapuches, avocat à New York, effectua un demi-tour du monde et écrivit un récit de chasse au cachalot blanc.

Les vies multiples de Jeremiah Reynolds, de Christian GarcinPetite déception pour ce roman dont j’attendais beaucoup. Bien que très travaillé, le style apparaît comme extrêmement brouillon. L’auteur se perd en digressions incessantes (parfois insupportables mais d’autres fois plutôt amusantes, il faut le reconnaître) et semble ne jamais vraiment toucher au cœur du sujet. Cette histoire avait pourtant un potentiel énorme. Je ne connaissais pas Jeremiah Reynolds et j’espérais découvrir les moindres détails de ses pérégrinations, une vie d’explorateur donne toujours une matière particulièrement riche pour un roman. Malheureusement l’auteur survole les choses. On ne rentre absolument pas dans la peau du personnage. Ses sentiments sont totalement laissés de côté et ses exploits sont relatés de la manière la plus brève qu’il soit. Ce roman n’est qu’accumulation de digressions bien souvent sans grand intérêt. J’ai hésité à l’arrêter plusieurs fois mais me suis abstenue, trouvant ça et là des passages un peu plus prenants. Un style à la fois compliqué et très haché qui est loin de m’avoir emballée et une histoire intéressante à peine esquissée qui m’a laissée sur ma faim pour ce roman qui ne tient pas ses promesses.

Il se disait qu’il n’y avait eu que deux périodes de sa vie qui l’avaient vraiment exalté, et elles étaient liées aux deux chimères qu’il avait poursuivies, ou qu’il aurait voulu poursuivre : la Terre creuse de Symmes et le cachalot blanc de Lewis.

          Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel. Nul ne sait à qui appartiennent les lieux mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts.

Dedans ce sont des loups, de Stéphane JolibertCe roman est mon deuxième gros coup de cœur de cette rentrée de janvier qui s’avère décidément bien surprenante. Le titre me plaisait bien mais je ne m’attendais à rien de particulier en entamant cette lecture. J’ai vraiment été happée par cette univers très fort, pourtant, je ne sais pas trop comment vous en parler. Etrangement, j’ai souvent un peu de mal à parler des choses que j’aime en ce moment. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur qui n’a pas été sans me rappeler par certains aspects la plume de Jack London (un de mes auteurs préférés pour ceux qui l’ignorent). Un style un peu âpre et un monde dur et froid que j’ai beaucoup appréciés. Ce monde sans pitié est peuplé de personnages forts – des hommes violents et des prostituées pour la plupart, pas franchement des enfants de cœur. Avec ça, inutile de vous dire que l’histoire n’est pas exactement drôle. On est dans une sorte de thriller avec un suspens qui se met en place autour de l’identité de celui qui contrôle ce bout du monde sans foi ni loi. On pressent que ça peut difficilement bien finir. La violence est au centre du récit avec pourtant de beaux moments d’humanité. Même si j’ai assez vite deviné qui tirait les ficelles, ça ne m’a pas vraiment gâché le plaisir du dénouement. Un roman qui m’a subjuguée de bout en bout par la force de son style et la noirceur de son univers. Glaçant.

C’était sa fierté, au paternel, que ses gosses sachent que la vie était une chienne dépourvue de tendresse et de compassion.

          Pascal a ouvert un restaurant, Le Bout du Monde, à Kaboul. Hommes, femmes, voyageurs aux grandes causes et aux bagages trop lourds s’y retrouvent pour comploter, rire, boire, aimer, oublier… Mais après l’excitation des premières années, ne faut-il pas s’en aller encore ?

Le bout du monde, de Marc VictorJ’ai suivi la série Kaboul kitchen sur Canal+ et malgré quelques faiblesses je dois dire que j’ai bien aimé son humour décalé. J’étais très curieuse de découvrir la suite dans un roman. L’auteur (et scénariste donc) s’inspire de sa vie pour son livre. Et elle a visiblement été très mouvementée ! J’ai beaucoup aimé le style fluide et l’auto-dérision exacerbée. Le narrateur se décrit de manière peu glorieuse -grosso modo comme un lâche et un glandeur – et étrangement ça ne le rend que plus sympathique. Les nombreuses digressions, même si elles semblent nous éloigner parfois pas mal de l’histoire, sont loin d’être inutiles et donnent toute leur profondeur aux personnages. On revient ainsi sur leur enfance et sur la solidité des liens d’amitié qui unissent le narrateur à Corto, son ami d’enfance, qui vit lui aussi en Afghanistan, et dont  la disparition est au centre du récit. Entre les Pyrénées et Kaboul, le récit d’une amitié solide entre deux caractères bien trempés. Ce roman est souvent drôle, parfois émouvant, et s’il traîne un peu en longueur sur la fin, il est entre humour et aventure une lecture pour le moins rafraîchissante.

La route, elle aussi, finit par user. Nous n’étions pas loin d’une overdose d’asphalte. Et même les paysages les plus grandioses n’échappent finalement pas à la monotonie.

          Gabriel, écrivain quadra précaire épuisé par l’amour et la vie, tombe amoureux de Catherine, institutrice de son fils et membre du Parti National…

Les enfants qui mentent n'iront pas au paradis, de Nicolas ReyJ’avais lu un livre de Nicolas Rey quand j’étais ado, Courir à 30 ans, que j’avais à l’époque bien aimé. Quand j’avais reçu il y a deux ans un roman de l’auteur en service de presse, j’avais donc été très heureuse de le retrouver. Malheureusement, ça ne s’était pas exactement passé comme prévu et j’avais franchement détesté son roman qui n’est pas loin d’être ce que j’ai pu lire de plus plat ces dernières années. Quand j’ai reçu celui-ci, j’étais donc pour le moins circonspecte et j’ai bien dû le laisser traîner un mois sur mes étagères et 3 semaines dans mon sac avant d’oser l’ouvrir. Sans aller jusqu’à dire que j’ai adoré, c’est loin d’avoir été le calvaire que je craignais. Pourtant le sujet – franchement d’actualité – est des plus délicats : le monde qui va mal, la jeunesse (plus si jeune en l’occurrence) désabusée et la montée du FN. Ca fonctionne plutôt bien. Le personnage principal s’avère légèrement agaçant, mais plutôt sympathique dans le fond. La plume est agréable et si j’aurais sans doute aimé un texte avec un peu plus de profondeur, il est loin d’être inintéressant. Avec ses airs de ne pas y toucher, le roman aborde des thèmes forts de manière assez peu conventionnelle. Plutôt réussi.

Je sais que pour l’instant c’est difficile à croire mais ta souffrance va s’atténuer. Au fil du temps, je vais voir ton chagrin disparaître. Voilà peut-être la chose qui nous désole le plus. De voir même le chagrin disparaître.

          Trois frères : des jumeaux, Le Zébré, fou de ses coqs qui risque sa vie en une pirouette au-dessus du vide, Le Rouquin, dans son ombre le suit où qu’il aille et tente de le protéger de lui-même. Et L’Oiseau, le musicien, le poète, le plus jeune aussi, qui oppose à la violence de ses frères le chant d’un oiseau. Peuvent-ils se rejoindre et s’inscrire dans les traces de leurs ancêtres Les Tsiganes-Oiseaux qui, comme le dit la légende, avaient le cœur si limpide qu’ils pouvaient voler ?

Tsigane-oiseau, de Chantal PortilloQuand on m’a proposé de recevoir ce livre, j’avoue avoir pas mal hésité. Lorsque je demande à un éditeur de m’envoyer un ouvrage, je m’engage bien évidemment à en parler mais comme je me fixe également un devoir d’honnêteté, j’essaie autant que possible d’aller vers des choses que je suis à peu près sure d’aimer. Ca m’évite à la fois de me mettre dans la situation embarrassante vis à vis de celui qui me l’a envoyé et d’avoir l’impression de perdre mon temps. Je ne connaissais ni l’auteur ni l’éditeur et c’est vrai que cela me rend généralement assez méfiante. Toutefois, le sujet m’attirait beaucoup et le communiqué de presse était convaincant, j’ai donc décidé de laisser une chance à ce roman. Et j’ai bien fait (comme quoi, les a priori à la con hein…) ! J’ai de suite accroché avec le style tout en simplicité de l’auteur et cette histoire d’une famille de tsigane. On y découvre le quotidien au sein d’un campement, avec ses croyances, ses combats de coqs, ses tensions mais sa solidarité aussi. C’est à la fois simple et universel, la complexité des rapports fraternels, et des rapports humains tout court. J’ai trouvé ce texte très juste et très beau. C’est violent et poétique : c’est vivant. Un très bel hommage à culture gitane.

Et si nous sommes du voyage, nous ne sommes pas des errants, nous sommes les nomades du monde.

          Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L’Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie.

L'arbre du pays Toraja, de Philippe ClaudelDe Philippe Claudel je ne connais pas grand chose. J’avais beaucoup aimé son film Tous les soleils, et en roman j’avais été séduite par Le rapport Brodeck que j’avais trouvé très fort. J’avais envie de lire autre chose de lui et son nouveau roman faisait donc partie de ceux qui me tentaient bien  en cette rentrée de janvier. Je l’ai commencé avec un bel enthousiasme sans même avoir lu quatrième de couverture. J’ai vite déchanté. Certes, le style reste agréable, mais impossible de m’intéresser un tant soit peu à ce qui était écrit. Il faut dire que je ne suis pas très sensible au sujet de la maladie et de la mort. Ca ne m’attire pas particulièrement et il faut vraiment un roman d’une grande sensibilité pour que ça me touche. D’autre part, je commence à me lasser de l’autofiction à laquelle j’ai toujours préféré les romans. La frontière entre réalité et fiction peut-être intéressante mais là j’ai plutôt eu l’impression que l’auteur s’épanchait sur la page sans réel travail littéraire derrière. Ce texte est extrêmement décousu. Ca part dans tous les sens aussi bien chronologiquement que concernant les sujets abordés. Ca n’aide pas franchement à rentrer dedans… J’ai trouvé le tout très brouillon et émaillé de réflexions qui ne m’ont pas emballée outre mesure. Je me suis ennuyée devant ce livre qui manque franchement de tenue. 

Il s’est mis à pleuvoir. On voit la pluie rouler sur les jeunes feuilles des arbres. C’est très beau. Comme des larmes de géant qui tomberaient sur le monde.

          La tentative d’assassinat du président Chaouch a plongé le pays dans une hystérie grandissante. Tout le monde est sur les nerfs. Le président Chaouch est sommé de répondre à l’angoisse nationale par des batteries de mesures sécuritaires tandis que sa légitimité est attaquée de toutes parts et que se précise la menace d’un deuxième attentat imminent…

Les sauvages, tome 4, de Sabri LouatahJ’ai adoré cette série dès les premières lignes. Un style nerveux et incisif qui ne laisse pas indifférent et une histoire on ne peut plus d’actualité. J’ai le souvenir d’avoir eu un peu de mal à m’y remettre lors de la sortie du tome 3 : beaucoup de noms différents, une histoire complexe, des ramifications dans tous les sens… pas toujours simple de s’y retrouver quand il s’est passé du temps entre deux tomes. Et justement, le dernier c’était il y a longtemps, très longtemps… Pourtant, cette fois je n’ai eu aucun mal à me replonger dedans, même si je n’avais évidemment plus tous les détails en tête. J’ai une fois de plus beaucoup aimé retrouver cette univers de magouilles et de complots en tous genres, rempli des personnages les plus hétéroclites. Le sujet de cette saga est on ne peut plus d’actualité et je dois avouer qu’après les attentats je trouve cette lecture est assez perturbante. L’histoire est extrêmement bien construite et a réussi à me tenir en haleine jusqu’au bout. J’avais peur que l’auteur peine à trouver une issue à cette série mais il parvient à la finir en beauté. Un quatrième et dernier tome toujours aussi convaincant pour ses Sauvages qui vont assurément me manquer.

Krim ne pouvait compter que sur sa mémoire pour ne pas sombrer ; mais sa mémoire c’était racornie, comme un tube de dentifrice qu’on a trop enroulé, trop plié et pressuré, jusqu’à ce qu’il n’en dégouline plus le moindre souvenir heureux.

          Tous ces romans sont parus en janvier ou février (bon, certains fin décembre peut-être). Il fallait bien placer la frontière quelque part, je vous parlerai donc des sorties de mars ultérieurement. Je vous parle de ces sorties un peu tard mais je ne lis malheureusement pas assez vite pour suivre le rythme frénétique des parutions, surtout que pour une fois j’ai eu la chance d’en avoir beaucoup à lire. Le hasard a voulu qu’il y ait pas mal de récits d’aventure parmi ces nouveautés, ce qui n’était pas pour me déplaire – loin de là ! J’ai été dans l’ensemble très agréablement surprise par la qualité de ces textes avec de vrais coup de cœur et assez peu de grosses déceptions. Ca m’a rappelé pourquoi j’aime autant la littérature contemporaine. Et vous, avez-vous lu de belles choses en ce début d’année ? On se retrouve dans quelques jours pour la partie littérature étrangère.

Jeunesse·Mes lectures

Quatre beaux romans pour vos ados

Les disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos

 

          Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Les disparue du Clairdelune, Christelle DabosJ’attendais avec impatience le tome 2 de la série La passe-miroir. En effet, j’avais beaucoup aimé le premier tome, Les fiancés de l’hiver et j’avais hâte de savoir si la suite serait à la hauteur. L’attente a été un peu longue mais au moins l’auteur a pris son temps pour ne pas décevoir ses lecteurs. Le résultat est plutôt réussi. Je n’ai pas relu le tome 1 avant de m’attaquer à celui-ci et j’avais peur d’être un peu perdue : l’intrigue est complexe et je n’avais plus tous les détails en tête, loin s’en faut. L’auteur s’en sort bien, parvenant à nous rappeler les grandes lignes de l’histoire peu à peu sans tomber dans la lourdeur. Je suis de suite retombée dans cette univers très attachant. J’ai aimé redécouvrir ces personnages qui gagnent peu à peu en complexité. L’intrigue, proche de la trame policière, nous tient en haleine de bout en bout. Le style est quant à lui toujours aussi limpide et agréable.
Dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé cette suite et j’ai été soulagée de voir qu’on restait dans la lignée du premier tome. Toutefois, j’ai eu l’impression qu’on était un léger cran en dessous par moments. Il manque bien sûr le plaisir de la découverte. Les premiers tomes d’une saga nous ouvrent les portes d’un nouvel univers et ont de ce fait toujours un charme particulier et difficilement égalable. J’ai également trouvé que l’intrigue manquait peut-être un peu de crédibilité par moments. Notre jeune héroïne était sensée être une oie blanche et la voilà en train d’enquêter sur des disparitions mystérieuses dans les sphères les plus dangereuses. Non seulement j’ai trouvé que ça allait parfois un peu loin mais son côté godiche faisait partie de son charme qui disparaît un peu ici au profit d’une personnalité plus affirmée. Enfin, dernier point qui m’a un peu gênée, un aspect plus fleur bleue difficilement évitable vu la trame principale du roman mais dont je me serais bien passée. Heureusement, ça reste léger. Malgré quelques petites faiblesses, un second tome où l’on retrouve l’univers attachant du premier et qui donne envie de se plonger dans la suite.

Ophélie le dévisagea avec un mélange de répulsion et de pitié, comme si elle avait devant elle un sinistre directeur de pompes funèbres.
– Je n’aimerais vraiment pas vivre dans vos souliers.
Thorn était un homme si peu expressif qu’Ophélie interpréta d’abord sa raideur immobile comme une attente ; quand elle s’aperçut qu’il la fixait intensément sans plus ciller ni respirer, elle comprit que, en réalité, elle lui avait coupé le souffle.
– Je vous concède qu’ils ne sont pas très confortables, finit-il par articuler au bout d’un très long silence. Un peu plus que cela, même.

La fabrique du doute, de paolo Bacigalupi

 

          Toute la vie d’Alix n’est qu’un mensonge. C’est ce que ne cesse de dire le jeune homme mystérieux qui la traque et porte des accusations troublantes contre son père. Elle commence alors à enquêter : son père serait à la tête d’une entreprise qui manipule l’information à des fins lucratives. Est-il possible qu’il couvre les méfaits d’entreprises qui ont entraîné la mort de centaines de personnes ? Le séduisant Moïse et le groupe radical de militants adolescents dont il est le leader, pourraient-ils être dans le vrai ? Alix doit faire un choix, et le temps lui est compté. Mais prendra-t-elle le risque de dénoncer le père qui l’aime et l’a élevée ?

La fabrique du doute, Paolo BacigalupiJe dois bien admettre que quand j’ai reçu ce roman je n’étais guère emballée. Le titre, le résumé, rien ne me tentait plus que ça. Et puis la littérature pour ados et moi, bon, ça fait deux. J’en lis un peu mais sans plus et souvent sans grande conviction. En terme de thriller, j’ai tendance à être assez traditionnelle. J’aime que ce soit bien sombre. Je n’étais pas sure que ce soit conciliable avec une version pour ados qui risquait fort de contenir sa traditionnelle histoire d’amour à l’eau de rose (c’est d’ailleurs plus ou moins le cas). Mais bon, l’éditeur m’avait gentiment envoyé le roman, j’avais du temps pour le lire, je me suis lancée. Eh bien j’ai été assez agréablement surprise. Certes, il y a des choses un peu bateau dans ce texte : la petite fille bien sage et son lycée pour gosses de riches, le petit frère turbulent, les copines, l’amour. La base quoi – enfin, version américaine. Toutefois, c’est loin de se limiter à ça.
Le roman aborde des sujets que j’ai rarement trouvé dans des livres pour adolescents et encore moins sous forme de thriller. Il y est question des falsifications des études réalisées par les labos pharmaceutiques pour la mise sur le marché des médicaments. Un sujet pour le moins d’actualité… La jeune Alix va devoir décidé à qui elle accorde sa confiance et sa loyauté. J’ai aimé qu’on suive son évolution, ses doutes quand elle découvre la vérité à la fois sur qui croire et sur l’attitude à adopter. Le sujet se prête particulièrement bien au thriller et fait froid dans le dos. L’écriture est agréable et le récit bien mené. Si j’ai eu quelques doutes au début, j’ai vite eu envie de découvrir la suite de l’histoire, qui réserve de bonnes surprises et ouvre des pistes de réflexion intéressantes sur des sujets de fond.

La paroi de verre qui avait naguère fait le bonheur d’Alix lui donnait soudain l’impression d’être vulnérable. Qu’est-ce qui pouvait empêcher quelqu’un de prendre un marteau, tout simplement, et de la fracasser ?

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Le langage est la façon dont on pirate le cerveau des autres. C’est la façon dont on leur fait voir les choses de façon dont on veut qu’ils les voient.

Qui es-tu Alaska ? de John Green

 

          Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles, du Grand Peut Etre. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.

Qui es-tu Alaska, John GreenJe n’avais jamais rien lu de John Green mais j’avais vu les adaptations au cinéma de Nos étoiles contraires et La face cachée de Margo, ce qui m’avait plutôt donné envie de me plonger dans un de ses romans pour voir un peu comment écrivait le monsieur. J’ai choisi celui-là complètement au pif. J’ai trouvé l’écriture assez agréable et on suit les personnages avec un certain plaisir. La première moitié m’a bien plus. J’ai moins accroché avec la deuxième, qui est pourtant moins classique et aborde des sujets importants. Le personnage d’Alaska m’a rappelé celui de Margo par bien des aspects, notamment son côté aussi fascinant qu’insaisissable. Je dois avouer que je n’ai retrouvé dans aucune de ces deux histoires la sensibilité et l’émotion de Nos étoiles contraires que j’avais contre toute attente beaucoup aimé.
La construction de ce roman le rend assez prévisible, le drame étant annoncé dès le départ, avec parfois un peu trop d’insistance. L’élément pivot est toutefois assez inattendu dans un roman pour ados. La manière dont le sujet est traité est un peu inégale, avec des choses très justes mais parfois un petit manque d’émotion qui aurait pourtant été à sa place. Ceci dit, éviter le larmoyant ne peut être foncièrement une mauvaise chose même si c’est un choix presque étrange dans ce cas précis. Le personnage et son mal-être m’ont parfois agacée dans cette seconde partie même si cela est amplement justifié par l’histoire. Même si je n’ai pas été plus touchée que ça, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de bonnes choses dans ce livre. Un roman qui aborde un sujet sensible avec une certaine finesse. Une assez bonne surprise.

Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j’étais de la bruine et elle, un ouragan.

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On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer d’en sortir, en se régalant à l’avance de cette perspective.
Et rêver à l’avenir permet de continuer, sauf qu’on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l’avenir pour échapper au présent.

Une petite chose sans importance, de Catherine Fradier

 

          Atteint du syndrome d’Asperger, Sacha porte à quatorze ans un regard décalé et innocent sur le monde. Retiré de l’école, il vit avec sa mère, médecin humanitaire. Lors d’une mission en République démocratique du Congo, il sympathise avec Destinée, une enfant soldat. Les deux ados se retrouvent embarqués dans une aventure dangereuse, pleine de suspense et d’émotions, pour échapper aux griffes de trafiquants sans scrupule ?

Une petite chose sans importance, Catherine FradierPour des raisons un peu obscures, je suis toujours attirée par les films ou livres sur l’autisme – même si finalement j’en ai vu/lu très peu – j’ai donc de suite eu envie de lire ce roman jeunesse dont le héros est atteint du syndrome d’Asperger. D’ailleurs, je n’ai pas de suite compris qu’il s’agissait d’un roman jeunesse, il aura fallu pour cela que je commence ma lecture (je ne suis pas d’une rapidité d’analyse confondante en ce moment…). Je me suis de suite beaucoup attachée au personnage principal. Sa logique particulière, ses tocs et ses problèmes de communication on trouvé un certain écho en moi et j’y ai bizarrement trouvé une espèce de réconfort. L’écriture très claire et agréable ne gâche rien. Dans l’ensemble je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce roman qui traite d’un sujet assez délicat.
L’histoire est assez improbable, partant a mi-chemin sur le terrain de l’aventure. Pourtant, si ça semble peu crédible, le rythme et la qualité du style ont fait que je ne m’en suis pas du tout formalisée, au contraire, j’ai apprécié trouver un peu d’action avec un personnage principal tellement à contre-courant des héros habituels. Je crois que j’aurais aimé que les troubles soient un peu plus explicités encore, même si ce n’est pas évident puisqu’on suit le récit du point de vue de l’enfant. Point de vue par ailleurs fort intéressant, permettant de montrer que les autres sont aussi incompréhensibles pour lui qu’il l’est pour eux. Et puis cela permet aussi d’en faire un personnage somme toute « normal » et non pas un enfant qui apparaîtrait comme particulièrement étrange. Un roman assez atypique et franchement réussi malgré quelques (très très) légères réserves qui permet d’aborder le question de l’autisme avec une certaine légèreté. Vivement la suite !

Apprendre à vivre avec Asperger n’est pas le plus difficile. C’est avec les autres qu’il faut apprendre à vivre, et parfois les autres n’y tiennent pas vraiment.

Cinéma·Musique

Quand la musique fait son cinéma

          Voici trois documentaires vus récemment au cinéma et qui traitent tous de musique. Le premier retrace la vie d’une icone du rock, les deux autres évoquent la musique traditionnelle sud-américaine. Les mélomanes y trouveront sans nul doute leur bonheur.

          Janis Joplin est l’une des artistes les plus impressionnantes et une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps. Mais elle était bien plus que cela : au-delà de son personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, le documentaire Janis nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours.

Janis, afficheMême s’il ne faisait pas partie de mes priorités cinématographiques de ce début d’année, ce documentaire sur Janis Joplin me tentait assez. C’est une chanteuse que j’écoutais pas mal à une époque (je me demande bien pourquoi j’ai arrêté d’ailleurs) mais je ne connaissais à peu près rien de sa vie. Pour moi, ça se résumait à une voix surpuissante, Woodstock et une overdose à 27 ans. Ca manquait cruellement de nuances et ce documentaire était l’occasion rêvée d’arranger ça. J’ai beaucoup aimé ce film qui mêle archives (photos, vidéos, lettres…) et témoignages des proches de l’artiste. Sa famille, ses amis, les musiciens avec qui elle a joué, les hommes qui ont croisé sa route, nombreux sont ceux qui ont été interrogés afin de dresser son portrait. J’ai trouvé ce documentaire passionnant. Il met l’accent sur les failles de la chanteuse. Il retrace aussi bien sa vie privée que sa carrière. On ne peut qu’être impressionné par la puissance de sa voix et par son charisme. Les témoignages de ses proches sont extrêmement touchants. J’ai été un peu interpellée par le fait qu’il n’y ait quasiment que des éloges à son sujet, impossible pourtant d’en tirer la moindre conclusion quant au côté délibéré ou non de la chose. Elle semble avoir marqué durablement tous ceux qui ont croisé son chemin. Un documentaire touchant qui met en avant la part d’ombre de cette femme fascinante. 

 

          De la Pampa aux Andes, de l’univers des indiens Mapuche á celui des villageois qui chantent leur nostalgie dans les cafés, du monde des Gauchos à celui des grandes villes d’aujourd’hui… ARGENTINA nous propose un voyage musical et sensoriel dans l’espace et le temps composé des chants, des danses et des couleurs qui font toute l’âme de l’Argentine.

Argentina, afficheDe Carlos Saura je garde le souvenir de l’excellent Tango il y a… longtemps. Je ne suis pas sure pas sur d’avoir vu d’autres films de lui après (allez donc savoir pourquoi) mais quand celui-ci est sorti, je me suis dit que je ne devais pas le rater. Ce documentaire sur la musique argentine est assez particulier : que de la musique et de la danse filmées en studio, aucune parole ou presque. J’ai beaucoup aimé la musique d’introduction, un bailecito au piano. Ensuite certaines choses m’ont touchée plus que d’autres. Il y a un hommage à une chanteuse indienne dans une classe de primaire particulièrement émouvant. Certaines danses sont également très belles (j’ai été assez interpellée par une danse où les femmes ont des chaussures plates et semblent simplement accompagner les hommes qui eux ont des talonnettes, bien sûr, impossible de me rappeler du nom). La plupart des morceaux sont très dansants et on regrette presque de devoir rester sagement dans son siège. A côté de moi un monsieur applaudissait à tout rompre après chaque morceau. Malheureusement, j’étais particulièrement crevée le jour où j’ai vu ce film et j’ai fait un petit somme, ratant la partie consacrée au tango… J’ai trouvé que l’enchaînement des morceaux était bien choisi et que la variété de la sélection était intéressante : je connaissais quasiment rien dans les musiques proposées (en même ma culture musicale est bien piètre, il faut l’admettre). J’ai beaucoup aimé ce documentaire qui permet de découvrir toute la variété de la musique argentine et j’en suis ressortie avec l’envie de réécouter une bonne moitié des morceaux que j’avais entendus.

 

          Embarquez dans un étonnant périple au coeur des paysages musicaux du Pérou : des chants quechua hérités des Incas aux rythmes endiablés afro-cubains… Au travers des rêves et de la vie de ses musiciens, SIGO SIENDO esquisse un trépidant portrait sonore du pays. ¡Que la danza comience !

Sigo Siendo, afficheCe documentaire sur la musique des indiens du Pérou me tentait bien. Je suis toujours curieuse d’autres cultures et souvent celles de la Cordillère me rappellent un peu la vie dans mes montagnes. Je trouvais en plus ce titre magnifique. Le film s’ouvre sur de très belles images et un chant très étrange, assez hypnotique. C’est d’ailleurs un des moments que j’ai préféré – un peu gâché par les deux crétins à côté de moi qui ont ricané pendant tout le film. Je dois avouer à grand regret que j’ai eu plus de mal avec la suite même si j’ai trouvé le sujet très intéressant et que j’ai été touchée par la manière dont la question de la transmission était abordée. Je suis hyper sensibles aux aigus. Ca a tendance à s’arranger vaguement avec le temps mais beaucoup de sons sont encore extrêmement douloureux pour mes pauvres oreilles, à la limite bien souvent du supportable. Malheureusement pour moi, ces musiques surexploitent les hyper-aigus, notamment dans la voix. Je soupçonne vaguement ce que ça peut avoir de fascinant mais ç’a été pour moi une vraie souffrance et m’a complètement empêchée de profiter du film. Heureusement, il y a quand même des moments que j’ai trouvés de toute beauté. On croise dans ce film des personnages forts et extrêmement sympathiques, de  beaux paysages et une musique singulière. Un documentaire lent mais passionnant dont j’ai trop peu profité.

          Si le croisement entre la musique et le cinéma vous intéresse, vous pouvez retrouver des long-métrages de fiction où elle tient une place de choix. Parmi eux ces dernières années, le très bon Inside Lewyn Devis, l’étrange Love and Mercy ou  le sublime Whiplash pour les premiers qui me viennent à l’esprit.

Théâtre

Traces : le spectacle à ne pas manquer

          Quand on m’a contactée pour me proposer de voir ce spectacle, je ne savais pas vraiment de quoi il retournait. L’affiche ne me tentait pas du tout mais comme c’était du cirque et que j’adore ça, je suis allée voir la bande-annonce. On n’y voit pas grand chose à part que ça a l’air survolté. Ca a suffit à me convaincre d’y aller. Pour commencer, merci à Donaline de m’avoir proposé deux excellentes places que je n’aurais sinon pas eu les moyens de me payer. Les conditions idéales pour bien profiter du spectacle. J’étais encore avec mes béquilles (qui ne semblent pas vouloir me quitter) et le personnel s’est montré très prévenant. J’ai adoré ce spectacle et pourtant je ne sais pas trop comment en parler. C’est tellement foisonnant, j’ai l’impression que je vais forcément en oublier la moitié ! Commençons par dire que ce spectacle monté par la compagnie québécoise Les 7 doigts de la main rencontre un énorme succès depuis 10 ans et qu’il a été classé parmi les 10 meilleurs spectacles par le Time en 2011. Reconnaissance amplement mérité !

Traces, Les 7 doigts de la main, Bobino
Photo : Alexandre Galliez

          Sur scène, 7 acrobates enchaînent les prouesses. Je suis très vite rentrée dans l’univers de ce spectacle assez atypique. Le tout premier numéro m’a un peu rappelé le spectacle vu il y a peu de la compagnie XY : c’était pour le moins prometteur. Je craignais un côté un peu brouillon mais cet aspect-là disparaît très vite au profit de numéro d’une incroyable précision. Si on sent que chacun a sa discipline de prédilection, ils sont tous doués pour les choses les plus diverses (essentiellement de l’acrobatie quand même). J’ai été vraiment impressionnée par le niveau – global d’une part, mais aussi particulier, chacun faisant des prouesses en solo avec notamment un excellent numéro de diabolo, une utilisation du trapèze très originale et un numéro de mat époustouflant. Mais ma préférence va à un numéro d’équilibre plein de poésie où une jeune fille joue avec un énorme fauteuil, semblant chercher sans relâche la position idéale pour lire. Elle enchaîne les postures les plus improbables sans jamais quitter sa page des yeux : je ne pouvais qu’adorer, vous pensez bien !

Traces, Les 7 doigts de la main, Bobino
Photo : Alexandre Galliez

          Les artistes restent tous sur la scène durant tout le spectacle (qui dure quand même 1h45). Entre les numéros tous plus spectaculaires les uns que les autres, des intermèdes leur permettent de respirer un peu. On découvre ainsi des chansons, un peu de la vie de chacun – racontée avec beaucoup d’humour, ou de petites chorégraphies souvent assez drôles. Les caractères de chaque artiste sont exploités pour faire un fil conducteur qui fonctionne très bien. Ce spectacle est très écrit. Les numéros s’enchaînent à la perfection, les chorégraphies sont impeccables, il y a du rythme et beaucoup d’humour. Les lumières sont très belles et il y a une utilisation de la vidéo particulièrement intéressante. En plus d’être d’excellents acrobates, les artistes jouent aussi du piano ou de la guitare et pour certains ne chantent pas trop mal. Leurs talents combinés forment un tout explosif. J’en suis ressortie avec l’impression d’avoir vu dès le début du mois de mars le meilleur spectacle de l’année. Un spectacle qui allie acrobaties impressionnantes, inventivité et humour : à ne rater sous aucun prétexte !

Traces, Les 7 doigts de la main, affiche Bobino

Traces

Les 7 doigts de la main

Du 03 février au 23 avril 2016

De 26 à 58€

Bobino

14-20 rue de la Gaîté
75017 Paris

Divers

Liebster Award

          Avec beaucoup de retard, ma réponse aux questions de Catherine du blog l’Essen-ciel qui m’a nommée aux Liebster Award. L’occasion chaque année de découvrir de nouveaux blogs et d’en apprendre plus sur les blogueurs qu’on aime. Ses réponses sont ici. A la place des 11 questions traditionnelles, elle a proposé 11 mots que je dois me réapproprier en une phrase.

Lecture ? Ma plus grande passion dans la vie (je sais, c’est original pour un blog en grande partie littéraire). Je lis souvent, n’importe où et n’importe quand. Je consacre moins de temps qu’avant à la lecture et je le regrette parfois, mais je suis toujours ce que l’on peut appeler une grande lectrice. J’essaie de lire de tout même si finalement je me consacre essentiellement à la littérature contemporaine. Mon appartement est envahi par les livres et j’en ai toujours un sur moi, au cas où…

Musique ? Je ne suis pas très mélomane et j’écoute beaucoup moins de musique qu’avant même si ça change un peu ces temps-ci. Je suis plutôt rock et pas très au goût du jour, chez moi c’est très Deep Purple et Pink Floyd (entre autres). J’écoute aussi un peu de chanson française. A vrai dire, ça varie pas mal au fil de mes découvertes franchement aléatoires. Depuis peu je me mets à des choses plus jazz. La web radio groove de fip accompagne souvent mon café du matin.

Parfum ? Je suis assez sensible aux odeurs. J’adore le parfum des violettes et du lilas au printemps. Je porte les mêmes parfums depuis des années : Love in Paris de Nina Riccie en hiver et Un jardin sur le Nil d’Hermès l’été. Parfois l’eau d’orange d’Hermès quand je veux quelque chose de plus léger. J’ai beaucoup de mal à changer, je suis très fidèle en matière de parfum.

Amitié ? L’élément essentiel de ma vie avec la famille et le travail. Je me repose beaucoup sur mes amis. Je partage beaucoup de choses avec eux. Aussi bien les pleurs que les fou rires. Impossible de m’en passer. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me faire des amis et même si aujourd’hui j’en ai beaucoup en perdre un est toujours un coup dur. Je leur dis trop peu mais ils comptent beaucoup pour moi.

Dormir ? Beaucoup. Trop même. Je suis une grosse dormeuse. Depuis que j’ai des problèmes de santé, c’est encore pire, j’ai eu de grosses périodes d’hypersomnie. Ca va mieux, je suis presque revenue à la normale. 9h par nuit, 1/2h de sieste : aucun doute, je ne manque pas de sommeil !

Auteur ? Oulà, vaste question ! Je n’ai jamais été capable de désigner un auteur comme étant mon favoris. Mais il y a énormément d’auteurs que j’aime et qui ont orienté mes choix de lecture autant que mes réflexions : Jean Racine, Charles Baudelaire, Jack London, Sylvain Tesson, Andréï Makine, François Cheng, Fiodor Dostoïevski, José Carlos Somosa… et j’en oublie sans doute !

Couleur ? Violet, sans hésiter. Un beau violet foncé et profond. J’aime aussi le rouge bordeaux, le bleu nuit et le vert sapin. Je porte pas mal de couleurs (même si c’est moins vrai en ce moment) : ça donne bonne mine et ça met de bonne humeur. Mon appartement est assez coloré aussi avec du rouge dans ma cuisine assez rustique et quelque chose de plus « ethnique » dans mon salon. J’aime beaucoup être entourée de couleurs, je trouve que ça a un côté rassurant.

Sport ? Oui ! Je me suis longtemps considérée comme non sportive. Pourtant j’ai fait beaucoup l’équitation, de la randonnée, du ski l’hiver. Depuis que je suis à Paris je cours et je fais de l’escalade avec un petit tour à la piscine de temps en temps même si le monde a tendance à me faire peur. J’ai dû arrêter ces derniers mois à cause de problème de santé mais il me tarde de m’y remettre. Mon nouvel objectif ? Me mettre à la planche à voile !

Rire ? Aussi souvent que possible ! Je ne me vois pas comme quelqu’un de drôle ou de joyeux mais je suis assez cynique et j’aime les jeux de mots – parfois douteux. Je suis très mauvais public pour les comédies, je ne comprends que rarement l’humour potache, la farce ou le burlesque : de grands moments de solitude. Ca ne m’empêche pas de rire avec mes amis à la première occasion.

Campagne ? Bof. Ca dépend de ce qu’on appelle la campagne. J’y ai grandi, dans un petit village au milieu des champs. C’était plat et sans aucun charme, ça m’a vaccinée. Par contre je suis originaire de la montagne et là, oui, j’aime ! J’aime les paysages avec du caractère. Pour le moment je ne me vois pas y vivre faute de savoir comment y gagner ma vie mais un jour, peut-être, qui sait ?

Animal ? Je n’ai pas d’animaux dans mon micro-appart parisien. Ce serait assez cruel pour eux et trop contraignant pour moi. Mais j’espère un jour avoir assez de place pour en accueillir. J’ai grandi avec des chats et des chiens et ça me manque terriblement. Un chat pour commencer, ce serait parfait !

          Voilà pour mes réponses. Je ne nommerai personne cette année parce que la plupart des auteurs des blogs que je suis ont déjà répondu en plusieurs occasions. Merci en tout cas à Catherine d’avoir pensé à moi, ça fait toujours plaisir !