Mes lectures

Ma rentrée littéraire 2015

Les promesses, Amanda Sthers

On lui avait ainsi promis, dès sa naissance, le bonheur, l’amour, le soleil, l’Italie et toutes les nuances du plaisir, et il en eut sa part. Mais il s’avisa, à mesure, que chaque promesse accomplie portait également en elle une part de regret, une zone de mélancolie où le destin murmurait : « le bonheur, ce n’était donc que cela ? »

Les promesses, Amanda SthersJe n’avais rien lu de cet auteur dont j’avais entendu parler sans vraiment être capable de citer un de ses titres (et pourtant elle a écrit un roman qui porte mon prénom). Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre quand on me l’a offert et j’avais un peu peur de quelque chose de trop fleur bleue pour moi qui ne le suis pas beaucoup. Finalement, ç’a été une des (rares) bonnes surprises de cette rentrée littéraire dans l’ensemble bien terne. J’ai eu un peu de mal avec l’écriture au début, un peu brute à mon goût. Pourtant j’ai fini par rentrer dans l’histoire peu à peu. On alterne entre le passé et le présent du narrateur. J’avoue avoir au début bien plus accroché avec certains chapitres qu’avec d’autres mais peu à peu l’histoire se met en place, découvre les blessures intimes du personnage et leur origine. Ce qui pouvait au premier abord semble agaçant chez lui devient touchant au fil des pages. Finalement, j’ai été profondément émue par son goût de l’amour toujours déçu. Un roman un peu chaotique qui parle d’amour en négatif avec force.

On finit toujours par haïr les gens aux endroits par où on s’était mis à les aimer.

Petit Piment, Alain Mabanckou

L’histoire de Petit Piment, un jeune orphelin effectuant sa scolarité dans une institution d’accueil catholique. Il profite de la révolution socialiste, pour s’évader. Adolescent, il commet toutes sortes de larcins. Il trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles. Mais de nouvelles épreuves lui feront perdre la tête.

Petit Piment, Alain MabanckouAprès la bonne surprise de la rentrée, la mauvaise (voilà, comme ça les choses sont dites d’entrée). Je n’avais jamais rien lu d’Alain Mabankou mais j’en avais entendu dire le plus grand bien, j’avais donc hâte d’entamer cette lecture qui fut d’ailleurs pour moi la première de cette rentrée littéraire. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Ce petit garçon aurait dû m’être sympathique mais il m’a laissée indifférente. J’ai eu l’impression d’un texte un peu décousu qui manque d’émotion et ne prend pas assez le temps de s’attarder sur la psychologie de son personnage qui est plus vu à travers des faits épars que par sa vie intérieure. J’ai totalement décroché dans la seconde partie où même l’espèce de sympathie de principe que j’avais pour ce jeune orphelin et qui ne demandait qu’à s’exprimer a juste totalement disparu. La fin est ce qu’il y a de plus réussi dans ce roman mais ça n’a pas suffi à compenser les longues pages d’ennui qui avaient précédé. Le style est agréable mais manque un peu de tenue et de caractère. L’idée de ce roman était séduisante, pourtant je n’ai pas du tout accroché. J’ai trouvé l’ensemble très moyen. Une lecture qui ne m’a absolument pas emballée.

Si je suis malade, c’est à cause des compléments circonstanciels.

La terre qui penche, Carole Martinez

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.

La terre qui penche, Carole MartinezDe Carole Martinez, j’avais adoré Le cœur cousu qui avait été un coup de cœur totalement inattendu. Je n’avais pas lu Du domaine des murmures mais j’ai été très heureuse de me voir offrir La terre qui penche. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman (décidément !). Les premiers chapitres m’ont laissée perplexe. J’avais un peu de mal à suivre qui étaient les différents narrateurs, quelque chose m’échappait dans leur personnalité ou leur histoire. J’ai bien cru que je n’allais jamais rentrer dans ce livre. Et puis finalement, au bout de quelques chapitres, j’ai fini par m’habituer au style un peu particulier puis même par y prendre goût. J’ai retrouvé la patte que j’avais tant aimé dans l’autre roman que j’avais lu de l’auteur. L’histoire est très prenante. On s’attache peu à peu à la petite fille qui est au centre du livre et plus on pressent une fin tragique, plus on a envie de savoir ce qu’il va lui arriver. Le contexte historique m’a également bien plu. Il m’aura fallu un peu de temps pour rentrer dans ce roman assez particulier qui fait appel au fantastique et aux légendes mais l’écriture est belle et ç’aura finalement été pour moi un des meilleurs moments de lecture de la rentrée.

L’homme savait bien qu’il devait mourir un jour, mais il passait sa vie à l’oublier.

Il faut tenter de vivre, Eric Faye

Lorsque le narrateur croise enfin Sandrine Broussard il est happé par ce personnage magnétique, son exact contraire. La jeune femme va lui raconter ses vies multiples et tumultueuses, faites d’arnaques et de clandestinité. Mais au plus profond d’elle-même, elle aspire à ne plus être une « passagère clandestine » et à retrouver une place dans ce monde.

Il faut tenter de vivre, Eric FayeEncore un livre qui ne m’a pas séduite (on est à un sur deux pour le moment mais vous verrez, ça ne va pas durer, elle ne m’a vraiment emballée cette rentrée). J’avais beaucoup aimé Je suis le gardien du phare il y a déjà un certain temps. Je n’avais jamais rien lu d’autre de cet auteur et j’ai ouvert ce livre avec le sentiment d’une valeur sure. Grave erreur. Pour commencer, j’ai trouvé l’écriture on ne peut plus commune (et ça encore, c’est la version sympa…). Ensuite, l’histoire m’a laissée totalement indifférente. Les personnages m’ont été plus antipathiques les uns que les autres, j’ai trouvé ça mal construit (ou plutôt pas construit pour être exacte) et d’une crédibilité douteuse. A aucun moment je n’ai réussi à m’y intéresser un tant soit peu. Si j’en suis venue à bout, c’est uniquement parce que ce roman est suffisamment court pour que ça ne vaille pas le coup de l’abandonner en route. Un roman aux nombreux rebondissements qui ne m’ont pas convaincue : malgré un style léger, une lecture laborieuse.

Dans cette vie clandestine, quelque chose protégeait Sandrine Broussard : être passée maître dans l’art de ne pas être elle-même.

Camille mon envolée, Sophie Daull

Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire. Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires. Écrire pour rester debout.

Camille mon envolée, Sophie DaullVoilà LE livre de la rentrée littéraire. Je serais presque tentée de dire le livre de l’année même. Un premier roman dont on a pas mal parlé et qui a connu un immense succès d’estime. Je me désole qu’il n’ait pas eu un prix littéraire qui eût été amplement mérité. Je ne suis pas très portée sur les récits de l’intime mais celui-ci me tentait beaucoup. Si j’avais un peu peur d’un récit forcément larmoyant, je me suis vite rendue compte que ce n’est pas du tout le cas. J’ai été très admirative de la manière dont cette mère faisait son deuil. Ses réactions peuvent parfois paraître inhabituelles mais j’ai trouvé qu’elle avait une dignité incroyable. J’envie sa force et l’énergie qui se dégage de ces lignes. On ne peut qu’être terriblement émus par ce texte que traverse le désespoir de la perte d’un enfant. Mais la manière de se reconstruire force le respect et on en ressort avec l’impression que c’est l’amour de la vie qui l’emporte malgré tout. Ni haine ni ressentiment dans ce texte. Sophie Daull offre à sa fille une magnifique déclaration d’amour. Un texte bouleversant.

Écrire, c’est te prolonger.

Titus n’aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai

Un chagrin d’amour contemporain, Titus et Bérénice aujourd’hui, avec une Bérénice quittée, abandonnée, qui cherche à adoucir sa peine en remontant à la source, la Bérénice de Racine, et au-delà, Racine lui-même, sa vie, ses contradictions, sa langue.

Titus n'aimait pas Bérénice, Nathalie AzoulaiLe titre de ce roman me tentait énormément. Sans doute en grande partie parce que l’amoureuse de Racine que je suis y a de suite vu une référence à une de ses pièces de théâtre préférées. Bon, malheureusement, on ne peut pas dire qu’il ait conquis les foules autour de moi et je n’étais donc pas très sure d’aimer malgré mon amour inconditionnel pour la tragédie racinienne. A mon plus grand regret, mes craintes étaient fondées : j’ai détesté. Ce livre est d’un ennui mortel. D’un point de vue syntaxique, nul doute que Nathalie Azoulai maîtrise, pas de problème de ce côté-là. Mais non seulement c’est pompeux (avec une obsession inquiétante pour l’hypotypose) mais c’est d’un chiant ! Je n’ai absolument pas réussi à m’intéresser au petit Jean allant en cours ou traînant dans le jardin. Mon amour modéré pour la version latine ne m’a permis de bien comprendre toute la profondeur du récit visiblement. Ce roman manque cruellement de sentiment. Il ne m’a absolument rien évoqué (pour quelqu’un qui nous parle d’hypotypose à tout va, on ne peut pas dire qu’elle maîtrise franchement sa mise en application). J’ai fini par lâcher l’affaire après 100 pages de supplice. Un roman au sujet qui avait tout pour me séduire et m’est tombé des mains.

Racine, c’est le supermarché du chagrin d’amour.

D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »

D'après une histoire vraie, Delphine de ViganJ’avais beaucoup aimé le dernier roman de Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, que j’avais trouvé très émouvant. J’avais donc hâte de lire ce livre, d’autant plus qu’on m’en avait dit le plus grand bien. Pourtant (ou justement pour ça), j’ai été franchement déçue. Pour tout dire, j’ai trouvé le style un peu faible, je m’attendais vraiment à mieux. Quant à l’histoire, elle m’a laissée perplexe. Je n’y ai pas vraiment cru. Elle ne m’a pas convaincue une seconde. J’ai trouvé ça assez prévisible. Il y avait pourtant un bon potentiel de départ mais la structure même du roman tue tout suspens dans l’œuf. En effet, l’auteur ne cesse de répéter dès les premières pages que cette histoire est incroyable et que cette relation avec sa nouvelle amie s’est avérée nocive. Elle prépare une suite qui n’a donc plus rien d’une surprise, c’est vraiment dommage. Il est vrai que j’ai lu pas mal de choses sur les pervers narcissiques et que cette histoire m’a sans doute paru un peu fade comparée à d’autres. Si cette lecture n’est pas désagréable, elle ne m’a franchement pas emballée. Une de mes grosses déceptions de cette rentrée.

De certains mots, de certains regards, on ne guérit pas. Malgré le temps passé, malgré la douceur d’autres mots et d’autres regards.

Les gens dans l’enveloppe, Isabelle Monnin

En juin 2012, j’achète à un brocanteur sur Internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne sais rien. Les photos m’arrivent dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe il a des gens, à la banalité familière, bouleversante. Je décide de les inventer puis de partir à leur recherche.

Les gens dans l'enveloppe, Isabelle MonninVoilà un projet littéraire qui m’intriguait. Isabelle Monin a acheté un lot de photos d’une famille dont elle ne savait rien. A partir de ces clichés, elle a décidé d’inventer une histoire. Une première partie est le résultat de ce travail, une deuxième est consacrée à ses recherches. Son ami Alex Beaupin a quant à lui proposé des chansons sur le même principe. Ca a au moins le mérite d’être très original ! J’avais beaucoup aimé le dernier roman d’Isabelle Monin, Daffodill Sylver, si je lui avais trouvé quelques défauts, le style m’avait vraiment séduite, j’avais donc hâte de lire ce nouveau livre. Malheureusement, je n’ai pas été conquise (je sais, je suis particulièrement chiante en ce moment…). J’ai trouvé l’écriture un peu faiblarde et si l’histoire de cette petite fille qui cherche sa mère est assez mignonne, elle ne m’a pas non plus emballée outre mesure. Je me suis arrêtée à la première partie que j’ai trouvée pas mal, la seconde me tentant moins. Au final, si le principe m’a séduite, j’ai trouvé le résultat plutôt sympa mais sans plus. Dommage.

Nos peaux sont des enveloppes qui entourent ce que nous sommes vraiment et qu’on ne verra jamais.

Millenium 4, David Lagercrantz

Elle est une hackeuse de génie. Il est journaliste d’investigation. La revue Millénium, c’est toute sa vie. Quand il apprend qu’un chercheur de pointe dans le domaine de l’IA détient peut-être des informations explosives sur les services de renseignements américains, Mikael se dit qu’il tient le scoop dont Millénium et sa carrière ont tant besoin.

Ce qui ne me tue pas, Millenium 4J’ai hésité longuement avant de m’attaquer à ce roman. Comme beaucoup (à peu près la moitié de la planète à vrai dire), j’avais adoré la trilogie Millenium et savoir que cette série prévue initialement en 10 tomes n’aurait jamais de suite de chagrinais profondément. En même temps, ça faisait aussi partie de son charme, en quelque sorte elle n’aurait jamais l’occasion de nous décevoir. Une suite par un autre auteur est toujours délicate. On n’y retrouve jamais exactement la touche qu’on appréciait. Difficile pour un auteur de trouver son style propre sans décevoir son lectorat. Je m’étais presque résolue à ne pas ouvrir ce livre. Et puis après avoir résisté plusieurs fois à la tentation de l’acheter, je l’ai vu chez mes parents et je n’ai pu que me plonger dedans. Honnêtement, j’ai trouvé ça assez mal écrit. Il faut dire que le style de Stieg Larson n’était pas non plus fou fou mais son côté brut de décoffrage faisait partie de son charme. Là c’est juste pauvre. Première déception. Ensuite l’histoire est un peu tirée par les cheveux. Là aussi je sais, c’était pareil dans les 3 premiers, mais la différence, c’est que cette fois j’ai peiné à réellement rentrer dedans. J’ai quand même été contente de retrouver les personnages qui restent dans le même esprit et si je n’ai que moyennement accroché, j’ai quand même trouvé cette lecture agréable. Le dernier tiers est autrement plus prenant et l’histoire retrouve enfin du souffle. Au final, même si j’ai trouvé ça un ton en dessous des tomes précédents, une suite honorable à laquelle j’ai pris un certain plaisir. On attend la suite.

On vit dans un monde où l’individu paranoïaque est le plus sain d’esprit.

          De la rentrée littéraire, je vous avais déjà parlé de La couleur de l’eau et de Carthage, deux livres que j’avais bien aimés. Ne manquent plus que mes critiques de romans jeunesse (c’est pour bientôt), de quelques recueils de nouvelles (c’est prévu aussi) ainsi que de Boussole que je n’ai toujours pas eu le courage d’attaquer. Je l’ajouterai le moment venu. Et vous, qu’avez-vous pensé de cette rentrée littéraire ?

Divers

Décembre, le bilan

          Avant de passer d’ici quelques jours au bilan de l’année passée, voici le dernier bilan mensuel de 2015. Un mois de décembre étonnamment chargé malgré une fatigue qui a encore battu tous les records. Un très bon mois ciné pour commencer avec 8 films vus. Il faut dire qu’en décembre j’ai toujours envie de rattraper tous les films du moment que j’ai en retard avant de changer d’année, sans jamais y arriver, bien sûr. Que de bonnes surprises avec notamment Le pont des espions, Béliers ou Les cowboys que j’ai beaucoup aimés. Pas mal de films vus depuis chez moi aussi (une bonne vingtaine) avec beaucoup de navets (comme d’habitude) mais aussi un énooorme coup de coeur pour Pride qui m’a fait rire, pleurer, re-rire et re-pleurer. Léviathan m’a également beaucoup séduite.

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          Pas autant de lectures que ce que j’aurais souhaité étant donnée ma grande inactivité mais 8 livres lus au programme tout de même. Pas mal de jeunesse pour une fois, alors que j’en lis pourtant très peu. J’avais besoin d’un peu de légèreté après ma cure « rentrée littéraire » qui s’était avérée assez décevante (l’article arrive très vite, promis). J’ai beaucoup aimé Les disparus du Clairdelune, le tome 2 de La passe-miroir. Je l’attendais avec impatience et je n’ai vraiment pas été déçue. J’ai aussi beaucoup aimé Les derniers géants et Silhouettes, un recueil de nouvelles. Quant à L’oiseau bariolé, il m’a pour le moins marquée, même si je ne parlerais pas de gros coup de coeur.

          Côté sorties, toujours pas d’expos malheureusement alors qu’il y en a tellement qui me tentent et que je vais probablement rater mais pas mal de choses faites (Noël oblige, il faut bien l’avouer). Au programme donc 5 spectacles dont l’excellente prestation de la compagnie XY ou le charme des numéros de la compagnie Recirquel (voir mon avis complet ici). J’ai également adoré Wheeldon / McGregor / Bausch à Garnier. Je suis en revanche assez triste d’avoir raté La Bayadère qui m’avait l’air magnifique. Sinon j’ai fait ma touriste avec notamment le 3° étage de la Tour Eiffel qui m’a ramenée en enfance. Un dîner au Procope et quelques petits plats mitonnés du fond de ma cuisine viennent compléter le tableau. Un mois particulièrement éprouvant mais finalement bien rempli. Rendez-vous pour le bilan de l’année dans quelques jours.

Théâtre

Du cirque contemporain comme s’il en pleuvait

La 7° vague, Théâtre du Centaure

Bon, bon, bon… Je suis fort embêtée au moment de vous parler de ce spectacle. J’en attendais beaucoup. La photo de l’affiche est magnifique et ça me rappelait à première vue l »univers très sombre du spectacle de Bartabas que j’avais vue l’année dernière (ou celle d’avant, peu importe). Grave, grave erreur. Ayant fait de l’équitation pendant longtemps, je suis restée assez sensible aux spectacles équestres dont je ne me lasse jamais. Ca m’émerveille toujours de voir ce qu’on peut faire avec un cheval entre les doigts. Pourtant, cette fois, même avec beaucoup de bonne volonté, impossible de rentrer dans cet univers très particulier. Je ne devais pas avoir lu le résumé du spectacle (ou très mal) parce que je m’attendais à tout sauf à entendre parler trading. Le début est très lent avec une musique assez insupportable, c’est très très lent à démarrer. Ensuite, vient un long monologue sur le cours de la bourse qui m’a laissée pantoise. D’un point de vue des prouesses à cheval, j’ai également été déçue. Au début les chevaux ne servent pas à grand chose, les prouesses viennent plus tard avec quelques figures de haute école mais dans l’ensemble c’est un peu pauvre. Du côté des acteurs/cavaliers, ça m’a semblé inégal, l’un m’a paru bien meilleur que l’autre. Je n’ai pas bien compris où ce spectacle voulait en venir et je me suis ennuyée ferme de bout en bout. Une grosse déception.

La 7e vague

Les 7 planches de la ruse, Aurélien Bory

En allant voir ce spectacle, je m’attendais à quelque chose dans le style de ? que j’avais vu il y a quelque temps au 104. Je ne sais pas où j’étais aller chercher une idée pareille parce que ça n’a à peu près rien à voir… Enfin, il y a des jeux d’équilibre improbables dans les deux et ça passe au même endroit, ça a dû suffire à alimenter ma confusion. Peu importe. J’avoue avoir été assez étonnée par cette performance. Je dois admettre avoir mis un certain temps à comprendre cet univers un peu particulier. Les lumières sont très travaillées, avec un jeu de clair-obscur particulièrement intéressant. Le spectacle commence quasiment dans le noir, avec une joueuse de luth assise sur une espèce d’estrade en bois qui bouge peu à peu. On s’aperçoit au fur et à mesure que celle-ci est en réalité faite d’énormes morceaux de bois tel un tangram géant (ces 7 formes qu’on assemble pour en construire d’autres que j’adorais enfant et dont j’avais totalement oublié l’existence). A travers des tableaux qui rendent hommage à différents aspects de la culture chinoise, les artistes jouent avec l’espace. Ils semblent tellement à l’aise avec l’équilibre et la gravité qu’on en oublierait presque la difficulté. Si ce spectacle peut dérouter par sa lenteur extrême, il ne manque ni de beauté, ni d’humour, ni d’originalité. Un objet étrange à la croisée de plusieurs disciplines qui ne laisse pas indifférent.

Le 7 planches de la ruse

Il n’est pas encore minuit…, Compagnie XY

On passe cette fois à de l’acrobatie, ce qui est sans doute ce que je préfère en matière de cirque. La troupe est assez nombreuse et j’ai trouvé le début plutôt brouillon. Il évoque une scène de bagarre qui m’a mise un peu mal à l’aise. Fort heureusement, après quelques minutes d’introduction que je n’ai pas trop aimées, les acrobaties s’enchaînent et on ne peut être qu’ébloui. Il y en a dans tous les coins et j’avoue avoir eu un peu de mal à suivre dans un premier temps, je suis toujours déroutée quand il y a plusieurs choses à voir à la fois. Je m’y suis finalement habituée, d’autant plus que la disposition de la scène permet quand même d’avoir une jolie vue d’ensemble. Techniquement parlant, ce spectacle est l’un des plus impressionnant que j’aie eu l’occasion de voir. On est ébloui de bout en bout par leurs prouesses et par la déconcertante facilité avec laquelle ils semblent les accomplir. Ils semblent littéralement voler et enchaînent les acrobaties pour notre plus grand plaisir. La compagnie a un mode de fonctionnement horizontal : ses 22 membres doivent se mettre d’accord sur chaque aspect du spectacle. Autant dire que les discussions doivent parfois être compliquées ! C’est cela qu’il retranscrivent dans leur mise en scène : la bagarre d’abord, puis peu à peu des choses qui se mettent en place pour arriver à un résultat finalement harmonieux et un spectacle très abouti. Tout autant que par leurs performances, j’ai été impressionnée par le plaisir qu’ils semblaient prendre à être sur scène ensemble. C’est rare que ça saute à ce point au yeux. J’ai vraiment beaucoup aimé ce spectacle drôle, inventif et très beau. On en prend plein la vue de bout en bout. On en redemande !

Il n'est pas encore minuit
©Christophe Raynaud de Lage

Paris de nuit, Compagnie Recirquel

On change de registre avec ici quelque chose de relativement plus classique. On est en tout cas dans une petite troupe de cirque hongroise plus éclectique que les précédentes avec un spectacle qui rejoint un peu plus le cirque traditionnel. L’univers lui est celui du cabaret, pour un mélange de genres très réussi. Ce spectacle nous replonge dans les années folles avec une mise en scène inspirée par les photographies de Brassaï. Musique et danse y rencontrent des acrobaties parfois impressionnantes. Si le main à main déçoit comparé à celui de l’incroyable troupe XY, les funambules sont plutôt bons et il y a de très beaux numéros de tissus, cerceau ou mât. Les artistes parviennent à insuffler à ces tours de force beaucoup de poésie. Il y a également un excellent numéro clownesque dans les airs dont je ne vous parlerai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte mais que j’ai vraiment adoré. Si les numéros sont un peu inégaux, aucun n’est raté ou ne détonne vraiment. La musique et la mise en scène très travaillées donnent un aspect particulièrement festif à l’ensemble. J’ai trouvé le tout très beau, tour à tour drôle, impressionnant ou poétique. On est très près de la scène et si on voit ainsi plus les défauts du spectacle, la possibilité de boire une coupe de champagne attablé à quelques centimètres à peine des artistes (tous plus beaux et souriants les uns que les autres) ajoute clairement au capital sympathie du spectacle, d’autant plus que le lieu est assez magique. Un spectacle original qui malgré quelques numéros en demi-teinte m’a souvent impressionnée et m’a séduite par sa mise en scène parfaitement maîtrisée. Un moment magique qu’on voudrait voir prolongé.

A découvrir jusqu’au 3 janvier au Cabaret Sauvage.

Paris de nuit

Cuisine

Muffins choco-coco pour le goûter

Pour 6 muffins

50 g de beurre

2,5 c. à soupe de cacao en poudre non sucré

4 c. à soupe de farine

3 c. à soupe de noix de coco râpée

3 c. à soupe de sucre

1/2 sachet de levure chimique

1 œuf

15 cl de lait

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Préchauffez le four à 180° C (th. 6).

Faites fondre le beurre à feu doux.

Dans un saladier, mélangez le cacao, la farine, la noix de coco, le sucre et la levure.

Faites un puits puis ajoutez l’œuf, le beurre et le lait en fouettant énergiquement.

Remplissez des moules à muffins aux 3/4 et enfournez 12 à 15 min en fonction de la taille de vos moules.

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Attendez que les muffins soient tièdes pour les démouler et laisser-les refroidir avant de les déguster avec un thé ou un café pour le goûter.

Les proportions sont données pour un goût chocolat noir peu sucré et donc assez amer. Si vous souhaitez quelque chose de plus doux, enlevez 1/2 c. à soupe de cacao et ajoutez éventuellement 1 c. à soupe de sucre.

Bon appétit !

Cinéma

Mia madre, un film sur le deuil en demie-teinte

Drame italien de et avec Nanni Moretti avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini

          Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Mia Madre, Nanni Moretti

          J’attendais avec impatience le dernier film de Nanni Moretti. J’avais adoré son précédent, Habemus papam. Ici il nous livre un film plus personnel et intimiste. J’ai trouvé que le film était long à démarrer. J’ai eu le plus grand mal à rentrer dedans et le début (une grosse moitié à vrai dire) a été pour moi un long moment d’ennui. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi. Du mal à m’identifier aux personnages, à m’intéresser à leurs problèmes. Leur vie me paraissait totalement étrangère. Elle l’est d’ailleurs. Les rires ont fusé dans la salle à plusieurs reprises sans que je comprenne bien pourquoi. Il faut dire que je marche très peu à l’absurde, pas étonnant donc que l’aspect comique de certaines scènes m’ait totalement échappé. On ne peut pas dire que j’étais franchement emballée et si je n’avais pas été coincée au beau milieu d’une rangée, je ne sais pas si je ne me serais pas enfuie.

Mia Madre, Nanni Moretti

          Et puis, le miracle s’est produit. J’ai peu à peu trouvé les personnages plus humains, au fur et à mesure de l’avancée de la maladie de leur mère. On se retrouve dans leurs peurs, leurs doutes, leurs pétages de câble face au chagrin. C’est extrêmement bien joué et ça sonne très juste. La dernière partie du film est beaucoup plus intimiste et très réussie. Je m’attendais à plus d’émotion devant ce film au sujet fort. Pourtant, c’est tout sauf larmoyant. Je suis restée spectatrice de ce drame familial sans vraiment me l’approprier. C’est un peu dommage. Malgré tout, ce film est dans l’ensemble une réussite. Ca tient sans nul doute en grande partie à l’excellente interprétation de ses acteurs principaux. Bien que je me sois un peu ennuyée durant la première moitié, j’ai trouvé ce film touchant. A mes yeux sans doute pas le meilleur Moretti mais un assez bon cru tout de même.