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Deux films sur l’adolescence

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Call me by your name

          Drame, romance franco-italo-americain de Luca Guadagnino avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg
          Été 1983. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans la villa de sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

Affiche du film Call me by your name

          J’avais entendu le plus grand bien de ce film. Si fin, si émouvant. Tout ça tout ça. Sur le papier ça ne me tentait absolument pas mais devant un tel déluge d’éloges, j’ai cédé à la curiosité et laissé mes doutes de côté. Franchement, j’en viens en penser que parfois être bornée et obtuse évite bien des déconvenues. Enfin, on peut aussi raisonnablement supposer que je commence à bien me connaître. Dès le début, ce n’est pas passé. Mais alors pas du tout. Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis avec cette critique mais je vais essayer d’expliquer mon ressenti – qui, cela va de soi, n’engage que moi (au cas où ce ne serait pas clair pour tout le monde…). D’un point de vue purement esthétique, je n’ai pas grand chose à reprocher à ce film. Je n’ai pas trouvé ça fou-fou visuellement mais c’est propre et plutôt bien fait. Les acteurs sont un peu fades mais là encore, ça va. L’histoire en revanche, ç’a été plus compliqué.

Image du film Call me by your name

          La famille d’intellos dans laquelle se passe l’histoire m’a exaspérée au plus haut point. Le côté « on parle 3 langues selon l’humeur du moment et on se traduit du Virgile comme ça, peinard, pour passer la soirée » m’est sorti par les yeux au bout d’à peu près 5 secondes (j’ai dit Virgile au pif, mais on s’en fout, vous avez compris l’idée). Ils sont imbuvables. Pédants, têtes à claques, dégoulinants d’auto-suffisance. Et leur mioche mignon-et-pas-trop-con-mais-un-brin-boudeur-et-blasé-de-la-vie c’est pas franchement mieux. Sauf que lui au moins, il a l’excuse de l’adolescence. Quant à leur hôte, plutôt bel homme mais arrogant et dans l’ensemble sans grand intérêt. Voilà pour la galerie de personnages. Partant de là, à moins qu’il ne choisissent brutalement de s’entre-tuer, mettant ainsi fin au supplice de leur conversation, il y avait fort peu de chance que je goûte à toute la subtilité de ce film. Le reste n’aura été qu’un long, très long, trop long moment d’ennui dont je ne voyais jamais venir la fin. Ni le début d’ailleurs. J’ai trouvé ça lisse, plat et teeeellement lent.

Image du film Call me by your name

          Pour ceux qui ne me connaissent pas, notons quand même que la délicatesse des amours naissantes est un truc qui m’assomme profondément. C’est déjà un moment que je n’aime pas vivre alors l’observer chez les autres, très peu pour moi. Et là, clairement, ça prend son temps. Ca m’a rappelé D’amour et d’eau fraîche ou Un amour de jeunesse. Il y a une seule grande qualité que je reconnais à ce film, c’est que le fait que le gosse découvre son homosexualité ne change strictement rien à l’histoire, c’est tout aussi chiant que s’il avait été hétéro. Ca change, c’est reposant. On passera sur la différence d’âge qui met mal à l’ais. Seul joli moment du film, le plan final, je n’irai quand même pas jusqu’à dire que ça valait le coup de rester pour voir ça. Je crois que je devine vaguement ce qui peut toucher dans ce film, les premiers émois, la découverte de la sexualité, tout ça. Ca m’a laissé parfaitement de marbre mais je suppose qu’on peut s’y retrouver. C’est en tout un type de cinéma auquel je reste totalement hermétique. Mon plus grand moment d’ennui depuis longtemps.

Lady Bird

          Comédie dramatique américaine de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts
  Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

Affiche de Lady Bird

          Immédiatement après le premier film, j’ai enchaîné avec le second. La bande-annonce m’avait intriguée même si je n’étais pas très sure de savoir si j’avais vraiment envie de le voir pour autant. Mais j’étais devant le cinéma, il était là et je suis curieuse, c’était donc parti pour un second film sur l’adolescence le même jour. J’aurais dû à un moment me dire que c’était une mauvaise idée mais non, j’ai juste pensé : j’ai atteints le summum de l’ennui, ça ne peut pas être pire. Ce n’était pas faux. Mon avis sur Lady bird est plus mitigé. Sans franchement accrocher, je l’ai déjà trouvé plus intéressant (et moins soporifique). Esthétiquement, c’est sans doute moins chiadé, mais c’est aussi moins pédant (et ça, c’est bien).

Image de Lady Bird

          J’ai bien aimé le personnage de Lady Bird. Je n’ai absolument pas réussi à m’y identifier – il faut dire aussi que je n’étais pas franchement ce genre d’ado – mais que la réalisatrice avait réussi à crée un personnage qui avait du caractère et un certain charisme. Elle a un côté touchant et m’a été plutôt sympathique. Quant aux relations entre les personnages (la mère, la meilleure copine boulotte, les nouvelles copines friquées…) elles sonnent juste et sont clairement le point fort de ce film par ailleurs très bien joué. C’est donc plutôt positif dans l’ensemble. Au-delà de ça, je n’ai toutefois pas été vraiment touchée par cette histoire qui aurait peut-être mérité plus de rythme et de profondeur pour vraiment convaincre. Le sujet ne m’a pas vraiment transportée et j’ai trouvé au final le film sympa-sans-plus malgré un personnage prometteur. Si ce film m’a arraché quelques sourires, on reste loin du coup de cœur.

Les complicités involontaires

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          Par un jour d’avril, Corinne V., psychiatre, reçoit dans son cabinet une quinquagénaire, Zoé B., désireuse d’entreprendre une analyse. Reconnaissant en elle une ancienne amie, elle s’apprête à l’adresser à un confrère, quand Zoé lui révèle qu’elle souffre d’une amnésie ayant effacé ses souvenirs de jeunesse.

          Ca y est, la rentrée littéraire approche à grands pas. Les romans de juin à peine fini, on enchaîne aussi sec avec ceux de septembre et une sélection conséquente pour cette année (j’en avais sélectionné une vingtaine l’année dernière, je vais essayer de ne pas dépasser ce chiffre déjà bien trop élevé). Pas mal de choses très tentantes dedans avec notamment ce roman de Nathalie Bauer. Je l’avais découverte avec Les indomptées et j’ai été ravie de la voir revenir avec ce thème qui me tentait beaucoup. C’est donc naturellement avec ce roman que j’ai ouvert les hostilités.

Nathalie Bauer

          J’avais beaucoup aimé le style de son précédant roman, que j’avais trouvé très clair et agréable, un peu désuet peut-être parfois mais qui nous plongeait si bien dans l’ambiance du roman. Cette fois, le style n’est pas passé du tout. Pourtant, si je dois bien lui reconnaître une chose, c’est qu’il colle tout aussi bien à cette nouvelle histoire, avec un côté « bourgeoise du 16° » horripilant mais qui ne pourrait tomber plus à propos. L’auteur semble avoir un véritable don pour créer une ambiance et adopter un style qui nous plonge dans l’univers de ses personnages. Pas de chance, cette fois, je n’ai pas été séduite. Pourtant, le style est toujours maîtrisé, force est de le reconnaître.

          L’histoire me tentait beaucoup mais là encore, j’ai eu du mal à rentrer dedans. Il faut dire que le personnage principal m’a vite été antipathique et que ça n’a pas aidé. Il y a énormément de digressions sur l’adolescence des deux protagonistes, leur rencontre, leurs sorties, je suppose que ça prend du sens au fil du récit mais j’ai trouvé ça sans grand intérêt. Non vraiment, quand ça ne veut pas… Je ne suis finalement pas allée au bout de cette histoire qui pourtant est bien écrite et semble intéressante, je suis totalement passée à côté. Peut-être plus tard, qui sait ? Il se peut que mes attentes aient été tout simplement trop éloignées de ce style-ci et que ça passera mieux à la deuxième tentative. En attendant, je vous invite fortement à lire son roman précédent, qui lui m’avait beaucoup touchée.

Les vieux fourneaux, le BD qui réconcilie avec la vieillesse

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          Pierrot, Mimile et Antoine sont trois amis d’enfance septuagénaires qui ne comptent pas laisser la mort les rattraper tout de suite. Un peu nostalgiques du passé, ils ne se laissent pas abattre pour autant et sont toujours aussi engagés dans la lutte sociale qu’à l’aube de leurs 20 ans. 

Les vieux fourneaux, couvertures

          J’avais beaucoup entendu parler de cette BD de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet – dans la presse, sur les réseaux sociaux, à travers la pub – sans vraiment savoir de quoi il retournait. Vu de loin, ça ne m’inspirait pas tant que ça. Une histoire de vieux, bon voilà quoi, pas de quoi m’enthousiasmer outre mesure (c’est de la discrimination, je sais). Quand j’ai vu que la bibliothèque d’amis comportait les 3 tomes publiés, j’en ai profité. Il pleuvait, je n’avais rien de mieux à faire avec ma jambe foireuse, c’était le moment où jamais de partir à la découverte de cette BD dont tout le monde parle (ou a parlé vu mon train de retard, peu importe).

Les vieux fourneaux, extrait

          Assez vite j’ai plutôt accroché avec le style : tant du point de vue de l’écriture que du visuel. Par contre, je n’étais pas très convaincue par cette bande de vieux qui se retrouvent à un enterrement. Pas sure de me sentir beaucoup d’affinités avec eux. Pourtant, passées les premières pages, mes réserves se sont peu à peu envolées. Il faut dire qu’ils sont quand même sacrément drôles les papys ! Ah ça, la joyeuse troupe ne manque ni d’humour ni de mauvais esprit ! Tout pour me plaire en somme. Et une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé le tome 2 encore meilleur que le 1°, plus incisif encore et décalé. Le 3° reste d’ailleurs dans la même lignée.

Les vieux fourneaux, extrait

          Sous ses airs légers, cette BD aborde tout de même quelques thèmes plus graves, avec bien évidemment en toile de fond la place des personnes âgées dans la société, leur infantilisation notamment, mais aussi des sujets de société comme l’écologie ou l’engagement politique. De ce point de vue-là, j’ai d’ailleurs trouvé qu’il y avait quelques idées absolument géniales ! Et le ton irrévérencieux n’est pas pour me déplaire. Ces retraités anars m’auront en tout cas bien fait rire. J’ai lu les 3 tomes d’une traite et j’espère avoir l’occasion de les ajouter bientôt à ma bibliothèque pour les partager autour de moi. Une BD diablement intelligente et sacrément drôle qui donnerait presque envie de vieillir.

Les vieux fourneaux

– Tu comptes faire chier le monde encore longtemps?
– Le plus longtemps possible, oui. Qu’est ce que tu veux faire d’autre? A nos âges, il n’y a plus guère que le système qu’on peut encore besogner. Du coup, ma libido s’est reportée sur la subversion. C’est ça ou moisir du bulbe.

La meilleure d’entre nous, plongez au coeur d’un concours de pâtisserie

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          En Angleterre, le concours pour devenir la nouvelle Kathleen Eaden est lancé. Cinq candidats s’affrontent pour ce titre prestigieux. Cinq personnalités ben différentes qui ont comme point commun leur passion pour la pâtisserie. Mais derrière les façades souriantes se cachent bien des failles. 

9782253191070-X

          Je dois bien avouer que quand l’éditeur m’a envoyé ce livre j’étais un peu septique. La quatrième de couverture me laissait présumer du pire. L’histoire me rappelait étrangement celle de L’école des saveurslivre qui m’étais tombé des mains dès les premières pages tant il dégoulinait de mièvrerie et de bons sentiments. J’ai quand même décidé de m’y atteler par acquis de conscience, parce que je ne croule pas sous les services de presse et que j’essaie de lire tous les livres qu’on m’envoie. J’étais persuadée de le refermer au bout de quelques pages, la conscience tranquille, me disant que je ne ferais probablement même pas d’article dessus vu le retard que j’ai pris pour le blog (plus de 40 articles qui attendent d’être écrits, c’est une catastrophe !). Eh bien, j’avais tort ! Ce n’est franchement pas si mal. L’écriture n’est pas exceptionnelle mais elle est agréable et l’histoire s’avère finalement assez prenante avec des personnages un brin caricaturaux mais attachants. Ca se lit tout seul et non sans plaisir.

          J’ai suivi ce concours de pâtisserie avec une certaine curiosité, un peu comme je le fais pour ceux que je regarde à la télé. Bizarrement je n’ai pas vraiment eu l’impression d’un suspens autour du résultat ou d’une tension grandissante au fur et à mesure des semaines. On s’attache aux personnages peu à peu, ils dévoilent leurs failles et deviennent plus intéressants même si certains sont un peu stéréotypés. Leur psychologie est clairement le point de ce roman. On peut peut-être regretter qu’il n’y ait pas un seul célibataire sans enfants dans le tas, comme si seuls les chargés de familles étaient incollables en douceurs en tous genres. Bien sûr, je suis sans doute un peu plus indulgente face à ce roman parce que le sujet me parle et que les gâteaux m’évoquent de suite des choses agréables. Toutefois, même s’il n’y a là rien d’exceptionnel et qu’il n’est pas exempt de défauts, ce roman m’a assez plu. Un livre léger et agréable qui donne envie de se mettre aux fourneaux.

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Il existe de nombreuses raisons de cuisiner : pour nourrir, pour inventer, pour impressionner, pour atteindre une forme de perfection… Mais aussi pour répondre à une simple faim : celle d’aimer et d’être aimé.

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L’épouse parfaite, l’enfant parfait, la mère parfaite ? Aucune de nous ne peut être cela. Ce sont de purs fantasmes.

La théorie de la tartine, une bonne surprise signée Titiou Lecoq

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          En 2006, lorsque Marianne découvre sur le net une sextape postée par son ex, elle ne trouve pour l’aider qu’un hacker immature et un journaliste visionnaire qui croit qu’Internet va transformer le monde. Dix ans et les chocs de la jeunesse (enfants, travail, amours) plus tard, que deviennent notre ex-étudiante blogueuse, le jeune pirate et l’homme de presse idéaliste ? Internet a tout bousculé…

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          Quand l’éditeur (ou son attachée de presse plutôt) m’a envoyé ce livre, je dois admettre que je n’étais pas particulièrement emballée. Le titre me laissait un peu perplexe. Comme c’étaient des épreuves, je disposais en plus d’informations très limitées. Je ne savais pas grand chose du contenu et j’avoue que les titres précédents de l’auteur, que je ne connaissais pas, ne me tentaient absolument pas. L’auteur est blogueuse et je me méfie toujours un peu des blogueuses qui écrivent des livres, il y a souvent un ton particulier à ce genre d’ouvrages, assez léger – ou faussement léger, qui ne m’enchante pas vraiment. Comme je reçois très peu de livres en service de presse, j’ai quand même fait l’effort de me lancer dans cette lecture. Grand bien m’en a pris parce que contre toute attente, j’ai de suite accroché ! Les personnages sont assez sympathiques et le sujet m’a pas mal intéressé. L’auteur revient sur les débuts d’internet et les premières désillusions qui s’en sont suivies. C’est assez marrant de se rappeler de ce temps pas si lointain où tout semblait possible sur la toile et de la vitesse à laquelle les choses nous ont échappées.

          L’écriture est agréable et ce livre se lit vraiment tout seul, c’est un plaisir. L’histoire est plutôt bien construite même si elle est parfois improbable. J’ai trouvé la fin un peu faible mais pas non plus au point de gâcher l’ensemble. Il y a une certaine fraîcheur dans ce livre qui ne va pas jusqu’à la niaiserie. Bien sûr, l’auteur n’échappe pas à quelques clichés sur ses personnages mais l’ensemble reste intelligent et agréable. Au fond, ce livre a surtout un gros capital sympathie que je ne saurais pas vraiment expliquer et que ses petites faiblesses n’entament pas vraiment. Objectivement (enfin je crois), j’ai quand même l’impression qu’il s’agit d’un livre générationnel qui plaira surtout aux trentenaires désabusés un peu nostalgiques des débuts d’internet (ou pas). Ce sont en tout cas sans doute eux qui se sentiront le plus concernés par cette histoire. Le ton un peu aigre-doux assez typique du temps. Un roman assez réussi et franchement agréable largement ancré dans son époque. Une heureuse surprise.

© agence Anne et Arnaud

© agence Anne et Arnaud

Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.

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La réunion de prérentrée de l’établissement scolaire secondaire ne servait pas à mettre au point des détails pratiques afin que l’école soit en état d’accueillir de nouveaux élèves, elle avait pour fonction essentielle de permettre au personnel de faire le deuil psychologique des vacances.