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Les Wriggles

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          Je les avais découverts sur le tard, j’étais déjà à la fac quand une amie m’a fait écouter. Sans être une immense fan, j’ai souvent écouté leurs chansons. De suite j’ai apprécié leur humour tendre et décalé. Mais aussi et surtout leurs textes plus engagés, plus profonds sous des airs de ne pas y toucher. Bien souvent, ça touche à des sujets plus sensibles qu’il n’y paraît sous le vernis du rire et de la poésie.

Affiche de tournée les Wriggles

          Cinq clowns tristes que j’aurais aimé entendre sur scène. Seulement voilà, à l’époque j’habitais Aix-en-Provence, pas exactement le cœur battant de la scène musicale française. Puis je suis venue à Paris, j’ai cru que j’aurais l’occasion de les voir jouer, mais j’étais à peine arrivée qu’ils s’étaient déjà séparés. C’était il y a 10 ans. Je n’écoute plus leurs textes que rarement et pour les Wriggles ça restait un peu une rencontre ratée. Pour rappel, à l’époque, ça ressemblait à ça :

          Alors quand j’ai été invitée à les voir en concert à Bobino pour leur retour sur scène après une si longue rupture, j’ai sauté sur l’occasion. Je n’allais quand même pas laisser passer la chance des les voir « en vrai » après tant d’années ! Bon, il faut bien l’admettre, malgré une certaine excitation, j’avais aussi un peu peur. Les retours après des séparations, on sait ce que ça donne : trop souvent ce vieux goût de réchauffé, un peu comme des frites passées au micro-ondes toutes mollassonnes. Les corps ont vieilli, les vieilles querelles ne sont pas toujours enterrées et le retour est plus dû au besoin de renflouer les caisses après 10 piges à se la couler douce qu’à l’envie de se retrouver. Bref, la déception guettait.

Les Wriggles, complètement red

          Je suis arrivée mi-surexcitée, mi-septique donc. Avec ma copine de fac qui me les avait fait découvrir il y a temps d’années. Il ne me reste que deux copine de fac, énorme que coup de bol qu’elle vive justement à Paris et qu’elle ait été dispo. Rien que pour ça, cette soirée vaudrait forcément le coup. Sur scène, toujours les mêmes costumes, le bonheur de retrouver des voix familières, plus difficiles de reconnaître les têtes après tant d’années surtout que deux ont changé. On retrouve ce qui avait fait leur succès, l’humour noir, la dérision, la tendresse aussi. Les nouvelles chansons sont dans la veine des anciennes, ça parle d’actualité, c’est assez réussi. Je me demande presque si ce n’est même pas mieux écrit.

Les Wriggles, 2019

Les Wriggles ©Pidz

          Ils ne jouent pas trop la carte des vieux succès pour ce retour, ils en casent un ici ou là mais ils font surtout la part belle à la nouveauté et donnent envie de redécouvrir leur univers qu’ils ont visiblement su recréer et faire évoluer sans se trahir. Dans la salle, beaucoup de gens entre 30 et 40 ans. On est là, nostalgiques, à retrouver des airs de notre adolescence. Heureux aussi. Surtout heureux après une si longue absence, de retrouver le même esprit 10 ans après. C’est un beau moment. Finalement je n’ai pas été déçue. J’ai aimé les textes, j’ai apprécié les talents d’acteurs qui font beaucoup au spectacle. J’ai aimé l’ambiance si particulière de la salle, mélange de nostalgie et de joie de la découverte. C’était chouette et on est ressortis en ce disant qu’on avait bien de la chance quand même. Sur ce je vous laisse, je me suis donné envie de réécouter leur nouvel album. Quant à vous vous pouvez les voir ou les revoir en tournée dans toute la France.

Les franglaises

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          Ca faisait longtemps que j’entendais parler de ce spectacle, plusieurs années pour tout vous dire, pourtant je ne savais pas exactement de quoi il retournait. Je me rappelais avoir vu des affiches mais je n’avais aucun souvenir d’extrait de spectacle. En même temps je n’ai pas la télé donc ce n’est pas non plus très surprenant. Quand on m’a proposé de venir les découvrir sur scène, je me suis donc penchée de plus près sur la question. Le concept et simple : des chansons en anglais célèbres, traduites (et chantées) en français. Ca avait l’air marrant, j’y suis allée.

Affiche des Franglaises à Bobino

          J’avais un peu peur que sur tout un spectacle, ce qui est rigolo 5 min s’avère un peu lassant… J’y allais donc sans être bien sure d’arriver à rentrer dans leur univers. Franchement, dès les premières minutes, mes doutes se sont dissipés. Ils ont une énergie folle et une belle présence sur scène. Le début du spectacle invite le public à participer, ce qui tend de suite à mettre une bonne ambiance. Très vite on s’aperçoit que nos gais lurons sont aussi (et surtout) de bons musiciens, on est là pour rigoler, mais pas que, on écoute aussi de la bonne musique mais en VF s’il vous plaît.

Les Franglaises

          Au cas où vous en douteriez les chansons en anglais ne sont guère plus spirituelles que leurs consœurs françaises. Les traductions sont très bien faites et les interprétations ne manquent pas d’humour. La première partie du spectacle n’aura été pour moi qu’un long fou-rire. La seconde partie est plus mise en scène, on se rapproche du théâtre. J’avoue avoir un peu moins accroché pour une raison toute simple : je hais les engueulades, même factices, ça me met extrêmement mal à l’aise et je les évite autant que possible au cinéma comme au théâtre (mais pas tant que ça dans la vie bizarrement, allez comprendre !).

Les franglaises

          Malgré ce petit bémol qui m’a un peu gâché la fin du spectacle où les cris hystériques sont trop nombreux à mon goût, l’humour est toujours au rendez-vous et on ne se lasse pas d’entendre nos chansons préférées avec des paroles qu’on peut enfin comprendre. On en profite pour en découvrir certaines sous un tout autre jour… J’ai tellement aimé que j’ai bien failli acheter le livret de paroles à la fin pour les apprendre par cœur et pouvoir chanter à tue-tête les paroles françaises chaque fois que j’en aurais l’occasion. Je ne l’ai pas fait mais je regrette amèrement. Un très bon spectacle, drôle, enlevé et original que je ne peux que vous recommander.

Big junior au Silencio

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          Je suis loin d’être une spécialiste côté musique, vous noterez d’ailleurs que je n’en parle à peu près jamais. Après une adolescence passée des écouteurs toujours rivés aux oreilles, avec le temps, ma curiosité s’est sérieusement émoussée et j’écoute toujours un peu les mêmes vieux trucs, essentiellement lors de mes déplacements en voiture ou en transports en commun. Peu de concerts et peu de nouveautés, je ne me sens donc pas très légitime pour en parler. Mais bon, voilà que j’ai eu l’occasion d’aller voir Big junior au Silencio et le Silencio, il y avait fort longtemps qu’on me le vendait comme un des endroits les plus fous de Paris. Ce club propose des concerts, des projections de films dans sa mini-salle de ciné et des cocktails hors de prix, le tout dans une cave gigantesque. J’avoue, je me suis laissée tenter.

Les membres du groupe Big Junior

          J’avais écouté un single de Big junior sur Deezer et pour tout vous dire je n’avais pas franchement accroché. Je trouvais le son intéressant mais la voix du chanteur ne passait pas du tout. Mais bon, l’attrait du lieu a été le plus fort, je leur ai donc donné une seconde chance. Et j’ai sacrément bien fait ! Ce concert était absolument génial. Le groupe mêle les genres avec un certain talent. Ils se définissent comme « la culture du paradoxe : hip hop et rock, douceur et énergie, nouveau mais pas amateur. Leur « Hip Wave » surfe sur des couleurs avec des allures multiples par ses rythmes et plonge l’auditeur dans un bain de fraicheur et d’incertitude. » Description assez fidèle de leur univers surprenant, à la fois rétro et déjanté.

Intérieur du Silencio, Paris

          Sur scène, leur énergie est communicative. J’ai bien aimé les sons vintage mêlés à des accents plus hip-hop avec un bon fond d’électro. Le mélange est très réussi et leur humour fait mouche. Il y avait un peu de monde à ce concert mais je trouve qu’ils auraient mérité un public plus dense et surchauffé mais l’ambiance était toutefois sympa. Contre toute attente, je n’ai en revanche pas trop apprécié les lieux. C’est sombre, avec une déco froide (dans les noirs et dorés), c’est bling-bling et assez surfait. De beaux matériaux pourtant mais le bar vide était désespérant. Les cocktails sont hors de prix mais pas particulièrement marquants. A peu près aucun intérêt. Verdict de la soirée ? Je suis allée au Silencio pour découvrir un club que tout le monde encense, sans attendre grand chose du groupe qui s’y produisait. J’ai été déçue par l’endroit, j’ai adoré le groupe – qui n’était pourtant a priori pas du tout mon genre – et son énergie communicative. N’hésitez pas à aller les découvrir sur scène.

Prague, jour 2

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          Aujourd’hui à Prague, il pleuvait à seaux. J’ai donc eu un peu de mal à émerger de mon lit et à me motiver pour sortir. J’ai finalement mis le nez dehors avec l’intention de me diriger vers le château mais une fois dans la rue, le temps m’a tellement refroidie que je me suis arrêtée dans le premier café venu. Un double cappuccino (à 2,70€, juste histoire de dégoûter les parisiens) plus tard dans un bar enfumé, j’étais de nouveau d’attaque et décidais de me diriger vers le Klementinum, bâtiment qui semble superbe. Je me suis trompée d’adresse et suis rentrée dans le bâtiment juste en face d’une des entrées. Je me suis dit que le hasard ferait peut-être bien les choses et me suis lancée dans la visite.

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          Au programme du Colloredo Mansfeld, deux expositions d’art contemporain dans un palais quelque peu désaffecté. Baroque, puis rococo, puis utilisé après la seconde guerre mondiale par l’académie des sciences et sensiblement détérioré. On retrouve aujourd’hui un lieu décrépi mais authentique (et en cours de rénovation) qui réserve une belle surprise avec sa somptueuse salle de bal. Côté accrochages, l’art conceptuel d’Oldřich Tichý – qui, s’il remplit les salles vides, ne m’a guère inspirée – et, dans un bel espace d’exposition bien aménagé, Adam Vačkář avec quelques très belles toiles dont une ou deux que j’aurais bien embarquées.

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          J’ai ensuite longuement erré dans les rues pluvieuses – et pleines de touristes, fait un peu de shopping (hop, de nouvelles chaussures) et me suis finalement installée dans une taverne pour manger, reposer mes pauvres pieds et me réchauffer. En sortant, je me suis aperçu que j’étais pile en face de l’entrée du musée juif. Hop, ma visite de l’après-midi était décidée. Les photos y sont interdites, sauf dans le cimetière, les images sont donc celles du site du musée juif. De suite en entrant, immense moment d’émotion face aux milliers de noms qui couvrent les murs. Ce sont ceux des juifs tchèques déportés sous le nazisme et qui ne sont jamais revenus. Ils sont près de 80 000. Je crois bien n’avoir jamais été bouleversée à ce point par un lieu, j’ai été dans un état second durant tout le reste de la visite. A l’étage, ce sont des dessins d’enfants déportés qui sont exposés.

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          Dehors, on pénètre dans le cimetière juif où s’amoncellent des milliers de tombes. 12 000 pierres tombales se chevauchent, chaque tombe contenant plusieurs corps, dans une si petite surface les chiffres donnent le tournis. Etrangement, ce lieu est plutôt paisible et plein de charme même si la pluie le rend forcément un peu lugubre. La synagogue Klausen m’a moins marquée et je ne me suis guère attardée à la salle des cérémonies, bien qu’elle soit assez mignonne et intéressante. En revanche, nouveau choc à la synagogue espagnole, d’une beauté à couper le souffle. Sur les photos, je voyais quelque chose de très lumineux. En réalité, elle est extrêmement sombre et ornée de toute part dans des bordeaux, vert et noir rehaussés de dorures. Splendide. Des lieux de mémoire à visiter absolument si vous passez à Prague.

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          Après ça, je suis allée réserver des places de spectacle pour un ballet et un concert. J’ai ensuite mangé une délicieuse forêt noire au café de la Maison Municipale. J’ai été un peu déçue par la salle, pourtant réputée pour sa déco Art Nouveau mais que j’ai trouvée trop grande et trop vide (elle est en revanche assaillie après les concerts). Le soir donc, ce fut Vivaldi – à la Maison Municipale toujours. Avant le concert, j’ai bu un cocktail à l’American bar, au sous-sol. C’est beau, et c’est bon ! Les photos de la salle et du bar ne sont pas de moi, j’avais oublié de remettre la carte SD dans mon appareil… La salle de spectacle est belle mais vue d’en bas, bien que superbement décorée, elle fait un peu hall de gare (c’est le sol plat qui me perturbe), d’autant plus qu’elle était quasi-vide, les pragois préférant visiblement venir plus tôt. D’ailleurs, quand on dit qu’ils s’habillent pour sortir, c’est smoking et robes de soirées. Le concert était court mais de qualité et je suis rentrée dans le brouillard, m’achetant au passage un Trdelnik, sorte de brioche feuilletée cuite à la broche, absolument délicieuse ! J’ai repéré quelques bars au passage, au cas où. La suite demain…

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Les nuits de l’Alligator

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           Ceux qui me suivent le savent sans doute, bien que vivant à Paris où l’offre ne manque pas, j’assiste à très peu de concerts. C’est sans doute un tort, mais je suis un peu noyée sous l’offre, les prix sont parfois prohibitifs, je n’arrive pas toujours à me faire accompagner, autant de raisons de me tourner vers des formes de culture qui me sont plus familières. J’essaie pourtant de profiter d’être dans la capitale pour faire un effort de temps en temps. Ainsi, j’ai participé il y a peu à un concours organisé par les Inrocks et contre toute attente, j’ai eu l’immense chance de gagner deux places pour les Nuits de l’Alligator à la Maroquinerie.

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          Au programme des festivités, Sarah McCoy (c’est en espérant voir cette drôle de femme à la voix belle et puissante que j’avais participé) et Bror Gunna Jansson. The Strusts étaient également au programme mais n’étant pas restée jusqu’à la fin, je ne vous en parlerai pas. J’attendais avec impatience Sarah McCoy, chanteuse hors normes, et j’ai un peu regretté qu’elle partage la scène ce soir-là avec des gens dont je n’avais jamais entendu parler. Et puis Bror Gunna Jansson est arrivé. Seul sur scène avec une batterie et une guitare. Véritable homme orchestre à lui tout seul, il a une voix un rien éraillée qui ne laisse pas indifférent. Une performance que je ne suis pas prête d’oublier ! Le suédois propose un univers folk assez sombre et d’une rare beauté. J’ai été totalement subjuguée par son talent. J’aurais bien acheté son CD à la sortie (d’autant qu’il le vendait lui-même, certains vont encore dire que je ne suis décidément jamais sur les bons coups…) mais je n’avais malheureusement pas de monnaie sur moi. Maintenant que je sais qu’il n’est pas sur Deezer et que ces disques sont parus respectivement à 100 et 50 exemplaires, je m’en mords les doigts !

          Sarah McCoy a encore fait monter le niveau d’un cran si cela est possible. La chanteuse originaire de la Nouvelle-Orléans a une voix à couper le souffle. Bien que connaissant un peu son univers, je me suis laissée surprendre par les premières notes et j’ai vu ceux qui n’étaient pas préparés retenir leur souffle quelques instants face à la puissance de sa voix. La jeune femme est de plus une bête de scène : elle sait accaparer son auditoire comme personne ! Le temps passe à toute vitesse en sa compagnie et on a envie d’en redemander encore et encore tant elle est fascinante. Une prestation de haute volée qui laisse muet d’admiration ! Nous sommes partis ensuite, d’une part parce que la faim nous tenaillait, d’autre part parce que nous ne voyions pas comment le groupe suivant aurait pu avoir ne serait-ce que la moitié du talent de ces deux-là. Merci aux Inrocks de m’avoir permis d’assister à ce concert aussi rare qu’exceptionnel.