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La nuit du visiteur, le petit chaperon rouge comme vous ne l’avez jamais vu

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          Si ce n’est pas son gentil petit chaperon rouge, qui donc frappe à la porte de Mère-Grand à cette heure de la nuit ? II vous faudra des nerfs d’acier pour ne pas abandonner cette lecture éprouvante en cours de route et risquer ainsi de louper la clef de l’énigme.

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          Je dois avouer que quand on m’a mis ce livre dans les mains en me forçant presque à le lire, j’étais moyennement emballée. Il faut dire que je ne savais pas trop à quoi j’avais affaire. Le titre me parlait moyennement, les dessins faisaient un peu peur et ne me plaisaient pas outre mesure, je ne savais même pas si c’était destiné aux enfants ou aux adultes. Bref, je rechignais un peu. Et puis, comme je n’avais que ça sous la main et que je fais confiance à l’amie qui me l’a prêté, je me suis décidée à l’ouvrir. Il m’a fallu quelques pages pour comprendre où l’auteur voulait en venir (il y a des fois où je ne suis pas très vive, que voulez-vous…) et à partir de là, j’ai été conquise.

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          Pour vous résumer l’histoire, la mère-grand de notre petit chaperon est dans sa chaumière et le loup frappe à sa porte. Il tente de la persuader par tous les moyens de le laisser entrer mais la vieille dame est loin d’être sénile et trouve toujours un moyen de le repousser. S’en suit une joute verbale franchement truculente. Les dessins qui rappellent le théâtre d’ombres complètent admirablement ce texte plein de malice. Je n’accroche pas spécialement au style des illustrations mais il est adapté au récit et on s’habitue si bien qu’on y prendrait presque goût.

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          J’ai beaucoup ri en lisant ce livre. J’ai même relu certains passages plusieurs fois tellement je les trouvais drôles. Chaque double page est consacrée à une nouvelle réplique des deux protagonistes, comme autant de saynètes. Certaines répliques sont vraiment très bien trouvées et c’est un plaisir de suivre cet échange rythmé. Le livre est assez court et se lit rapidement. Si j’avais des enfants, j’adorerais leur lire cette histoire. Benoît Jacques nous emmène dans son univers pour une adaptation très réussie. Un livre plein d’humour et de fantaisie qui ravira les enfants et leurs parents.

La révolte des animaux, l’écologie à la portée des enfants

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          Un jour qu’il regarde la télévision, Sha le chat prend soudain conscience de la cruauté de l’homme. Il décide alors d’en alerter tous les animaux. La révolte gronde dans le règne animal, les humains sauront-ils les entendre ?

          Un livre sur l’écologie destiné aux enfants ? une idée assez maligne. Encore faut-il que ce soit bien fait ; et je dois admettre que c’est plutôt réussi. J’ai souvent un peu de mal avec ce genre d’idée, les romans qui donnent la parole aux animaux ou aux objets. Je trouve que c’est assez difficile de rendre ça crédible, même s’il y a quelques exemples très réussis (La ferme des animaux, à tout hasard). Je suis rentrée facilement dans cette histoire que j’ai trouvée plutôt mignonne.

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          On suit cette histoire du point de vue des animaux et leur exaspération est touchante. Ils sont sans doute le meilleur moyen de sensibiliser les enfants à leur cause. J’ai parfois eu un peu l’impression au cours de ma lecture de perdre le message de vue. Au final, il m’a semblé que c’était avant tout un appel à devenir végétarien. Une position que je peux tout à fait comprendre mais que je ne cautionne pas vraiment pour des enfants. Je pense qu’on peut les sensibiliser à cette cause, qu’on n’est pas non plus obligé de les gaver de viande, mais que ce choix de vie est important et doit à mon sens se faire à l’âge adulte. Je suis pour consommer plus intelligemment plutôt que pas du tout.

          Il est vrai aussi que je lis ça avec un regard d’adulte assez sensible à ce sujet, les enfants perçoivent sans doute ce texte de manière assez différente. C’est en tout cas une invitation à faire plus attention aux animaux et à les respecter, ce qui ne peut pas faire de mal. Les enfants sont souvent très proches des animaux, je me demande pourquoi la plupart des gens perdent ça en devenant adulte. Malgré quelques réserves sur le fond, qui manque peut-être un brin de clarté (je comprends mieux pourquoi les contes finissent toujours par une morale, aussi lourde soit-elle), j’ai trouvé ce petit livre très séduisant. Bien écrit, plein d’humour et de poésie, un conte pour apprendre à nos enfants à protéger les animaux.

Beauté III – Simples mortels, quand Hubert et Kerascoët revisitent le conte de fée avec humour

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          Après avoir connu le pouvoir, Beauté commence à déchanter et rêve de redevenir la disgracieuse Morue pour afin d’avoir la paix et que le royaume retrouve un semblant de calme. En attendant que la fée Mab accède à sa demande, la guerre sévit toujours et elle est captive du roi sanglier. Heureusement, sa fille est à ses côtés pour lui apporter son soutien.

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          J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette BD qui ne manque pas d’humour mais avais trouvé le second plus sombre et un peu moins réussi. J’attendais donc le dernier avec impatience pour savoir quel chemin allait prendre cette histoire pour le moins originale. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue ! Ce dernier tome est peut-être bien le meilleur de la série avec à la fois beaucoup d’humour mais aussi une réflexion intéressante sur l’apparence et la conclusion des nombreux rebondissements dont ont été victime les personnages.

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          La fille de Beauté/Morue, particulièrement futée, apporte une vraie fraîcheur à l’histoire. Le contraste avec la bêtise de sa mère est très réussi, à la fois comique et mignon. On retrouve dans ce dernier tomes toutes les promesses faites par le premier qui à mon sens s’étaient un peu perdues en route : un joli conte, une réflexion intéressante sur le poids des apparences, et surtout, de l’humour, de l’humour, de l’humour ! Il y a une évolution intéressante d’un tome à l’autre pour une histoire qui gagne en profondeur au fil du temps. Une très belle manière de revisiter le conte traditionnel. 

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Barbe bleue – ou quand Amélie Nothomb adapte les classiques

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          Un homme riche passe une petite-annonce pour trouver une colocataire. Ne sortant jamais, il cherche une jeune femme avec qui partager sa vie pour tromper son ennui. Selon lui, « la colocataire est la femme idéale ». Mais d’étranges rumeurs circulent sur la mystérieuse disparition des jeunes femmes qu’il a hébergées ? Serait-il un meurtrier ?

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          Je ne suis pas une inconditionnelle d’Amélie Nothomb qui a certes écrit d’assez bonnes choses à ses débuts mais a une certaine tendance à se répéter et à sombrer dans la facilité. Pourtant, avec ce roman qui reprend la légende Barbe-Bleue, l’un de mes contes préférés lorsque j’étais enfant, j’ai eu envie pour la première fois depuis très longtemps, de me plonger dans l’un des livres de la célèbre dame au chapeau, d’autant plus que j’en avais plutôt entendu dire du bien. Si ma maman l’avait acheté à sa sortie, je n’ai toutefois pas eu l’occasion de le lire de suite et l’avais un peu oublié jusqu’au mois dernier où je l’ai retrouvé dans la bibliothèque et ai décidé de profiter de quelques jours de vacances dans le Sud pour me lancer dans cette lecture.

          Les premières pages m’ont plutôt surprise. On s’éloigne quand même assez de l’histoire du Barbe-Bleue d’origine. Pourtant si cela m’a un peu déroutée, j’ai quand même trouvé cette réinterprétation assez intéressante. Elle essaie clairement de moderniser le conte en plaçant l’histoire de nos jours et en intégrant à l’histoire des pratiques modernes comme la collocation. L’idée est originale et plutôt intéressante. Je trouve généralement l’écriture d’Amélie Nothomb agréable même si elle mériterait parfois d’être un peu plus travaillée mais là, j’ai franchement été déçue. Ce n’est pas à proprement parler mal écrit mais c’est assez limite quand même… Un style d’une platitude qui m’a étonnée venant d’elle. Ca a quand même largement gâché mon plaisir.

          D’autant plus que du côté de l’histoire aussi, ça a fini par se gâter. J’ai trouvé que l’auteur se perdait un peu dans sa réécriture du mythe. Finalement, après des débuts assez originaux, on finit par retomber sur un schéma plus classique. Les dialogues m’ont bien souvent agacée, ils sonnent creux et ne font guère avancer le récit. Quant aux personnages, je n’y ai pas cru une seconde, aussi outranciers l’un que l’autre, et ça ne fait qu’empirer au fur et à mesure que le texte avance. Finalement, ce roman qui avait tout me plaire et qui commençait plutôt bien n’a pas tenu toutes c’est promesses et c’est avéré assez médiocre même s’il demeure plutôt agréable à lire.

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Une seule consigne : ne pas prendre de champagne rosé.
– Cela va de soi. Préférer la mièvrerie du rose au mysticisme de l’or, quelle absurdité !
– L’inventeur du champagne rosé a réussi le contraire de la quête des alchimistes : il a transformé l’or en grenadine.

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Tomber amoureux est le phénomène le plus mystérieux de l’univers. Ceux qui aiment au premier regard vivent la version la moins inexplicable du miracle : s’ils n’aimaient pas auparavant, c’est parce qu’ils ignoraient l’existence de l’autre. Le coup de foudre à retardement est le plus gigantesque défi à la raison.

Cendrillon, un ballet plein de grâce

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          Cendrillon, le célèbre conte de fée, repris par le ballet. Une mise en scène très moderne de Thierry Malandain avec le Malandain Ballet Biarritz sur une musique de Sergueï Prokofiev. L’occasion de découvrir ce grand classique sous un jour différent.

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©Olivier Houeix

          Je vois peu de danse et n’y connais pas grand chose mais j’aime généralement bien ce type de spectacle, j’ai donc décidé il y a peu de prendre des places pour plusieurs spectacles (et même un abonnement pour la saison de ballet à l’Opéra l’année prochaine). Après le L.A.Dance Project au Théâtre du Châtelet, je suis donc allée voir Cendrillon à Chaillot. Les quelques images que j’avais vues du décor me faisaient vraiment envie : des chaussures accrochées sur les murs, simple et efficace. De plus, la musique est de Prokofiev, l’un de mes compositeurs préférés, juste après Schumann ; la quasi assurance que j’allais apprécier. En arrivant à Chaillot, j’ai eu la grande joie de constater que j’étais extrêmement bien placée, au milieu du premier rang. Toutes les places du théâtre sont au même prix et même si la visibilité est bonne de l’ensemble des places, ça vaut le coup d’être attentif au placement lors de la réservation. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que je profite pleinement du spectacle.

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          J’ai vraiment adoré ce spectacle ! C’est beau, original et plein d’humour. La grosse surprise vient du fait que la belle-mère et les deux sœurs sont jouées par des hommes travestis. Je suis assez difficile en matière de plaisanteries mais j’avoue que là, c’est assez fin et chacune de leurs apparitions m’a fait sourire. De plus, cette manière d’appréhender l’histoire lui donne une toute autre dimension. Pour le reste, heureusement que tout le monde connaît l’histoire car il me semble à peu près impossible de la comprendre sans ça. Mais bon, il y a Cendrillon, la marâtre, les horribles sœurs, la marraine, le prince, l’essentiel quoi ! Simplement, mis à part quelques scènes phare, il faut avouer que ce n’est pas facile de rendre l’histoire intelligible sans paroles ni effets spéciaux, entre les petits oiseaux, les souris, la citrouille et le reste, il manque forcément quelques éléments importants.

©Olivier Houeix

©Olivier Houeix

          Ce petit détail sur la difficulté de rendre les détails de l’histoire mis à part (de toute façon, on la connaît par cœur), ce ballet est magnifique. Les costumes aussi sont un peu simple peut-être, il n’y a que peu de différences entre la robe de souillon de Cendrillon et celle de bal, mais ça contribue à dépoussiérer aussi le ballet. Il y a un bel équilibre entre les solos des personnages principaux et les chorégraphies de groupe. J’ai évidemment beaucoup aimé les scènes où apparaissent la marâtre et les deux sœurs mais j’ai aussi – entre autres – beaucoup aimé la scène du bal qui est inventive et pleine de poésie. Détail futile mais qui ne gâche rien, le prince a des fesses incroyables, je veux le même ! – et vu comme j’étais près, j’ai largement pu profiter de la splendide vue sur ces corps très très musclés. Pour résumer, j’ai tout aimé dans ce spectacle très bien chorégraphié, original, drôle, poétique… Et bien sûr la magnifique musique de Prokofiev pour souligner le tout. Un pur bonheur !

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