Après avoir connu le pouvoir, Beauté commence à déchanter et rêve de redevenir la disgracieuse Morue pour afin d’avoir la paix et que le royaume retrouve un semblant de calme. En attendant que la fée Mab accède à sa demande, la guerre sévit toujours et elle est captive du roi sanglier. Heureusement, sa fille est à ses côtés pour lui apporter son soutien.
J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette BD qui ne manque pas d’humour mais avais trouvé le second plus sombre et un peu moins réussi. J’attendais donc le dernier avec impatience pour savoir quel chemin allait prendre cette histoire pour le moins originale. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue ! Ce dernier tome est peut-être bien le meilleur de la série avec à la fois beaucoup d’humour mais aussi une réflexion intéressante sur l’apparence et la conclusion des nombreux rebondissements dont ont été victime les personnages.
La fille de Beauté/Morue, particulièrement futée, apporte une vraie fraîcheur à l’histoire. Le contraste avec la bêtise de sa mère est très réussi, à la fois comique et mignon. On retrouve dans ce dernier tomes toutes les promesses faites par le premier qui à mon sens s’étaient un peu perdues en route : un joli conte, une réflexion intéressante sur le poids des apparences, et surtout, de l’humour, de l’humour, de l’humour ! Il y a une évolution intéressante d’un tome à l’autre pour une histoire qui gagne en profondeur au fil du temps. Une très belle manière de revisiter le conte traditionnel.
Les catastrophes naturelles, les procès en cours, le djihad, le compte Tweeter du pape, le mariage gay et bien sûr surtout et avant tout, les travers des politiques, Frederick Sigrist refait l’actu au Point Virgule. Il porte un regard affûté sur la société et n’épargne personne. Présentation d’une plume acérée.
La semaine dernière, quand Filou m’a gentiment proposé 2 places pour aller voir un humoriste au Point Virgule, j’ai bien évidemment sauté sur l’occasion ! Je vois très peu de one man show? Rares sont les humoristes qui me parviennent à me faire rire. Il faut dire que j’ai un humour assez particulier, assez noir. Je suis plus adepte du cynisme que de la farce et suis souvent en décalage avec la plupart des gens de ce point de vue. D’ailleurs il n’aura pas échappé à ceux qui me suivent qu’au cinéma je vois peu de comédies et suis assez difficile à satisfaire en la matière. Si j’étais contente d’avoir l’occasion de découvrir un artiste dont je n’avais même jamais entendu parler et de me rendre pour la première fois au Point Virgule, célèbre pour avoir vu naître bien des carrières, je dois avouer que j’étais assez circonspecte et n’était pas du tout sure d’apprécier ma soirée.
Dès les premières minutes, mes craintes ont été effacées. Je ne l’avais pas trouvé très drôle en vidéo mais sur scène, il a une telle présence, Je ne sais pas bien parler d’humour, n’ayant pas l’habitude d’analyser ce type de spectacle, mais on sent de suite une certaine finesse dans l’écriture. Bien souvent, je trouve les comiques simplement méchants. Par exemple, voir quelqu’un tomber ne m’a jamais fait rire, ça peut m’inquiéter, me faire de la peine, éventuellement me laisser indifférente si je suis mal lunée, mais rire certainement pas. Beaucoup d’humoristes jouent sur notre tendance naturelle à nous moquer des autres, de préférence les plus faibles. Non seulement je ne trouve pas ça drôle mais ça me semble être d’une bêtise sans nom. On est tout à l’opposé de ça ici, ce qui se fait suffisamment rare pour être noté.
Si Frederick Sigrist rit bien sûr des autres (c’est son fond de commerce hein), ce n’est jamais fait avec cruauté mais avec une certaine tendresse. Il amène un regard critique qui rappelle celui du caricaturiste dans la presse écrite. Il nous livre une analyse assez fine de la société à travers l’actualité. Il n’hésite pas non plus à se moquer de lui-même. Une autodérision fort appréciable. En effet, à mon humble avis, si on veut pouvoir rire des autres, il faut commencer par savoir rire de soi-même. Ses textes sont très écrits et n’épargnent personne. En revanche, ils tombent rarement dans la facilité et sont très justes. Je suis allée voir ce spectacle avec une amie qui a des convictions politiques très éloignées des miennes et pourtant nous avons toutes les deux rit aussi bien des sketchs concernant la droite que la gauche, ce qui n’était pas gagné. S’il y a quelques passages légèrement en dessous du reste, l’ensemble est tout de même assez homogène. Rares sont les moments où j’ai arrêté de rire durant la grosse heure que dure ce spectacle. Un spectacle décapant, je n’ai qu’un conseil à vous donner : courez-y !
Galeriste parisien, homme mondain et raffiné, le narrateur se voit replongé dans son passé par l’arrivée d’une lettre de son frère. L’homme qui a renié ses racines et tout fait pour faire oublier d’où il vient est troublé par cette incursion de ceux qu’il a rejetés dans sa vie bien rangée. Il se souvient de son enfance et de son rêve de faire du cinéma.
J’avais beaucoup ri avec Le front russe, en revanche, La campagne de Francem’avait beaucoup déçue. J’attendais donc avec ce nouveau roman de voir de quel côté allait pencher la balance concernant mon amour pour Jean-Claude Lalumière. La libraire qui me l’a vendu m’avait dit qu’on retrouvait ici l’humour truculent du premier, j’étais donc très enthousiaste en commençant ma lecture. Et c’est vrai qu’il y a une certaine finesse dans ce roman, avec quelque chose de l’humour si particulier qui m’avait tant séduite quand j’ai découvert cet auteur. Pourtant, point de fous rires à la lecture cette fois. Le sujet est beaucoup plus grave, on est moins dans l’auto-dérision qui dans un ton doux-amer. Le sujet des origines me touche toujours beaucoup, étant moi-même très attachée à mes racines mais exilée bien loin des miens. Etre « à la capitale » est toujours presque comme une trahison vu des rudes montagnes ; un autre monde.
Ce sujet qui me parle m’a ici pourtant presque gênée parfois : on est du côté de celui qui renie les siens, ce qui m’a rendu le personnage profondément antipathique, d’autant plus qu’il ne semble éprouver aucun remords, n’être rongé par aucun doute. Quelque chose de presque inimaginable à mes yeux. J’ai donc regardé ses agissements avec un regard assez froid, pour ne pas dire hostile. L’écriture est fluide et agréable même s’il m’a manqué un petit quelque chose pour vraiment rentrer dans cet univers. Jean-Claude Lalumière accorde une grande place à l’humour dans ses textes même si ici il se fait plus discret. Il n’est plus au centre du texte mais est distillé par petites touches – parfois superflues d’ailleurs, donnant par moment l’impression d’en faire trop – ce qui donne un ton particulier à ce roman que je ne saurai pas trop définir, un peu nostalgique ou désabusé peut-être. L’auteur pose un regard assez lucide sur le monde et sur son personnage qui renforce cette impression.
J’ai trouvé le début de l’histoire un peu lent. Je dois avouer que voir le galeriste en plein vernissage ne me passionnait guère. Vers le milieu du roman, Jean-Claude Van Damme fait une apparition totalement saugrenue qui m’a laissée plus que dubitative. Ce très long passage – qui donne d’ailleurs le titre au roman – quoique pas totalement dénué d’intérêt (si l’on peut dire) en y réfléchissant bien, a mis mes nerfs à dure épreuve. Je l’ai trouvé d’un ennui mortel et ai même failli abandonner là ma lecture. J’ai finalement continué et j’ai bien fait ! Le dernier tiers du livre est de bien meilleure qualité, beaucoup plus sensible et touchant. La fin est particulièrement réussie, très touchante et très juste. On ne peut s’empêcher à la lecture, devant la justesse de certaines réflexions, de se demander quelle est la part d’autobiographie dans ce texte. Une lecture en demi-teinte avec un personnage froid et une histoire assez anecdotique mais une jolie fin qui vient clore en beauté un roman qui sinon aurait été un peu fade. Jean-Claude Lalumière gagne en maturité avec ce livre, laissant présager de belles choses pour la suite.
Les mains témoignent des origines sociales. Elles se transmettent par les gènes, en héritage, comme se transmettent, chez nous, les outils du grand-père.
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Parler sans accent est une condition incontournable pour accéder à la classe supérieure. Garder un parler régional, c’est passer pour un bouseux, c’est arborer un titre de séjour dans un milieu où vous n’êtes toléré qu’à titre temporaire, considéré comme de passage.
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Etre homosexuel m’aurait sans doute facilité les choses. Combien ont dû quitter leur village natal pour la simple raison qu’ils aimaient les hommes et que leur entourage ne pouvait l’accepter ? Je n’ai pas connu ce confort d’être rejeté. J’ai dû endosser le mauvais rôle de celui qui coupe les ponts sans pouvoir me retrancher derrière l’homophobie de mes parents.
Comédie dramatique française de Kim Chapiron avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz, Jean-Baptiste Lafarge
Et si les lois du marché s’appliquaient aux relations amoureuses ? C’est la théorie que comptent bien expérimenter Dan, Kelliah et Louis, étudiants dans une prestigieuse école de commerce. Tout se vend et tout s’achète mais dans quelle limite ?
A priori, ce film n’est pas exactement le style que j’affectionne mais j’étais curieuse de voir ce que ça pouvait donner. La jeunesse dépravée est un sujet assez fascinant même si ça fait rarement de bons films. Je trouvais toutefois intéressant de voir les dessous des grandes écoles qui derrière leur réputation de sérieux hébergent souvent de sacrés fêtards. Ce film m’a laissé une impression un peu mitigée. L’idée de départ pouvait sembler assez séduisante, pourtant, ça a comme un air de déjà vu. Le film apparaît comme un rien superficiel, malgré une volonté de se montrer novateur. Toutefois, il se laisse regarder non sans un certain plaisir. Il y a pas mal de bonnes idées (le parallèle entre les relations amoureuses et les lois du marché ne manque pas de sel) mais elles ne sont malheureusement pas suffisamment exploitées. On reste un peu trop à la surface des choses, n’allant jamais vraiment au bout des idées. Le réalisateur semble se chercher et ne pas oser aller à fond la carte de la provocation.
Il y a une belle énergie dans ce film et les jeunes acteurs sont convaincants. C’est d’ailleurs ce qui fait son charme. Je craignais un peu que cette jeunesse dorée ne me soit franchement antipathique. Certes, je n’ai guère d’affinités avec les personnages mais ils ont tous leurs petites faiblesses qui les rend finalement assez attachants. Le déroulement de l’histoire est prévisible mais fonctionne tout de même plutôt bien. La romance qui plane est peut-être de trop et donne au film un côté naïf qui colle mal avec ses prétentions de subversion mais c’est également ce qui rend ses personnages parfois touchants et pas simplement têtes à claques. Le film joue aussi sur les effets de modes avec des Twitter, Facebook et langages SMS cités à tout va. Ca veut faire jeune mais ça en fait trop et manque de naturel. Un peu plus de sobriété dans la forme n’aurait pas fait de mal. Malgré un manque de maturité évident, ce film a toutefois des qualités avec une belle idée de départ et des acteurs prometteurs. Ce n’est pas du grand cinéma mais on passe un bon moment.
Si vous étiez un livre, que voudriez-vous ? Un lecteur assidu ? Une histoire passionnante ? José Jorge Letria et André Letria nous offrent quelques idées de réponses…
Je suis tombée sur cet album en traînant au rayon jeunesse d’une de mes librairies favorites et je suis totalement tombée sous le charme. J’ai toujours aimé les livres qui traitent des livres (justement) ou de la lecture. J’en ai d’ailleurs plusieurs dans ma bibliothèque. Celui-ci est un peu particulier puisqu’il nous propose, non sans humour, de nous mettre dans la peau d’un livre. Il vous donnera envie de vous faire tout petit pour vous glisser dans votre bibliothèque au milieu des ouvrages en attendant qu’un lecteur vienne vous feuilleter.
Les illustrations sont originales, elles représentent le livre dans tous ses états : livre-tente ou livre-train, on peut l’imaginer partout autour de nous. C’est plein de poésie et de tendresse, je me suis émerveillée à chaque page. Le texte n’est pas en reste et donne avec subtilité des pistes sur ce que peut représenter la lecture : une ouverture sur le monde, un moyen de lutter contre l’ignorance, un plaisir. Je suis tombée amoureuse de cet album inventif et joliment illustré. Un véritable appel à aimer les livres, à mettre absolument dans toutes les mains, petites ou grandes.