Actualité·Mes lectures

Où j’en suis de la rentrée littéraire…

          Il y a un peu plus d’un mois, devant la masse de nouveautés qui me tentaient, je décidais de consacrer entièrement mes lectures de septembre aux romans de la rentrée littéraire. Où en suis-je un mois après ? J’ai lu 8 romans français. Pour 5 d’entre eux les articles sont déjà parus sur ce blog (en voici la liste : Mingarelli, Joncour, Gaudé, Enard et Rey), 2 sont en préparation, et pour le dernier, je n’ai pas encore fini ma lecture. Sur les 8, 7 étaient d’excellente qualité. Je n’en ai plus d’autres en attente dans ma bibliothèque. Vais-je pour autant m’arrêter là ? Je ne pense pas. En effet, il reste encore 2 ou 3 titres qui me tentent et il serait surprenant que je ne craque pas pour au moins l’un d’eux.

          Et puis surtout, je suis en manque de littérature étrangère, et de ce côté-là aussi il y a des romans très prometteurs en cette rentrée. Je ne peux décemment pas les laisser de côté. Le dernier Jim Harrison notamment m’appelle à grands cris. Je trouve aussi que je délaisse trop les essais et il y en avait justement quelques uns qui m’inspiraient bien. Pour la peine, j’ai décidé de prolonger un peu cette immersion dans les dernières sorties éditoriales. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas lu autant de nouveautés, ni que je ne m’y étais intéressée de si près et je dois admettre que cela me manquait quelque peu. Je me réjouis donc de prolonger d’un petit mois mon exploration de la littérature contemporaine.

          Vous l’aurez compris, ce blog va être inondé pendant encore un mois d’encre fraîche. J’en suis d’autant plus heureuse que cette rentrée s’avère être d’excellente qualité. Cela va comme par magie nous amener à la saison des prix littéraires et aux grandes révélations de début novembre. Qui seront les auteurs consacrés ? Encore quelques semaines de suspens, et bien sûr, les résultats ici-même dès leur publication. Encore un peu de patience…

Actualité

Prix Femina, 1° sélection

          Pas de « top ten » aujourd’hui, le sujet ne m’inspirait guère et recoupait trop des thèmes précédents. J’en profite donc pour vous communiquer la 1° sélection du Prix Femina, annoncée voilà déjà une bonne semaine mais que j’avais totalement oublié de vous faire partager. La voici donc avec un peu de retard :

– Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)

– Jeanne Cordelier, Escalier F (Phébus

– Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit)

– Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)

– Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (Fallois)

– Philippe Djian, « Oh… » (Gallimard)

– Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)

– Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)

– Claudie Hunzinger, La survivance(Grasset)

– Leslie Kaplan, Millefeuille (P.O.L)

– Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson(Wespieser)

– Florence Noiville, L’attachement (Stock)

– Gisèle Pineau, Cent vies et des poussières (Mercure de France)

– Nathalie Rheims, Laisser les cendres s’envoler (Scheer)

– Catherine Safonoff, Le mineur et le canari (Zoé)

– Colombe Schneck, La réparation (Grasset)

– Antoine Sénanque, Salut Marie (Grasset)

– Anne Serre, Petite table, sois mise ! (Verdier)

– Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

          Une fois de plus, je me contente de la sélection française, ne m’étant pas penchée de très près sur la littérature étrangère en cette rentrée (ce que je déplore par ailleurs). Est-il nécessaire de noter que Patrick Deville est encore est toujours là ? Décidément, pas un prix qui ne l’ait retenu ! Jérôme Ferrari confirme également son succès. Mais cette liste propose aussi des titres quelques peu délaissés par les journalistes et jurés de prix littéraires. Je suis loin d’avoir entendu parler de tous ces ouvrages mais c’est sans doute la liste de la rentrée qui me donne le plus envie. Etvous, qu’en pensez-vous ?

Actualité·Culture en vrac

Henry Bauchau nous quittés

          Le grand écrivain belge Henry Bauchau est mort à l’âge de 99 ans dans son sommeil. Il a été avocat et est entré dans la Résistance durant la Senconde Guerre Mondiale avant de quitter la Belgique, où la Justice l’accusait après la guerre, pour venir s’installer à Paris en 1946. Il y découvre la psychanalyse et en fera son métier. Il écrit ses premiers poèmes au début des années 50 et son premier roman La déchirure paraît en 1966. Il est notamment connu sur son travail romanesque autour du mythe d’Oedipe et Antigone.

          Il a reçu en 2008 le prix du Livre Inter pour Le boulevard périphérique. Bien que presque sourd et aveugle, il aura écrit jusqu’à la fin. Il laisse des manuscrits en cours et un ouvrage, Pierre et Blanche, paraîtra en octobre chez Actes Sud. Je n’ai jamais pu finir son Antigone tant son écriture est complexe et bourrée de références culturelles qui me font défaut. Pouvoir en venir à bout un jour reste un objectif à long terme, comme une jauge de culture générale et de bon développement intellectuel. Henry Bauchau laisse derrière lui une oeuvre riche et raffinée. 

 

 

 

Patrimoine·Photo

Les plus belles bibliothèques de Paris

          Cette année, une fois n’est pas coutume, j’ai réussi à profiter un peu des journées du patrimoine. Bien que je n’aie pas été à Paris le samedi et que je travaille le dimanche après-midi, j’ai toutefois pu prévoir un petit circuit thématique des plus agréable par cette belle journée de fin d’été. Aimant passionnément les livres, j’ai jeté mon dévolu sur les bibliothèques parisiennes. Toutes n’étaient pas ouvertes le dimanche et ne pouvant pas tout faire, j’ai choisi les trois bibliothèques anciennes du coeur de la capitale les plus réputées et accessibles au public toute l’année. Elle possèdent en plus l’avantage de ne pas être trop éloignées, ce qui m’a permis de faire au passage une très belle balade sous le soleil parisien. Voici donc une petite présentation de trois lieux d’exception.

          La BnF site Richelieu. La bibliothèque y a été implantée en 1724. La salle ovale, de 45 m de long, 34 de large et 18 de hauteur, a été construite entre 1882 et 1936. Anciennement site principal de la Bibliothèque nationale de France (BnF donc), la Richelieu a laissé la place en 1996 à un site flambant neuf dans le 13° arrondissement, en bords de Seine : la Bibliothèque François Mitterrand. Cette dernière est moderne et bien plus vaste, plus adaptée à la conversation et l’accueil d’un public nombreux. Toutefois, une partie des collections (notamment un grand nombre de collections spécialisées) demeure dans le site Richelieu dont la magnifique salle de lecture reste ouverte au public, à condition malheureusement d’être détenteur d’une accréditation recherche (voir conditions, ici). Dans le cas contraire, vous pouvez entrer et vous ébahir devant la beauté de la salle de elcture à travers une vitre à l’entrée – ou attendre sagement les journées du patrimoine de l’année prochaine. La bibliothèque de l’Arsenal, que je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller découvrir, est ouverte sous les mêmes conditions. Il est également possible de visiter le site Richelieu le jeudi après-midi (plus de précisions ici). BnF Richelieu, 5 rue Vivienne, 75002 Paris.

               

          La bibliothèque Mazarine est située dans l’Institut de France.  Celui-ci a été créé en 1795 par l’Abbé Grégoire (que les défenseurs des langues régionales abhorrent pour avoir massacré les cultures régionales aussi surement que les espagnols ont embroché les indiens) afin de « recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences ». D’abord installé au Louvre, il démanage en 1805 dans l’ancien collège des Quatre-Nationsconditions fondé par Mazarin. L’Institut de France est composé de 5 académies : l’Académie française et celles des inscriptions et belles lettres, des sciences, des beauc arts et des sciences morales et politiques. La Bibliothèque Mazarine est située dans l’enceinte du bâtiment (vous imaginez ! j’ai marché sur les traces de François Cheng !!!). La bibliothèque personnelle du Cardinal Mazarin est la plus ancienne bibliothèque publique de France et le décor n’a pas changé depuis le 17° siècle. Elle est accessible au public sur simple inscription et visitable librement pendant les horaires d’ouverture (pour plus de détails sur les conditions d’accès c’est par-là).  Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 Paris.

          

          La Bibliothèque Sainte-Geneviève tient son nom d’une importante abbaye parisienne fondée au VI° siècle par Clovis. Si les collections se sont considérablement enrichies au cours des siècles, la bibliothèque n’a rejoint son emplacement acluel qu’en 1851, avec la construction d’un bâtiment propre. Jusque-là, elle était restée dans l’édifice abbatial, actuel lycée Henri IV (à quelques mètres de là à peine). La bibliothèque est rattachée depuis le début du XX° siècle à l’Université. Toutefois, elle est accessible à tous, gratuitement, sur simple demande d’une carte de bibliothèque. Idéalement située dans le quartier des universités, elle est réputée pour la beauté de sa salle de lecture, ses horaires d’ouverture très larges et l’incroyable foule qui s’y presse, notamment en hiver (eh oui, l’hiver on révise au chaud et l’été au soleil), entraînant une file d’attente qui peut atteindre plusieurs heures. Si si, incroyable mais vrai, on se bat pour entrer dans ce temple du savoir (si vous souhaitez obtenir plus d’information, c’est ici). Cette bibliothèque n’est peut-être pas la plus impressionnante (quoi que…) mais elle est celle qui m’a le plus touchée et m’a donné envie de retourner un jour y travailler. Ceux qui me connaissent savent que je n’aime guère travailler en bibliothèque, c’est dire l’ampleur de ce coup de foudre. Bibliothèque Sainte-Geneviève, 10 place du Panthéon, 75005 Paris.

               

          Chacune de ces bibliothèques proposait à l’occasion des journées du patrimoine des salles habituellement fermées au public, des visites guidées gratuites, des rencontres avec les conservateurs (pour la plupart très disponibles et ravis de partager leur passion), des ateliers de restauration ou des présentations d’incunables et manuscrits médiévaux (pour ceux à qui je parlerais chinois, « incunable » : ouvrage qui date des premiers temps de l’imprimrie », soit entre 1450 et 1500). Des ouvrages précieux qu’on a rarement l’occasion de voir autrement que derrière une vitrine. Et il est encore plus rare qu’on vous tourne gentiment les pages sur simple demande ! Je n’ai malheureusement pas eu le temps de m’attarder mais j’ai trouvé l’atelier de restauration très intéressant, tout comme les explications sur les manuscrits. Une très belle initiative.

Librairies

A la recherche de LA librairie…

           Vous le savez peut-être, j’ai déménagé il y a quelques mois. J’ai quitté le 14° ou j’étais installée depuis mon arrivée à Paris pour le 17°, soit l’autre bout de la ligne 13 (celui où il y a encore plus de problèmes…). Il a donc fallu que je revoie toutes mes habitudes : trouver les commerçants sympas avec de bons produits, les endroits pas trop cher, les espaces verts, la nouvelle cantine pour les jours où des amis passent et où on a la flemme de cuisiner, le café o aller s’installer avec un livre au soleil. Bref, changer de quartier c’est presque comme changer de ville, tout est à revoir. Et parmi les priorités, bien évidemment, partir à la rencontre de son nouveau libraire, regrettant déjà amèrement l’ancien (à découvrir ici) !

La libraire de Paris (Gallimard), place de Clichy

          Je connaissais déjà la librairie Gallimard de la Place de Clichy, très grande, très bien approvisionnées mais qui sent un peu l’usine et avec des libraires au mieux indifférents, si vous avez moins de chance, carrément méprisants (c’est une spécialité de la maison je pense, dans le 6°, c’est pire). Bref, on est contents qu’elle soit là en cas de besoin ça ne donne pas envie d’aller demander conseil. Je suis donc allée voir vers des lieux de taille plus réduite. J’ai commencé par la charmante librairie des Batignolles, dont je reparlerai surement. L’endroit est très chaleureux et la libraire extrêmement accueillante. En revanche, j’ai bien peur que nous n’ayons des visions de la littérature quelque peu divergentes ce qui exclut à peu près là aussi la demande de conseil (avisés en tout cas). Nous ne lisons tout bonnement pas le même type de romans, ce qui donne une sorte de dialogue de sourds : je parle Joncour, Toussaint, Mingarelli ; on me répond Olmi, Guenassia, Smith. Difficile donc de se comprendre mais je vous recommande tout de même l’endroit fort sympathique et chaleureux. J’y retournerai sans doute moi même à l’occasion.

Vitrine de la librairie des Batignolles

          Et puis, je suis passée par hasard devant une grande librairie, tout près de chez moi. Un nom évocateur qui me tentait particulièrement et a piqué au vif ma curiosité : L’usage du monde. J’ai donc profité de la rentrée littéraire pour allez voir ça de plus près. Première bonne surprise, la librairie est bien aménagée : un coin pour les essais à gauche, les romans au centre, les illustrés à droite. Du premier coup d’oeil, on repère l’agencement des lieux. La table rentrée littéraire était bien fournie et les libraires se sont jetés sur moi pour me proposer leur aide. J’en ai donc profité pour demander conseil. Ici on aime visiblement la littérature exigeante (intello diraient certains mais qu’importe). J’ai eu droit à un avis construit et argumenté avec passion sur certains ouvrages de la rentrée qui m’a donné envie (même si ça n’a pas servi à grand chose étant donné que j’avais déjà fait ma sélection). Le rapport avec le client semble essentiel ici. Deux personnes sont passées avant moi et les libraires semblaient connaître précisément leurs goûts et leurs dernières lectures. Quelle joie de trouver deux jeunes libraires passionnés et accueillants avec qui converser des dernières nouveautés.

Vitrine de L’usage du monde

          Cette fois c’est sûr, j’ai trouvé mon nouveau fournisseur officiel de littérature. Avoir un bon libraire près de chez soi est tellement important ! Un des points forts du lieux est la diversité de l’offre proposée avec un joli choix d’essais mais aussi des guides de voyages (vu le nom, le contraire eut été honteux !). Une très belle sélection cuisine également, juste au niveau de la caisse, idéal pour feuilleter en attendant son tour… L’accueil chaleureux et le désir de partager sa passion avec le client sont également des atouts majeurs de ce lieu qui propose aussi des rencontres avec les auteurs. C’est certain, on n’a pas fini de me voir errer dans les rayons.

L’usage du monde, vue de l’extérieur

L’usage du monde

32, rue de la Jonquière

75017 Paris

http://librairielusagedumonde.blogspot.com/

Ouverture tous les jours de 10h à 20h, fermeture le dimanche après-midi et lundi matin.