Archives de Tag: Patrimoine

Le château de Foix

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          Bien que mes parents habitent tout près, je n’avais plus visité le château de Foix depuis une bonne quinzaine d’années et pour tout vous dire je n’en gardais pas un souvenir impérissable. Ca m’avait surtout paru très… vide. J’y avais envoyé des amis il y a quelques temps qui en étaient revenus enchantés. Je suis donc allée voir par moi-même ce qu’il en était.

Château de Foix

          Nous avons débarqué à l’improviste à une heure où il n’y avait pas de visite guidée en français. Après hésitation, nous avons décidé de continuer tout de même. Le château offre une vue imprenable sur la ville et ses ruelles. Seules deux des tours étaient visitables quand nous y sommes allées (j’ai l’impression que ç’a toujours été le cas, à vérifier…). Apprêtez-vous à monter un nombre de marches assez conséquent ! Dans le première tour que nous avons visité (la tour ronde), des indications sur la construction du château, Gaston Phoebus et son traité de chasse ou encore la création de la principauté andorrane. Il y a pas mal de choses à lire mais très peu d’objets exposés (et clairement pas assez de lumière).

          Dans la tour carrée, il y a un peu plus de choses au rez-de-chaussée avec beaucoup de documentation sur la création et le développement de la ville de Foix mais aussi quelques pièces d’armement. A l’étage, le lit de Henry IV – pièce maîtresse du musée – qui a séjourné à plusieurs reprises dans la région. Malheureusement, la vue depuis le haut de cette tour est limitée, ce n’est pas le meilleur endroit pour profiter du panorama.

Château de Foix

          J’avoue avoir eu un peu de mal à imaginer la vie dans ce château étant donné la quasi absence d’ameublement et la relative exiguïté des pièces. Je serais très curieuse de savoir à quoi ça pouvait bien ressembler. Je pense que la visite guidée (gratuite) n’est pas de trop pour donner un peu de vie à l’ensemble, elle est paraît-il passionnante. Je pense que comme souvent mieux vaut visiter le château hors saison pour plus de tranquillité. Toutefois l’été un atelier tir à l’arc et à l’arbalète est proposé. Je n’ai pas eu le temps de m’y attarder mais j’aurais bien essayé ! Une visite un peu en demie-teinte mais le château reste un haut-lieu de la région, à faire au moins une fois.

Château de Foix

Ouvert toute l’année
Horaires variables en fonction des saisons

Plein tarif 5€80

#unefoisafoix il fait super beau et ce soir c'est la première visite aux flambeaux

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Les passages parisiens : la galerie Vivienne

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          Il y a à Paris ne nombreux passages et galeries qu’on découvre avec émerveillement au détour d’une rue. Lieux de flânerie, les passages couverts ont connu leur essor à la fin du XVIII° siècle et au début du XIX°. Voies privée et couvertes d’un toit en verre, le plus souvent piétonnes, qui relient deux artères, les passages peuvent prendre des visages bien différents, ressemblant tantôt à une ruelle, à une cour ou à une succession de porches. Ils sont bordés de boutiques, parfois très luxueuses, et invitent à la déambulation. Mais les passages étaient aussi des lieux de vie, conçus pour l’habitation au-dessus des doubles rangées de commerces.

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          Dans la deuxième moitié du XIX° siècle, l’évolution de l’urbanisme et du commerce va mettre à mal la fréquentation des passages. Louis-Philippe portera un coup fatal à la galerie du Palais-Royal en interdisant la prostitution et les salles de jeux, qui faisaient la réputation des lieux. Désertion qui se répercutera sur les structures environnantes. Les grands bouleversements haussmanniens vont totalement modifier le mode de circulation dans la capitale, avec des quartiers entièrement remaniés et des artères plus larges qui feront paraître en comparaison les passages bien sombres et étroits. Beaucoup seront d’ailleurs détruits lors de ces grands travaux d’urbanisme. Les autres tomberont dans l’oubli jusqu’à une relative réhabilitation, d’abord timidement à la fin des années 20 comme modèle d’un commerce de luxe, et à plus grande ampleur dans les années 70 au titre de la préservation du patrimoine architectural. Aujourd’hui restaurés, les passages sont des lieux en marge au charme désuet.

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          Parmi les passages les plus luxueux de Paris, proche du Palais Royal, on trouve la Galerie Vivienne. Longue de 176 m, elle est inscrite aux titres des monuments historiques depuis 1974. Cette galerie fut inaugurée en 1826. Elle fut rapidement la plus fréquentée de la capitale, en raison de la diversité et du luxe des boutiques qui y sont présentes. Aujourd’hui, cette galerie coudée demeure sans doute l’une des plus belles de Paris. L’entrée se fait par la rue des Petits Champs ou la rue de la banque (face à l’entrée du site Richelieu de la BnF, dont la salle de lecture est également à découvrir si vous passez dans le quartier) et elle est une des rares à être ouverte le dimanche. On y trouve aussi bien des boutiques de mode ou de décoration que des libraires et marchands d’art. Des cafés invitent à prolonger la flânerie et à demeurer en ces lieux magnifiques. Un endroit hors du temps où je prends toujours plaisir à passer lorsque l’occasion se présente.

L’opéra Garnier

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          Situé en plein cœur de Paris, finissant une longue avenue, situé en haut de quelques marches, avec ses colonnes et ses dorures, l’Opéra Garnier ne passe pas inaperçu ! Je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à un spectacle entre ses murs et ne connaissais donc pas les lieux. Comme il est possible de visiter, je suis donc allée y jeter un œil. 

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          J’étais très curieuse de découvrir l’intérieur de ce temple de la culture que j’imaginais pour le moins chargé en dorures. Je ne me trompais pas franchement, mais s’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas c’était à un tel effet « wahou ». Dès l’entrée, on en prend plein les mirettes. L’escalier monumental, d’une hauteur de 30 mètres, est de toute beauté et m’a laissée sans voix. Une exposition de costumes très bien mise en scène et joliment éclairée venait en plus mettre de la vie dans les lieux pour un effet assez bluffant. On monte par l’escalier central et, une fois à l’étage, on a tout le loisir d’admirer les costumes et photographies exposés dans les galeries. Certaines pièces d’une grande délicatesse sont assez impressionnantes !

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          Mais ces accrochages ne sont bien sûr pas là par hasard, ils appartiennent à l’exposition du moment, qui se tient dans la bibliothèque-musée de l’Opéra, intitulée tout simplement Le ballet de l’OpéraElle se déroulait du 5 juin au 1° septembre et ceux qui n’ont pas eu la chance de s’y rendre cet été devront donc malheureusement se contenter de quelques photos. A l’occasion de tricentenaire de l’école française de danse, l’expositions retrace l’histoire du Ballet de l’Opéra et de son école, de Louis XIV à nos jours à travers dessins, peintures, photographies et costumes. On y découvre les grandes figures qui ont marqué l’histoire du ballet et les grandes évolutions qu’il a connu. Il y a quelques œuvres intéressantes, notamment un Degas, on regrette simplement qu’il n’y en ait pas un peu plus de cette envergure. Toutefois, dans l’ensemble, l’exposition est intéressante et me semble pouvoir concerner aussi bien les novices en danse que ceux qui sont un peu plus calés en la matière. J’ai beaucoup apprécié la variété proposé dans la supports qui très agréable la visite.

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          Après l’exposition, suite de la visite avec la salle de spectacle et son célèbre plafond peint par Marc Chagall en 1964. Commandée par André Malraux alors ministre de la Culture, cette oeuvre fut extrêmement controversée mais redonna à l’Opéra Garnier un certain pouvoir d’attraction. De nos jours encore, l’anachronisme entre ce plafond et le reste de la salle est d’un effet assez saisissant qui ne met pas tout le monde d’accord mais ne laisse personne indifférent ! Enfin, fin de la visite par la Grand foyer qui ne fait pas dans la demie mesure.  Avec ses miroirs, ses lustres et ses dorures, il m’a un peu rappelé une Galerie des Glaces en modèle réduit. Je dois admettre que quand on ne s’y attend pas vraiment, ça surprend quelque peu et fait un effet fou !

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          J’ai trouvé cet endroit assez magique, d’autant plus que l’exposition de costumes donnait réellement l’impression de réveiller l’âme des lieux. J’ai regretté de ne pas avoir pu choisir la visite guidée, n’étant pas arrivée à la bonne heure, mais je le ferai sans hésiter la prochaine fois pour en apprendre plus sur le bâtiment. Un lieu splendide qui j’espère, comme moi, vous fera rêver.

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Palais Garnier

Accès à l’angle des rues Scribe et Auber

75009 Paris

Ouvert tous les jours de 10h à 17h

Attention, les jours de représentation en après-midi, les visites finissent à 13h

10€

Le marathon des mots, du 27 au 30 juin à Toulouse

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          Comme chaque année depuis déjà depuis maintenant 8 ans, Toulouse accueille le dernier week-end de juin un événement littéraire de taille : le marathon des mots. Pendant 4 jours, les lectures se succèdent en ville à un rythme effréné. Le paradis des amoureux des mots !

          Au programme des réjouissances, des lectures, des débats et des rencontres avec des auteurs dans de grands lieux culturels de la ville. L’occasion de découvrir à la fois des textes, des auteurs, des lecteurs (beaucoup d’acteurs notamment se succèdent sur scène) et le patrimoine architectural toulousain. Quatre jours consacrés exclusivement à la littérature où le plus dur est de faire son choix ! Des lectures les plus classiques aux plus originales, il y en a pour tous les goûts !

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          Voici un petit aperçu des réjouissances pour cette année (même si je m’y prends un peu tard et que beaucoup sont déjà passées, mais promis, je ferai mieux l’année prochaine…) : rencontre avec Laurent Gaudé, Daniel Mesguich lit Fictions de Borgès, rencontre musicale avec Guy Béart, hommage à Hector Bianciotti, rencontre avec Raphaël Enthoven sur la notion de « révolution » dans la philosophie, lectures de textes d’Amélie Nothomb, Pierre Arditi lit entre autres Les inconnus dans la maison de Georges Simenon, « Piaf/Cocteau, une journée particulière » par Camélia Jordana et Clément Hervieu-Léger de la Comédie-Française, Mathias Malzieu et Olivier Daviaud lisent Le plus petit baiser jamais recensé (et je vais encore rater ça !), un peu de chanson occitane avec Guillaume Lopez et Somi de Granada, Pierre Marty lit La soif primordiale de Pablo de Santis… Et tellement, tellement d’autres ! Beaucoup de grands noms pour une jolie programmation à découvrir dans son intégralité sur le site du marathon. La plupart des rencontres sont gratuites, sauf indications contraires. Bon marathon à tous les toulousains !

Les plus belles bibliothèques de Paris

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          Cette année, une fois n’est pas coutume, j’ai réussi à profiter un peu des journées du patrimoine. Bien que je n’aie pas été à Paris le samedi et que je travaille le dimanche après-midi, j’ai toutefois pu prévoir un petit circuit thématique des plus agréable par cette belle journée de fin d’été. Aimant passionnément les livres, j’ai jeté mon dévolu sur les bibliothèques parisiennes. Toutes n’étaient pas ouvertes le dimanche et ne pouvant pas tout faire, j’ai choisi les trois bibliothèques anciennes du coeur de la capitale les plus réputées et accessibles au public toute l’année. Elle possèdent en plus l’avantage de ne pas être trop éloignées, ce qui m’a permis de faire au passage une très belle balade sous le soleil parisien. Voici donc une petite présentation de trois lieux d’exception.

          La BnF site Richelieu. La bibliothèque y a été implantée en 1724. La salle ovale, de 45 m de long, 34 de large et 18 de hauteur, a été construite entre 1882 et 1936. Anciennement site principal de la Bibliothèque nationale de France (BnF donc), la Richelieu a laissé la place en 1996 à un site flambant neuf dans le 13° arrondissement, en bords de Seine : la Bibliothèque François Mitterrand. Cette dernière est moderne et bien plus vaste, plus adaptée à la conversation et l’accueil d’un public nombreux. Toutefois, une partie des collections (notamment un grand nombre de collections spécialisées) demeure dans le site Richelieu dont la magnifique salle de lecture reste ouverte au public, à condition malheureusement d’être détenteur d’une accréditation recherche (voir conditions, ici). Dans le cas contraire, vous pouvez entrer et vous ébahir devant la beauté de la salle de elcture à travers une vitre à l’entrée – ou attendre sagement les journées du patrimoine de l’année prochaine. La bibliothèque de l’Arsenal, que je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller découvrir, est ouverte sous les mêmes conditions. Il est également possible de visiter le site Richelieu le jeudi après-midi (plus de précisions ici). BnF Richelieu, 5 rue Vivienne, 75002 Paris.

               

          La bibliothèque Mazarine est située dans l’Institut de France.  Celui-ci a été créé en 1795 par l’Abbé Grégoire (que les défenseurs des langues régionales abhorrent pour avoir massacré les cultures régionales aussi surement que les espagnols ont embroché les indiens) afin de « recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences ». D’abord installé au Louvre, il démanage en 1805 dans l’ancien collège des Quatre-Nationsconditions fondé par Mazarin. L’Institut de France est composé de 5 académies : l’Académie française et celles des inscriptions et belles lettres, des sciences, des beauc arts et des sciences morales et politiques. La Bibliothèque Mazarine est située dans l’enceinte du bâtiment (vous imaginez ! j’ai marché sur les traces de François Cheng !!!). La bibliothèque personnelle du Cardinal Mazarin est la plus ancienne bibliothèque publique de France et le décor n’a pas changé depuis le 17° siècle. Elle est accessible au public sur simple inscription et visitable librement pendant les horaires d’ouverture (pour plus de détails sur les conditions d’accès c’est par-là).  Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 Paris.

          

          La Bibliothèque Sainte-Geneviève tient son nom d’une importante abbaye parisienne fondée au VI° siècle par Clovis. Si les collections se sont considérablement enrichies au cours des siècles, la bibliothèque n’a rejoint son emplacement acluel qu’en 1851, avec la construction d’un bâtiment propre. Jusque-là, elle était restée dans l’édifice abbatial, actuel lycée Henri IV (à quelques mètres de là à peine). La bibliothèque est rattachée depuis le début du XX° siècle à l’Université. Toutefois, elle est accessible à tous, gratuitement, sur simple demande d’une carte de bibliothèque. Idéalement située dans le quartier des universités, elle est réputée pour la beauté de sa salle de lecture, ses horaires d’ouverture très larges et l’incroyable foule qui s’y presse, notamment en hiver (eh oui, l’hiver on révise au chaud et l’été au soleil), entraînant une file d’attente qui peut atteindre plusieurs heures. Si si, incroyable mais vrai, on se bat pour entrer dans ce temple du savoir (si vous souhaitez obtenir plus d’information, c’est ici). Cette bibliothèque n’est peut-être pas la plus impressionnante (quoi que…) mais elle est celle qui m’a le plus touchée et m’a donné envie de retourner un jour y travailler. Ceux qui me connaissent savent que je n’aime guère travailler en bibliothèque, c’est dire l’ampleur de ce coup de foudre. Bibliothèque Sainte-Geneviève, 10 place du Panthéon, 75005 Paris.

               

          Chacune de ces bibliothèques proposait à l’occasion des journées du patrimoine des salles habituellement fermées au public, des visites guidées gratuites, des rencontres avec les conservateurs (pour la plupart très disponibles et ravis de partager leur passion), des ateliers de restauration ou des présentations d’incunables et manuscrits médiévaux (pour ceux à qui je parlerais chinois, « incunable » : ouvrage qui date des premiers temps de l’imprimrie », soit entre 1450 et 1500). Des ouvrages précieux qu’on a rarement l’occasion de voir autrement que derrière une vitrine. Et il est encore plus rare qu’on vous tourne gentiment les pages sur simple demande ! Je n’ai malheureusement pas eu le temps de m’attarder mais j’ai trouvé l’atelier de restauration très intéressant, tout comme les explications sur les manuscrits. Une très belle initiative.