Expositions

Les Macchiaioli, des impressionnistes italiens ?

          Ce printemps, le Musée de l’Orangerie nous a proposé une exposition qui a éveillé ma curiosité : Les Macchiaioli 1850-1874, Des impressionnistes italiens ? On connaît l’art classique italien dont on voit de nombreux exemples mais côté impressionnistes, ce sont surtout les peintres français dont la renommée est grande. J’ai donc voulu voir de plus près de quoi il retournait…

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          Les macchiaioli sont des peintres italiens majoritairement originaires de Toscane qui dès les années 1850 forment à Florence un groupe d’artistes révoltés. Littéralement « macchiaioli » signifie « tachiste », l’expression péjorative est apparue dans la presse en 1862 et les peintres eux-même ont décidé de l’adopter. En rupture avec le néoclassicisme et le romantisme très en vogue à l’époque, et rompent avec les conventions, à la recherche d’une nouvelle forme d’expression picturale. Ils se distinguent de leurs contemporains aussi bien par le choix des sujets que par leur manière de les traiter : pour retranscrire la réalité, ils privilégient les taches de couleurs et les clairs-obscurs. Ce mouvement est considéré comme étant l’initiateur de la peinture moderne italienne.

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          J’ai toujours eu un petit faible pour les impressionnistes, j’avais donc hâte de découvrir ce mouvement qui semblait s’en approcher (c’est du moins ce que le titre de l’exposition suggérait). Je suis allée la voir au dernier moment et j’ai un peu tardé à vous en parler ce qui fait qu’elle est déjà terminée depuis un petit moment. J’ai un peu de mal à démêler mon ressenti, j’ai beaucoup aimé certaines choses tout en étant assez déçue. Je pense que c’est dû au sous-titre un peu racoleur. Commençons par l’impression générale. Quand on me dit « impressionnistes » je pense de suite « couleur » et j’ai trouvé les toiles des macchiaioli plutôt sombres, je n’ai pas retrouvé non plus cette impression de flou, le trait souvent net. Le rapprochement ne saute donc pas aux yeux et est sans doute plus subtil mais j’ai été dérouté par ce style qui ne correspondait pas à ce que je m’attendais à découvrir.

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         Je n’ai pas vu de suite en quoi consistait la modernité de ces artistes. Cela est sans doute aussi dû à une mauvaise connaissance du contexte qui n’est pas nécessairement le même en France et en Italie et mes connaissances en histoire de l’art sont très très loin de me permettre d’évaluer l’évolution de la peinture italienne au XIX° s. Il me semble que les panneaux explicatifs fournissaient quelques notions de ce coté-là mais comme j’ai fait l’exposition après une longue journée, je dois admettre que mes souvenirs sont un peu flous de ce coté-là… Toutefois, ils étaient suffisamment bien pensés pour nous éclairer peu à peu sur ce rapprochement pas si évident.

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          Il tient à deux axes majeurs, comme je l’ai déjà évoqué au début : tout d’abord, les sujets évoqués, ils rompent avec les compositions académiques et les portraits officiels et sortent des ateliers pour pour profiter de la lumière naturelle, souvent traduite par de forts contrastes qui se traduisent souvent sous forme de taches, ce qui s’inspire bien sûr des techniques impressionnistes, tout comme la grande variété des formats, et c’est là le deuxième axe, la liberté prise dans la réalisation. Si le traitement de la lumière sous forme de taches est moins abouti que chez les impressionnistes français, il en est inspiré. Il y a également la même recherche de trouver un style en rupture avec les conventions et de se rapprocher de la nature pour y trouver une inspiration nouvelle.

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          On trouve parmi leurs sujets de prédilection des paysages maritimes, des scènes rurales qui montrent les paysans dans leur quotidien, ce sont également des peintres engagés pour l’unification de l’Italie qui représentent la réalité des batailles, enfin, ils excellent dans la peinture des scènes de l’intimité, que ce soient les portraits ou les intérieurs bourgeois. Certains tableaux, notamment ceux sur les scènes rurales m’ont immédiatement évoqué le réalisme de Courbet, ce sont ceux qui m’ont le plus touchée dans cette exposition. Ils méritaient le détour, proposant des représentation sans doute un peu plus rares que les scènes de bord de mer devenues classiques par la suite (comme quoi…). Je ne connaissais aucun des peintres exposés ce qui en soi est une excellente raison de se déplacer. Il y avait quelques très belles toiles et je suis tombée totalement amoureuse d’un certain Giovanni Fattori. Une exposition surprenante qui nous fait découvrir des artistes italiens entre réalisme et impressionnisme qui méritent amplement le détour.

Expositions

De l’Allemagne au musée du Louvre

         Le musée du Louvre propose à travers cette exposition une réflexion autour des grands thèmes structurant la pensée allemande de 1800 à 1939. Plus de deux cents œuvres pour tenter de comprendre la constitution de l’histoire allemande de la fin du XVIIIe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

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          J’ai vu cette exposition juste après celle que consacre le musée d’Orsay au romantisme noir. Deux expositions dont les thèmes se recoupent un peu. Malheureusement, une fois de plus, le Louvre m’a déçue. Autant on ne peut que reconnaître la formidable collection permanente du musée, autant côté expositions, je trouve qu’il peine souvent à surprendre et à convaincre, malgré la qualité de certaines des toiles exposées. Sans doute est-ce dû en partie au côté extrêmement classique des accrochages. Il faut dire aussi que j’ai été prise d’une énorme migraine avant d’entrer dans le musée et que je n’étais pas du tout en condition pour apprécier quoi que ce soit, il va donc m’être difficile de vous parler de cette exposition de manière objective tant j’étais pressée d’en sortir. Toutefois, renseignements pris auprès de ceux de mon entourage qui l’ont également vue, nous étions tous aussi peu convaincus à la sortie, je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

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          Si je n’avais pas su de quoi il était question, je crois que je n’aurais pas réussi à la deviner toute seule. Tous les artistes exposés sont allemands, pour le reste, on peine à dégager une unité. On commence par des représentations religieuses (comme souvent au Louvre) qui m’inspirent toujours assez peu.  Lire la suite « De l’Allemagne au musée du Louvre »

Expositions

L’ange du bizarre au Musée d’Orsay

          Le Musée d’Orsay consacre une exposition au romantisme noir, de Goya à Marx Ernst. Bien que ce ne soit pas celle des expositions du printemps qui me tentait le plus, je suis allée y faire un tour. La surprise fut de taille tant l’exposition est riche et variée : ç’aurait été dommage de rater ça !

téléchargement 2684745_92f09912-9994-11e2-9f73-00151780182c_545x341         Comme son sous-titre l’indique (de Goya à Max Ernst), l’exposition couvre une très large période. Elle montre aussi bien les prémices du romantisme, son âge d’or et les travaux d’artistes qui s’en sont par la suite inspirés. Elle suit essentiellement un ordre chronologique, qui permet de bien visualiser les différentes périodes de ce mouvement. On trouve à l’intérieur de cette première grande classification un classement plus thématique, avec par exemple un salle sur les représentations de l’enfer. Une double classification, chronologique et thématique, que j’ai trouvée très intéressante.

DTR377175Gabriel-von-Max-The-White-Woman          Du côté des tableaux exposés, il a quelques très belles surprises avec à la fois des artistes célèbres qu’on est heureux de retrouver, et d’autres, plus méconnus qu’on prend plaisir à découvrir. Du côté des célébrités, on citera bien sûr Goya, Delacroix, Friedrich, ou Miro. Pour les moins connus, Füssli, Von Holst, Ender, Fellner, et bien d’autres encore. Il y a aussi beaucoup d’encres de Victor Hugo d’une surprenante qualité. Si c’est la peinture qui occupe la majorité de l’espace, il y a également quelques encres, photographies ou sculptures, ainsi que des extraits de films. Certains tableaux méritent vraiment le détour et laissent sans voix.

86275-exposition-ange-du-bizarre-musee-d-orsay Rivage au clair de lune - Friedrich         Il y en a un peu pour tous les goûts dans cette très belle exposition. Moi qui m’attarde rarement dans les musées, j’ai pris énormément de notes pour me souvenir des nombreuses toiles qui avaient attiré mon attention et que je ne connaissais pas. Les panneaux explicatifs sont bien conçus et très intéressants. Ils permettent réellement d’éclairer cette facette du romantisme. Certains tableaux sont également expliqués plus en détail, permettant de détailler un peu plus des choses évoquées dans les panneaux précédents. Une volonté de montrer ce mouvement dans son ensemble que j’ai trouvé  captivante. Une exposition très riche et passionnante, à voir absolument !

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L’ange du bizarre

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

Du 5 mars au 23 juin

12 €

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Expositions·Patrimoine

Le musée Ingres à Montauban

          Montauban, ville natale de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Elle possède nombre de ses oeuvres, notamment de nombreux dessins et esquisses, et lui consacre un musée. J’ai profité d’un de mes séjours toulousains pour aller voir ça d’un peu plus près…

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          Le musée Ingres est un lieu pour le moins surprenant. Le rez-de-chaussée est essentiellement consacré à Antoine Bourdelle, un sculpteur de la région. Certaines oeuvres sont intéressantes, il est toutefois un peu dommage qu’elles ne soient pas toujours très bien restaurées (voire pas du tout, je vous recommande les chiures de pigeon sur les statues d’extérieur…) et parfois exposées à contre-jour. Une salle au fond propose des oeuvres dans un tout autre style, plus modernes, avec notamment un Picasso qui aurait mérité d’être mis un peu plus en avant.

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          Nous allons ensuite visiter les sous-sol, avec deux niveaux assez vastes. Le lieu en lui-même est assez impressionnant, avec de très belles voûtes en brique. Au deuxième sous-sol, de l’archéologie régionale pour l’essentiel. Ce n’est pas ce qui me passionne le plus mais il est agréable de déambuler dans cette salle assez imposante. Au premier sous-sol, encore un autre univers. Dans les deux premières salles, on trouve essentiellement de l’art moderne ou contemporain avec entre autres des toiles de Zao Wou Ki, ensuite, on change totalement de style, avec des salles consacrées à la faïence ancienne.

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          Nous passons ensuite aux étages. Au premier, une grande salle assez sombre et sans grand intérêt d’un côté, de l’autre, la partie consacrée à Ingres. Celle-ci se cache derrière une porte close, sans indication aucune, et nous avons bien failli la rater. C’eut été dommage ! La plus grande partie du premier étage est consacrée au peintre. Il y a peu de toiles exposées mais un nombre impressionnant d’esquisses préparatoires. Attention ! Il y a des tiroirs au niveau des vitrines d’exposition, il faut les ouvrir : certaines des plus belles pièces sont à l’intérieur ! Dommage qu’elles soient si peu mises en valeur et surtout ne soient même pas signalées. Quant au choix des dessins exposés, il peut parfois laisser perplexe… Certains sont très abîmés alors qu’il y a au fond des tiroirs de petits trésors en bien meilleur état. Dommage également que l’éclairage soit un peu chiche dans certaines pièces.

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          La fin du premier étage marque un nouveau changement avec des objets d’art et antiquités. On passe ensuite au second étage où l’on trouve de nombreuses peintures, plutôt classiques dans l’ensemble. Je dois admette que j’avais mal aux yeux après le passage dans les pièces précédentes et que je commençais à fatiguer un peu (c’est que l’air de rien, on avait vu beaucoup de choses, dans tous les styles). Toutefois, même si je n’en ai pas gardé un souvenir précis, il me semble avoir vu des choses intéressantes.

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          Le musée est très vaste et propose des choses très différentes, ce qui le rend un peu fouillis. Il mériterait peut-être une petite réorganisation, chronologique par exemple. Certaines pièces mériteraient également d’être restaurées ou mieux mises en valeur. Toutefois, dans l’ensemble, le musée possède une assez belle collection, avec notamment quelques dessins d’Ingres vraiment intéressants. Etant donné l’étendue des lieux, je pense que le visiter en deux fois ne serait pas de trop, pour mieux en profiter. Un lieu et une collection qui méritent largement le détour.

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Musée Ingres

19, rue de l’Hôtel de Ville

82 000 Montauban

Tarif hors exposition, 5€10

Musique·Théâtre

Sunday in the park with George, au Théâtre du Châtelet

          Georges, c’est George Seurat, post-impressionniste français rendu célèbre par ses toiles pointillistes. Cette comédie musicale lui rend hommage en s’inspirant de sa toile la plus connue : « Un dimanche après-midi à l’île de la Grande-Jatte ». Un univers coloré et foisonnant qui en met plein la vue.

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          J’avais ouï dire le plus grand bien de cette comédie musicale aux décors spectaculaires et au sujet si particulier. Je me suis donc précipitée avec enthousiasme pour acheter une place hors de prix et mal placée. L’arrivée au théâtre m’a un rien refroidie : aller s’enfermer dans un théâtre par la seule soirée ensoleillée du mois d’avril, c’est un peu bête, surtout pour être au 6° étage de 3/4… Mais bon, Seurat, c’est beau, ça doit quand même valoir le coup, surtout quand on voit l’orchestre symphonique qui patiente dans la fosse. Ca hume bon le grand spectacle ! Et ça l’est !

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          Le décor est impressionnant ! Le fond du tableau de Seurat est projeté sur une toile blanche en demi-cercle , il y a des arbres au milieu de la scène et les personnages déambulent au milieu de tout ça. La première partie raconte l’histoire de la naissance de ce tableau qui deviendra célèbre. Les personnages se promènent, se rencontrent, discutent : en un mot, ils vivent. Voilà pour les bons côtés. Malheureusement, malgré toute cette énergie déployée et la magnificence du décor, je n’ai pas particulièrement accroché. Le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas une inconditionnelle du chant lyrique et, devinez quoi ? on est plus proche ici de l’opérette que du genre de comédie musicale à laquelle je m’attendais. Les parties chantées manquent cruellement de légèreté et alourdissent au contraire sérieusement la pièce.

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          La mise en scène est extrêmement soignée, à plusieurs reprises, les acteurs prennent les pauses des personnages des tableaux et semblent intégrés aux toiles de l’artiste par un habile jeu de transparence. Malheureusement, lorsqu’on est tout en haut et de biais, la perspective change et l’artifice, sans doute génial vu de face, tombe totalement à plat. J’ai trouvé la première partie très belle visuellement mais assez lente et plutôt longue. Heureusement, le début de la seconde partie est plus dynamique et vraiment enthousiasmant. Ca ne dure pas : passé le premier quart d’heure de la seconde partie, ça va de mal en pis jusqu’à devenir n’importe quoi et frôler dangereusement les limites du supportable. Dans l’ensemble, cette comédie musicale reste tout de même magnifique et très impressionnante, seulement, elle ne m’a nullement émue. Un manque de rythme et de légèreté qui m’a beaucoup gênée. Le genre de spectacle qu’on voit très rarement et qu’on regrette amèrement de ne pas apprécier.

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